Deux fois en dix-huit mois, Donald Trump s'est attaqué au droit du sol. La première fois frontalement : un décret signé le jour de son investiture ! Les décrets signés un jour d'investiture sont des symboles, des messages. Le décret n'a pas tenu, censuré le 30 juin dernier par la Cour suprême.
Seconde tentative, le 6 août : au nom de la lutte contre le « tourisme des naissances », une pratique marginale — moins de 1 % des naissances américaines, même selon les estimations les plus hautes — érigée en menace nationale. Le contournement n'a rien d'improvisé — l'administration l'annonçait dès le lendemain de l'arrêt.
Ce débat n'est pas qu'américain. En France, la suppression du droit du sol est un pilier programmatique du Rassemblement national, repris à son compte par Bruno Retailleau pour 2027. A Mayotte, on expérimente : depuis la loi du 12 mai 2025, validée par le Conseil constitutionnel, un enfant né dans le 101e département ne peut devenir français que si ses deux parents résidaient régulièrement en France depuis un an.
Or le droit du sol est l'un des plus vieux principes de notre droit : la notion apparaît dans un édit royal de 1315 ! L'historien Patrick Weil a retracé deux siècles d'allers-retours entre sang et sol. Aux États-Unis, le droit du sol fut conquis par les militants noirs contre l'arrêt Dred Scott, avant d'être gravé dans le 14e amendement en 1868. Des deux côtés de l'Atlantique, la même question, viscérale : qu'est-ce qui fait qu'on appartient à un pays — la filiation, ou la vie qu'on y construit ?
Qu'on le veuille ou non, le droit du sol sera à l'agenda de la campagne de 2027. Comptez sur nous pour relever avec précision les positions de chacun. Mais pour faire un choix éclairé, encore faut-il savoir ce que l'on pense. Et pour ça rien de tel qu'un peu de lecture.