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Le poids des mots

Meeting de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis

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Kandel-Moles
9,44
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Transcript

Félicitations d’être si nombreux. Car ici nous sommes plus qu’une foule engagée. Nous sommes, , par notre présence, par notre ardeur, par nous-même, un message politique !

Alors, en votre nom à tous, je dédie notre rassemblement aux peuples qui résistent contre un envahisseur : en Ukraine, au Congo, à Cuba en Iran et au Liban !

Je dédie notre rassemblement au peuple palestinien invaincu, martyr d’une invasion et d’un génocide !

Où et quand, mieux qu’ici et à présent, pourrions-nous proposer à notre peuple un message refondateur ? Car, ici sur cette place à Saint Denis, nous voici posté à la fenêtre du temps long. Entre la basilique et l’hôtel de ville, coule un millénaire. Depuis là, on peut voir loin dans l’histoire. Il faut aussi savoir regarder la France et son peuple aussi comme ça, car alors son passé devient une expérience profitable pour le présent.

Voyez la basilique ! Notre pays s’est inventé ici même ! Comment ? En édictant ses premier principes politiques. Comme par exemple – c’était l’époque – quand il fut proclamé « la Couronne n’appartient pas à celui qui la porte », comme nous dirions « la République n’appartient pas à celui qui la préside ». Dès l’origine donc, la France est une auto-création politique. Si les gisants des rois morts signalent le fil des générations vivantes qui l’ont modelée sans cesse.

Puis, le peuple, celui des jacqueries et des Lumières, s’est proclamé seul souverain. Il a inventé cette République dont la commune est la base.

Et, voyez la mairie ! Dans les tourbillons de la grande révolution de 1789 qui a ouvert l’ère moderne la ville avait décidé de s’appeler Franciade. Comme si elle se savait déjà le récit d’une épopée ! Et elle le fut en effet, faisant le choix à chaque époque de la politique la plus en rupture avec le désordre de son temps. Ici ont incarnée cette rupture à tour de rôle, des élus radicaux, puis socialistes, puis communistes et puis maintenant avec Bally Bagayoko son maire Insoumis et sa municipalité d’unité populaire.

Notre histoire et notre peuple n’ont jamais été enfermés dans la cage d’un passé toujours recommencé. La France se reformule au fil des saisons politiques du temps. En deux siècles nous avons vécu sous deux dynasties, deux empires, cinq républiques, et nous avons fait cinq révolutions.

En France, continuité ou rupture, dans cette patrie commune, la volonté politique commande toujours. À présent, au seuil d’une nouvelle saison du monde la souveraineté du peuple est convoquée par le tumulte de notre époque.

Et nous voici !

Mais alerte ! La présence émouvante d’Annie Ernaux et d’Éric Vuillard à cette tribune doit être comprise comme une invitation à la défense de la mère de toutes les libertés, celle de l’esprit et de la création culturelle.

Car les années Macron sont celles du recul de toutes les libertés ! Déjà dix lois sécuritaires ! Sans oublier la répression mutilante des gilets jaunes, des soulèvements de la terre, des antifa, des syndicalistes et même des rave party. Sans compter les morts de la loi « permis de tuer ». Sans parler de la liberté de conscience défigurée par l’islamophobie diffusée à jet continu partout et à tous les niveaux.

À présent, est en cause la liberté même de pouvoir « penser librement ». Car comment le faire, penser librement, sans avoir accès libre au pluralisme des idées et du vécu culturel ? Déjà, quand neuf milliardaires possèdent 90 % des médias, c’est inacceptable. Et quand ils forment en plus des trusts culturels idéologiques : c’est intolérable !

Faute de ligne d’arrêt, ces trusts étendent leur pouvoir sur tous les moyens de la création comme sur le cinéma et dans toutes les catégories de l’édition, y compris les manuels scolaires.

Alors oui, oui, « Zappez Bolloré ! »

Notre première tâche législative sera dès le début du mandat présidentiel et législatif, une loi pour démembrer ces trusts médiatico-culturels et rendre le pouvoir aux usagers sous la forme de propriété collective.

Dès lors, décidément, cette élection ne ressemble à aucune autre avant ! Car les choix qui sont à faire découlent cette fois-ci directement de la fin d’un ordre du monde. Après la chute de l’URSS, voici commencée celle de son rival, les États-Unis d’Amérique. Et nous sommes sous la menace de guerre généralisée. Cela à l’ère très dangereuse déjà du changement climatique, de la sixième extinction des espèces et de l’incertitude sur tous nos repères naturels. Le tout tandis qu’une bulle financière hors de contrôle surplombe plus que jamais l’économie productive.

