AFK.live
Pipeline · 14 h 11 Jeu. 10 septembre · N° 0634
ACCUEIL · IDÉES
25 instituts suivis · curation LLM nocturne
Idées · 25 instituts · 3 hors-axe · curation LLM

Notes, rapports,

sondages.

Les think-tanks, fondations et instituts de sondage publient des centaines de pages chaque semaine — AFK suit, classe par sensibilité politique, et fait remonter ce qui vaut le coup. De l'extrême gauche à l'extrême droite, on lit tout — on signale d'où parle qui.

01 · Spectre politique · 25 instituts classés

On dit d'où parle qui.

Les instituts sont placés sur un axe gauche–droite, les instituts de sondage classés à part. Le placement est fait par la rédaction AFK, à partir de la ligne éditoriale assumée par chaque institut — il ne préjuge pas de la rigueur des travaux.

Hors-axe · instituts de sondage
CL
Cluster17
9 pubs
EL
Elabe
23 pubs
IF
IFOP
71 pubs
← Extrême gauche
Extrême droite →
RP
Révolution Permanente
extrême gauche · 665/sem
Contretemps
extrême gauche · 72/sem
CO
AF
ATTAC France
extrême gauche · 50/sem
Amnesty International France
gauche · 18/sem
AI
FJ
Fondation Jean-Jaurès
gauche · 122/sem
Greenpeace France
gauche · 10/sem
GF
IL
Institut La Boétie
gauche · 18/sem
Institut Rousseau
gauche
IR
OF
Oxfam France
gauche · 36/sem
The Shift Project
gauche · 5/sem
TS
GR
GRIP
centre · 26/sem
Institut Jacques Delors
centre · 25/sem
IJ
IM
Institut Montaigne
centre · 85/sem
IRIS
centre · 149/sem
IR
TN
Terra Nova
centre · 12/sem
WWF France
centre
WF
GE
GenerationLibre
droite · 2/sem
Institut des Libertés
droite · 18/sem
ID
Institut économique Molinari
droite · 22/sem
Institut Thomas More
droite · 63/sem
IT
II
Institut Iliade
extrême droite · 27/sem
Polémia
extrême droite · 75/sem
PO
← Extr. gauche Extr. droite →
RP
Révolution Permanente
extrême gauche
665/sem
CO
Contretemps
extrême gauche
72/sem
AF
ATTAC France
extrême gauche
50/sem
AI
Amnesty International France
gauche
18/sem
FJ
Fondation Jean-Jaurès
gauche
122/sem
GF
Greenpeace France
gauche
10/sem
IL
Institut La Boétie
gauche
18/sem
IR
Institut Rousseau
gauche
OF
Oxfam France
gauche
36/sem
TS
The Shift Project
gauche
5/sem
GR
GRIP
centre
26/sem
IJ
Institut Jacques Delors
centre
25/sem
IM
Institut Montaigne
centre
85/sem
IR
IRIS
centre
149/sem
TN
Terra Nova
centre
12/sem
WF
WWF France
centre
GE
GenerationLibre
droite
2/sem
ID
Institut des Libertés
droite
18/sem
Institut économique Molinari
droite
22/sem
IT
Institut Thomas More
droite
63/sem
II
Institut Iliade
extrême droite
27/sem
PO
Polémia
extrême droite
75/sem
Curation rédactionnelle · classement par ligne éditoriale assumée · positions revues chaque trimestre
02 · À la une · épinglés par la rédac

Trois textes qui méritent votre temps.

Notes longues, rapports denses, démonstrations chiffrées — pris en charge par la rédaction AFK. On lit tout, on signale ce qui vaut le coup.

Épinglés par la rédac · 3 places maximum
E
Elabe
neutre
★ Épinglé · Étude

L’Etat d’esprit des Français pour la rentrée 2026

7 Français sur 10 déclarent aller bien personnellement en cette rentrée 2026 69% des Français déclarent aller bien dont 60% assez bien et 9% très bien . A l’inverse, 31% affirment ne pas aller bien, dont 26% pas très bien et 5% pas bien du tout . Le bien être personnel des Français retrouve son niveau de 2024 (68%) et 2023 (69%), après une rentrée 2025 plus morose (59%). Le bien-être individuel dépend fortement de la situation financière : 87% des Français qui bouclent leurs fins de mois sans se restreindre déclarent aller bien ; à l’inverse, 56% des Français qui bouclent leurs fins de mois en se restreignant déclarent aller mal. Politiquement, les électeurs LR (79%) et Ensemble (77%) vont un peu mieux que les électeurs NFP (68%) et RN (64%). Mais la quasi-totalité des Français estiment que la France va mal, le pessimisme se stabilise à un très haut niveau 89% des Français estiment que la France ne va pas bien, dont 51% pas très bien et 38% pas bien du tout . A l’inverse, 10% estiment qu’elle va bien, dont 9% plutôt bien et 1% très bien . Le pessimisme se maintient au même niveau qu’à la rentrée 2025 (90%). Le pessimisme traverse toutes les catégories de populations, mais les 18-34 ans (78%) sont un peu moins alarmistes que les 50 ans et plus (95%). Politiquement, les électeurs RN sont les plus pessimistes (97%). Les Français sont inquiets face à la situation du pays, exaspération et colère complètent l’état d’esprit de rentrée La situation française actuelle inspire aux Français de l’inquiétude (63%), suivie plus loin par l’exaspération (41%), la colère (38%), la lassitude (29%), la peur (24%), la tristesse (21%) et la fatigue (20%). Le premier sentiment positif (l’espoir) est en 9ème position (sur 15), cité par 11%. Cet état d’esprit traverse toutes les catégories de populations et électorats, mais la colère (63%) et l’exaspération (54%) sont nettement plus cités par les électeurs RN. Chez les jeunes, la peur (32%) et la fatigue (31%) devancent l’exaspération (29%) et la colère (26%). Eté 2026: le dérèglement climatique (incendies, canicule, sécheresse) au cœur de l’actualité, la hausse des prix du carburant et le piratage de données fiscales ont marqué les esprits Parmi une liste de 19 événements survenus pendant l’été, ceux qui ont le plus marqué les Français sont les incendies (61%), les épisodes de canicule et de sécheresse (45%), la hausse des prix du carburant (44%) et le piratage de données (24%). Moins d’1 Français sur 5 cite : les guerres au Moyen-Orient (16%) et en Ukraine (14%), la crise migratoire à Ceuta (13%, particulièrement cité par les électeurs RN à 32%), la Coupe du Monde de football (13%), l’éclipse solaire (11%) et la candidature de Marine Le Pen (10%). Les incendies constituent l’événement le plus marquant de l’été dans toutes les catégories de populations et électorats, et est particulièrement cité par les habitants du Sud Ouest (73%) et les retraités (73%). La hausse des prix du carburant est particulièrement citée par les électeurs RN (63%), les employés/ouvriers (55%), et les habitants du rural (53%). A noter que les jeunes citent l’éclipse solaire (27%) et la coupe du monde (27%) quasiment au même niveau que les incendies (32%), la canicule (31%) et la hausse des prix du carburant (30%). Canicules, sécheresse et incendies : les Français accusent une mauvaise préparation mais sont partagés sur la gestion des événements Face aux épisodes de canicule, de sécheresse et d’incendies survenus cet été, 82% des Français estiment que la France s’est mal préparée, et 55% qu’elle a mal géré ces événements. Dans le détail, 44% pensent qu’elle s’est plutôt mal préparée et a plutôt mal géré ces événements, 38% pensent qu’elle s’est plutôt mal préparée mais les a plutôt bien gérés, 11% pensent qu’elle s’est plutôt bien préparée mais les a mal gérés, 7% pensent qu’elle s’est plutôt bien préparée et les a plutôt bien gérés. Le sentiment d’impréparation est ultra-majoritaire dans toutes les catégories de populations et électorats. Le sentiment de mauvaise gestion est majoritaire chez les électeurs RN (64%), (LR (60%) et NFP (59%) ; la majorité des électeurs du camp présidentiel estiment qu’ils ont été bien gérés (65%). Pouvoir d’achat : 8 Français sur 10 déclarent se serrer la ceinture, la pression recule très légèrement (-2) En cette rentrée 2026, 79% (-2 depuis mai 2026) des Français déclarent se serrer la ceinture (dépenses, train de vie, etc.), dont 53% un peu et 26% beaucoup . A l’inverse, 20% déclarent ne pas se serrer la ceinture. La pression sur le pouvoir d’achat concerne toutes les catégories de populations, mais les employés/ouvriers (90%) sont plus vulnérables que les cadres (59%). Le pouvoir d’achat, première priorité d’action adressée à l’exécutif, devant la sécurité, la dette et la santé Pour les Français, les priorités d’action dans les prochains mois pour Emmanuel Macron et le gouvernement de Sébastien Lecornu sont le pouvoir d’achat (48%), la sécurité (32%), la dette publique (29%), la santé (28%), l’immigration (27%), la lutte contre le dérèglement climatique et l’adaptation face à ses conséquences (24%), et les inégalités/injustices sociales (21%). Les autres thèmes ont été cités par moins de 20% des Français. Les priorités d’action sont très marquées politiquement : Les électeurs NFP citent le pouvoir d’achat (53%), la santé (38%), les inégalités/injustices sociales (41%), la lutte contre le dérèglement climatique (38%) Les électeurs Ensemble citent la dette (43%) et la lutte contre le dérèglement climatique (39%) Les électeurs LR citent le pouvoir d’achat (41%), la dette (42%) et la sécurité (37%) Les électeurs RN citent l’immigration (61%), le pouvoir d’achat (53%) et la sécurité (48%) A noter qu’en cette rentrée 2026, les jeunes placent l’éducation (35%), les inégalités/injustices sociales (29%) et l’emploi (28%) au même niveau que la sécurité (33%), le pouvoir d’achat (30%) et la santé (26%). _____________________ Téléchargez le rapport : L Etat d esprit des Français pour la rentrée 2026 Crédits image : Pexels @ThisIsEngineering L’article L’Etat d’esprit des Français pour la rentrée 2026 est apparu en premier sur ELABE .

