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Le poids des mots

Jean-Luc Mélenchon répond à Rémy Buisine sur Brut

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Q1. Bonsoir à tous et bienvenue sur Brut. Nous sommes en direct sur l’ensemble des plateformes de Brut ce soir pour un direct exceptionnel qui lance un peu la campagne présidentielle. À moins d’un an du premier tour, on est ce soir avec un candidat qui vient d’annoncer sa candidature, c’est Jean-Luc Mélenchon. Bonsoir, M. Mélenchon.

Interviewé: Bonsoir.

Q2. Merci d’avoir accepté notre invitation. C’est votre première interview après votre annonce que vous avez faite sur TF1 il y a quelques minutes. C’est la quatrième fois que vous y allez. J’ai envie de vous poser cette question. Qu’est-ce qui vous a motivé à y retourner ?

Interviewé: C’est à la fois compliqué sur le plan humain, ça l’est toujours, hein. Je ne vais pas raconter d’histoire, ce n’est pas simple. Des gens pensent qu’être candidat c’est une espèce de seconde nature, vous voyez. Mais bon, il y a un certain plaisir à l’être à certains moments, mais là ce n’est pas de ce registre-là, ce n’est pas de ça dont on parle. Et puis je crois que j’ai souhaité être remplacé, je l’ai dit. Je l’ai été dans l’essentiel des fonctions que j’exerçais dans le mouvement insoumis, qui est une création politique très récente, mais plutôt l’habitude de fonctionner comme un commando.

Q3. Parce que moi je me souviens du terme, vous disiez, en 2022, faites mieux. Moi quand j’entends ça, je me dis, bon ça va dire, c’est fini, préparez la suite, en 2027 ce sera sans moi. Quand vous dites ça, c’est ça.

Interviewé: C’est ça que j’avais à l’esprit en effet.

Q4. Qu’est-ce qui s’est passé entre temps ?

Interviewé: Il s’est passé, ouvrez la fenêtre, et vous verrez ce qui se passe dans le monde. Mais je vais vous expliquer la démarche. Donc d’abord ce n’est pas quelque chose qui procède, comment dire, de personnel. Vous ne dites pas, tiens je vais être candidat, tiens pourquoi je ne serai pas candidat. Chez nous, je veux dire le mouvement Insoumis, tout est beaucoup intellectualisé, pensé, préparé, cadré, calculé, enfin c’est notre manière d’être. Chacun a un style, nous c’est ça notre truc. Et donc la discussion c’était, bon j’avais été remplacé dans la plupart des fonctions, les gens qui ont assumé ces fonctions ont plutôt brillé. Et était reconnu. On est le seul mouvement politique dont un passant dans la rue peut vous dire deux ou trois noms de dirigeants. C’est pas le cas de beaucoup. Donc on avait bien travaillé et honnêtement, il fallait mettre sur la table toutes les thèses. Première thèse, on fait comme on a dit, on remplace Jean-Luc. Qui ? Comment on s’y prend ? Et puis on s’est aperçu en discutant, c’était une discussion complètement détendue, il n’y a pas de rivalité entre nous, il n’y a pas de compétition, rien de tout ça n’existe. Et la discussion s’est dit, là on part mal, c’est pas la bonne méthode. La bonne méthode c’est de faire comme on fait d’habitude pour nous-mêmes. Qui est-ce qui est le mieux préparé à telle fonction ? Par exemple quand on a dit, il faut maintenant un coordinateur, on avait créé des espaces, il faut un coordinateur, la discussion c’était, qui est le meilleur pour faire ce travail-là ? Qui est le mieux préparé ? Et c’était évidemment Manuel Bompard pour plein de raisons. Ça a été la même discussion pour la présidence du groupe à l’Assemblée Nationale. Avec Mathilde Panot et ainsi de suite pour Clémence Guetté qui est la présidente, comment dire, effective et opérationnelle de l’Institut La Boétie. Et puis Manon Aubry, aussi à la tête du groupe. Bref, voilà notre méthode. Et donc, on est des militants politiques, il faut que vous compreniez ça, des gens qui sont pétris de politique. Donc, qu’est-ce qui s’est passé, qu’a changé ? Mais c’était un bazar inouï autour de nous. Et la question qu’on s’est posée, c’est qui est le mieux préparé à affronter ça ? Et il se trouve, alors, quoi ça ? Un, un risque de guerre généralisé, donc il faut une préparation personnelle, avoir connu, vécu des événements. Je ne vais pas raconter ma vie, mais bon, premier élément. Deuxième élément, c’est un changement climatique qui va s’accélérer d’une manière spectaculaire, notamment l’an prochain. Je ne sais pas si vous suivez les événements sur le sujet, mais le grand courant, vous connaissez que le courant El Niño vient en avance, donc l’effet de refroidissement de la mer n’aura pas lieu, et ça va être des catas dans des paquets de pays.

Q5. C’est une question de contexte, mais si ce n’était pas vous, ça aurait été qui alors, Manuel Bompard ?

Interviewé: Ça aurait pu être d’autres, hein. Non, il y en a quatre ou cinq, hein. Qui aurait pu… Bah, ça aurait pu être Bompard, ça aurait pu être Panot, ça aurait pu être Guetté, ça aurait pu être Éric Coquerel. Je sais pas, j’oublie sûrement des camarades, mais…

Q6. Ça veut dire que le contexte fait qu’aujourd’hui, ces personnes-là n’étaient pas prêtes à affronter ce contexte-là international, national ?

