Dossier pédagogique sur les élections législatives anticipées israéliennes de 2026. En mai 2026, Benjamin Netanyahu provoque la dissolution de la Knesset alors qu'il fait face à un procès pour corruption. Ce dossier décrypte le contexte de cette dissolution surprise, les enjeux judiciaires qui pèsent sur le Premier ministre, la cartographie des forces politiques en présence (de l'alliance Beyahad à la Liste arabe commune), et la bataille de l'information autour des sondages électoraux.
La rédaction d'AFK.live
Israël est doté d'un parlement unicaméral, la Knesset, dont les 120 sièges sont pourvus tous les quatre ans, au plus tard le troisième mardi du mois hébraïque de heshvan, au scrutin proportionnel plurinominal avec listes bloquées et seuil électoral de 3,25 % dans une seule circonscription nationale. Après décompte des voix, les sièges sont répartis à la proportionnelle aux candidats de tous les partis ayant franchi ce seuil, une première fois sur la base du quotient simple, puis pour les sièges restants selon la méthode de la plus forte moyenne, connue en Israël sous le nom de « Méthode de Bader–Ofer ». La loi électorale prévoit cependant la possibilité pour deux partis de signer un accord d'apparentement avant les élections, ce qui leur permet alors d'augmenter leur chance de se voir attribuer un siège lors du calcul de la répartition des sièges restants.
Extrait pédagogique de Wikipedia expliquant le mécanisme électoral israélien : scrutin proportionnel intégral, seuil de 3,25%, 120 sièges à la Knesset, nécessité d'une majorité de 61 sièges pour former un gouvernement, et possibilité d'accords d'apparentement entre partis.
Benjamin Netanyahu a décidé mercredi de prendre les devants en actant son sabordage contrôlé pour avoir la main sur le calendrier électoral, ouvrant la voie à des élections anticipées à partir de la fin du mois d'août. La coalition gouvernementale a déposé un projet de loi de dissolution du Parlement, a annoncé mercredi soir le Likoud, le parti de droite de Benjamin Netanyahu. Cela ouvre automatiquement la voie à des élections après un délai de 90 jours suivant l'adoption de cette loi. L'annonce de la dissolution, à l'initiative du parti de Benjamin Netanyahu, survient alors que celui-ci apparaissait menacé depuis 24 heures d'une implosion de sa majorité du fait du mécontentement des partis ultraorthodoxes. Profitant de ces remous, certains partis d'opposition avaient annoncé mardi leur intention de déposer un projet de loi de dissolution de la Knesset, mais l'annonce du Likoud semble leur couper l'herbe sous le pied en permettant à Benjamin Netanyahu de prendre la main sur le calendrier électoral.
↗ Lire la source — lessentiel.luArticle de L'essentiel/AFP expliquant la stratégie du « sabordage contrôlé » : Netanyahu prend les devants face à la menace d'implosion de sa coalition pour garder la main sur le calendrier électoral et couper l'herbe sous le pied de l'opposition.
« Cette offensive renforce indéniablement l'image que Nétanyahou veut cultiver, associée à son slogan de "victoire totale" », analyse pour l'AFP Michael Horowitz, expert indépendant en géopolitique. « Il veut montrer que ce n'est pas un slogan de campagne, mais une réalité, c'est son programme national et sa stratégie électorale », ajoute-t-il. Mais si le conflit se prolonge, les choses seront bien différentes, analyse M. Horowitz. « La tolérance de l'opinion publique pour une longue guerre avec de lourdes pertes, accompagnée d'un coût de la vie élevé, reste extrêmement faible », estime-t-il.
↗ Lire la source — lapresse.caArticle de La Presse analysant la stratégie électorale de Netanyahu centrée sur le slogan de « victoire totale », selon l'expert Michael Horowitz. Montre comment Netanyahu veut transformer ce slogan en programme national malgré les limites de la tolérance publique.
