Le Medef voulait du « courage » pour ses universités d'été. Il a pensé à Javier Milei. Selon Mediapart, le président argentin a été convié les 26 et 27 août par le « syndicat » du patronat. Nouvelle étape d'un rapprochement assumé entre une partie des patrons français et l'internationale réactionnaire (voir notre analyse de l'interview de Jordan Bardella dans le JDD). À droite, on cite l'Argentine comme un modèle. Alors on pose la question avec toute la lucidité qu'on cherche à atteindre : Javier Milei peut-il être un modèle ?
Sur le papier, la « tronçonneuse » donne des résultats. L'inflation est retombée à son plus bas niveau depuis huit ans, l'État affiche un excédent budgétaire historique, la croissance est repartie et la pauvreté, qui avait bondi à 52,9 % après la dévaluation de 2024, est redescendue autour de 28 %. Le Figaro parle d'une « réussite » sur le front de l'inflation. Mais ce bilan a un prix. L'excédent, rappelle la Direction générale du Trésor, repose sur une coupe de 27 % des dépenses — d'abord sur les retraites, l'investissement public et la recherche. Et si la pauvreté recule, France-info l'affirme, c'est mécaniquement, par la baisse de l'inflation : les plus pauvres ne vivent pas mieux.
Ce dossier met côte à côte les données macroéconomiques plutôt positives avec ce qu'elles coûtent : désindustrialisation, « scienticide », forêts et glaciers rouverts à l'extraction, quatre grèves générales en deux ans, et des affaires de corruption qui rattrapent l'entourage du président. On a cherché à dépasser les idéologues de plateau : des chiffres, des rapports, des correspondants sur place, et la parole des Argentins.
Le « miracle » argentin existe-t-il ? À vous de vous faire votre opinion — c'est précisément ce que le Medef prétend vouloir. Pour aller plus loin, le documentaire « Milei, le grand sauveur ? » de Matthias Ebert (non disponible sur Arte en ce moment, surveiller la rediffusion) et « Javier Milei, le président à la tronçonneuse » de François-Xavier Freland, visible sur france.tv.