Interviewé: C’est pas comme ça qu’on s’est posé la question. On s’est demandé qui était prêt. Vous devez cocher un certain nombre de cases, hein. Il s’est trouvé que bon, tout le monde a dit voilà. Puis après, il y a les arguments aussi électoraux. C’est que, là j’en viens plutôt à l’urgence, c’est que quand vous commencez, on est à moins d’un an, avez-vous dit du premier tour ? Non, du deuxième. On est à moins d’un an du deuxième tour de l’élection. On ne pouvait pas démarrer plus tôt. Nous, on fait des campagnes longues. On ne pouvait pas démarrer plus tôt, il y avait les municipales. Donc jusqu’à il y a un mois, on était coincés. Tu ne pouvais pas mélanger les deux. On l’a quand même fait. On s’est préparé dans la municipale, à la présidentielle, on a gagné du monde, on a gagné des villes, on désignait des Insoumis pour être maires. Donc oui, on l’a fait, mais on ne pouvait pas parler programme présidentiel, programme municipal. Néanmoins, on s’était dit, on va donner le goût aux gens de ce qu’il y a dans notre programme national. Par exemple, quand on a parlé de la cantine gratuite bio, bon ben bio, gratuite, tout ça. Donc voilà comment ça s’est… Comment ça s’est passé ? Pour constater, j’essaye de dire ça avec le plus d’amabilité possible, on est à moins de deux ans et tous les partis politiques, à part nous, sont divisés, ont plusieurs candidatures, pas un à un programme, même le parti socialiste qui en vient d’en sortir un, dont nous sommes assez satisfaits puisqu’il est largement repris d’une autre, donc on est content, on ne va pas pleurer, mais… Ils ont dit c’est pas un programme, c’est une boîte à outils. Et le candidat arrivera et prendra dans la boîte à outils. Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

Q7. À l’inverse, il y en a certains dans les autres partis, même parfois à gauche, qui vont dire c’est sa quatrième candidature, il a 74 ans, il est clivant. Qu’est-ce que vous répondez à ceux qui…

Interviewé: Je réponds rien, je m’en fous. Non mais enfin c’est un monde, il est clivant. Mais encore heureux que je suis clivant. Il ne faut pas être clivant avec le Front National, avec le Rassemblement National. Il ne faut pas être clivant avec la droite. Il ne faut pas être clivant avec… monsieur Edouard Philippe qui propose la retraite à 67 ans, de quoi on parle ? Tout ça c’est des mots, c’est du blabla communicationnel. Il faut être clivant et rassembleur. Les deux dans la vie c’est comme ça que ça se passe. Je serai clivant avec les uns et rassembleur avec les autres.

Q8. Rassembleur avec qui ?

Interviewé: Le peuple. Mais vous croyez que c’est quoi tout ça ? Pardon, c’est pas à vous que je vais m’en prendre mais… Bien sûr. La crise politique, elle est totale. Tous ces partis sont en crise, ce sont des appareils. Souvent il n’y a même plus de militants dedans. Alors ils font des communiqués, ils prennent des pauses, ils m’insultent, ça les occupe. Ils sont tous plus anti-mélanchonistes les uns que les autres. J’ai même blagué à un moment donné en disant, ça tombe bien, moi aussi je ne suis pas mélanchoniste. Mais tout ça c’est de l’écume, c’est rien. Si c’était quelque chose, ils seraient tous en train de se dire, mais oh là là, oh, c’est dans moins d’un an. Et nous comment on fait pour gagner des électeurs ? Parce que pardon, mais il faut qu’ils gagnent des électeurs. Là ce n’est pas la France insoumise.

Q9. Il faut toujours gagner des électeurs. Il y a deux ans, il y a le nouveau Front Populaire, qui était un peu le rassemblement de la gauche. Finalement, il a explosé au bout de quelques mois. Pourquoi ?

Interviewé: C’était la question.

Q10. La question, c’était aussi de se dire, le nouveau Front Populaire en 2024, justement, qui va exploser très rapidement. Et les gens aujourd’hui se disent, mais c’est quoi la gauche aujourd’hui ? C’est-à-dire, elle est excessivement divisée, avec des options très différentes. Avant, c’était beaucoup plus simple de se dire, la gauche, c’est ça. Aujourd’hui, il y a plein de nuances de gauche. Quand on regarde parfois les jeunes dans les commentaires, ils n’arrivent pas à trouver.

Interviewé: Et de droite aussi.

Q11. Bien sûr.

Interviewé: Et même d’extrême droite, parce que c’est… Mais ça c’est quoi ? C’est les signaux d’une chose, d’une réalité. La société qui s’était profondément transformée a explosé de l’intérieur avec les politiques néolibérales. En France, c’est plus grave qu’ailleurs parce que la France est construite autour de son état, de ses services publics, de sa sécurité sociale. Ce n’était pas juste des services qui sont rendus, c’est en quelque sorte l’organisateur de la France, c’est ça. C’est un pays qui est comme ça. Les anglais sont autrement, nous on est comme ça. Regardez, je vous raconte une histoire que je raconte souvent pour qu’on comprenne bien. Ce que c’est que la France, même sous l’ancien régime, c’était déjà l’État. La preuve, c’est que Colbert a planté des sapins pour la marine nationale, ils y sont toujours. C’est les Français qui font ça. Donc, la société a explosé, le statut des salariés a explosé, les statuts des personnes dans la société, une majorité de personnes âgées, c’était pas le cas avant, la dénatalité, les jeunes qui ont un statut… Aussi complètement différent et surtout et par-dessus tout enfin réalisé, les femmes. Les femmes telles qu’elles sont aujourd’hui ne sont pas ma mère ou ma grand-mère. C’est quasiment une autre humanité, c’est la moitié des gens qu’il y a dans un pays. Donc tout ça a bougé et rien de tout ça n’a été réorganisé dans un cadre politique commun. Allez vous dire pardon je termine, mais si ça a été réorganisé. En 2005 le peuple vote non et toute l’élite dit ah bah si c’est oui. Tous, tous, tous, tous sauf la CGT. et les partis communistes, d’accord ? Tous les autres ont dit qu’ils étaient pour le oui. Alors laissez-moi vous dire qu’à partir de là, si le peuple vote non et que les autres disent bah c’est oui, tout vole en éclats, on ne croit plus à rien, ni aux journalistes, ni aux juges, ni aux policiers, ni à la politique, ni à rien. Et donc la France elle est dans ce moment où elle se cherche, et nous sommes une composante qui est née. dans ce désordre comme une référence.