26 août 2026 · Étude
Ouvrir le document →
J
Fondation Jean-Jaurès
gauche
★ Épinglé · Rapport

Trump, Orbán, Meloni : quand l’extrême droite s’en prend aux syndicats

Dans les États où l extrême droite a pris les commandes du pouvoir, la menace pesant sur les syndicats n est plus un sujet de débat mais est devenue une réalité concrète et brutale. Dans une étude portant sur les États-Unis, la Hongrie et l Italie, la Fondation Friedrich-Ebert et la Fondation Jean-Jaurès alertent sur ce risque d un recul sévère et global des droits et des libertés syndicales quand l extrême droite accède aux responsabilités. Table des matières Préface Jean Grosset , conseiller spécial du président de la Fondation Jean-Jaurès pour le dialogue social, et Adrienne Woltersdorf , directrice de la Fondation Friedrich-Ebert France États-Unis David Madland , chercheur et conseiller principal du projet American Worker Project au Center for American Progress (États-Unis) Hongrie Tibor T. Meszmann , chercheur principal à l’Institut d’études du travail d’Europe centrale (Central European Labour Studies Institute), à Bratislava (Slovaquie) Italie Emanuele Toscano , maître de conférences en sociologie au sein du département des sciences humaines de l’Università degli Studi Guglielmo Marconi de Rome (Italie) Préface Jean Grosset et Adrienne Woltersdorf Affaiblir les organisations syndicales, c’est réduire les possibilités de défendre des salariés, de contourner les négociations collectives et d’empêcher la conquête de nouveaux droits. C’est, pour le dire autrement, une attaque directe contre l’une de nos libertés fondamentales. C’est en cela que dire que les forces politiques d’extrême droite sont un danger pour le syndicalisme, tel que nous le défendons avec la Confédération européenne des syndicats (CES) ou la Confédération syndicale internationale (CSI), ne relève pas du procès d’intention mais du constat d’une réalité mesurable et vérifiable. Ainsi, dans les États où l’extrême droite a pris les commandes du pouvoir, la menace pesant sur les syndicats n’est plus un sujet de débat comme en France ou en Allemagne. Elle est devenue une réalité concrète et brutale. Le syndicalisme, à la place qui est la sienne en France, en Allemagne et en Europe, ne peut rester neutre face à un tel danger. Nous, la Fondation Friedrich-Ebert et la Fondation Jean-Jaurès, appelons donc toutes et tous à la réflexion et à l’action. Nous souhaitons alerter les travailleurs, les militants syndicaux et l’opinion publique sur la réalité de ces enjeux en publiant des analyses dédiées à la situation que rencontre factuellement le syndicalisme sous un pouvoir d’extrême droite. C’est naturellement que nous avons souhaité consacrer ces recherches aux États-Unis, à l’Italie et à la Hongrie (après seize années de gouvernement de Viktor Orbán). Nous avons souhaité traiter du fait syndical lui-même, c’est-à-dire des modifications apportées par ces gouvernements au fonctionnement des organisations syndicales de ces pays, ainsi qu’aux modifications profondes qu’ils ont opérées vis-à-vis de l’action syndicale. Nous avons posé quatre questions essentielles concernant le syndicalisme : quelles sont les restrictions du point de vue institutionnel ? quelles sont les restrictions du point de vue financier ? quelles sont les restrictions du point de vue juridique ou judiciaire ? quels sont les instruments de répression informelle ? La lecture des réponses livre un constat sans appel : celui d’un recul sévère et global des droits et des libertés syndicales. Cette régression, dont les formes et le périmètre varient selon les pays, suit toujours une logique cumulative : elle se traduit par une série de mesures touchant, à des degrés divers, aux règles de représentativité, aux droits et protection des délégués, à l’instrumentalisation d’organisations alignées sur le pouvoir, ou encore aux subventions publiques permettant aux syndicats d’exercer leurs missions. Partout, la négociation collective est mise à mal alors que des mesures de répression contre celles et ceux qui s’engagent dans l’action syndicale voient le jour sous différentes formes. La conjugaison de ces différentes mesures produit une transformation cohérente et profonde du cadre syndical, qui constitue une rupture par rapport aux régimes démocratiques. Ces quelques lignes confirment les résultats des travaux des deux fondations, notamment ceux dédiés aux valeurs de l’extrême droite comme l’étude L’extrême droite européenne contre les travailleurs . Ils confirment que les formations d’extrême droite ne sont pas des partis comme les autres, sur le plan non seulement des valeurs universelles et de l’égalité des droits, mais aussi du dialogue social et des droits sociaux. Dans la présente étude, nous insistons cette fois-ci sur les mesures réglementaires, juridiques, judiciaires, institutionnelles que prennent ces gouvernements d’extrême droite pour déstructurer, affaiblir, marginaliser le syndicalisme libre et indépendant. Ce qui est déjà à l’œuvre dans plusieurs pays est un avertissement sur les risques que représentent, en France, en Allemagne et ailleurs en Europe, les mouvements qui se réclament de ces mêmes orientations politiques. C’est pourquoi nous proposons que cette étude soit largement partagée et débattue si nécessaire dans les organisations syndicales afin que toutes et tous sachent dans quelle situation nous pouvons entrer lorsqu’il arrive un accident démocratique. La Fondation Friedrich-Ebert et la Fondation Jean-Jaurès se tiennent à la disposition des organisations syndicales et des responsables publics pour continuer de faire vivre, avec vous, la réflexion critique sur la défense des droits syndicaux, de la démocratie sociale et de nos libertés en Europe. The post Trump, Orbán, Meloni : quand l’extrême droite s’en prend aux syndicats appeared first on Fondation Jean-Jaurès .

25 août 2026 · Rapport · Aline Grange
Ouvrir le document →
G
GenerationLibre
droite
★ Épinglé · Rapport

Patrons et salariés : enrichissez-vous !

Et si, plutôt que d’organiser le partage de la pénurie, la France retrouvait le chemin de l’enrichissement collectif ? En France, le débat économique continue trop souvent d’opposer patrons et salariés, capital et travail, profit et pouvoir d’achat. Génération Libre défend la conviction inverse : une entreprise qui prospère enrichit aussi ses salariés, ses clients, ses fournisseurs et les territoires dans lesquels elle se développe. Pourtant, notre modèle décourage aujourd’hui ceux qui travaillent, entreprennent et investissent. 47,2 % du coût du travail est absorbé par les impôts et cotisations ; les textes législatifs et réglementaires en vigueur représentent 48,8 millions de mots ; les entreprises peuvent prétendre à 2 267 dispositifs d’aide différents. Dans cette nouvelle note, Sacha Benhamou et Hugo Spring-Ragain proposent de rompre avec cette économie administrée autour de trois priorités : mieux rémunérer le travail, libérer l’entreprise et encourager l’investissement productif. Parmi les propositions : réduire de 20 % les cotisations salariales et de 10 % les cotisations patronales ; rendre davantage de liberté aux branches dans la fixation des salaires ; transformer le PEA en véritable « Livret A de l’investissement productif » ; imposer des sunset clauses aux nouvelles normes ; engager une vaste recodification du droit économique ; substituer un principe d’innovation au principe de précaution ; supprimer simultanément 150 milliards d’euros d’aides et d’impôts sur les entreprises ; rétablir un bouclier fiscal inférieur à 50 % et ramener le PFU à 25 %. Libérer l’entreprise, ce n’est pas défendre les patrons contre les salariés. C’est permettre à tous ceux qui travaillent, investissent et prennent des risques de participer davantage à la prospérité commune. TÉLÉCHARGER LE RAPPORT L’article Patrons et salariés : enrichissez-vous ! est apparu en premier sur GenerationLibre .

24 août 2026 · Rapport · Sacha Benhamou
Ouvrir le document →
Archive · épinglés des semaines passées

Ce qui a déjà mérité votre temps.

Les textes sortis de « À la une » au fil des mises à jour. Rien ne disparaît — tout reste consultable.

67 publications archivées tri par date d'épinglage
◌ Archivé

Exécutions extrajudiciaires à Gaza : les victimes du Hamas doivent obtenir justice