Là-dessus les principes politico-économiques du passé récent ont explosé. Le libre marché mondial, la concurrence libre et non faussée : tout cela a été rayé de la carte, par ceux-là même qui en profitaient et en abusaient, tout cela a été rayé de la carte par les droits de douane de Trump et le blocage du détroit d’Ormuz. Alors cela impose à tous ceux qui se présenteront à vos suffrages des réponses de fond avec des principes clairs, des plans d’action crédibles, une méthode constante.

Car dans ce chaos naissant, un nouveau projet politique germe dans les guerres du Moyen-Orient et du Trumpisme. Voici ce qu’il faut appeler le suprémacisme. C’est-à-dire une volonté de hiérarchisation humaine pour dominer les peuples en les divisant en ethnies et en religions. L’économie de guerre est son modèle. Le numérique son vecteur. En France le suprémacisme est porté par le RN. Il rallie à présent d’amples secteurs patronaux irresponsables et une large partie des élites médiatiques regroupées par l’islamophobie.

En Europe, ce projet progresse de toute part. Car l’échec du néolibéralisme y est violent. En France ces dégâts sont ceux d’une guerre. Vie chère et chômage de masse sont devenus permanents. Ont été détruits 5 000 km de voie ferrées, et sous Macron 45 maternités, 1700 bureaux de postes, l’équivalent de 10 universités et de 12 hôpitaux.

En Europe à la faillite morale à propos de l’immigration ou de la complicité avec le gouvernement Netanyahu, s’ajoute désormais une tornade de destructions industrielles et sociales. Il est temps de dire stop ! Stop ! Nous refusons les nouveaux accords de libre échanges comme Mercosur ou avec l’Inde. Nous refusons l’économie de guerre. Stop ! Les traités européens sont obsolètes !

Nous décrèterons un moratoire sur toutes les directives contraires au mandat que nous aura donné notre peuple. Par exemple, nous bloquerons l’accès en France au statut de travailleurs détachés. Et nous le ferons aussi pour toutes les importations agricoles traitées avec des produits interdits en France.

Mais soyons audacieux, voyons aussi dans la profondeur de la crise de l’Union une opportunité pour proposer enfin une Europe débarrassée des principes mortifères du libéralisme.

Voilà ! La saison des tempêtes est arrivée. C’est l’heure des caractères ! Ce tableau du monde dicte notre devoir ! Depuis la France, peuple de France : ouvrons une alternative !

Dès lors, nous avons droit à un débat présidentiel sérieux. Cette élection ne doit pas se résumer à une compétition de lettres au père Noël que les milliardaires feraient lire par leurs portes paroles politiques. Ni le championnat du mouvement de menton contre les jeunes, les immigrés, les musulmans. Ni la finale des tronçonneurs de budget publics. Ni le concours du plus grand report de l’âge de départ à la retraite. Ni la récitation du catéchisme des idées libérales qui ont déjà tant détruit le pays.

Car la France est un champ de ruines sociale depuis Macron. Le macronisme restera la régression sociale et la misère pour le plus grand nombre par l’accumulation des richesses dans quelques mains. Les 53 milliardaires possèdent plus que 32 millions de français. Pendant ce temps, dix millions de gens tombés dans la pauvreté. Sept millions sont contraints à l’aide alimentaire. Alors chacun doit, dire maintenant, dans son programme, quelle est la priorité. Ou bien les performances d’un système condamné. Ou bien les besoins humains, et ce n’est pas du tout la même chose.

Nous, nous réparerons les dégâts ! Le Smic passera à 1 700 euros. Et nous créerons une sécurité sociale intégrale, gérée par ses cotisants. Le but reste l’abrogation de la réforme des retraites à 64 ans puis le retour à 60 ans. Quand l’urgence est à la remise en ordre en effet des comptes de la Sécurité sociale, nous le ferons en réorganisant ses ressources. Et qu’on se le dise : nous en reviendrons à autre chose que la TVA sociale qui sournoisement a été imposée par Macron et ses gouvernements. En réorganisant ses ressources, qu’on se le dise, pour nous la Sécurité sociale est un modèle ! Nous voulons étendre son principe à d’autres domaines de l’existence. Vive la règle : de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins.

Alors quand tout est en cause dans le monde et quand tout est à refaire dans le pays, oui notre peuple a le droit à un débat électoral franc, qui soit un temps de réponse clair à chaque grand défi contemporain.

Voici les nôtres. Au temps du chaos écologique, nous répondons avec la planification et la régionalisation écologiques. Pour ou contre ? Pour évidemment ! Au temps du désordre international, nous répondons avec le tribunal international pour les génocidaires et les criminels de guerre ; le non alignement ; la nouvelle diplomatie française ; avec le renforcement du droit international et son élargissement quant à la mer, dont nous sommes le deuxième territoire mondial, et à l’espace alors que nous sommes la première puissance spatiale européenne et au numérique, où nous concourrons pour être parmi ceux qui auront les inventions les plus magnifiques à partager.