Q12. Et quand on parle de réorganiser, on sait que ces dernières semaines, ces derniers mois, il y avait l’idée d’une seule candidature à gauche via une primaire. Ça veut dire que ce soir, votre candidature, vous la soumettez directement aux Français sans passer par une primaire, c’est bien ça.

Interviewé: Mais enfin, j’espère que ce n’est pas une nouvelle pour vous, Rémy.

Q13. Non.

Interviewé: Bon, on est d’accord, mais enfin…

Q14. On sait qu’il y a encore deux jours, Marine Tondelier, Place de la République, disait « je ne comprends pas pourquoi Jean-Luc Mélenchon y va tout seul, on a besoin d’une candidature commune à gauche » . C’est d’utopie ou c’est impossible de vous réunir ?

Interviewé: Attendez, moi je vais vous parler cash. Tout ça, c’est des bobards. Quand on a gagné, d’abord, en 2022, le Parti Socialiste était à 1,67%. D’accord ? Moins que les animalistes. Le Parti Communiste à 2. Et le Vert était à moins de 5. Donc ils avaient… Et nous, on était à 22. On aurait pu dire, écoutez, salut, débrouillez-vous, présentez vos candidatures. C’est pas ça qu’on a fait. On a créé la NUPES. Déjà avec un nom imprononçable on commençait bien. La NUPES, à peine était-elle constituée, à peine avait-on élu des gens, et on n’a pas été regardant, chacun a eu son groupe à l’Assemblée Nationale, chacun a désigné qui il voulait. Par exemple les socialistes nous ont mis le type qui s’était occupé de la retraite à 64 ans, ils nous l’ont mis dans leur candidat, ils ont ramené Hollande qui, à peine entré en campagne, commence en disant mais quand est-ce qu’il va se taire, en parlant de moi, qui était quand même le vainqueur de cette histoire. Et en 2024, même chose, on propose le NFP, le nouveau front populaire.

Q15. Pour faire barrage aussi au Rassemblement National et éviter…

Interviewé: Immédiatement derrière, dès qu’ils ont tous été réélus, c’est recommencé les pires qui tombaient sur nous. Mais là, il s’est passé quelque chose, pour nous, d’essentiel. Premièrement, on avait dit juste avant que Madame la Présidente des Verts, Madame Tondelier, on lui avait proposé d’être la tête de liste aux élections européennes du NFP. Elle a dit c’est un piège, je refuse. Bon, très bien.

Q16. C’était quoi ? C’était d’alliance contre nature au final tout ça ?

Interviewé: Non, mais ça n’a pas fonctionné, mais surtout ce que je veux vous montrer, pourquoi je dis ce sont des paroles ? Parce que quand on a gagné en 2024, il était convenu entre nous que qui avait le plus grand nombre de députés aurait la charge de proposer le Premier ministre. On n’avait même pas commencé la conversation, M. Faure fait le tour du village en disant pas Mélenchon, j’aurais pu faire une scène. J’aurais pu dire qu’est-ce que c’est que cette histoire et tout. Et j’ai dit le contraire. J’ai dit, ce ne serait pas le problème, moi, je vais être la solution. Donc on dit, mais on est quand même les premiers. Donc on vous propose cinq noms. Choisissez. Cinq noms. On n’a même pas pu en parler. Donc, ils ne veulent pas d’insoumis. Ils ne veulent pas être avec les insoumis. On leur fait honte.

Q17. Et pourquoi, selon vous ?

Interviewé: Mais parce que leur ligne politique fondamentale, d’abord, c’est de plaire. Ce qu’ils cherchent à faire, c’est séduire. Mais l’action politique… C’est pas une action communicationnelle comme qu’est-ce que je préfère, le Pepsi ou le Coca, moi ni l’un ni l’autre. Mais c’est pas ça, c’est de quel côté on veut emmener le pays. Il s’agit de convaincre, après si on croit à la démocratie, on essaye de convaincre, comprenez-vous ?

Q18. C’est-à-dire qu’on a une gauche qui est irréconciliable aujourd’hui, clairement.