Amnesty International France · gauche

Déjà traumatisée par le génocide en cours, la population palestinienne de Gaza doit aussi endurer les homicides, les violences et la cruauté des forces du Hamas. Ces dernières années, les exécutions extrajudiciaires se multiplient. Nous appelons les autorités du Hamas à cesser immédiatement les massacres et les arrestations arbitraires. Le 1 er juillet 2026, un homme est exécuté en place publique à Gaza. Il est accusé d’espionnage pour le compte d’Israël. Depuis, des responsables de la branche armée du Hamas ont annoncé le lancement d’une campagne de « sécurité » à grande échelle, faisant craindre l’exécution de personnes soupçonnées de collaboration avec Israël. Et pour cause : entre août 2024 et janvier 2026, 249 cas d’exécutions extrajudiciaires et de graves violences ont été recensées par la Commission internationale indépendante des Nations unies chargée d’enquêter dans le Territoire palestinien occupé. Ces violences ont entrainé la mort d’au moins 108 personnes. Plus de la moitié de ces actes impliquait les forces affiliées au Hamas. Des exécutions souvent en pleine rue, filmées et relayées sur des pages liées au Hamas. Dans une nouvelle enquête, nous avons documenté neuf exécutions extrajudiciaires et un homicide illégal perpétrés par le Hamas, après l’annonce du cessez-le-feu avec Israël en octobre 2025 puis plus récemment, le 1 er juillet dernier. Nos observations rejoignent les conclusions de l ONU. La population de Gaza, déjà exposée à des souffrances inouïes en raison du génocide en cours depuis le 7 octobre 2023, doit aussi endurer les homicides et les violences des forces du Hamas. Des actes criminels commis en dehors de tout cadre légal et en toute impunité. La souffrance endurée par la population à Gaza est insoutenable. Nous appelons les autorités du Hamas à cesser immédiatement les massacres et les arrestations arbitraires. Les responsables des exécutions extrajudiciaires, des arrestations arbitraires et des actes de torture doivent rendre des comptes. Comment avons-nous enquêté ? Amnesty International a analysé et vérifié plusieurs photos et vidéos. Nous avons également recueilli le témoignage de 11 proches des personnes tuées et de deux personnels de santé. Enfin, nous avons analysé les déclarations des autorités du Hamas et les comptes Telegram de responsables de sa branche militaire et autres groupes armés affiliés. Nous avons partagé nos conclusions avec les autorités du Hamas en novembre 2025, puis adressé une demande de précisions en juillet 2026. Dans leur réponse, les autorités du Hamas affirment avoir ouvert des enquêtes, sans avancer plus de détails. Nous n’avons reçu toujours aucune réponse. Le massacre de la famille Dughmush 10 octobre 2025. Des forces affiliées au Hamas tentent d’expulser une famille d’un hôpital de campagne situé près d Al-Sabra, à Gaza. La famille Dughmush y avait trouvé refuge pour échapper aux frappes israéliennes. Elle est accusée par le Hamas d avoir pillé l hôpital et de s en être servi pour stocker des armes et des explosifs. Durant une semaine, la famille est encerclée par le Hamas. Pendant le siège, les forces du Hamas pillent, incendient et saccagent la zone. Quatre membres armés de la famille et un membre du Hamas sont tués durant l’affrontement. En parallèle, huit membres non armés de la famille Dughmush, accusés de collaboration avec Israël, sont exécutés. L’exécution est filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Les huit hommes de la famille y apparaissent dénudés. Ils présentent des signes de blessures. « Les huit hommes s’étaient rendus parce qu’on leur avait promis un procès équitable, mais ils ont été exécutés en public deux heures plus tard » nous a confié une proche de l’un des hommes exécutés. Des propos corroborés par deux autres résidents. Mon mari et mon fils ont, tous les deux, été exécutés. Mon fils a été torturé avant son exécution, on lui a cassé les ongles […] Mon mari était un homme bon et honorable qui a toujours résisté à l’occupation israélienne […] Je veux que tout le monde sache qu’il n’y a pas de collaborateurs dans notre famille, et ceux qui ont ordonné leur assassinat doivent être traduits en justice. Proche de l’une des victimes Quelques jours après les exécutions, des proches ont reçu des excuses d’officiels du Hamas. Certaines personnes avaient été tuées « par erreur ». Les autorités du Hamas nous ont déclaré avoir ouvert une enquête préliminaire. Selon nos informations, personne n’a été tenu pour responsable à ce jour. Hisham al-Saftawi, tué « accidentellement » par le Hamas Isham al-Saftawi aussi, a subi la cruauté et l’impunité des forces armées du Hamas. Le 17 octobre 2025, 30 hommes ont pénétré dans sa maison, située dans le camp de personnes réfugiées de Al-Bureij. Les individus s’identifient comme des membres des Brigades al-Qassam. Ils viennent l’arrêter. Isham al-Saftawi refuse de se soumettre à l’arrestation. Un homme lui tire dans le dos : « Qui t’a ordonné de le tuer ? ». Voilà ce qu’aurait asséné l’homme qui semblait être aux commandes du groupe à l’auteur du tir, nous a confié Najah al-Saftawi, la femme d’Isham présente lors du meurtre. Hisham succombera de ses blessures à l’hôpital, un jour plus tard. En réponse à Amnesty International, le Hamas a confirmé avoir lancé une enquête officielle. Et déclaré qu’il s’agissait d’un « meurtre accidentel », après qu’Hisham ait tenté de fuir alors qu’il était recherché pour des infractions pénales. À ce jour, la famille n’a toujours pas reçu les conclusions de l’enquête et personne n’a encore été tenu pour responsable. Son frère, Said al-Saftawi dit avoir perdu espoir : « On ne peut pas se fier au bourreau pour enquêter sur lui-même. Nous demandons une enquête indépendante, et ceux qui ont tiré sur mon frère ainsi que ceux qui ont ordonné son arrestation doivent rendre des comptes. » Nouvelle campagne d’exécutions Plus récemment, le 1 er juillet 2026, un homme a de nouveau été exécuté publiquement à Gaza. Il était accusé d’avoir révélé la localisation de membres haut placé des Brigades al-Qassam, dont le commandant Ezziddine al-Haddad. Une information qui aurait mené au meurtre de ce dernier et de nombreux autres civil·es palestinien·nes par l’armée israélienne. La vidéo de son exécution est relayée par des comptes de membres affiliés au Hamas. Quelques jours plus tard, des chaines Telegram associées aux membres des Brigades Al-Qassam annoncent avoir arrêté un autre informateur et promettent de l’exécuter dans les jours qui suivent. Ils promettent également que cette exécution sera le début d’une campagne de sécurité à grande échelle, faisant craindre de nouvelles exécutions. Des enquêtes indépendantes et impartiales doivent être menées sur tous les homicides survenus dans le cadre des affrontements armés entre le Hamas et la famille Dughmush, y compris ceux qui semblent avoir été commis en dehors de tout échange de tirs, ainsi que sur l’exécution en public des huit membres de la famille Dughmush. La famille d’Hisham al Saftawi doit également obtenir justice pour l’homicide illégal de cet homme Erika Guevara-Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International Des décennies d’impunité pour le Hamas Depuis la reprise de la bande de Gaza en 2007, le Hamas a systématiquement échoué à mettre en place des enquêtes indépendantes sur les violations des droits humains de ses forces armées. Jusqu’au début du génocide perpétré par Israël, les tribunaux de Gaza ont appliqué la peine de mort, souvent à l’issue de procès entachés de graves irrégularités. Exécutions extrajudiciaires, sanctions sommaires, restrictions à la liberté d expression , répression de l’opposition, intimidations , torture et d autres mauvais traitements… Pendant des années, Amnesty International a documenté nombre de violations perpétrées par le Hamas et ses groupes affiliés, en toute impunité. Malgré l’annonce de sa dissolution au sein du comité gouvernementale qui administre Gaza, le Hamas demeure entièrement responsable des violations commises par les entités sous son contrôle, à commencer par les Brigades Al-Qassam et le « Système de sécurité de la résistance”. Sur place, le génocide et les conditions de vie désastreuses imposées par Israël depuis le 7 octobre 2023 ont encore aggravé la situation et pavé le chemin vers l effondrement de l ordre public, la destruction du tissu social et la montée du chaos et de l anarchie. À lire aussi : La population palestinienne de Gaza victime d’un génocide Les forces israéliennes ont pris pour cible les structures traditionnelles chargées de l’application des lois et du système judiciaire ainsi que des membres de la police et des forces de sécurité. Cela, tout en armant et en soutenant des milices locales opposées au Hamas. Enfin, l’impunité du Hamas concerne aussi les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis le 7 octobre 2023 contre des civils israéliens, pour lesquels justice et réparation continuent à être exigées. À lire aussi : Attaques du 7 octobre 2023 : le Hamas et d autres groupes armés palestiniens responsables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité Nos demandes Restaurer l’ordre public ne devrait jamais servir de prétexte pour commettre de graves violations des droits humains. Nous appelons les autorités du Hamas à cesser immédiatement les homicides illégaux et les arrestations arbitraires. Quant aux responsables des exécutions extrajudiciaires, des arrestations arbitraires et des actes de torture, ils doivent rendre des comptes. Et les victimes, obtenir justice et réparation. Par ailleurs, une fois de plus, nous appelons Israël à mettre fin au génocide en cours à Gaza ainsi qu’à l’apartheid et à l’occupation illégale du territoire palestinien. Israël doit assumer ses obligations en tant que puissance occupante, en assurant un accès à l’aide, aux biens et services essentiels dont la population a besoin. que fait amnesty international ? Amnesty International est un mouvement mondial qui réunit plus de 10 millions de personnes. À travers nos recherches et nos campagnes, nous contribuons à lutter contre les atteintes aux droits humains commises partout dans le monde. Notre organisation est impartiale et indépendante : notre financement repose entièrement sur la générosité du public. Soutenez notre indépendance Soutenez notre travail d enquête et d interpellation Faîtes un don The post Exécutions extrajudiciaires à Gaza : les victimes du Hamas doivent obtenir justice appeared first on AMNESTY FR .

Rapport
Publié 21 août 2026
Épinglé 23 août 2026
Ouvrir →
◌ Archivé

Été caniculaire : Oxfam France alerte sur les conséquences méconnues de ces catastrophes climatiques et propose onze mesures pour protéger la France

