Le transcript ci-dessous est échantillonné (≤ 40 % du
texte original ; le texte intégral appartient à la source).
Les références Q1, Q2… dans l'analyse renvoient
aux questions de ce transcript — cliquer sur une référence ouvre
le panneau et défile jusqu'à la question.
Transcript
Chers amis et néanmoins chers camarades, j’écoute Marine à l’instant et je me dis qu’elle pourra même dire à ce garçon qu’elle porte qu’il est même venu vivre lui-même la belle-villoise et que ce jour-là, effectivement, il a contribué à sa façon. à nous dire que la vie va continuer après Léon Blum, après ses 90 ans, et que nous sommes ici porteurs d’une histoire que nous allons prolonger. Chers amis, chers camarades, il y a deux Frances qui ne se regardent plus. Il y a celle qui prend son avion privé pour un week-end, et puis il y a celle qui se demande si elle pourra se payer un plein pour partir en vacances. Il y a celle qui choisit son quartier pour éviter la mixité et celle qui n’a pas le choix de son logement. Il y a celle dont les enfants héritent d’un patrimoine et celle dont les enfants héritent d’une tête. Il y a deux Frances qui ne vivent plus exactement au même rythme ni dans le même pays. Un infirmier paye un taux d’imposition plus élevé qu’un milliardaire. Ce n’est pas une métaphore, ce n’est pas une image militante, c’est un fait. En France, 13 000 millionnaires ne payent aucun impôt sur le revenu, aucun zéro. Et pendant ce temps, on explique aux classes populaires, à la classe moyenne, qu’il faut encore faire des efforts. Et bien nous, ici réunis, nous affirmons haut et fort qu’une fois revenus au pouvoir, nous instaurerons une taxe Zucman. Il y a… Des familles qui ouvrent leur boîte aux lettres et regardent leur facture d’énergie, qui font des calculs dans leur tête, le chauffage ou les courses, les courses ou le loyer. qui connaissent par cœur le prix du litre de lait ou d’essence, parce que dans leur vie, ça compte. Des jeunes qui ne trouvent pas de logement, parce que les loyers ne sont pas encadrés. Des anciens qui survivent avec le minimum vieillesse. Des territoires entiers, où le médecin est à 20 ou 30 kilomètres. Des territoires où les gens ont le sentiment justifié, qu’on les a oubliés. Alors il y a ceux qui regardent ça en hausse. sans les épaules. Et puis, il y a ceux qui, ici, se relèvent les manches, qui n’acceptent pas, qui n’acceptent pas que la fatalité. Et je vois de nombreux et nombreux ce soir qui n’acceptent pas cette fatalité parce que nous ne l’accepterons pas. Non, ce n’est pas la nature des choses. C’est le résultat de choix politiques. Et des choix politiques, ça se change. Oui, Front populaire. La transition écologique n’est pas non plus une abstraction pour colloques climatisés. C’est la question de savoir si nos enfants pourront respirer, si nos agriculteurs auront toujours de l’eau, si nos côtes existeront encore. Un pays qui ne maîtrise pas son énergie n’est pas un pays libre. Il est dépendant, vulnérable, soumis aux humeurs des marchés et des autocrates. Nous voulons, nous, un pôle public de l’énergie. Une rénovation thermique accessible à tous. Une écologie qui protège les gens plutôt que de leur faire la morale depuis les beaux quartiers. Et notre démocratie dans tout ça, elle aussi s’est abîmée. Elle s’est éloignée. Le pouvoir s’est recroquevillé dans quelques palais, quelques dîners en ville. Il y a des endroits à Paris où l’on décide de l’avenir de tous. Des salons feutrés, des antichambres, silencieuses et dans ces endroits. Le cri du peuple ne parvient plus qu’à l’état de vagues murmures. On y parle des gens, mais on ne les entend plus. Alors, nous voulons ici rendre la parole aux Français, vraiment, leur offrir une 6ème République, un référendum d’initiative citoyenne, un