Interviewé: Oh vous me décevez ! Vous me sortez tous les poncifs ! Mais qui est de gauche ? Allez, dites-moi qui est de gauche. Et pourquoi vous dites de gauche ? Pourquoi vous dites celui-ci est de gauche ? Vous, après tout, vous les classez à gauche ! Ben si vous faites moi une réponse simple, je la fais à votre place. Parce qu’ils se disent de gauche, parfait, donc nous sommes tous de gauche. Et alors ? Qu’est-ce que ça change ? On est d’accord sur rien. On va devant le pays et qu’est-ce qu’on fait ? On va dire attendez, on va vous proposer quelqu’un qui pose de problème à personne. Mais on n’a pas besoin de quelqu’un qui ne pose de problème à personne. on a besoin de gens qui ont des idées, des programmes, et qui tiennent bon pour le tenir. Ils en sont incapables. Et vous l’avez tous vu le 7 et le 8 octobre. Ils sont tous partis se cacher sous la table. Nous seuls dire, tous les crimes doivent être punis. Et ensuite, halte au génocide. Et on a tenu bon contre vents et marées. Et je vais vous dire, c’est une démonstration qu’on a fait. Pour que ce pays puisse aller, il faut avoir des dirigeants et des responsables politiques qui tiennent bon, qui n’ont pas peur à la première alerte. et qui ne vont pas se cacher sous la table. Donc, nous leur avons dit, la primaire n’est pas la bonne méthode. Nous avons déjà gagné deux fois la primaire, en 2017 et en 2022.

Q19. Ça veut dire que vous appelez aujourd’hui ces autres partis à se réunir autour de votre candidature ou leur dites, faites comme vous voulez ?

Interviewé: Qu’est-ce que vous voulez que je leur dise ? Quoi que je leur dise, ils ne sont pas contents.

Q20. Non mais au moins, votre positionnement.

Interviewé: Non mais toujours les…

Q21. C’est-à-dire aujourd’hui, est-ce que vous dites, est-ce que vous tendez la main à Marine Tondelier, à Fabien Roussel ou le candidat du Parti Socialiste ? Je tende la main,

Interviewé: on l’a déjà fait 50 fois. On leur tend la main, mais oui, je vous tend la main. Tout ça, ce sont des pitreries. Nous sommes à moins d’un an, d’accord ? Du deuxième tour, pas du premier. À moins d’un an.

Q22. Et la crainte, justement, c’est pas de voir une gauche qui soit divisée et de se dire, bon, il y a un tel qui fait 1,5%, l’autre qui fait 3%, et au final, de vous retrouver, comme ça a pu arriver en 2017 et 2022, à être très proche du second tour, et certains qui vont en émerger, c’est-à-dire que ce petit point qui manquait était peut-être dans ces points-là.

Interviewé: Ou qui allait porter ce petit point ? Faut faire 22, 23, 24, pas 1,67. Et celui qui se figure qu’il va passer de 1,67, juste parce qu’il a Parti Socialiste marqué sur son front, à 24, il rêve. Et tout le monde le sait. Donc ce que je veux vous dire, c’est que le problème ne se pose pas comme il est formulé dans la superstructure blablateuse. Ce n’est pas ça. C’est de quel côté on veut aller et comment on y va. On leur a tendu la main, ils n’en ont pas voulu. Bon, on part encore recommencer. Il y a un mois avant que nous on décide, bon, à laisser plier, ça sert à rien de parler avec eux. Mais attendez, je vais quand même vous enfoncer le clou au bon endroit, pas à vous, mais à ceux qui m’écoutent. Si les appareils politiques ne veulent pas des insoumis, parce que c’est quand même ce qu’ils disent, nuit et jour, continuellement, et avec une insolence qui est absolument incroyable, une arrogance inouïe, ils ne sont pas foutus d’arriver au premier tour autrement qu’en guenille, mais ils disent au deuxième tour, il ne pourra pas gagner. Et pourquoi je pourrais pas gagner ? Parce que je serais clivant. Enfin, vous plaisantez. Rémy Buisine, je sais pas ce que vous votez, et je vous le demanderai pas. Mais je vais vous dire une chose. Ce pays est pas rempli de racistes et de fascistes. Donc quand il a à choisir, puisqu’on dit que c’est Bardella qui va être là, entre un pétainiste d’extrême droite et moi, je n’ai pas l’ombre d’un doute sur ce qui se passera dans ce pays. Parce que ce pays n’est pas pétainiste, n’est pas raciste, et ne veut pas de la guerre civile que ces gens portent en eux. Par conséquent, c’est là qu’on voit à quel point est médiocre, mesquine, ces attaques contre nous. Toute la semaine, c’est contre les Insoumis et Mélenchon, et en plus pour dire, mais au deuxième tour, il ne peut pas gagner. Franchement, qu’est-ce qu’on peut faire de pire pour tirer dans le dos à quelqu’un ? Donc moi, je vous en parle avec implication. En fait,

Q23. il y a la question des électeurs justement, parce que là, c’est vrai qu’on parle des partis politiques. Il y a des électeurs de gauche justement qui peuvent aujourd’hui être perdus, se dire, finalement ces partis se tirent dans le pied toute la journée. Oui, je l’espère bien,

Interviewé: j’espère bien. qu’il soit perdu, qu’il n’ait plus confiance dans ses partis, et qu’il réfléchisse.

Q24. Et il pense aussi parfois au vôtre, de façon générale.

Interviewé: Quoi ?

Q25. Il peut penser à l’ensemble des partis de gauche.