Commencé en 2020, le procès pénal du Premier ministre israélien est désormais dans la phase de la défense, celui-ci témoignant en tant qu'accusé. Ayant été inculpé en 2019 et avoir plaidé non coupable, il a commencé à témoigner en décembre 2024, devenant le premier chef du gouvernement israélien en exercice à comparaître en tant qu'accusé au pénal. Les procureurs ont commencé son contre-interrogatoire en juin 2025, après plusieurs mois d'interrogatoire principal par la défense. L'acte d'accusation comprend trois dossiers : l'affaire 1000, dans laquelle M. Netanyahu est accusé d'avoir reçu des cadeaux coûteux, notamment en cigares et champagne, de la part d'hommes d'affaires fortunés ; l'affaire 2000, centrée sur des discussions présumées entre M. Netanyahu et l'éditeur du journal Yedioth Aharonoth, Arnon Mozes, concernant une couverture médiatique favorable en échange d'un affaiblissement du journal concurrent Israel Hayom ; et l'affaire 4000 Bezeq-Walla. Il est accusé de fraude et d'abus de confiance dans les affaires 1000 et 2000, et de corruption, fraude et abus de confiance dans l'affaire 4000.
↗ Lire la source — lorientlejour.comArticle de L'Orient-Le Jour résumant l'état du procès pénal de Netanyahu : les trois affaires (1000, 2000, 4000), son statut de premier chef de gouvernement en exercice à témoigner comme accusé, et la phase de contre-interrogatoire en cours.
Six years after he was indicted on charges of fraud, bribery and breach of trust, Prime Minister Benjamin Netanyahu submitted a formal pardon request to President Isaac Herzog on Sunday, seeking an end to his long-running and unprecedented corruption trial. Netanyahu did not admit guilt and, in a video statement, continued to contest the charges against him and the legitimacy of the process by which he was indicted. He also did not indicate any readiness to step down as prime minister, arguing that, if he were pardoned, he would be free to more effectively advance Israel's interests.
↗ Lire la source — timesofisrael.comArticle du Times of Israel sur la demande de grâce présidentielle de Netanyahu en novembre 2025, faite SANS reconnaissance de culpabilité. Expose la stratégie de sortie judiciaire : obtenir une grâce tout en contestant les charges, et rester au pouvoir pour « mieux servir les intérêts d'Israël ».
Les détracteurs du Premier ministre, en procès pour corruption, l'accusent de vouloir utiliser cette réforme pour atténuer un éventuel jugement à son encontre. Selon le gouvernement, qui comprend des partis juifs ultra-orthodoxes et d'extrême droite, la réforme vise à rééquilibrer les pouvoirs, en diminuant les prérogatives de la Cour suprême, que l'exécutif juge politisée, au profit du Parlement. Ses détracteurs estiment qu'elle risque d'ouvrir la voie à une dérive antidémocratique ou autoritaire.
↗ Lire la source — fr.euronews.comArticle d'Euronews sur la réforme judiciaire de 2023, essentiel pour comprendre le lien entre le procès de Netanyahu et sa stratégie politique. Les détracteurs l'accusent de vouloir utiliser la réforme pour atténuer un éventuel jugement, tandis que le gouvernement invoque un rééquilibrage des pouvoirs.
Lors du lancement de leur alliance électorale « BeYahad » (« Ensemble » en hébreu), dimanche soir, Naftali Bennett et Yaïr Lapid ont, sans surprise, tous deux mis en avant leurs principales positions communes, qui, selon Bennett, leur garantiront une « victoire écrasante » face au Premier ministre Benjamin Netanyahu lors des prochaines élections législatives, prévues en octobre. Dans son discours d'ouverture, Bennett s'est engagé à mettre en place une commission d'enquête nationale sur les défaillances ayant entouré l'invasion et le massacre du 7 octobre 2023 – une enquête indépendante de grande envergure rejetée par Netanyahu, mais soutenue par au moins 60 % de la population israélienne. Il a également promis de faire adopter une loi rendant le service militaire obligatoire pour tous, afin d'alléger la charge pesant sur les réservistes israéliens épuisés, ce qui contraste fortement avec l'exemption de la conscription accordée par le gouvernement Netanyahu à la plupart des jeunes hommes ultra-orthodoxes, une mesure scandaleuse, antidémocratique et extrêmement impopulaire.