Oxfam France · gauche

Une analyse inédite d’Oxfam France souligne les impacts de l’enchaînement des crises climatiques cet été en France. Si l’ensemble de la population souffre de l’été catastrophique, les canicules à répétition, les incendies dévastateurs et les pénuries d’eau sont particulièrement graves pour des personnes déjà vulnérables, comme le révèlent ces nouvelles données inédites. Oxfam France propose onze solutions d’urgence pour protéger la population de ces risques aggravés par le changement climatique, dont l’interdiction de louer des logements sans volets ou brasseur d’air. D’après les données les plus récentes analysées par Oxfam France, les feux de forêt ont déjà brûlé six fois plus de terres depuis le début de l’année par rapport à la moyenne des vingt dernières années*, les températures ont dépassé les 35 °C dix fois plus fréquemment par rapport à un été moyen des années 2000 à Paris*, 86 % des établissements scolaires ont été confrontés à au moins un épisode de vigilance rouge pour canicule en juin* et 99 des 101 départements sont concernés par des restrictions d’eau. Cet été n’est aucunement inattendu, car tous les indicateurs confirment que les catastrophes climatiques s’aggravent déjà depuis plusieurs années à cause du changement climatique. Sur les trois dernières années, déjà, les restrictions d’eau ont été deux fois plus fréquentes par rapport à la moyenne d’il y a encore dix ans *. Jusqu’à présent, cependant, tous les signaux d’alerte ont été ignorés, exposant la population à des catastrophes toujours plus destructrices et fréquentes. Face à l’inaction de l’Etat, Oxfam France propose aujourd’hui des mesures d’urgence pour protéger la population, dont l’interdiction de louer des logements dépourvus de volets ou de brasseurs d’air, l’interdiction de l’épandage de pesticides dans les zones de captage d’eau pour sécuriser l’accès à l’eau malgré les sécheresses à répétition et la fin des investissements dans les énergies fossiles pour toutes les entreprises françaises. L’inaction climatique creuse encore les inégalités, car les menaces sont particulièrement graves pour des personnes déjà vulnérables. Oxfam France révèle ainsi que parmi les logements existants, la part des passoires thermiques est plus de deux fois plus élevée dans les 10 % des communes les plus pauvres par rapport aux 10 % des communes les plus riches*. C’est pourquoi les canicules entraînent des conséquences profondément inégales : au cours de l’été dernier, par exemple, l’impact de la chaleur sur la mortalité était 31 % plus important dans les dix départements les plus pauvres par rapport aux dix départements les plus riches. Robin Ehl, chargé de campagne et de plaidoyer pour Oxfam France, dénonce : « Ni l’enchaînement de catastrophes, ni l’inaction préjudiciable du Gouvernement ne sont une fatalité. Aujourd’hui, Oxfam propose onze mesures concrètes qui peuvent immédiatement protéger la population. Le Gouvernement doit enfin agir, car la protection de la population n’est pas une option, mais un devoir. » Parmi les mesures présentées dans le plan d’urgence, Oxfam France propose un droit de retrait rémunéré dès que les températures sur le lieu de travail deviennent dangereuses pour la santé ou d’interdire la location de tous les logements dépourvus de volets ou de brasseurs d’air. Robin Ehl, s’indigne : « Personne ne souhaite de vivre un été comme nous sommes en train de le vivre. Pourtant, certains y travaillent avec acharnement : les émissions de gaz à effet de serre des plus riches et les grandes entreprises pétrolières continuent d’alimenter le changement climatique, et d’en tirer profits. Il faut urgemment accélérer la transition juste. » 11 mesures d’urgence d’Oxfam France Instaurer un droit de retrait rémunéré pour chaleur dangereuse sur le lieu de travail , dans des conditions négociées avec les partenaires sociaux. Interdire, dès 2027, la location de logements dépourvus de volets et de brasseurs d’air inadaptés aux canicules plus fréquentes, intenses et longues. Rénover tous les logements mal isolés avant 2035. Convertir des bâtiments publics en refuges de fraîcheur en commençant par les écoles et les hôpitaux. Garantir l’accès à l’eau , en commençant par préserver toutes les zones humides restantes et en interdisant l’épandage de pesticides dans les zones de captage d’eau potable. Renforcer les moyens de la Sécurité civile pour revenir a minima au niveau des années 2000, notamment grâce à l’acquisition des 1246 camions citernes feux de forêt perdus entre-temps et le recrutement massif de sapeurs·euses-pompiers·ières. Systématiser la prise en compte des conditions climatiques futures dans l’ensemble des politiques d’aménagement et d’urbanisme en conditionnant chaque révision à une prise en compte des conditions climatiques futures. Réduire progressivement les subventions publiques et avantages fiscaux favorisant les énergies fossiles qui atteignent autour de 20 milliards d’euros par an. Interdire le lobbying des entreprises des énergies fossiles. Développer massivement l’offre de transports publics grâce à au moins quatre milliards d’euros d’investissements supplémentaires par an. Mettre fin au financement de l’expansion des énergies fossiles en interdisant aux entreprises françaises et acteurs financiers français de financer de nouveaux projets d’extraction, de production ou d’infrastructures fossiles. Notes aux rédactions Le plan d’urgence, avec le détail des 11 mesures, est disponible en ligne . Les données marquées par un astérisque (*) reposent sur des analyses d’Oxfam France dont la méthodologie est expliquée dans la note méthodologique . En juillet 2026, Oxfam France a dénoncé la hausse spectaculaire des profits de six géants pétroliers dont les bénéfices devraient doubler au deuxième trimestre 2026 par rapport au deuxième trimestre 2025. En juin 2026, Oxfam France a publié un rapport alertant sur les conséquences du changement climatique sur la santé. Il souligne, entre autres, l’impact des fumées des feux de forêt sur la santé respiratoire et alerte sur le fait que l’impact de la chaleur sur la mortalité est encore plus élevé dans les départements pauvres. En juin 2025, Oxfam France a publié, avec Ghett’Up, un rapport soulignant les bénéfices de la rénovation thermique des logements mal isolés, ce qui permettrait, en particulier, d’éviter jusqu’à 9,6 milliards d’euros de coûts sociaux par an. Contact presse Robin Ehl | rehl@oxfamfrance.org | 06 23 47 09 18 L’article Été caniculaire : Oxfam France alerte sur les conséquences méconnues de ces catastrophes climatiques et propose onze mesures pour protéger la France est apparu en premier sur Oxfam France .

Rapport
Publié 20 août 2026
Épinglé 23 août 2026
Ouvrir →
◌ Archivé

L’été en photos

Greenpeace France · gauche

Depuis sa création, Greenpeace a toujours placé la photographie au cœur de son action. Capables de capter l’attention ou de transmettre des émotions en un instant, les images saisies par nos équipes aux quatre coins du monde racontent une histoire, témoignent des urgences environnementales, révèlent les conséquences des crises climatiques et humaines, et mettent aussi en lumière l’espoir et la détermination de celles et ceux qui se mobilisent pour protéger la planète. Des océans aux forêts, des paysages naturels aux grandes villes, nos photos documentent, alertent, inspirent. Cette sélection de photographies vous raconte nos actions, mobilisations citoyennes et missions de terrain menées cet été à travers le monde. Cet article L’été en photos est apparu en premier sur Greenpeace France .

Étude
Publié 19 août 2026
Épinglé 23 août 2026
Ouvrir →
◌ Archivé

Les ceintures maraîchères : quand l'agriculture devient service public

ATTAC France · extrême gauche

La souveraineté alimentaire en France repose sur une logistique fragile. En cas de rupture des chaînes d'approvisionnement, principalement assurées par des camions et des grands entrepôts logistiques, l'autonomie alimentaire des villes en France ne dépasserait pas quelques jours. Face aux limites du modèle agricole industriel, certaines communes ont décidé de réinvestir un service public essentiel : la production alimentaire. Ce texte est tiré du numéro de juillet 2026 de Lignes d'Attac, le journal trimestriel de l'association, disponible en adhérant ou en s'abonnant . En récupérant des terrains communaux pour y implanter des unités de maraîchage biologique, gérées par des agents publics, elles refont vivre la vieille culture de la ceinture maraîchère. Le foncier en question peut représenter des dizaines voire centaines d'hectares, mais cette relocalisation de l'alimentation dépend avant tout d'une volonté politique , les collectivités pouvant aussi consacrer ces espaces à des usages plus rentables comme les zones commerciales ou les lotissements. Le modèle de la « ferme municipale » peut toutefois séduire les politiques de tous bords puisqu'il couvre un triple objectif : créer des emplois locaux et durables, fournir des produits sains et de saison aux cantines scolaires et aux autres services publics (crèches, EHPAD, épiceries sociales), et préserver la biodiversité et la fertilité des sols. Le projet de souveraineté alimentaire d'Ungersheim , initié en 2009, repose sur une stratégie progressive culminant avec la création, en 2016, d'une régie agricole municipale qui gère aujourd'hui 29 hectares. L'investissement total sur une période de 12 ans s'élève à environ 2,5 millions d'euros pour les bâtiments et équipements, complété par 400 000 euros pour la ferme elle-même, soit un total proche de 3 millions d'euros. Ce financement a été rendu possible grâce à une mobilisation de subventions publiques à hauteur de 70 %, provenant de l'État (programme Territoire Énergie Positive Croissance Verte), de l'Union européenne (FEADER, fonds agricoles), de l'agglomération de Mulhouse, du Conseil Départemental et du Conseil Régional (Climaction), le reste étant préfinancé par la commune qui avait un bon pécule de côté. Le modèle économique de la régie agricole d'Ungersheim s'articule d'abord autour d'un statut de Service Public Administratif (SPA) visant à intégrer, à terme, une comptabilité environnementale et sociale à la comptabilité financière. Actuellement, les salaires des quatre maraîchers sont couverts à 80 % par les revenus de la vente (cantines scolaires, épicerie, paniers), le déficit restant étant compensé par la commune. L'autonomie énergétique, assurée par le solaire et la biomasse locale, permet de maintenir les impôts locaux stables depuis 2003, avec un équilibre financier attendu d'ici deux ans. La gouvernance repose sur une démocratie ouverte qui se décline en un Conseil participatif ouvert à tous, complété par un jury citoyen et un conseil des sages recrutés par tirage au sort, dont les propositions sont validées par le conseil municipal. Pour renforcer cette dynamique communautaire, la commune a équipé le site d'outils de transformation partagés, tels qu'une micro-brasserie, un pressoir à pommes, une conserverie et des emplacements pour ruches, créant ainsi une boucle vertueuse entre production locale, transformation et lien social. La mairie d'Ungersheim n'est pas un cas isolé. L' emblématique régie agricole de Mouans-Sartoux , dans les Alpes-Maritimes, reste la référence pionnière. Lancée en 2011, cette ferme municipale de 6 hectares permet aujourd'hui de fournir 85 % des légumes des 1 200 repas quotidiens des cantines, tout en servant de support pédagogique majeur. À Bièvres, ou plus récemment à Loges, où des aides européennes ont cofinancé une grande partie de l'investissement, le modèle se répand. D'autres collectivités, comme la Ville de Saint-Cloud, s'interrogent lors du renouvellement de leurs contrats de restauration et lancent des consultations pour s'engager dans cette voie. Plusieurs montages juridiques sont possibles pour porter ces projets. On distingue principalement la régie agricole (gestion directe par la commune), la SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif, permettant une gouvernance partagée avec les citoyens et les producteurs), ou encore la location de terres par la collectivité à un agriculteur avec un cahier des charges strict. Chaque modèle répond à des contextes locaux et politiques spécifiques, mais partage la même finalité : la réappropriation publique de l'alimentation. Depuis juillet 2025, le Réseau national des fermes publiques, soutenu par la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique, est le centre d'échange de bonnes pratiques et de travaux sur les enjeux juridiques et techniques.