Au temps des épidémies mondiales, c’est à nos yeux déjà l’état d’alerte. Nous sommes dans l’ère des maladies écologiques ! Il y a les zoonoses. Il y a l’épidémie de cancer, l’épidémie de diabète, l’épidémie d’infertilité, dont on ne parle pas ! Sont en cause : les pesticides, le modèle agricole, l’amiante, le cadmium, l’eau contaminée au plastique et aux polluants éternels, la malbouffe ultra transformée !

Aujourd’hui, la sauvegarde, et donc la continuité de l’espèce humaine, passent par sa santé, qui est devenue une nouvelle frontière de l’humanité. Quand on entend dire : « la santé coûte cher ». Répliquez : « qu’est-ce qui coûte cher sinon d’abord le malheur ? » Les cancers ? 23 milliards d’euros par an pour la Sécu ! La malbouffe : 19 milliards d’euros par an ! Vaincre la maladie a toujours été la première définition du progrès humain dans l’histoire. Et c’est autant d’économie de soins. Alors nous changerons le modèle agricole, d’abord pour permettre à tous de manger sainement. Nous interdirons l’usage des polluants cancérigènes. Si Macron avait tenu parole, le glyphosate devrait être interdit en France depuis 2018 ! Combien de temps encore allons-nous encore empoisonner nos rivières, nos sols et nos corps ? Aussi longtemps peut-être que des criminels l’ont permis avec le chlordécone aux Antilles ? Non ! Il est temps d’agir maintenant, vite et fort !

Et puis enfin, il y a un bouleversement technologique mondial et une évolution radicale de la condition humaine. Quelles réponses y seront apportées ? Voici les nôtres. À une révolution numérique déjà bien engagée, nous répondons par la décolonisation numérique vis-à-vis des États-Unis d’Amérique, la souveraineté complète du peuple de France sur le stockage des données, sur les supercalculateurs, les câbles, et sur les systèmes d’intelligence artificielle. Et le soutien à l’invention, en France, des sauts technologiques que l’humanité attend, comme celui vers l’ordinateur quantique

L’ambition qui est la nôtre succède à celle de ceux qui édifièrent cette basilique, car tandis qu’émergait le premier discours sur les principes politiques, ils le concrétisèrent en construisant ce bâtiment qui était à l’époque par son élancement et la lumière qu’il contenait comme jamais auparavant, un exploit technique. Telle est notre vision du monde. Nous n’avons pas une confiance aveuglée dans la technique comme d’autres. Mais nous sommes pour marcher au premier rang de tout ce qui peut soulager la peine humaine, favoriser l’harmonie des relations entre les êtres humains et avec la nature. Et nous ne refusons pas les moyens que la technique peut nous proposer, à la condition de les maîtriser, et de se diriger davantage vers ce qu’on appelle le biomimétisme, qui cherche dans la nature les méthodes qu’elle-même emploie, puisque c’est elle qui à cette heure a toujours fait la démonstration, qu’elle était pour produire tout le vivant de façon la plus économe, tant en énergie qu’en matières premières. Alors qu’on ne nous dise pas que ce n’est pas possible.

Et puis oui une révolution culturelle dans l’identité humaine a commencé. Et ça ne sert à rien de regarder ailleurs ou d’espérer que cela finisse par se passer. Par exemple dans les relations femmes-hommes. Par exemple, dans l’émergence du grand nombre des aînées dans nos sociétés. Par exemple, dans le recul de l’âge de l’autonomie des jeunes. Par exemple, dans le changement des formes de la famille. Dans la place des enfants, nouveaux sujets de droits. Et quand une nouvelle masculinité se cherche, et quand apparaît une demande de liberté dans l’attribution des genres, nous y répondons politiquement par l’extension des droits de la personne à disposer d’elle-même et par de vigoureux instruments publics unifiés et unificateurs. Comme par exemple l’office pour l’autonomie des jeunes, qui remplacera les 28 administrations impuissantes qui lui sont dédiées.

Vous me voyez arriver. Quelques-uns des sujets que je viens de citer concernent la « nouvelle France »… À peine avais-je commencé à en parler, que répondant à l’appel du chiffon rouge que j’agitais, on a vu s’enflammer les obsédés de la race ! Qui, projetant sur nous leurs névroses communautaristes, se sont emportés à nous montrer du doigt et à inventer quelques stupidités supplémentaires. Ainsi, Monsieur Bardella, bon Trumpiste, veut même supprimer le droit du sol de naissance. Et bien Monsieur Bardella, il me reste à vous apprendre – parmi tant d’autres choses – que ce serait un crime anti-national. Car en France depuis François 1er, « on fait France de tout tous bois ». Né en France ? Français ! Pas touche !

