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Note : ce transcript est échantillonné. Le texte intégral appartient au Le Journal du Dimanche. Seuls les Q/A cités ou directement utiles à l’analyse NLP sont conservés. Les Q/A élidées sont signalées par […].
Q1. Vous avez déjeuné avec le Medef en début de semaine. Il y a encore quelques années, cela aurait été impensable pour le RN. Qu’est-ce que cela dit de votre évolution politique ?
Interviewé: […] il serait fou, pour les organisations patronales comme pour tout autre acteur de la société civile, de refuser le dialogue avec un parti qui ambitionne de gouverner et de redresser le pays. […]
Q2. Qu’êtes-vous allé chercher lors de ce déjeuner : des idées, de la crédibilité… ou une forme de reconnaissance ?
Interviewé: […] J’attire votre attention sur le nombre alarmant de faillites d’entreprises : près de 70 000 sur le premier trimestre 2026, un triste record… […] Nous avons identifié deux grands adversaires : les charges, et ce que j’appelle l’« impôt papier », c’est-à-dire l’inflation de normes qui pèse très lourdement sur le quotidien des entrepreneurs. […]
Q3. Si vous deviez résumer votre doctrine économique en une phrase, quelle serait-elle ?
Interviewé: La liberté d’entreprendre, la souveraineté stratégique de la France et, par-dessus tout, la défense du travail qui paie. […]
Q4. Le pouvoir, c’est choisir et décevoir. Si vous êtes élu, qui allez-vous décevoir en premier : les classes populaires ou les entreprises ?
Interviewé: Ni l’un ni l’autre. Je pense que nous décevrons d’abord… la Commission européenne, qui a fait de la France sa variable d’ajustement commerciale pour satisfaire les intérêts allemands. Notre premier déplacement sera à Bruxelles, et nous irons y défendre les intérêts de notre pays pour retrouver des avantages comparatifs dont d’autres pays européens profitent déjà. […]
Q5. Êtes-vous en train de rassurer le patronat… ou est-ce lui qui commence à se rassurer tout seul ?
Interviewé: […] Je ne suis pas de gauche, et je n’ai pas l’entreprise honteuse. […]
Q6. Si cette rencontre fait autant parler, c’est aussi parce que les milieux économiques restent critiques sur votre programme…
Interviewé: […] nos députés se sont engagés […] sur la remise en cause de l’objectif ZAN [zéro artificialisation nette, NDLR] qui bloque la construction d’usines et accroît la crise du logement par la pénurie. Je me suis rendu au déjeuner du Medef avec Alexandre Loubet, député de Moselle, dont le rapport parlementaire sur la désindustrialisation de la France a été particulièrement éclairant pour le débat public. […] La défense du travail qui paie, le rapprochement entre le brut et le net seront au cœur de notre projet présidentiel.
Q7. Qu’est-ce qui, aujourd’hui, continue de susciter de la défiance chez les chefs d’entreprise à votre égard ?
Interviewé: Les caricatures… […]
Q8. Vous avez construit votre succès sur un discours social. Aujourd’hui, vous parlez simplification, compétitivité, entreprises. Votre logiciel économique a-t-il évolué ?
Interviewé: […] Ces deux dimensions ne sont pas contradictoires : elles sont complémentaires et même indispensables. Remettre de l’ordre dans les finances publiques au sein d’un pays qui vit au-dessus de ses moyens depuis cinquante ans est une ambition largement plébiscitée au sein de l’électorat RN. […]
Q9. En politique, la crédibilité passe souvent par des renoncements. Le RN en a déjà fait sur l’euro ou sur l’Europe. Êtes-vous prêt à en faire sur le terrain économique ?
Interviewé: […] Le bilan d’Emmanuel Macron quant à la situation économique de la France est accablant. […]
Q10. Vous cherchez à rassurer les entreprises. Très bien. Mais qu’est-ce que vous leur refusez ? Où placez-vous votre ligne rouge face au monde économique ?
Interviewé: […]
Q11. Les milieux économiques restent justement méfiants vis-à-vis de votre euroscepticisme. Que leur répondez-vous ?
Interviewé: […] loin de sa promesse de progrès et de protection, l’Union européenne organise aujourd’hui la décroissance de nos économies et l’impuissance collective dans un monde instable. Le Pacte vert – le Green Deal – décidé par la Commission européenne avec l’appui d’Emmanuel Macron […] s’est traduit par une montagne de normes […]. Je pense, par exemple, à la stratégie dite « de la ferme à la fourchette », qui fragilise nos agriculteurs face à la concurrence internationale. Ou encore à l’interdiction de la vente de véhicules thermiques à l’horizon 2035, qui met en péril l’industrie automobile européenne […]. Ursula von der Leyen a ainsi bradé nos usines au seul bénéfice de l’industrie chinoise. […]
Q12. Au fond, à quelle Europe croyez-vous aujourd’hui ?
Interviewé: À une Europe-puissance, mais différente : une Europe des coopérations entre États, une Europe des projets intelligents et des souverainetés nationales. […]
Q13. Autre sujet d’inquiétude pour les chefs d’entreprise : votre position sur la réforme des retraites. Que leur dites-vous ?
Interviewé: Sur les retraites, il est évident que le système actuel n’est ni viable ni soutenable. Il y a quarante ans, on comptait quatre cotisants pour un retraité. Aujourd’hui, il n’y en a plus que 1,7. […] Je vous renvoie aux travaux de l’inspecteur des finances Jean-Pascal Beaufret, qui évoque un déficit réel des retraites proche de 70 milliards d’euros par an. […]
Q14. Vous critiquez le report de l’âge légal. Mais quelle est, concrètement, votre solution ?
Interviewé: La réponse passe par l’activité, par le fait de pousser davantage de Français sur le marché du travail. […] permettre à ceux qui exercent des métiers pénibles de partir plus tôt, tout en responsabilisant mieux ceux qui ont commencé à travailler plus tardivement.
Q15. On a le sentiment que vous avez musclé votre équipe économique ces derniers mois. Qui vous conseille aujourd’hui ?
Interviewé: […] l’économie aura une place centrale dans notre projet présidentiel. […] Charles-Henri Gallois, qui a travaillé en tant que directeur financier pour l’une des maisons du groupe LVMH, a rejoint mon équipe au Parlement européen […]. François Durvye, ex-gestionnaire d’un fonds d’investissement, m’accompagne désormais pour structurer et approfondir nos relations avec les milieux économiques. […]
Q16. Si vous accédiez au pouvoir, avez-vous déjà en tête le nom de votre ministre des Finances ?
Interviewé: Pour l’instant, ce n’est pas tranché. […]
Q17. Le modèle social français peut-il continuer tel quel ?
Interviewé: Je suis attaché au modèle social français, notamment parce qu’il protège les plus vulnérables. Mais la réalité nous oblige à constater qu’il repose sur un financement qui a atteint ses limites. Ce modèle doit d’abord redevenir national. Demain, avec nous, les aides sociales non contributives seront réservées aux familles françaises.
[…] J’ai toujours considéré que la première des politiques sociales était celle qui permet aux Français, en particulier les plus modestes, d’accéder à la propriété. Autrement dit, la première des politiques sociales, c’est un trousseau de clés. […]