Rapport
Publié 17 août 2026
Épinglé 19 août 2026
Ouvrir →
◌ Archivé

La réindustrialisation française ne se fera pas sans un tissu d’ETI plus dense

Institut Thomas More · droite

17 août 2026 • Les Echos • Analyse • La France compte 19 ETI industrielles par million d habitants. L Allemagne en compte 52. Dans cet écart se trouve l essentiel du retard industriel français, démontre Alban Magro, chercheur associé à l’Institut Thomas More, auteur du rapport Réindustrialiser la France : cinq leçons européennes, analyse comparative de la politique Lire la suite L’article La réindustrialisation française ne se fera pas sans un tissu d’ETI plus dense est apparu en premier sur Institut Thomas More .

Étude
Publié 17 août 2026
Épinglé 19 août 2026
Ouvrir →
◌ Archivé

« L’amour au temps des talibans » : en Afghanistan, Véronique de Viguerie photographie la résistance silencieuse des femmes

Amnesty International France · gauche

Extrait de La Chronique 474, août 2026 – Par Véronique de Viguerie, à Kaboul (Afghanistan), en collaboration avec Le Figaro Magazine Depuis 5 ans, les Afghanes sont plongées dans le cauchemar et l’oubli. Depuis la prise du pouvoir par les talibans le 15 août 2021, les femmes subissent une répression généralisée. Dans un pays où les autorités façonnent la vie privée, les relations et les choix les plus intimes, l amour devient un acte de résistance. La photographe Véronique de Viguerie a choisi de redonner un visage à cette résistance silencieuse. Mursal a 25 ans. En plaisantant, elle se présente à moi comme déjà « périmée ». Pourtant, cette jeune Afghane est vive, cultivée, belle… Son tort ? Être amoureuse d’un homme de deux ans plus jeune qu’elle dans un pays sous la férule des talibans. De retour au pouvoir depuis août 2021, le régime contrôle les rues, les écoles, les corps. Pour Mursal, chaque rencontre avec son amoureux demande des heures de préparation. Il lui faut échapper à la surveillance des parents, des frères, des voisins, mais aussi éviter les patrouilles et les agents du ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice. Des semaines d’attente pour quelques minutes passées ensemble. Hier, le couple communiquait par WhatsApp. Mais le régime limite l’acquisition de smartphones, et ces échanges sont devenus presque impossibles. La ségrégation entre hommes et femmes est quasi totale. Comment tomber amoureux d’une personne que l’on n’a jamais le droit de croiser ? C’est sans doute pour cela que les mariages d’amour auxquels j’ai assisté à Kaboul en mai dernier m’ont autant bouleversée. Lors de ces mariages collectifs, plus d’une centaine de couples convolaient par choix. Les organisateurs savaient jusqu’où aller : en présence des inspecteurs du ministère de la Vertu, ils respectaient scrupuleusement les règles. Mais dès que la vigilance officielle se relâchait, ils accordaient quelques libertés pour que cette journée ressemble à une véritable fête, que les jeunes mariés en conservent un souvenir heureux. Ces mariages ne sont pas anecdotiques. Ils sont des actes de résistance silencieuse. Parce que chaque couple construit sur l’amour plutôt que sur la contrainte porte la possibilité d’une relation différente entre les femmes et les hommes. Plus de respect. Plus d’égalité. Plus de liberté. © Véronique de Viguerie Les quinze couples se marient lors d’une cérémonie commune. Chacun de ces mariés a choisi son partenaire. Mais le décret adopté par les talibans le 26 mai 2026 autorisant le mariage des enfants risque de réduire encore l’espace de liberté des couples. © Véronique de Viguerie Les possibilités de rencontres amoureuses sont quasi nulles. La mixité existait dans certains établissements scolaires, mais depuis le retour des talibans au pouvoir, les filles sont exclues de l’enseignement secondaire et universitaire. © Véronique de Viguerie Nilab vit une histoire d’amour impossible depuis douze ans avec un veuf. Ancien collaborateur de la République, cet homme est recherché par les talibans. Pour lui, Nilab s’est fait tatouer par une amie cette promesse en anglais : « Je serai là pour toi. » © Véronique de Viguerie Mashal (en bleu), 28 ans, cuisine avec ses sœurs, Madina, Mujda et Mursal (de gauche à droite). Parti en France, son mari l’a abandonnée à sa belle-famille, où elle a été maltraitée. Elle ne peut demander le divorce. Un interdit de plus qui vient s’ajouter à d’autres : se rendre dans un parc, parcourir seule plus de 72 kilomètres, parler en public… © Véronique de Viguerie Avant leur mariage, les couples assistent dans un théâtre à un séminaire sur la santé reproductive. Seules les mariées et leurs belles-mères suivent la conférence d’une gynécologue. © Véronique de Viguerie Maquillages, gâteaux, petits cadeaux et cœurs en carton…Dans une maison prêtée pour l’occasion, des volontaires décorent les voitures des futurs époux. Sur les cœurs, il est écrit : « Sous la protection de votre Sainte Maison ». © Véronique de Viguerie Chaque couple a le droit d’inviter jusqu’à 45 membres de sa famille. Femmes et enfants sont séparés des hommes par un long paravent. Ensemble, ils regardent la cérémonie sur un écran. © Véronique de Viguerie Avant d’entrer dans la salle de réception, hommes et femmes ont été fouillés. Les attentats revendiqués par la branche de Daech en Afghanistan sont en recrudescence. Au premier plan, l’homme à l’écharpe est un volontaire venu prêter main-forte pour organiser ce mariage de 100 couples. La Chronique La Chronique, c’est LE magazine des droits humains. Tous les deux mois, retrouvez les enquêtes et reportages menés par des journalistes. Abonnez-vous pour 3 €/mois The post « L amour au temps des talibans » : en Afghanistan, Véronique de Viguerie photographie la résistance silencieuse des femmes appeared first on AMNESTY FR .

Rapport
Publié 13 août 2026
Épinglé 15 août 2026
Ouvrir →
◌ Archivé

Comment financer les médias indépendants ?

ATTAC France · extrême gauche

La question du financement de médias réellement indépendants devient cruciale, dans un contexte où des milliardaires de droite et d'extrême droite (Bolloré, Stérin, Arnault, Saadé, Dassault) concentrent une part croissante des médias, où les plateformes numériques dominent la diffusion de l'information et où les journalistes de terrain et d'investigation sont de plus en plus précarisés. Ce texte est tiré du numéro de juillet 2026 de Lignes d'Attac, le journal trimestriel de l'association, disponible en adhérant ou en s'abonnant . Le pluralisme est en danger , alors que même l'audio-visuel public – dont le financement est menacé par les projets de privatisation de la droite et de l'extrême-droite, comme c'est également le cas au niveau européen – semble s'aligner sur le modèle des médias dominants privés, marginalisant les paroles critiques, hétérodoxes ou simplement de gauche. Sans ressources stables et diversifiées, les rédactions peinent à préserver leur indépendance éditoriale. Les journalistes sont contraints de combiner plusieurs activités ou d'abandonner leur métier, au détriment des enquêtes longues et coûteuses, du rôle de contre-pouvoir et de leur capacité à se défendre face aux procédures-bâillons ou aux poursuites en diffamation. Les difficultés de financement constituent ainsi un frein majeur, comme l'a montré le cas du Média, dont les ambitions audiovisuelles nationales ont été limitées par un capital insuffisant. Au-delà des réformes législatives possibles (limitation de la concentration, transparence de l'actionnariat, gouvernance démocratique des médias), ces enjeux étaient au cœur de la première édition du Festival des médias indépendants, organisée à Rennes les 11 et 12 avril 2026 par le Fonds pour une presse libre . L'événement a réuni une cinquantaine de médias, plusieurs associations de défense de la liberté de la presse et 3 500 participants. La publicité constitue rarement une solution pour les médias indépendants et de gauche, souvent peu diffusés et soucieux de préserver leur liberté éditoriale. Les aides publiques et dispositifs fiscaux existent mais diminuent et profitent principalement aux grands groupes de presse (Le Figaro comme l'Humanité). Certains plaident pour un meilleur accès à ces financements, notamment via la redevance ; d'autres craignent qu'ils ne compromettent l'indépendance des médias. Le mécénat existe aussi, mais est risqué. Les accusations de violences sexistes et sexuelles visant l'homme d'affaires Olivier Legrain ont ainsi fragilisé le projet de Maison des médias libres qu'il portait, qui devait accueillir plusieurs rédactions indépendantes à Paris et dont plusieurs partenaires se sont retirés. Le recours aux subventions se développe. Elles peuvent provenir des pouvoirs publics, de l'Union européenne, de fondations ou d'associations comme le Fonds pour une presse libre, créé en 2019 à l'initiative des fondateurs et salariés de Mediapart . Elles contraignent souvent le choix des sujets par des appels à projets sur des thèmes définis. Autre modèle en expansion : les avances remboursables et les prêts à taux préférentiels. Le Fonds pour une presse libre accorde ainsi des avances remboursables. Certains médias bénéficient également du Crédit coopératif ou de Coop-Médias, jeune structure créée en 2024 pour prêter aux médias à taux préférentiel. L'une des solutions les plus militantes consiste à répartir le capital entre salariés, lecteurs sociétaires et structures de soutien. C'est historiquement le modèle de Politis [ ndlr : dont Attac est sociétaire ] et d' Alternatives économiques , aujourd'hui repris notamment par Le Média , Blast ou Médiacités . Au Monde, journalistes, salariés et lecteurs détiennent environ 25 % du capital, une part bien plus faible qu'autrefois. Autre modèle militant : le financement par les abonnements et les dons. Les médias indépendants ne peuvent mener de grandes campagnes de promotion, mais Basta ! a par exemple créé le Portail des médias indépendants , qui agrège quotidiennement des contenus de médias français et internationaux afin d'accroître leur visibilité. Basta ! fait partie des médias qui ont choisi de rester en accès libre et dépendants des dons. De son côté, la plateforme La Presse Libre propose un abonnement mutualisé à plusieurs médias (8, peut-être davantage plus tard) pour rentabiliser les contributions des lecteurs, même si ce projet a lui aussi bénéficié d'un mécène (le petit-fils de Tolkien). Quels que soient vos choix – dons, abonnements, participation au capital ou soutien aux collectifs de pigistes –, soutenez les médias indépendants et la presse de gauche !