Mais oui, la France est nouvelle. Eux vivent dans le passé, pas nous. La France est nouvelle comparée à celle de 1958 quand a été créée la 5ème république. Depuis, tout a changé, sauf la Constitution. Les gens, surtout les gens, ont tellement changé ! Les plus anciens, regardez vos filles et vos garçons.

Nous ne sommes plus les mêmes ! Nous vivons, aimons, pensons tellement autrement. Parce que les femmes ont gagné de larges pans de liberté et que ce n’est pas fini. Dans la France de 1958, il leur fallait l’autorisation d’un homme pour ouvrir un compte bancaire. Sans contraception ni droit à l’IVG, leur aptitude biologique devenait un destin social.

Et voyez à présent comment la jeunesse comme le grand âge sont devenues des quasi «classes générationnelles». La moitié des jeunes fait l’expérience de la précarité et de ses terribles restrictions. Les plus de 60 ans sont trois fois plus nombreux aujourd’hui qu’en 1958 ! Mais le report de l’âge de la retraite les a renvoyés avant 1958. Et puis voyez : les migrations intérieures – depuis la Corse, la Bretagne, le Pays basque, le Massif central, que sais-je – se sont amplifiées après 1958. Désormais un français sur deux ne retourne jamais vivre dans son département d’origine. Depuis, c’est d’un côté la métropolisation massive et ses discriminations sociales. De l’autre une ruralité, délaissée, abandonnée, où sa population par elle-même doit se débrouiller pour vivre, et, oserais-je le dire, parfois survivre !

Oui nous sommes aptes à être la nouvelle France. Voyez combien notre peuple est plus éduqué : 80 % d’une classe d’âge atteint le bac contre seulement 10 % en 58. Écoutez : même nos enfants avant dix ans sont tellement plus éveillés et eux aussi réclament des droits!

Enfin, notre peuple est plus connecté que jamais : 90 % des foyers de ce pays ont un abonnement internet. En 1958, seuls 7 % avaient un abonnement, mais c’était au téléphone fixe !

Et la nouvelle France, disons-le à ceux qui ont risqué quelques critiques inopportunes, c’est aussi une nouvelle classe salariée ! Les statuts en ont été pulvérisés : un ouvrier sur deux travaille dans une entreprise de service ! 50 % sont désormais contractuels dans les services publics

Eh puis oui, on ne veut l’oublier, car nous en sommes tellement heureux : un français sur trois est, selon la formule de Bally, un héritier de l’immigration. Oui, la vie a été plus forte que la peur de l’autre !

Alors nous ne renierons pas, Mesdames, Messieurs, les fascistes, les sacrifices et l’amour de nos grand parents qui nous permettent d’être ici, et dans ce pays qu’ils ont tant contribué à bâtir : on est chez nous !

En fait, nous parlons de la « nouvelle France » pour obliger à parler de la vie concrète et réelle. Et pour vous permettre toutes et tous la fierté de vous dire « nous sommes la nouvelle France » !

Plus cultivés, plus sociabilisés, plus reliés les uns aux autres, les gens dorénavant aspirent à plus de contrôle politique sur les décisions de pouvoir. Ils ne supportent plus l’autorité confisquée par les puissants du patriarcat et des fortunes. Ils n’acceptent plus que les institutions permettent la négation des votes des français, comme pour le référendum de 2005 où nous avons dit « non » et non pas « oui » à la constitution européenne, ou les législatives de 2024, reniées par celui qui les avait convoquées.

Pour nous tous la France mérite mieux que la monarchie présidentielle. La nouvelle France appelle sa nouvelle République. En avant vers la sixième république.

Son principe central sera la souveraineté permanente du peuple ! Permanente ? Oui ! Pas seulement le jour de l’élection présidentielle ! Cette garantie sera le droit au référendum citoyen, dont le référendum révocatoire, permettant de démettre un élu quel qu’il soit, du conseiller municipal au Président de la République. Une Assemblée constituante réorganisera les pouvoirs publics autour de ce principe. Nous proposerons une nouvelle structure fédératrice de la nation. Partout, dans la cité comme dans l’entreprise, une démocratie citoyenne avancée doit être la règle.

Le pouvoir communal et ses conseils de quartiers sera la base de la nouvelle démocratie française. Et maintenant, écoutez bien ceci. De leur côté, les régions seront entièrement restructurées autour des grands bassins versants des fleuves. Elles seront dédiées à la bifurcation écologique. Elles formeront la première ligne d’alerte, de propositions et de mise en œuvre de la planification écologique.