rééquilibrage des pouvoirs, parce qu’un président qui dissout l’Assemblée par caprice, selon son humeur, ça n’est pas une démocratie, c’est une monarchie républicaine. Je veux évidemment vous dire quelques mots. Du droit international qui est foulé aux pieds aujourd’hui par Poutine, par Trump, par Netanyahou, cette nouvelle géopolitique n’est pas le fruit du hasard, mais d’une nouvelle mutation du capitalisme. Avant-hier industriel, hier financier, aujourd’hui prédateur et autoritaire. Le capitalisme des premières révolutions industrielles avait d’abord besoin de charbon pour faire tourner ses machines à vapeur, puis de pétrole pour l’électricité. Le capitalisme numérique et énergétique a besoin de métaux critiques, de terres rares, de capacités de calcul, d’accès à une énergie abondante et stable. Ces nouveaux prédateurs ne ressemblent pas aux industriels du 19e siècle. ni au conglomérat du XXe. Leur pouvoir ne repose pas uniquement sur la propriété d’usines ou de matières premières. Il s’étend désormais aux architectures invisibles qui structurent la circulation du savoir, de l’attention et de la réputation. Posséder une plateforme, c’est pouvoir organiser la visibilité du réel, contrôler une infrastructure numérique, c’est pouvoir hiérarchiser. ce qui compte et ce qui disparaît. Nous assistons à une recomposition des hiérarchies de priorité. Et les urgences collectives ne sont pas nécessairement à l’agenda des acteurs dominants. Leurs intérêts se dissocient progressivement de la nécessité sociale. Alors, 2027. Que se passera-t-il si la gauche rate encore ce rendez-vous ? D’autres viendront, d’autres viendront, et ils ne viendront pas pour gouverner mais pour détruire. Je les vois aussi quand ils sont déjà au pouvoir, dans ces pays que l’on pourrait citer les uns après les autres. Ils arrivent avec leur tronçonneuse, joyeux, sur deux, pour déchiqueter le code du travail. Démanteler la sécurité sociale, museler la presse, disqualifier les juges, piétiner l’égalité entre les femmes et les hommes, confondre la France avec ses frontières et l’identité avec la peur de l’autre. Cette France-là n’est pas la nôtre, C’est celle de Jaurès, c’est celle de Blum et du Front populaire, la République sociale. Celle qui croit que la liberté se confond avec l’égalité. Cette liberté qui n’est pas celle qui entache celle de l’autre, mais celle qui rend chacune et chacun libre. La liberté véritable commence lorsque la peur de manquer cesse de déterminer chaque décision. Alors notre France à nous, oui, elle est métissée, elle est plurielle, elle est pluriculturelle. elle est plurireligieuse, elle est faite de celles et ceux qui l’ont constituée à travers les siècles et qui sont venus l’enrichir. Et c’est la raison pour laquelle nous n’avons pas peur de celles et ceux qui, au municipal, en Seine-Saint-Denis et ailleurs, sont devenus maires et qui ont, avec toi, réussi à faire la démonstration que, oui, une génération émerge qui n’est plus seulement là pour servir les plats. Alors, Zex, ce colonisateur, mais qu’elle est là pour dire qu’elle est totalement française, qu’elle a totalement sa place et qu’elle a le droit maintenant aussi de vivre au mieux de tous et même de prendre le pouvoir. Alors, chers camarades, les Français ont besoin de nous. Pas demain, maintenant, et nous pouvons gagner. Il y a 90 ans… Oui, on va gagner. Oui, en tout cas, on peut gagner. Mais ça dépend de nous. Ça dépend de ceux qui ont parlé avant moi. Ça dépend de ceux qui ne sont pas encore là. Et ça dépend de nous toutes et tous. Il y a 90 ans, dans ce pays, des gens qui se méfiaient les uns des autres, qui parfois même se détestaient, ont décidé de regarder dans la même direction. Il y a 90 ans, des socialistes, des radicaux, des communistes