Rapport
Publié 13 août 2026
Épinglé 15 août 2026
Ouvrir →
◌ Archivé

Meurtre de la journaliste Amal Khalil au Liban : Israël doit répondre de ses crimes

Amnesty International France · gauche

Il y a quelques mois, sa mort avait provoqué un choc au Liban. Le 22 avril 2026, la journaliste Amal Khalil est tuée par l’armée israélienne. Nos équipes ont enquêté : son meurtre constituait une attaque directe contre des civil ·e s. Nous dénonçons une violation du droit international humanitaire et demandons l’ouverture d’une enquête pour crime de guerre. Le 22 avril 2026, la journaliste libanaise de renom Amal Khalil et la caméraman Zeinab Faraj se rendent dans le gouvernorat de Nabatiyé. Elles enquêtaient sur les conséquences du conflit dans le sud du pays, à la suite de la reprise des hostilités depuis le 2 mars 2026. Alors qu’elles arrivent dans le village d’al Tiri, elles sont ciblées par des frappes de l’armée israélienne. Une première attaque vise la voiture de personnes qui les accompagnaient, tuant deux hommes. Ensuite, deux autres frappes ciblent la voiture des journalistes puis le bâtiment ou elles s’étaient réfugiées. Amal décède le jour même de ses blessures. Zeinab, est grièvement blessée. Elle sera l’unique survivante de ces attaques. Nous avons recueilli son témoignage ainsi que celui des secouristes. Des propos corroborés par des documents audiovisuels, des rapports de coordination et des comptes rendus externes que nous avons analysées. Les conclusions de notre enquête sont formelles : l’armée israélienne bénéficiait des informations suffisantes pour savoir qu’il s’agissait d’attaques directes contre des civile·s. Nous dénonçons une violation du droit international humanitaire. Et demandons l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre. Des journalistes pris pour cibles 22 avril 2026. Nous sommes en début d’après-midi quand les deux journalistes pénètrent au sein du village d’Al Tiri, situé dans gouvernorat de Nabatiyé au sud du Liban. L’armée israélienne venait de quitter le district et de déclarer l’interdiction au retour des populations civiles dans la zone. Cette « zone de défense avancée » couvre alors 6% du territoire libanais. À 14h25, une première frappe s’abat contre la voiture que Amal et Zeinab suivait, à bord d’un autre véhicule. L’attaque fait deux morts : Ali Nabil Bazzi, le moukhtar [ndrl : maire local] de Bint Jbeil, et Mohammed Hourani, un ami et habitant déplacé. Deux hommes, ciblés par l’armée israélienne pour leur implication présumée dans les activités militaires du Hezbollah. Immédiatement, les deux journalistes quittent leur véhicule et sortent se réfugier près d’un bâtiment voisin. À 15h40, une deuxième frappe vise leur voiture garée à proximité du bâtiment voisin. Amal et Zeinab sont blessées dans l’explosion. Elles parviennent à ramper à l’intérieur du bâtiment et se cacher dans une petite pièce. Des éclats de verre et des débris sont arrivés vers nous. J’ai eu l’impression que mon oreille allait éclater. Elle [Amal Khalil] saignait abondamment du nez et de la tête, et était blessée par des éclats d’obus au bras et à la cuisse ; elle ne pouvait plus bouger la jambe. Zeinab Faraj À 16h25, une troisième frappe touche le bâtiment de trois étages où elles s’étaient réfugiées. Les deux femmes sont ensevelies sous les décombres. Zeinab Faraj est gravement blessée. Amal Khamil, célèbre journaliste du quotidien libanais Al Akhbar ( « Les Nouvelles » ), décédera des suites de ses blessures. Les secours bloqués par l’armée israélienne Les secours ont été prévenus seulement une minute après la première frappe. C’est Moussa Chaala, secouriste à la Défense civile libanaise, qui reçoit l’appel. Il prévient alors immédiatement ses collègues de la Défense civile, de la Croix-Rouge libanaise ainsi que des membres de l’armée libanaise chargés de coordonner les demandes de désescalade par le biais du mécanisme de surveillance. Lorsqu’il se rend sur place, Moussa est contraint de s arrêter à un poste de contrôle militaire libanais, à l entrée d al Tiri. Les secouristes, eux, attendent encore l autorisation de l armée israélienne pour entrer dans le village en toute sécurité. D’après le témoignage de Zeinab, toutes les personnes contactées durant l’attaque ont répondu qu elles ne pouvaient pas venir jusqu’à elles car « elles attendaient l autorisation » du mécanisme de surveillance. Une autorisation qui signifie que l armée israélienne accepte de cesser le feu pour permettre aux équipes de secours d intervenir. Ce n’est que peu après 17h que l’autorisation d’accéder à la zone a été accordée par l’armée israélienne. Dans un premier temps, uniquement à la Croix-Rouge libanaise. Les secouristes ne parviennent à extraire que Zeinab Faraj des décombres, avant de se retirer, craignant de nouvelles attaques. À 19h20, les secours reviennent sur place avec du matériel pour déblayer les décombres. Les opérations débutent vers 21h. Amal Khalil est retrouvée enterrée sous une colonne et un mur : « Elle était totalement écrasée. Je l’ai sortie de mes propres mains . » a déclaré Moussa Chaalan. Elle avait succombé à ses blessures. Des drones de surveillance présents lors de l’attaque Pendant les deux heures de l’attaque, deux drones de surveillance survolent la zone, à très basse altitude. Grâce à eux, l’armée israélienne sait – ou aurait dû savoir – que les deux hommes, ciblés par l’attaque n’avaient pas survécu à la première frappe. Pourtant, elle a poursuivi les attaques et la traque contre les deux journalistes. Les drones sont passés à travers le toit effondré et se sont approchés très près. À moins d’un mètre de nous. Je me couvrais le visage, en repensant à une vidéo que j’avais vue où un drone avait tué quelqu’un de cette manière. Je croyais qu’il allait exploser juste devant moi. Les drones ne transportaient pas d’explosifs visibles, mais faisaient du surplace, semant constamment la peur. Zeinab Faraj Dans un communiqué publié le soir même, l’armée israélienne déclare que « des vandales ont franchi la ligne de défense avancée et se sont approchés d’une manière qui constituait une menace immédiate. Après avoir établi qu’ils enfreignaient l’accord de cessez-le-feu, l’armée de l’air a frappé l’un des véhicules, puis visé un bâtiment où les infiltrés s’étaient réfugiés . » Si Amal et Zeinab avaient effectivement pénétré une zone déclarée interdite au retour des populations civiles, rien ne justifiait le ciblage délibéré des deux journalistes. Par ailleurs, déclarer al Tiri comme zone de « défense avancée » ne permet pas à l’armée israélienne d’en faire une zone de tir aveugle. À tout moment et en tout lieu, y compris dans les zones interdites, l armée israélienne doit faire la distinction entre civil·es et combattants. Nous dénonçons une grave violation du droit international humanitaire. Que dit le droit international ? En vertu du droit international humanitaire, les civil·es ne peuvent pas être pris pour cibles, sauf s’ils participent directement aux hostilités et pendant la durée de cette participation. Il incombe à la partie attaquante de tout mettre en œuvre pour vérifier si une personne est un combattant pouvant être attaqué. En cas de doute, il faut la considérer comme un civil. Les attaques directes contre des civil·es et les biens de caractère civil sont interdites et constituent des crimes de guerre. En vertu du droit international humanitaire, les journalistes sont des civil·es et doivent donc être protégés. Impunité totale pour les forces israéliennes Amal Khalil n’est pas un cas isolé. Depuis octobre 2023, Israël multiplient les frappes aériennes illégales au Liban. Malgré la conclusion d’un accord de « cessez-le-feu » le 27 novembre 2024, les hostilités se poursuivent à la frontière et se sont à nouveau intensifiées depuis le 2 mars 2026. À lire aussi : « Ils ont détruit ma vie » : au Liban, Israël massacre des familles entières Ces attaques ciblent délibérément les civil·es, y compris les journalistes et le personnel de santé. En 2023, nous avions déjà dénoncé le meurtre du journaliste de Reuters Issam Abdallah . Notre enquête avait révélé que la frappe aérienne de l’armée israélienne avait tué et blessé six autres journalistes. À lire aussi : Au Liban, les soignants et les hôpitaux ciblés par Israël Nous avons demandé à de multiples reprises que ces crimes fassent l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre. Cette fois encore, nous appelons à la mise en place d’une enquête indépendante et impartiale. L’impunité persistante dont jouit Israël ne fait qu’encourager l’armée israélienne à poursuivre ses crimes, sans craindre de devoir rendre des comptes. Il est grand temps que la communauté internationale impose à Israël un embargo total sur les armes. Nous appelons par ailleurs le gouvernement libanais à accepter la compétence de la Cour pénale internationale pour les crimes commis sur son territoire depuis octobre 2023 et à mettre en place des enquêtes nationales sur les crimes de guerre. Actualité 03 juin, 2026 Au Liban, Rafael Yaghobzadeh photographie les visages de ceux que la guerre a déracinés Voir la suite que fait amnesty international ? Amnesty International est un mouvement mondial qui réunit plus de 10 millions de personnes. À travers nos recherches et nos campagnes, nous contribuons à lutter contre les atteintes aux droits humains commises partout dans le monde. Notre organisation est impartiale et indépendante : notre financement repose entièrement sur la générosité du public. Soutenez notre indépendance Soutenez notre travail d enquête et d interpellation Faîtes un don The post Meurtre de la journaliste Amal Khalil au Liban : Israël doit répondre de ses crimes appeared first on AMNESTY FR .