Attention. Aujourd’hui, l’avenir des territoires insulaires, ou très éloignés de l’hexagone, comme la Guyane, est en discussion. Les populations concernées exigent la clarté de ceux qui se proposent pour présider la patrie commune. Et notre peuple tout entier doit savoir, et il devra décider lui-même. Nous accompagnerons spécifiquement la Corse vers l’autonomie étendue que demande ce peuple. Et la Calédonie Kanaky ira vers l’indépendance. Ailleurs, les situations, je le sais et je ne l’oublierai jamais un seul instant car je crois que j’en connais la majorité, sont aussi différentes que les territoires et les peuples qui les ont constitués. Mais il faut que la prochaine présidence gouverne avec un principe commun : le respect des populations et la volonté de les aider à se libérer de toutes les dépendances et dominations. À vous les camarades de La Réunion, des Antilles… À propos de ces territoires, aucun tabou au sujet de l’autonomie. La perspective sera le droit complet à l’autonomie quand, et seulement quand, les populations concernées la souhaitent, et au rythme qu’elles auront choisi. Notre présidence n’enverra jamais la troupe en Nouvelle-Calédonie comme ce fut le cas sous Chirac, ni la CRS 8 comme ce fut le cas aux Antilles, ni aucune structure de police violente. Nous aimons tout le monde dans notre peuple et nous reconnaissons à chacun son droit de critique. Il n’y aura plus jamais de mort en Kanaky avec une balle dans la tête.

Tant de questions tiennent à la campagne électorale, vous le voyez. Nous ne pouvons pas rater cette campagne comme ce fut le cas en 2022 où Macron se refusait à tout dialogue, tout débat. Bien sûr il y avait la guerre en Ukraine, mais on n’a pu parler de rien, si bien que toutes les alertes que nous avons lancées, et qui toutes se sont vérifiées – sur l’eau, sur la retraite à 64 ans, sur la TVA sociale – ils ont pu faire tout cela parce qu’à aucun moment il ne nous a été possible dans un débat de leur faire avouer que c’était bien ça leur projet. Aujourd’hui de nouveau notre campagne est placée sous menace. Par exemple, celle de la diffamation numérique industrielle, organisée entre autres par les ingérences étrangères comme celle menée par les officines de Netanyahu contre les insoumis à Marseille contre Sébastien Delogu et à Toulouse contre François Piquemal. Alors, écoutez-moi bien, et surtout quand il s’agit des femmes, traitées plus indignement qu’elles ne le sont jamais : ne croyez rien sur parole ou sur image, vérifiez tout, y compris ce que je vous dis.

Et il y a aussi le risque du rabougrissement fétide du débat ! Quand par démagogie, avec une vision racialisée de la sécurité, qui est devenue l’unique programme politique de nombre de partis. Le débat ne doit jamais être réduit à leur simplisme. Quand un crime odieux, révoltant, écœurant comme le meurtre de la pauvre petite Lyhanna, nous révolte comme aujourd’hui. Gardons nous d’ignorer ses racines profondes, car il y en a. Proposons une loi de lutte globale contre la pédocriminalité et les féminicides. Cela n’a guère concerné jusqu’à présent les chantres des discours sécuritaires. Pas davantage que les crimes racistes ou homophobes, ou la mort au travail. Et souvenons nous que les coupes budgétaires alimentent le crime, quand manquent de moyens la justice et la police judiciaire, plus utiles pourtant que les chasseurs de manifestants !

Nous dénonçons l’échec complet des politiques sécuritaires, continuellement renforcées sans jamais aucun bilan ni aucune responsabilité assumée par qui que ce soit devant l’ampleur des dégâts. Et nous le confirmons : nous refusons de vivre dans une société de surveillance permanente. Nous refusons de confondre les révoltes sociales et l’immigration avec la délinquance !

Et enfin nous accusons, le crime organisé à échelle internationale, la corruption dans ce pays, la délinquance financière, l’argent sale de la drogue, la traite des êtres humains, le trafic des armes, d’être à l’origine commune de la criminalité.

L’efficacité sécuritaire en France se fera au prix d’un changement complet et radical des objectifs, des moyens et des méthodes. Pour cela, nous restructurerons de la cave au grenier, la politique de sécurité, la police et tous les moyens de lutte contre la criminalité.

Je conclus. Ce moment ensemble à Saint Denis, il nous fait devoir. À chacun d’entre nous. Pas seulement à moi, pas seulement à eux, qui vont mener une campagne en équipe comme jamais on a pu dans le passé en faire une. Car dorénavant, eux, leurs visages vous sont connus. Leur travail, leur dévouement, leur acharnement dans la lutte, leur sérieux au travail, vous est connu. Tout ce qu’ils ont pris, gagné, conquis – la nationalisation d’ArcelorMittal, la loi interdisant l’importation des produits pollués, la pétition européenne pour exiger la fin de l’accord commercial avec Israël, la constitutionnalisation du droit à l’IVG, la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité… Cette équipe à elle seule sera un message. Voilà. Mais vous aussi, un par un. En rentrant à la maison, vous allez prendre le petit carnet que vous avez en réserve pour faire vos courses, et vous allez écrire chacun la liste des trois noms à qui vous allez faire changer d’avis d’ici aux élections. Et comme vous le savez, puisqu’il paraît que je suis le gourou qui appelle chacun d’entre vous chaque jour, je vous appellerai pour voir où vous en êtes un par un.