↗ Lire la source — fr.timesofisrael.comArticle du Times of Israel FR présentant l'alliance Beyahad annoncée le 26 avril 2026 : Bennett (droite, ex-PM) et Lapid (centre) s'unissent à nouveau après leur gouvernement 2021-2022. Leurs positions communes : commission d'enquête sur le 7-Octobre et service militaire obligatoire pour les ultra-orthodoxes.
Plus de la moitié des personnes ayant voté pour le parti au pouvoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Likud, en 2022, auraient fait de même en décembre 2024, marquant ainsi « une reprise progressive et constante » des perspectives du parti au cours de l'année écoulée, selon une nouvelle enquête de l'Institut israélien de la démocratie (IDI). Selon le groupe de réflexion basé à Jérusalem, à la fin de l'année dernière, 54 % des électeurs du Likud prévoyaient de soutenir le parti lors des prochaines élections, ce qui représente une amélioration significative par rapport à la « moyenne mobile de la part des électeurs récurrents » de 40 % qu'il connaît depuis le début de l'année 2024. « Jusqu'en août, la moyenne mobile de la part des électeurs récurrents était inférieure à 40 %, mais au cours des mois suivants, sans doute en raison des succès militaires au Liban et d'une plus grande stabilité en matière de sécurité, la part des électeurs du Likud qui ont déclaré qu'ils voteraient à nouveau pour le parti a augmenté de manière significative, atteignant 54 % en décembre ».
↗ Lire la source — fr.timesofisrael.comÉtude de l'Israel Democracy Institute relayée par Times of Israel FR montrant la résilience électorale du Likoud : 54% de fidélisation des électeurs de 2022 en décembre 2024, en hausse grâce aux « succès militaires au Liban ». Illustre la base électorale solide de Netanyahu malgré le 7-Octobre.
Favorable à la fusion des partis de la gauche sioniste, voire plus largement de toutes les forces qu'il identifie comme démocratiques, libérales et anti-Nétanyahou, Golan est élu à la tête du parti travailliste en mai 2024 et officialise la fusion avec son ancienne formation, Meretz, pendant l'été qui suit. Les deux formations laissent place au parti Les Démocrates, dont Golan prend la direction avec l'objectif ambitieux de remettre la gauche sioniste au centre du champ politique israélien. L'hégémonie de la gauche sioniste en Israël pendant les trente premières années du pays a largement été documentée, tout autant que son effritement au profit de la droite nationaliste au cours des décennies suivantes. Parmi les principales raisons de cet effritement : des bouleversements démographiques et socio-économiques majeurs, la montée en puissance des forces favorables à la colonisation et à l'annexion des Territoires palestiniens occupés en 1967, ainsi que l'échec du « processus de paix ».
↗ Lire la source — theconversation.comArticle de The Conversation sur la recomposition de la gauche sioniste : fusion Travaillistes-Meretz dans « Les Démocrates » dirigé par Yaïr Golan (ex-numéro 2 de Tsahal). Explique le déclin historique de la gauche et le pari de Golan de la remettre au centre du jeu politique.
Le 20 mai, sur les ondes d'une radio publique israélienne, Yaïr Golan, ex n°2 de l'armée lance qu' "un pays sain n'a pas pour hobby de tuer des bébés". Immédiatement, les réactions fusent. Benjamin Netanyahu et la droite israélienne le qualifient "d'antisémite", le ministre de la Défense dit vouloir interdire à celui qui a servi 38 ans sous le drapeau israélien "de porter l'uniforme de Tsahal et d'entrer dans les bases militaires" et le ministre de la Justice entend le dégrader et lui retirer ses galons de général.