Interviewé: Oui, et alors ? Il faudra qu’il prenne une décision, voilà tout. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Alors on fait calinette, on ne parle pas des sujets qui fâchent, la retraite à 60 ans, ou à 67, ou à 64. Non, non, non, ça va cliver, on va prendre tous les sujets, on va les prendre comme ça. C’est vrai pour… est-ce qu’on bloque les prix ? On avait marqué ça dans le programme, notamment… C’était à la ligne 1 du programme. Première chose que je trouve à faire fort, c’est de proposer des chèques énergie au lieu du bouclage des prix du carburant. Mais laissez-moi bien vous dire une chose pour que vous compreniez notre point de vue. Nous avons tout essayé. Nous avons donné tous les gages, deux fois de suite, avec la NUPES, avec la NFP et ainsi de suite. Et maintenant les appareils ne veulent pas ? Eh bien tant pis, qu’ils fassent ce qu’ils veulent par contre, ce que je dis. Il y a, comme vous venez de dire, des gens perdus, puis qui commencent à réfléchir. Qui se disent, mais c’est quoi ce bazar ? A qui on va se vouer ? Eh bien, figurez-vous qu’on a une certaine force d’attractivité, parce que nous, c’est carré. Parce que nous, il y a un programme. Parce que nous, il n’y a qu’un seul candidat. Le Parti Socialiste ne doit pas être loin de 7 ou 8 candidats actuellement. Donc les gens diront, ben, la force va à la force, on va leur donner un coup de main.

Q26. Vous pensez que c’est la clarté du programme, la clarté d’avoir votre candidature assez tôt ?

Interviewé: Oui, parce que la vie est devenue un fouillis. Et quand vous avez des gens clairs, au moins vous savez à quoi vous accrochez. Personne ne sera jamais d’accord à 100% avec notre programme. D’ailleurs, moi non plus, parce qu’un programme c’est aussi des compromis entre des manières d’approcher.

Q27. Par exemple ?

Interviewé: Pardon ?

Q28. Par exemple, c’est quoi les compromis que vous avez pu faire ?

Interviewé: Je ne vous le dirai pas. Mais parce que mon devoir c’est de parler pour tout le monde. Sinon je vous le dirai. D’ailleurs, peut-être qu’un jour, je vous le dirai. Mais pas là. Parce que là, je porte le discours cohérent, collectif.

Q29. Pas des électeurs, je m’arrête à ceux qui nous regardent, justement. Moi, j’ai cette question de se dire, la définition, ça veut dire quoi, être de gauche en 2026, selon Jean-Luc Mélenchon ? En 2026,

Interviewé: comme en 2025, comme en 1789. Être de gauche, c’est considérer que la question politique centrale de la vie d’une société, c’est la souveraineté politique du peuple. C’est comme ça que ça a commencé, la gauche. Le roi… vient, enlève son chapeau devant les états généraux, je ne sais plus si c’était déjà la législative ou pas, je ne me rappelle pas, et il s’agissait de savoir s’il aurait un droit de veto sur les lois. Et lui, il est investi, comme vous le savez, de droit divin. Et donc il propose d’avoir le droit de veto. Il met à gauche ceux qui sont contre, et à droite ceux qui sont pour, comme les élus du Seigneur. C’est à gauche qu’il y en avait le plus. Voilà quand est née la gauche. Et évidemment… La souveraineté politique du peuple, elle suppose, elle a une immédiate conséquence. Nous sommes tous égaux dans la décision à prendre. Mais le sommes-nous réellement dans la société ? Non.

Q30. C’est ça la question des valeurs aujourd’hui. Valeurs de gauche aujourd’hui, ce serait quoi les valeurs de gauche en quelques mots, si on devrait résumer ?

Interviewé: Mais valeur, c’est un vocabulaire métaphysique. La gauche, elle a des principes. Le principe, c’est tout le monde a le droit à la vie, tout le monde a le droit de vivre dignement, et donc il faut répartir la richesse. Et des fois, il faut… Nationaliser l’instrument de production. Et des fois il faut nationaliser les biens communs. Les biens communs appartiennent à tout ce qu’elles sont ces biens communs. L’air, l’eau et combien d’autres choses. Le savoir, le savoir est un bien commun. Aujourd’hui il est privatisé par les GAFA et ainsi de suite. Ce n’est pas des valeurs tout ça, c’est des principes. Bon c’est d’accord, si quelqu’un dans la rue va me dire qu’elles sont… On partage des valeurs, je ne vais pas lui dire non, non monsieur, des principes. Mais là, nous avons un dialogue et on essaye d’avoir un dialogue exigeant. Donc si on doit aller sur le fond des mots, voilà. La gauche, c’est ça. Et puis alors qu’on arrête ces larmoiements permanents qui sont toujours intéressés, vous savez ? Toujours intéressés. C’est-à-dire qu’on me pose des questions uniquement pour que la gauche se batte. Monsieur Mélenchon, Madame Tondeli a dit de vous que vous êtes le roi du cimetière. Monsieur Mélenchon, Monsieur Roussel a dit que… Et alors moi, si j’avais… je faisais la bêtise. d’entrer dans ce jeu, à mon tour je répondrai et là tout serait horriblement comment dire, démoralisant, démotivant et le but de ce qu’on fait c’est le contraire pour faire la transformation de la société dont nous avons besoin, on a besoin d’une société mobilisée donc consciente, vous voyez ? Donc tout ça se tient. Alors qu’est ce que voulez que je vous dise ? Moi j’en sais rien, je préférerais qu’ils soient avec moi. Ils veulent pas, je peux pas les forcer. Donc je m’arrête aux autres qu’il y a autour et puis aux électeurs de gauche, aidez-moi. Vous savez bien que de toute façon Nous sommes les premiers à gauche. Vous connaissez notre programme, vous n’avez pas de raison de grimper au plafond horrifié, c’est le contraire, non ?