Je veux vous dire ceci : de même que notre projet est un projet collectiviste, de même qu’une équipe est là qui va se dévouer, de même vous tous, vous toutes, vous devez savoir que ce type de train de l’histoire ne passe pas deux fois. Pour une fois, nous avons par notre travail politique, par votre capacité à agir, celle que vous avez démontrée jusqu’à présent dans chaque élection en renforçant notre mouvement. Vous savez que pour une fois les étoiles sont alignées, que pour une fois sans contestation possible, la première force politique de la gauche et du changement, la voici ! La primaire est finie. C’est nous qui avons gagné l’honneur de marcher en première ligne. Et bienvenue à tous ceux qui veulent participer à la bataille pour la sixième République, écologique et sociale.

Un grand changement est à portée de main. L’unité populaire, elle se fera à la base, dans le combat commun pour la sixième République écologique et sociale. Le deuxième tour ? Que ceux qui n’ont aucune chance d’y accéder devraient se garder de nous empêcher de le gagner. Surtout en faisant le travail du RN avant même que le deuxième tour ait commencé. Surtout en s’appuyant sur des pronostics et des calculs absurdes.

Car déjà en 2022, je veux vous le rappeler, nous finîmes à un point près de Madame Le Pen. Pas à vingt comme cela avait été annoncé. Pas à trente. 420 000 voix. Les mathématiques électorales sont claires : elles disent que le deuxième tour entre le Rassemblement national et nous sera très serré car nombre de cohues venues de droite et de l’extrême centre iront rallier son parti. Mais nous, nous faisons le pari, nous nous croyons à l’intelligence de la France. Nous croyons que notre pays n’est pas raciste. Notre pays n’est pas fasciste. Notre pays aime la culture, aime l’intelligence, et son rassemblement.

Alors si tellement peu doit nous séparer de l’extrême droite, chaque voix compte dès le premier tour. Et je le dis bien fort, bien net, ayant fait ma partie du devoir, ceux-ci ayant fait la leur, vous autres ayant fait la vôtre, je m’adresse à tous ceux qui s’interrogent comme il est légitime qu’on le fasse avant une élection, je leur dis : qui que vous soyez, dans quelque parti que vous soyez, surtout si c’est de gauche, vous ne pourrez pas dire si malheur arrive « je ne savais pas ».

La victoire est possible. Les risques de cette époque sont aussi nos opportunités. Un autre futur redevient possible.

Le philosophe Edgar Morin, qui nous a quittés, nous l’apprenait : la réalité ce ne sont pas seulement les choses qui composent le monde, ce sont nos œuvres, nos désirs, notre volonté.

Peuple de France ! Vous qui regardez à cette télévision et peut-être voyez ce rassemblement, entendez son message, une fois de plus : depuis Saint-Denis, tout est à portée de ta volonté.

Analyse du discours de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis (7 juin 2026)


1. THÈMES

Le discours est dominé par deux thèmes centraux :

  • Identité & Civilisation (30 %) : Mélenchon y développe une vision de la France comme nation de ruptures historiques (Révolution, Résistance) et de métissage, en opposition aux forces qu’il juge réactionnaires (RN, suprémacisme).
  • Politique intérieure (24 %) : Il insiste sur la refondation institutionnelle (6ᵉ République) et la critique des élites médiatiques et économiques.

Les thèmes absents ou marginaux sont l’immigration & sécurité (11 %), relégué au second plan malgré le contexte politique, et l’économie (13 %), traitée de manière indirecte (ex. démantèlement des trusts). La planification écologique (C6), bien que présente dans les arguments, n’apparaît pas comme un thème autonome dans le radar, suggérant qu’elle est intégrée à un récit plus large de transformation sociale.


2. RÉSEAU

Le graphe d’entités révèle une structure en étoile centrée sur Bally Bagayoko (élu local de Saint-Denis), associé à une dizaine de lieux et concepts (Cuba, Iran, Congo, “Lumières”, etc.). Cette mise en scène symbolique sert à illustrer la diversité des luttes internationales et leur ancrage local, avec Saint-Denis comme épicentre.

Polarités marquées :

  • Macron (polarity_display = -1.0) : Condamnation explicite et totale, décrit comme responsable d’un “champ de ruines sociale” et d’une “régression des libertés”. Le ton est celui d’un ennemi politique, voire d’une trahison.
  • Cuba, Iran, Liban (polarity_display = +1.0) : Éloge sans réserve, présentés comme des modèles de résistance (ex. : “peuples invaincus”). Ces pays sont cités pour incarner une alternative géopolitique à l’Occident, en lien avec la cause palestinienne (C1).