qui ne s’aimaient pas avaient leurs histoires, leurs blessures, leurs rancœurs. Blum ne faisait pas confiance à Thorez et la réciproque était vraie. Les radicaux regardaient les communistes avec suspicion. Et pourtant, et pourtant, ils ont tenu. Ils ont tenu parce qu’ils avaient compris. Une chose tellement simple, après le 6 février 34, après la montée des ligues fascistes sur le Parlement, ils avaient compris, parce que le peuple français le leur demandait, que leur différence était infiniment moins grande que cette différence abyssale qui les opposait à ce fascisme qui arrivait. Le résultat… Le résultat de leur unité, c’est que 90 ans après, nous sommes encore là à les célébrer. Parce que le résultat, c’est que pour la première fois, des ouvriers, des salariés, des familles modestes ont pour la première fois de leur vie posé leur valise sur une plage. Pour la première fois, ont pris un train. pour dépasser les frontières de leur département et découvrir ce pays qu’ils ne connaissaient même pas et qui ont compris, qui ont compris que leur corps, qui ont compris que dans leur corps, que le rapport de force pouvait tout changer. En 1936, personne n’y croyait. Peut-être que même les militantes et les militants n’y croyaient pas complètement. Les journaux de droite et d’extrême droite ricanaient. Ça ne tiendra pas. Ces gens-là sont incapables de s’entendre. Et bien ce que nous vous avons dit ce soir, avec Marine, avec tout à l’heure Lucie, avec Clémentine, avec François, c’est toujours le problème, avec Benjamin, et je le dis aussi avec ceux qui ne sont pas là, et qui auraient dû être là. Eh bien nous tiendrons, nous tiendrons, parce que nous sommes là, socialistes, écologistes, communistes, militants de place publique, républicains de convictions progressistes, humanistes, intellectuels, chercheurs, chercheuses, citoyennes et citoyens engagés. Nous sommes nombreux. Oui, nous sommes différents. Et cette diversité n’est pas une faiblesse, c’est notre force à condition de ne pas en faire notre paralysie. La gauche n’a pas perdu en 2002, en 2017, en 2022, parce qu’elle manquait d’idées. Elle a perdu parce que ses candidats se regardaient en chien de faïence pendant la campagne, pendant que leurs adversaires, eux, avançaient groupés. Vous avez remarqué qu’à l’extrême droite, ils ne savent pas encore qui sera leur candidat ou leur candidate. Ils attendent la décision des juges le 7 juillet. Mais ce qu’ils vous ont déjà dit et ce qu’ils ont déjà dit à la France, que ce soit Bardella ou Le Pen, eux seront unis, eux feront face, eux seront capables dans les élections présidentielles d’avancer groupés. Alors à nous toutes et tous de leur dire… Que la réciproque sera vraie, que face à eux nous serons là et que nous ne lâcherons pas. Et puisque malheureusement je n’ai plus cette qualité d’être aussi jeune que vous, je le dis, la vieillesse aussi emmerde le Front National. Assez versé de larmes à chaque premier tour d’élection présidentielle, assez de gâchis. Le rassemblement ne garantit pas la victoire, mais la division, elle, garantit la défaite. Ce n’est pas une opinion, c’est notre histoire, douloureuse, répétée, cuisante. Alors nous pouvons gagner, mais pas comme ça, pas divisé. Aujourd’hui, la gauche française est fragmentée. Il arrive même… Unité ! Unité ! Unité ! Il en fallait sûrement un pour le dire. Mais dis-toi, cher camarade, sans doute avec l’idée de voter pour un autre que ceux qui sont ici rassemblés. Je te le dis aussi, les socialistes que tu ne veux plus voir gouverner, ils sont ceux qui étaient là pour le front. Ils étaient là le 10 mai 81 et ce que tu défends aujourd’hui, c’est eux qui l’ont conquis avec la rue, avec les syndicats, parce qu’ils étaient là et parce qu’ils ont converti ce que le