Q31. Aux autres qui sont autour, il y avait quelqu’un qui était avec vous par le passé, c’est François Ruffin. C’est revenu parfois dans les commentaires, les gens qui disent, c’est quoi la différence entre Jean-Luc Mélenchon et François Ruffin aujourd’hui ?

Interviewé: Je ne sais pas, allez lui demander. Il était membre de notre groupe, il avait été reconduit et il a attendu patiemment que ce soit l’heure à laquelle il n’était plus possible de déposer d’autres candidats pour envoyer balader les insoumis. Il s’en est pris à moi de manière assez grossière en pleine élection, sans penser au mal qu’il faisait à tous les autres camarades. Il a dit Mélenchon ci, Mélenchon là, etc. Peut-être bien, mais tous les autres on leur disait, alors vous aussi vous pensez ça de Mélenchon ? A lui tout seul, il a bien désorganisé l’élection, et je pense qu’il nous a fait perdre sans doute 5 ou 6 sièges. Si vous avez des questions à poser à Ruffin, les lui poser à lui. Moi je ne… A partir de maintenant, je suis le candidat, et mon but est de rassembler autour de nous des gens. qui viennent d’où qu’ils viennent. Vous êtes les bienvenus, si vous voulez participer. Quel que soit leur parti, pardon ?

Q32. Quel que soit leur parti, venir vous rejoindre.

Interviewé: Et puis vous verrez, il y a déjà des gens qui ont rompu pendant la campagne municipale chez les écologistes. Si j’entends les rumeurs, c’est pas fini. J’entends la même chose, peut-être dans d’autres partis, je ne veux pas mettre les gens mal à l’aise ce soir. Il n’y a qu’au Parti socialiste où il n’y a plus de gauche du parti. Donc dans ce cas, ils sont à peu près tous d’accord. pour ne rien dire donc ça leur va. Mais pour le reste vous avez des millions de gens, ils ont déjà voté pour moi enfin quand même. On est arrivé à presque 8 millions de voix. Eh bien je suis toujours le même homme, on va me le reprocher d’ailleurs.

Q33. On va parler un peu du bilan, 9 ans d’Emmanuel Macron à l’Élysée, avant de parler de lui, des oppositions justement. Certains disent les oppositions n’ont pas réussi à se rassembler, n’ont pas été assez exigeantes pour réussir à contrer Emmanuel Macron jusqu’à certaines, parfois dire on est dans l’opposition, les rejoindre ensuite, voter certaines lois avec lui. Finalement, est-ce qu’il n’y a pas aussi une autocritique du côté des oppositions avant qu’on parle d’Emmanuel Macron et son bilan ?

Interviewé: D’où pas, les autres oui. Mais je veux vous faire remarquer là aussi comment le commentaire médiatique emballé d’un beau papier de soie, la réalité suivant commence à l’arrange. Nous avions un accord. Nous avons été élus et nous étions majoritaires. Nous étions majoritaires comme le groupe le plus nombreux, NFP, hein. On a battu à plate couture le Rassemblement National. Nous étions donc légitimes à proposer un gouvernement. Nous avons fait la démonstration que quand on proposait le programme, bien sûr des fois on se fait battre, mais d’autres fois on se fait élire et par conséquent, notre rôle n’était pas d’annoncer avant même d’être arrivé au gouvernement qu’on renonçait à notre programme, c’était l’assemblée. qui en auraient décidé. Ça c’était la ligne. Et comment vous expliquer que 12 fois le Parti Socialiste refuse de voter la motion de censure ? Chaque fois avec des prétextes bidons. La première fois c’était, ils disaient, nous avons obtenu le maintien de 4000 postes, ils viennent d’être supprimés, et ainsi de suite. C’est eux qui ont sauvé Macron, et pas une fois, on a fait tomber trois gouvernements, ou deux, je ne me souviens plus, on a fait tomber deux gouvernements. Mais donc, celui-ci aussi aurait pu tomber. Et à ce moment-là, Macron aurait été obligé, soit de convoquer des élections générales, soit de démissionner. Et nous avons déposé une motion pour faire démissionner M. Macron, comme la loi le permet. Vous voyez que nos méthodes… Et pour vous,

Q34. c’est le Parti Socialiste qui a servi un peu de marche-pied pour permettre à Emmanuel Macron de rester…

Interviewé: La bouée de secours. Il l’a tiré d’affaires, à tout bout de champ, continuellement. Et là, il manque une peur, c’est le prochain budget qui arrive. Qu’est-ce qu’ils vont trouver comme argument pour ne pas voter la censure ? Qu’est-ce qu’ils vont trouver comme argument ? On attend ça avec curiosité. Nous on va redéposer, on va recombattre. Alors on nous dit, ah mais alors les autres nous reprochent, vous êtes l’opposition systématique, pardon mais pourquoi vous dites systématique, on est élu d’opposition. Personne ne comprend rien à une opposition qui soutient le gouvernement, auquel il s’oppose, ça ne tient pas debout, tout le monde le comprend. Tout est faussé dans ce pays. On a des élections, le président de la République n’en tient aucun compte. On a des lois, le premier ministre lui-même… Va dans une entreprise pour dire, oh vous pouvez violer la loi, c’est pas grave. De ce qui s’est passé le 1er mai avec les boulangeries. Ensuite, on a un projet de budget, on nous le présente, il n’est pas sincère. Ensuite, une fois qu’il est passé de force par le 49.3, ce qui est dedans n’est même pas respecté. Là, ils ont retiré 13 milliards du budget de gel. Qui, où, quoi, comment ? Dans quel pays vit-on ? Où est l’état de droit ? D’ailleurs, il y en a un qui n’a pas tourné autour du pot. Il a dit, oh l’état de droit, on verra, c’est M. Retailleau. C’est donc une situation qui est grave. Alors, on ne peut pas en rester à la dénonciation de la gravité. Si vous permettez que je dise quelques idées, mais allons, continuons le fil.