Autres associations révélatrices :

  • “Lumières” est relié à la France et aux territoires (Saint-Denis, Congo), suggérant une réappropriation du récit universaliste pour légitimer la 6ᵉ République (C5).
  • L’Ukraine est neutre (+0.09), mais son inclusion dans le réseau montre une volonté de ne pas ignorer le conflit, tout en le subordonnant à une critique plus large de l’OTAN et des États-Unis (peu mentionnés, polarité neutre +0.04).

3. REGISTRE

  • Lisibilité : Avec un score Kandel-Moles de 59.9, le discours est accessible, proche d’un texte rédigé en FALC (Facile À Lire et à Comprendre, score 72). Selon les baselines, il se situe entre un discours oral engagé et un texte militant, loin de la complexité d’un arrêt du Conseil d’État (29.8) ou d’un essai philosophique (Lacan, 37.4). Les phrases sont courtes (17 mots en moyenne), et le vocabulaire est concret.
  • Registre affectif :
    • Colère (42 %) et joie (38 %) dominent, reflétant une rhétorique de combat mêlée à une célébration collective. La colère vise les adversaires (Macron, RN, Netanyahu), tandis que la joie exalte l’unité militante et les victoires symboliques.
    • Pics émotionnels :
      • “Félicitations d’être si nombreux. Car ici nous sommes plus qu’une foule engagée. Nous sommes, par notre présence, par notre ardeur, par nous-même, un message politique !” (joie, 99.6 % de probabilité) → Mobilisation identitaire.
      • “En fait, nous parlons de la « nouvelle France » pour obliger à parler de la vie concrète et réelle. Et pour vous permettre toutes et tous la fierté de vous dire « nous sommes la nouvelle France » !” (joie, 99.7 %) → Projection utopique.

4. VALEURS

Le profil Moral Foundations révèle une hiérarchie claire :

  • Autorité (9.44) : Valeur ultra-dominante, portée par l’appel à une 6ᵉ République (C5) et la dénonciation des “monarchies présidentielles”. Mélenchon se pose en garant d’un ordre légitime (souveraineté populaire) contre un système corrompu.
  • Équité (5.36) : Deuxième pilier, lié à la critique des inégalités (C3, C6) et à la défense des services publics (Sécurité sociale, polarité +0.31).
  • Loyauté (3.86) : Moins marquée, mais présente dans l’hommage aux territoires (Corse, Nouvelle-Calédonie) et aux figures historiques (ex. Annie Ernaux, polarité +0.72).
  • Bienveillance (2.15) et Pureté (0.86) : Quasi absentes. La bienveillance est reléguée à des formules génériques (“nous aimons tout le monde dans notre peuple”), tandis que la pureté (valeur souvent associée aux discours identitaires) est rejetée.

5. ARGUMENTS

Le fil argumentatif principal repose sur trois thèses structurantes :

  1. La France comme nation de résistance (C1 + C2) :

    • Claim : La France doit s’inspirer de son histoire révolutionnaire pour soutenir les peuples opprimés (Palestine, Cuba) et rompre avec l’ordre actuel.
    • Justification : Saint-Denis incarne cette tradition de lutte, et la “nouvelle France” doit en être l’héritière.
  2. Démanteler les oligarchies pour restaurer la souveraineté populaire (C3 + C5) :

    • Claim : Les médias (Bolloré) et les institutions (5ᵉ République) étouffent la démocratie.
    • Justification : Exemple du référendum de 2005 (ignoré) et de la concentration des pouvoirs économiques.
  3. L’écologie comme projet politique total (C6) :

    • Claim : La planification écologique doit s’accompagner d’une réorganisation territoriale et sociale.
    • Justification : La crise climatique est liée aux inégalités et nécessite une rupture avec le capitalisme.

Oppositions :

  • La 6ᵉ République (C5) s’oppose frontalement à la “monarchie présidentielle” macroniste et au suprémacisme du RN (C4).
  • La solidarité internationale (C1) est présentée comme incompatible avec l’alignement sur les États-Unis ou Israël (Netanyahu, polarité -0.59).

SYNTHÈSE

Ce discours révèle une stratégie de mobilisation à trois niveaux, invisible à la lecture linéaire :

  1. Un récit identitaire réinventé : Mélenchon ne parle pas de “la France” comme entité abstraite, mais d’une “nouvelle France” métissée et révolutionnaire, où Saint-Denis et les luttes internationales (Cuba, Palestine) deviennent des symboles interchangeables. Le réseau d’entités montre que cette France-là est délibérément décentrée (peu de mentions de Paris ou de l’Europe).
  2. Une polarisation calculée : La condamnation de Macron (-1.0) et l’éloge des régimes anti-impérialistes (+1.0) servent à radicaliser le clivage gauche/droite, tout en évitant les thèmes traditionnels de l’extrême droite (immigration, sécurité). Le discours est affectivement clivant : la joie collective alterne avec une colère ciblée, créant un effet de groupe soudé contre des ennemis désignés.
  3. Un projet politique “total” : Les arguments s’articulent autour d’une vision systémique où écologie, démocratie et justice sociale sont indissociables. La planification écologique (C6) n’est pas un thème isolé, mais le levier d’une refonte institutionnelle (C5), elle-même justifiée par l’histoire (C2). Cette circularité renforce la cohérence du discours, mais peut aussi le rendre peu perméable aux compromis.