↗ Lire la source — france24.comArticle de France 24 sur la déclaration explosive de Golan le 20 mai 2025 (« un pays sain n'a pas pour hobby de tuer des bébés ») et la tempête politique qui a suivi : accusations d'antisémitisme par Netanyahu, menaces de retrait de grade. Illustre le climat inflammable autour de toute critique de la guerre.
On Thursday, January 22, the leaders of Israel's four Arab political parties signed a preliminary agreement to reunite ahead of the next Knesset elections, expected by October of this year. The document commits the parties to formal discussions on reconstituting the Joint List—a notable step, but not yet a finalized electoral pact. The agreement was signed by Ayman Odeh of Hadash (left-wing Jewish/Arab alliance with communist roots), Ahmad Tibi of Ta'al (Arab nationalist), Mansour Abbas of Ra'am (Islamist), and Sami Abu Shehadeh of Balad (hardline Palestinian nationalist). The agreement, signed in the Arab city of Sakhnin, coincided with a general strike and tens of thousands of Arab citizens marching to protest the surge in violent crime and murders in their communities. 2025 saw a record 252 Arab citizens killed, following years of failure by the police to curb the trend.
↗ Lire la source — israelpolicyforum.orgArticle de l'Israel Policy Forum sur la résurrection de la Liste arabe commune signée le 22 janvier 2026 à Sakhnin par les quatre partis arabes (Hadash/Odeh, Ta'al/Tibi, Ra'am/Abbas, Balad/Abu Shehadeh). Contexte : record de 252 citoyens arabes tués en 2025, grève générale contre les violences.
Vidéo de Channel 14 (ערוץ 14) présentant leur sondage électoral qui crédite le bloc de droite de Netanyahu (גוש הימין) de 66 sièges, soit une large majorité. Permet de voir le ton et la mise en scène de cette chaîne pro-Netanyahu, dont les chiffres contrastent fortement avec les instituts indépendants.
Chen Egri, qui a visionné pendant des centaines d'heures les programmes de la chaîne, témoigne: "On entend chaque jour de l'incitation à la violence, au racisme, des fake news". Son équipe a publié quatre rapports qui prouvent qu'il s'agit de la chaîne de propagande d'un seul homme: Benjamin Netanyahu. Ainsi, jusqu'à aujourd'hui, "lorsque apparaît une tension entre l'idéologie d'extrême droite et la stratégie de Netanyahu, la chaîne se range sur la même ligne que lui", ajoute Oren Persico. Pour Oren Persico, la comparaison avec les chaînes russes de Poutine s'impose. "On ne travaille pas sur la collecte et la publication d'informations, il s'agit de les mettre en scène et d'entraîner les masses. Ses téléspectateurs reçoivent un torrent de messages de propagande et se retrouvent enfermés dans une sorte de monde parallèle où tout est inversé." Pour lui, Channel 14 est, en termes de médias, le danger numéro 1 pour l'avenir de la démocratie en Israël.
↗ Lire la source — rts.chArticle de la RTS analysant Channel 14 comme « chaîne de propagande » de Netanyahu, selon les chercheurs Chen Egri et Oren Persico (The Seventh Eye). Comparaison avec les médias de Poutine, description d'un « monde parallèle » créé par un « torrent de messages de propagande ». Attribution claire des termes aux sources citées.
Ces résultats laisseraient le bloc pro-Netanyahu à 51 sièges, tandis que le bloc sioniste opposé à Netanyahu atteindrait 56 sièges, hors partis arabes, plusieurs formations ayant exclu l'idée de siéger dans un gouvernement avec eux. Les deux camps resteraient donc sous la barre des 61 sièges nécessaires pour former une coalition gouvernementale.
↗ Lire la source — i24news.tvArticle d'i24News présentant un sondage indépendant montrant la réalité électorale : bloc Netanyahu 51 sièges, opposition 56 sièges, les deux sous le seuil de 61 sièges nécessaires. Contraste avec les 66 sièges annoncés par Channel 14, illustrant l'écart entre propagande et instituts indépendants.