peuple de gauche attendait insuffisamment. Tu as raison. Et nous avons eu le courage, nous, après chaque défaite, de faire notre inventaire. Alors nous ne sommes pas les seuls à avoir perdu, nous ne sommes pas les seuls à avoir échoué, mais nous sommes les seuls à avoir fait un inventaire. Et moi, je ne me satisfais pas de cette gauche fragmentée, épuisée par ses querelles internes, parfois défigurée par des comportements qui éloignent plus qu’ils ne rassemblent. Et je le dis aussi, dans cet espace, il y a aussi une ambiguïté que je veux lever. Jean-Luc Mélenchon est d’ores et déjà candidat. Il l’a dit, il le répète, il ne changera pas d’avis. C’est son droit. Il est parfaitement légitime dans cette compétition électorale. Mais cela signifie que la question de l’union avec le leader de la France insoumise, je dis bien avec le leader de la France insoumise, est une question fermée. Et il faut avoir le courage de le dire plutôt que d’en tenir une fiction. qui nous coûte du temps et de l’énergie. Jean-Luc Mélenchon a choisi une voie qui n’est plus celle du rassemblement, une voie qui fracture, qui polarise, qui préfère l’affrontement spectaculaire à la construction patiente. C’est son droit, mais ce n’est pas notre choix. Je le dis, et je ne le dis pas pour disqualifier, je sais ce qu’il représente. Je dis cela parce que l’Union… ne peut pas se faire à n’importe quel prix, et notamment pas au prix de l’abandon de nos valeurs, notamment démocratiques, républicaines, de notre rapport à l’Europe, de notre capacité à gouverner ensemble ce pays. Alors avançons, construisons une alliance qui ne soit pas de façade, une alliance qui regarde ses désaccords en face et qui les surmonte, parce qu’elle a décidé que l’essentiel prime un cadre… commun, programmatique, démocratique, crédible. Et un visage, un candidat commun ou une candidate commune, une primaire. Une primaire, oui, si elle n’est pas un spectacle de plus, un rituel dont on sort plus divisé qu’on y est entré. Un acte démocratique, sérieux, encadré, qui donne à notre candidate ou notre candidat une légitimité que personne nous pousse à nous faire pourra lui contester. Et puisqu’il y a des gens qui contestent la primaire, si quelqu’un a une meilleure idée pour parvenir à cette candidature commune, qu’elle obtient le soutien de toutes elles et ceux qui se sont engagés à gauche aujourd’hui à soutenir une primaire, je m’engage à soutenir cette solution sur le champ. Mais je le dis aussi clairement, Sans détour, je ne pardonnerai jamais à ceux qui par ambition personnelle ou inconséquence auront privé la gauche de sa chance de gouverner et de mener le combat. Je ne pardonnerai jamais, jamais, parce que le danger, Clémentine l’a dit, le danger il est bien là et nous ne pouvons pas le minimiser ni le relativiser. Nous avons face à nous l’extrême droite et nous le savons. Nous vivons un moment qui réclame de l’audace, pas simplement l’audace des grandes envolées, des grandes envolées de meetings ou de congrès, l’audace du compromis parfois difficile, l’audace de se tendre la main, de se tendre la main et de se dire que nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout, mais que nous sommes prêts à céder quelque chose parce que l’on a compris. que l’enjeu est plus grand que nous. L’histoire ne repassera pas les plats. Elle peut être tragique. La guerre est de retour. Pain, paix, liberté. C’était le mot de nom du Front Populaire de 36, le glorieux Front Populaire. Et au fond, ce slogan n’a pas pris une ride. Ou plutôt, ajoutez-y écologie et repartons maintenant au combat. Nous sommes les héritiers d’une grande et belle histoire. A nous d’être à la hauteur de ceux qui nous ont précédés, tous ensemble. Chers amis, chers camarades, allons chercher la victoire !