En creux, les données montrent ce que Mélenchon ne dit pas : aucune proposition concrète sur l’immigration, une économie réduite à la lutte contre les “trusts”, et une géopolitique simplifiée à une opposition binaire (peuples résistants vs. impérialismes). Le discours fonctionne comme un mythe mobilisateur, plus que comme un programme.

Arguments identifiés

  • C1 (high) — La France doit soutenir les peuples résistants contre l’oppression et le génocide, notamment le peuple palestinien.
    Justification : Notre rassemblement est un message politique dédié à ces peuples, symbolisant la solidarité internationale.
  • C2 (high) — La France doit adopter une refondation politique inspirée de son histoire de rupture et de souveraineté populaire.
    Justification : L’histoire de Saint-Denis montre que la France s’est construite par des principes politiques fondateurs et des révolutions successives.
  • C3 (high) — Il faut démanteler les trusts médiatico-culturels contrôlés par une poignée de milliardaires.
    Justification : Ces trusts menacent la liberté de penser en monopolisant 90 % des médias et en étendant leur pouvoir sur la création culturelle.
  • C4 (high) — La France doit rejeter le suprémacisme et l’économie de guerre portés par le RN et ses alliés.
    Justification : Le suprémacisme divise les peuples et est soutenu par des élites médiatiques et patronales irresponsables.
  • C5 (high) — La France doit instaurer une sixième République fondée sur la souveraineté permanente du peuple.
    Justification : Les institutions actuelles permettent la négation des votes populaires (ex. référendum de 2005) et une monarchie présidentielle.
  • C6 (high) — Il faut une planification écologique et une réorganisation territoriale pour répondre à la crise climatique.
    Justification : La crise écologique menace la survie humaine et nécessite une bifurcation urgente du modèle actuel.
  • C7 (high) — La France doit garantir l’autonomie et les droits des territoires ultramarins, notamment la Corse et la Nouvelle-Calédonie.
    Justification : Les populations concernées exigent des réponses claires, et l’histoire montre les violences passées de l’État.
Indicateur · carte d'arguments

Sept thèses, étayage variable.

Le pipeline extrait jusqu'à sept couples affirmation / prémisse du transcript. Haute : argument clair et appuyé. Moyenne : présent mais étayage partiel. Faible : plausible mais peu explicite. Ces scores notent la présence dans le texte, pas la validité éditoriale.

  1. 01

    La France doit soutenir les peuples résistants contre l'oppression et le génocide, notamment le peuple palestinien.

    Prémisse Notre rassemblement est un message politique dédié à ces peuples, symbolisant la solidarité internationale.

    confiance haute Arg1
  2. 02

    La France doit adopter une refondation politique inspirée de son histoire de rupture et de souveraineté populaire.

    Prémisse L'histoire de Saint-Denis montre que la France s'est construite par des principes politiques fondateurs et des révolutions successives.

    confiance haute Arg2
  3. 03

    Il faut démanteler les trusts médiatico-culturels contrôlés par une poignée de milliardaires.

    Prémisse Ces trusts menacent la liberté de penser en monopolisant 90 % des médias et en étendant leur pouvoir sur la création culturelle.

    confiance haute Arg3
  4. 04

    La France doit rejeter le suprémacisme et l'économie de guerre portés par le RN et ses alliés.

    Prémisse Le suprémacisme divise les peuples et est soutenu par des élites médiatiques et patronales irresponsables.

    confiance haute Arg4
  5. 05

    La France doit instaurer une sixième République fondée sur la souveraineté permanente du peuple.

    Prémisse Les institutions actuelles permettent la négation des votes populaires (ex. référendum de 2005) et une monarchie présidentielle.

    confiance haute Arg5
  6. 06

    Il faut une planification écologique et une réorganisation territoriale pour répondre à la crise climatique.

    Prémisse La crise écologique menace la survie humaine et nécessite une bifurcation urgente du modèle actuel.

    confiance haute Arg6
  7. 07

    La France doit garantir l'autonomie et les droits des territoires ultramarins, notamment la Corse et la Nouvelle-Calédonie.

    Prémisse Les populations concernées exigent des réponses claires, et l'histoire montre les violences passées de l'État.

    confiance haute Arg7
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