Rapport
Publié 07 août 2026
Épinglé 09 août 2026
Ouvrir →
◌ Archivé

2027 : la gauche divisée sur son candidat, résignée sur ses chances

Cluster17 · neutre

Nous avons interrogé les Français sur l élection présidentielle de 2027 : sur la personnalité qu ils souhaitent voir accéder à la présidence de la République, et sur les chances qu ils accordent à la gauche d y parvenir. Sur le souhait de victoire, Marine Le Pen arrive en tête avec 22 %, devant Jean-Luc Mélenchon (16 %) et Édouard Philippe (11 %). Les scores sont dans l ensemble modestes, ce qui tient à la formulation de la question : contrairement à une intention de vote de premier tour, on interroge ici sur un souhait de victoire finale. C est aussi ce qui explique que 16 % des interrogés ne se prononcent pas. Les deux candidatures de rupture s appuient sur des électorats nettement plus consolidés. 86 % des électeurs de La France insoumise aux européennes de 2024 désignent Jean-Luc Mélenchon, et seuls 3 % d entre eux ne se prononcent pas. 66 % des électeurs du Rassemblement national désignent Marine Le Pen. Aucune candidature du bloc central ou de la droite parlementaire n atteint ce degré de concentration : Édouard Philippe réunit 52 % des électeurs Renaissance, Bruno Retailleau 45 % des électeurs LR. Concernant les chances de victoire de la gauche, un paradoxe apparaît. 40 % des Français souhaitent qu un candidat de gauche remporte l élection, mais seuls 22 % jugent la chose probable. Cet écart traverse l électorat de gauche lui-même, à une exception près. Les électeurs insoumis y croient encore : 98 % souhaitent une victoire de la gauche et 80 % l estiment probable. Chez les écologistes, l écart devient béant : 92 % la souhaitent, 26 % seulement la jugent probable. Chez les électeurs socialistes, il l est plus encore : 89 % contre 21%. Jean-Luc Mélenchon est, pour 24 % des Français, la personnalité la mieux placée pour représenter la gauche. Vient ensuite un match à trois pour incarner l autre pôle : Raphaël Glucksmann (14 %) devance Bernard Cazeneuve (10 %) et François Hollande (8 %). Cette polarisation entre une offre radicale et une offre modérée marginalise les autres candidatures. Ni François Ruffin (4%), ni Marine Tondelier (1%), ni Olivier Faure (1%) ne semblent aujourd hui en mesure de peser sur ce duel. La polarisation se lit aussi dans la réponse à l affirmation « Le Parti socialiste et La France insoumise appartiennent aujourd hui au même camp politique » : 58 % des Français la rejettent. Et le refus vient d abord des intéressés eux-mêmes : 74 % des électeurs insoumis et 67 % des électeurs socialistes. Les deux forces sont donc renvoyées à des espaces distincts par leurs propres électorats. Le parallèle avec la droite est instructif. 56 % des Français estiment que Les Républicains et le Rassemblement national appartiennent au même camp. Alors que les électeurs LR se divisent exactement en deux (49 % contre 50 %), 64 % des électeurs RN l acceptent. Ainsi, à droite, l assimilation est au moins acceptée par l un des deux électorats concernés, alors qu à gauche les deux la refusent ensemble. Bernard Cazeneuve, enfin, se distingue par une stature présidentielle que 31 % des Français lui reconnaissent — le meilleur score des personnalités testées, devant Jean-Luc Mélenchon (25 %) et François Hollande (24 %). Cette reconnaissance culmine au centre-gauche, où 52 % la lui accordent, et au centre, où elle atteint 55 %. Elle contraste avec l étroitesse de son socle : seuls 10 % des Français le jugent le mieux placé pour représenter la gauche. La compétence perçue et la capacité à incarner un camp, pour l’heure, ne se recouvrent pas. En somme, à huit mois du premier tour, la gauche se présente ainsi divisée sur son incarnation, lucide sur ses chances et sans candidature capable de rassembler ses deux pôles, un diagnostic que ses propres électeurs formulent avant tous les ... Read More Source

Étude
Publié 07 août 2026
Épinglé 09 août 2026
Ouvrir →
◌ Archivé

Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Août 2026 : Sébastien Lecornu s’installe sur le podium

Cluster17 · neutre

Marine Le Pen conserve la première place de notre baromètre, mais elle la partage désormais avec Jordan Bardella. La présidente du groupe RN à l Assemblée cède deux points de popularité pour s établir à 37 % (-2), dont 21 % de soutien, quand le président du RN se maintient à 37 % (=), dont 21 % de soutien également. L écart de deux points qui les séparait en juillet a disparu, et les deux figures perdent chacune du terrain sur leur socle dur, deux et trois points de soutien en un mois. Ce resserrement se lit aussi dans leur propre électorat, où leur position reste hégémonique mais recule légèrement : Jordan Bardella y recueille 89 % d opinions positives contre 88 % pour Marine Le Pen, alors que les deux dépassaient 94 % le mois dernier. Pour la première fois depuis plusieurs mois, c est le président du RN qui devance la candidate de 2022 chez les électeurs de 2022. Le fait marquant du mois se joue toutefois derrière eux. Le haut du classement, jusqu ici largement occupé par la droite radicale et l extrême droite, s ouvre au bloc central. C est d abord le cas du Premier ministre, qui accède au podium. Sébastien Lecornu gagne trois points et atteint 29 % de popularité, dont 9 % de soutien : il devient la personnalité la mieux classée hors Rassemblement national. Il est surtout la personnalité préférée des électeurs d Emmanuel Macron en 2022, avec 72 % d opinions favorables dont 34 % de soutien, devant Édouard Philippe (68 %) et le chef de l État lui-même (66 %). La note donnée à son action progresse à 3,3 sur 10 (+0,2), son meilleur niveau. Deux autres figures du bloc central l accompagnent dans cette remontée. Édouard Philippe gagne quatre places (5e, 26 %, +2) et Gérald Darmanin sept (6e, 25 %, +3), soit, avec le Premier ministre, les trois plus fortes progressions du baromètre. Le mouvement inverse touche l aile la plus droitière du classement : Sarah Knafo perd sept places (12e, 23 %, -2), Éric Ciotti cinq (13e, 23 %, -1) et Marion Maréchal une (4e, 26 %, -1). Seul Jean-Philippe Tanguy se maintient dans le haut du tableau (8e, 24 %, =). Le quatrième nom de ce top 8 est aussi la première personnalité de gauche du classement. Jean-Luc Mélenchon reste stable à 24 % de popularité, en septième position, et conserve le troisième meilleur score de soutien du baromètre (16 %), derrière Marine Le Pen et Jordan Bardella. Son niveau de rejet demeure le plus élevé de la gauche (61 %), ce qui confirme son profil de personnalité fortement soutenue dans son camp — 79 % d opinions positives chez ses électeurs de 2022, dont 66 % de soutien — mais clivante dans l ensemble de l opinion. On retrouve juste derrière d autres candidats officiels ou pressentis à l élection présidentielle de 2027. Bruno Retailleau (9e), François Ruffin (10e) et Dominique de Villepin (11e) sont ex aequo avec 24 % d opinions positives. Le président des Républicains devance sur le score de soutien (8 %) le député de la Somme (5 %), tandis que l ancien Premier ministre de Jacques Chirac ne dépasse pas les 3 % — mais conserve un profil singulier, puisqu il est la quatrième personnalité la plus appréciée des électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2022 (43 %). Deuxième à gauche, François Ruffin (24 %, +1) devance Raphaël Glucksmann (14e, 23 %, +2), qui signe la meilleure progression de son camp, puis Bernard Cazeneuve (15e, 22 %) et Fabien Roussel (16e, 22 %). Manuel Bompard recule d un rang (21e, 19 %, -1). Le Président de la République, enfin, se stabilise après le rebond de juillet. Sa popularité reste à 18 %, dont 8 % de soutien, mais la note donnée à son action recule à 2,4 sur 10 (-0,1). Il demeure la troisième personnalité la plus rejetée du baromètre, avec 67 %, derrière Sandrine Rousseau (71 %) et Laurent Wauquiez (70 ... Read More Source

Rapport
Publié 07 août 2026
Épinglé 09 août 2026
Ouvrir →
03 · Lectures croisées · nouveauté éditoriale

Une question.
Plusieurs bords.

↺ Lecture croisée 3 instituts · 2 bords

« Quels sont les enjeux stratégiques, politiques et sociétaux liés à la transformation des États et des coopérations internationales dans un contexte de crises globales (écologiques, énergétiques, militaires et démocratiques) ? »

L
Institut La Boétie
gauche
L’État et la révolution citoyenne : le nouveau livre de l’Institut La Boétie !
L’Institut La Boétie publie le 4 septembre 2026 son cinquième ouvrage, L’État et la révolution citoyenne, aux éditions La Dispute. Ce nouvel ouvrage collectif est coordonné par la philosophe Isabelle…
I
IRIS
centre
La crise de l’entreposage du combustible nucléaire usé en Corée et l’alerte pour 2030
À télécharger Lire la note (PDF) Cette note a été initialement publiée en anglais sur le site du Sejong Institute sous la forme d un Sejong Focus le 21 avril 2026. Elle a été traduite en français par…
G
GRIP
centre
Compendium sur les dépenses militaires, la production et les transferts d’armes
Chaque année, le GRIP procède à la traduction en français des trois fiches thématiques du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) réunies en un compendium . Ces trois fiches annuelles…
⋯ La synthèse de Mistral

Les publications croisées révèlent trois prismatiques distincts pour appréhender les crises contemporaines. L'IRIS met en lumière un enjeu technique et géopolitique précis : la gestion du combustible nucléaire usé, en soulignant l'opportunité d'une coopération franco-coréenne sur l'aval du cycle, tout en pointant l'absence initiale de focus sur le retraitement. Le GRIP, à travers son compendium annuel, offre une lecture quantitative et globale des dynamiques militaires et sécuritaires, sans prendre parti mais en fournissant des données structurantes sur les dépenses et transferts d'armes. Enfin, l'Institut La Boétie propose une approche radicalement différente, centrée sur la refondation démocratique de l'État, en interrogeant les moyens d'une transformation sociale et écologique par la gauche. Si les deux premiers instituts abordent des questions de coopération internationale ou de sécurité sous un angle technique ou analytique, le troisième inscrit son propos dans une perspective militante et programmatique, visant une rupture avec le néolibéralisme. Ces approches, bien que complémentaires, reflètent des priorités et des méthodes divergentes : pragmatisme diplomatique, observation neutre des rapports de force, ou ambition transformatrice.