Q35. On aura beaucoup d’idées justement parce qu’on parlera de la politique française internationale. On évoquait les oppositions, maintenant j’ai envie de rentrer dans le bilan. Quel bilan vous faites de 9 ans d’Emmanuel Macron à l’Elysée entre 2017 et 2026 ?

Interviewé: Bon, il faut, moi pour moi c’est certainement le plus terrible bilan de la 5ème République. Pourquoi ? Commençons d’abord par ça. Faut comprendre la France. La France, elle s’est créée toute de son état, je l’ai dit il y a un instant, de ses services publics, de sa sécu. Tout ça a été massacré. On dirait un pays en guerre. On a fermé 7000 kilomètres de chemin de fer. On a fermé 30 ou 40 maternités. L’équivalent de 200 hôpitaux. Comme si on avait connu une guerre. L’industrie s’est effondrée. Nous avons perdu des milliers d’entreprises. L’agriculture s’est effondrée. Pour la première fois cette année, nous ne sommes plus ni souverains alimentairement, c’est-à-dire qu’on produit parce qu’on mange, mais deuxièmement, nous sommes en déficit dans l’échange avec l’extérieur, c’est-à-dire qu’on apporte plus qu’on exporte. C’est une catastrophe. En plus, sur le plan international, nous avons été abaissés et repoussés. Et il ne reste plus maintenant, M. Macron, qu’une espèce de prêchi-prêcha militariste. Pour faire croire qu’on joue un rôle qu’on ne joue pas. Parce que sur la scène internationale, le rôle de la France, il n’est pas militaire. La vraie puissance, c’est ce qu’elle représente, sa puissance intellectuelle, scientifique, technique. Bien sûr qu’il faut avoir une armée à la hauteur, mais ce n’est pas ça le cœur de la puissance. Parce que ça, ça veut dire qu’on ne voit d’autres issues à un conflit que la guerre. Moi je ne vois d’autre…

Q36. On a l’occasion de rentrer là-dedans, mais il y a aussi la question de se dire que la France a vécu multiple crise, avec le Covid, la guerre en Ukraine, ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient. Finalement, il n’y a qu’une de multiple crise qui ont…

Interviewé: Expliquez-moi pourquoi l’Ukraine obligerait à rallonger… La durée au travail, qu’est-ce que c’est cette histoire ? Ça tient pas debout.

Q37. Ah, ça n’a pas de rapport.

Interviewé: Non mais je dis pas ça, mais je veux pas vous contredire. Je veux dire que c’est un doux prétexte. Il y a des difficultés, bien sûr, vous connaissez une période de l’histoire où il n’y a pas de difficultés, et de toute façon la France est toujours sortie d’affaires dans des conditions incroyables. Que ce soit Charles VI, le roi fou, Charles VII, qui a besoin de Jeanne d’Arc pour remonter sur le truc, ou après une capitulation lamentable à cause des pétainistes, c’est un type tout seul qui nous tire d’affaires et qui… relance la dynamique de la résistance dans notre pays. Donc on a un ressort français pour surmonter les crises les plus terribles. Et on n’a pas besoin de le faire sur le dos du peuple. Tout ça reposait sur une idéologie qui est folle. C’est ceux qui s’enrichissent beaucoup, ensuite font ruisseler la richesse sur la société. C’est une vue de l’esprit, ça n’existe pas. Et tout ce qu’on retire au peuple de capacité d’acheter ceci, de vivre cela, puisque tout est à vendre aujourd’hui, eh bien tout ça ralentit. l’économie française. Et là, nous sommes en train d’entrer en récession, monsieur Buisine. C’est terrible. Et comme ce qui arrive, c’est que vous vous faites voler une partie de votre salaire, comme tout le monde, avec les augmentations du prix à la pompe, vous allez encore moins consommer qu’auparavant le reste des consommations. Et l’argent que vous aurez mis à la pompe, il va direct dans les poches des actionnaires. C’est donc un nouveau choc, un nouveau rapport de force au profit du capital sur le dos du travail. Pardon, c’est parler un peu la vieille langue, mais l’argent qui va passer de votre poche à la pompe, à celle des actionnaires, eh bien, c’est de l’argent qui se transfère du travail au capital. Parce que la personne qui a payé, elle a bossé pour avoir cette paye et pour pouvoir aller payer à la pompe.

Q38. Et c’est un point de façon que vous disiez même le 1er mai, chaque centime de plus à la pompe, c’est moins de vie privée, moins de bonheur personnel.