3 publications membres · classées gauche → droite
↺ Lecture croisée 4 instituts · 2 bords

« Comment le changement climatique affecte-t-il la santé en France et quelles réponses collectives ou structurelles peuvent être apportées pour y faire face ? »

R
Révolution Permanente
extrême gauche
« On nous demande d'inventer des solutions » : une aide-soignante en EHPAD face à la canicule
Nous partageons le témoignage d'une aide-soignante en EHPAD pour qui la canicule ne fait qu'aggraver les conditions déjà terribles pour leurs résidents et pour les soignants. Un « délabrement politiqu…
A
ATTAC France
extrême gauche
Pour agir, Attac a besoin de vous !
Dans la période actuelle, nous faisons face à d'immenses défis : chaos climatique, montée en puissance des forces autoritaires, mainmise des milliardaires sur les médias et la culture… L'heure est à l…
O
Oxfam France
gauche
Changement climatique et santé : quels dangers en France ?
Le changement climatique est devenu une urgence sanitaire majeure en France. Personne, ni même les personnes particulièrement vulnérables, n est pleinement protégé par les risques sanitaires du change…
J
Fondation Jean-Jaurès
gauche
De la voiture de fonction à la rénovation de fonction : et si l’employeur devenait un acteur de la protection climatique de ses salariés ?
L intensification des vagues de chaleur extrêmes et la multiplication des nuits tropicales à l été 2026 rappellent une évidence : impossible de travailler sans dormir. Cette question dépasse le seul c…
⋯ La synthèse de Mistral

Les publications croisées révèlent une convergence sur l’ampleur des risques sanitaires liés au changement climatique en France, tout en divergeant sur les solutions à privilégier. Les canicules, déjà responsables de milliers de décès annuels, exacerbent les vulnérabilités des populations âgées et des malades chroniques, tout en mettant sous tension un système de santé fragilisé par des années de restrictions budgétaires. Si Oxfam France et la Fondation Jean-Jaurès soulignent la nécessité d’une adaptation structurelle – via la rénovation des logements ou une refonte des politiques publiques –, Révolution Permanente et Attac insistent sur les défaillances systémiques, qu’il s’agisse des conditions de travail dans les EHPAD ou de l’urgence à mobiliser des ressources contre les inégalités. Aucune publication ne nie l’urgence, mais les approches oscillent entre réformes incrémentales (rôle des employeurs, isolation thermique) et critique radicale des logiques néolibérales. Une certitude émerge : les mesures palliatives (climatiseurs, couvertures de survie) sont insuffisantes face à des risques qui, sans action coordonnée, menacent de s’aggraver d’ici 2050.

4 publications membres · classées gauche → droite
↺ Lecture croisée 4 instituts · 3 bords

« Dans quelle mesure les tensions récentes dans le détroit d'Ormuz et la guerre Iran-Israël/États-Unis révèlent-elles des dynamiques géopolitiques contradictoires, et quels sont les risques d'escalade ou de sortie de crise ? »

R
Révolution Permanente
extrême gauche
Affrontements dans le détroit d'Ormuz : pourquoi Trump ne peut pas sortir de la guerre en Iran
La question du contrôle du détroit d'Ormuz est au cœur de cette nouvelle escalade alors qu'il est devenu le centre de gravité de la guerre, mais aussi d'un éventuel accord de paix. L'Iran entend capit…
J
Fondation Jean-Jaurès
gauche
Guerre et paix en Iran : le choc des rationalités
Échec ou réussite de la guerre de Trump et de son allié israélien menée en Iran ? La réponse ne pouvant être aussi binaire, Farid Vahid, codirecteur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-…
M
Institut Montaigne
centre
Guerre en Iran : États-Unis, de la légitime défense à la guerre punitive
Le mémorandum du 17 juin entre les États-Unis et l'Iran devait sécuriser la navigation sur le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre : la reprise de la campagne de bombardement par les Américains d…
G
GRIP
centre
La Chine face à la guerre Iran–Israël (2025–2026) : Entre triangulation stratégique et limites de la puissance
La guerre opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis depuis juin 2025/février 2026 constitue un révélateur des logiques structurelles qui sous-tendent la présence chinoise au Moyen-Orient. Loin de s’i…
⋯ La synthèse de Mistral

Les publications croisées révèlent une crise multidimensionnelle où se superposent des logiques conflictuelles et des tentatives de négociation. Le détroit d'Ormuz, pivot économique et militaire, est à la fois un enjeu de souveraineté pour l'Iran, un théâtre d'affrontements indirects pour les États-Unis et Israël, et un terrain d'observation pour des puissances tierces comme la Chine, dont la stratégie de triangulation se heurte aux limites de son influence. Si les analyses divergent sur les responsabilités de l'escalade – entre riposte légitime, opération punitive ou calculs hégémoniques –, elles convergent sur un point : la fragilité des équilibres régionaux et l'absence de mécanisme crédible pour éviter une guerre ouverte. Les rationalités des acteurs, qu'elles soient économiques, sécuritaires ou idéologiques, semblent difficilement compatibles, laissant planer le risque d'un conflit prolongé ou d'une paix précaire, imposée par la force plutôt que négociée.

4 publications membres · classées gauche → droite
↺ Lecture croisée 3 instituts · 2 bords

« Quel est l'avenir de l'ordre géopolitique mondial face au déclin relatif des États-Unis et à l'émergence de nouvelles puissances comme la Chine ? »

L
Institut La Boétie
gauche
Les États-Unis entre déclin et impérialisme – colloque « La nouvelle géopolitique »
Samedi 27 juin, le département de relations internationales de l’Institut La Boétie organisait un colloque exceptionnel « La nouvelle géopolitique : la France, l’Europe et le monde » à l’UIC-P Espace…
I
IRIS
centre
Mélenchon veut une révolution géopolitique
Jean-Luc Mélenchon a prononcé, le samedi 27 juin, un discours d une heure lors d un colloque organisé par l Institut La Boétie sur le thème « La nouvelle géopolitique, la France, l Europe et le monde…
G
GRIP
centre
La Chine face à la guerre Iran–Israël (2025–2026) : Entre triangulation stratégique et limites de la puissance
La guerre opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis depuis juin 2025/février 2026 constitue un révélateur des logiques structurelles qui sous-tendent la présence chinoise au Moyen-Orient. Loin de s’i…
⋯ La synthèse de Mistral

Les publications croisées révèlent une interrogation centrale sur la recomposition de l'ordre international, marquée par le déclin perçu des États-Unis et l'affirmation de la Chine. L'Institut La Boétie souligne la remise en cause du rôle historique des États-Unis comme garants du libre-échange, dans un contexte où la Chine s'impose comme puissance manufacturière et où les pays du Sud gagnent en influence. Jean-Luc Mélenchon, lors du même colloque, pousse cette analyse plus loin en annonçant une « révolution géopolitique » en cas d'arrivée au pouvoir, prônant une sortie de l'OTAN et un recentrage sur le droit international et l'ONU. L'IRIS et l'Institut La Boétie convergent sur le diagnostic d'un affaiblissement américain, mais Mélenchon y ajoute une dimension programmatique radicale. Le GRIP, quant à lui, nuance cette vision en analysant les limites de la puissance chinoise dans un conflit régional comme la guerre Iran-Israël, où Pékin peine à influencer les dynamiques sécuritaires malgré sa stratégie de triangulation. Ainsi, si le déclin américain semble acté pour ces think-tanks, les alternatives proposées divergent : multilatéralisme réformé pour les uns, rupture avec les alliances occidentales pour d'autres, tandis que la Chine reste un acteur clé, mais dont l'influence est contrainte par les réalités conflictuelles.

3 publications membres · classées gauche → droite
↺ Lecture croisée 2 instituts · 2 bords

« Dans quelle mesure la Coupe du monde 2026 a-t-elle été instrumentalisée par des logiques politiques et impérialistes, et quels en sont les impacts sur l'intégrité et les valeurs du football ? »

R
Révolution Permanente
extrême gauche
L'Espagne remporte un Mondial façonné par l'impérialisme mais traversé par les aspirations populaires
La victoire de l'Espagne a mis un terme à 39 jours d'effervescence sportive et populaire, traversés par des questions politiques profondes, l'omniprésence de Trump, les politiques xénophobes de son ad…
I
IRIS
centre
Trump et Infantino : Jusqu’au bout de la honte
La Coupe du monde 2026 s est achevée par une victoire de l Espagne sur l Argentine. Cette édition aura surtout été marquée par l omniprésence du pouvoir politique, de la puissance et de l argent. Jama…
⋯ La synthèse de Mistral

Les publications analysées convergent pour dénoncer une Coupe du monde 2026 marquée par une forte emprise politique et économique, notamment à travers l'omniprésence de Donald Trump et la complaisance de la FIFA. Si l'élargissement à 48 équipes a pu offrir une visibilité accrue à des sélections moins médiatisées, cette avancée est éclipsée par les dérives observées : décisions arbitraires, censures, détentions de personnalités sportives, et récupérations symboliques. La victoire de l'Espagne, perçue comme un symbole de résistance pour certains mouvements populaires, contraste avec les gestes de soumission des joueurs envers les figures du pouvoir, illustrant les paradoxes d'un événement où le sport peine à s'affranchir des intérêts géopolitiques. Les textes soulignent ainsi une compétition dont l'universalité affichée masque mal une soumission aux logiques impérialistes et médiatiques.

2 publications membres · classées gauche → droite
06 · Méthodologie · le filtre LLM curatif

Comment on choisit.

01

Le scrape passif, toutes les nuits

Chaque nuit, le pipeline interroge les flux RSS et les pages de publication des instituts suivis. Tout ce qui est nouveau atterrit dans une file brute — environ 80 documents par nuit.

02

Le filtre LLM curatif

Un modèle relit chaque publication, extrait le sujet, le format, la taille, et écarte les contenus trop courts ou trop périphériques (newsletters, événements, billets internes). Restent en moyenne 12 documents par nuit.

03

L'épinglage hebdo

Chaque semaine, deux journalistes AFK relisent les documents retenus, en épinglent jusqu'à trois (« À la une »), et identifient les questions qui méritent une lecture croisée — vérification manuelle des angles.

i
Important · le classement n'est pas un jugement

Le placement gauche–droite reflète la ligne éditoriale assumée par chaque institut — ce qu'ils écrivent, qui les finance, à qui ils parlent. Il ne préjuge pas de la rigueur des travaux : on lit chaque institut avec la même attention critique. Lire tout, croire personne, mesurer toujours.