Interviewé: Oui, bien sûr, c’est terrible ce qui arrive aux gens. Moi, ça va, j’ai une très bonne retraite, c’est pas le sujet, mais je ne me préoccupe pas que de moi. La logique, la morale de l’existence en société, c’est pas profiter, tais-toi. C’est bon, alors comment ça va ? On peut pas s’en sortir tout seul, il faut s’en sortir ensemble. J’ai dit une fois une formule et elle est restée. On peut pas être heureux dans un océan de malheurs. Et nous sommes entourés d’un océan de malheurs. Alors je ne veux pas en rester à ce bilan. Il y a des propositions, mais on n’a pas le droit de nier ce bilan. C’est très dur pour les gens. Cet homme, M. Macron, a quand même réussi… Le fait de mettre la France dans son record historique du nombre de pauvres, on était un pays où ça reculait, 15% de la population, enfin. Et tout est comme ça, tout ce qui allait mieux pour le grand nombre du peuple va moins bien. Et je ne suis pas catastrophiste en disant ça, j’ai qu’à regarder autour de moi. Les gens, les sans-abri, sans-abri, rien du tout, même pas une chambre d’hôtel provisoire, je sais pas, rien, pas une tente, rien, un bout de carton. Des gosses dans la rue. Deux à trois mille, pardon ?

Q39. On parle de 350 000 personnes. Vous vous rendez compte ?

Interviewé: Dans un grand pays riche comme on l’est, parce que la France n’a jamais été aussi riche de son histoire. Des sous, il y en a partout. On sait où les trouver. Et puis, il y a non seulement l’argent qu’ils ne donnent pas, ceux qui en ont le plus.

Q40. Justement, vous dites… Alors, ça casse ma structure d’interview, mais vous dites justement que la France n’a jamais été aussi riche, mais d’un autre côté, on a le gouvernement qui dit tout le temps on est endetté, on est au bord de l’implosion, au bord de la falaise. il y aura une facture pour des générations. Je me souviens, en septembre dernier, on a eu une interview de François Bayrou qui dit si on ne prend pas l’argent maintenant, c’est votre génération et les suivantes qui vont payer. Vous, vous n’êtes pas d’accord avec ça ?

Interviewé: Quel menteur, quel menteur éroté ! On a une dette, hein ? Bon, 3000 milliards. Déjà, on va commencer par faire une action d’honnêteté pour ceux qui nous écoutent. On dit 3000 milliards et on la rapporte à la production d’une année, d’accord ? Vous, vous avez acheté une bagnole, quelque chose comme ça ?

Q41. J’ai pas le permis donc…

Interviewé: On fait un club si vous voulez. Bon mais votre… Je sais pas, enfin peu importe, arrêtez de me contredire. Mais vous avez acheté quelque chose, bref, vous avez une dette. Quand on vous calcule votre dette, on la regarde pas par rapport à une année de salaire. Si vous achetez votre maison, si on vous rapportait ce que vous devez payer pour votre maison, une année de salaire, on appelle le SAMU tout de suite. Vous faites une crise cardiaque. 20, 15, 25… Voilà. Et bien la dette de l’État, c’est pareil. On la répartit sur le temps que dure la dette. 8 ans. Donc si répartie sur 8 ans, ça fait 12 ou 13% du PIB d’une année. C’est rien. Vous aimeriez n’avoir que 13% de votre revenu endetté quand vous avez acheté une maison. Donc tout ça, pipeau. Par contre, ce qui est vrai, c’est qu’ils ont appauvri volontairement l’État. Vous comprenez ? Volontairement, en réduisant les rentrées fiscales de ceux qui étaient en état de donner. Je pense aux grandes entreprises. Toutes les inventions comme le crédit, impôts, recherches qui a profité et sont… Donc là,

Q42. vous pensez sur la taxation des hauts revenus, des milliardaires, des grosses entreprises.

Interviewé: Ben oui, et puis les taxations qui existaient avant et qui fonctionnaient malgré tout. Vous n’entendiez pas parler d’un tel nombre de faillites. Donc c’est que ça marchait. Pourquoi ça marchait ? Ben parce que cet argent revient dans la circulation. Quand l’État a des sous, et bien normalement il construit des ponts, à propos, il y a au moins 40% des ponts qui sont en mauvais état. Des ponts, il fait des hôpitaux, il fait des écoles, et ça fait tourner l’économie. L’économie c’est juste ça, c’est produire et reproduire notre existence matérielle. Par conséquent tout ça n’a plus lieu, parce que l’État est de plus en plus… C’est-à-dire qu’il faut créer de la richesse,

Q43. créer du développement.

Interviewé: Il n’y a que ça à faire. Et regardez la bande de rapaces à laquelle on a affaire. Parce que vous avez dans ce pays deux types de patronat. Ils font semblant d’être tous les mêmes. Ce n’est pas vrai. Un petit patron et un grand patron du CAC 40, ça n’a rien à voir. Et à l’intérieur des petits patrons, vous avez les très petits patrons, mais je dis petits, mais c’est l’entreprise qui est très petite. Et puis les autres. Vous savez qu’un patron, déclaré comme tel patron, sur deux n’a pas d’employé. Donc ça veut dire que vous avez une masse dont les intérêts sont très proches de ceux des travailleurs et des salariés. Parce que le petit patron d’une toute petite entreprise de maçonnerie ou de ce que vous voulez… ou de peinture, il a intérêt que le gars d’à côté, bah lui commande, lui passe la commande, plutôt que de le faire lui-même par exemple, parce que si c’est un professionnel, ça sera mieux fait, c’est pas pour rien que c’est un professionnel, vous voyez ? Donc c’est pas trop net ce côté. Puis après, il y a le CAC 40, mais dans le CAC 40, il y a de tout ! Il y a des grandes entreprises qui inventent, qui créent, qui font des choses extraordinaires, à la pointe de la technique, et si je suis le président de ce pays, vous verrez, on fera l’avion spatial ! Parce que nous sommes la première puissance spatiale européenne et que nous les français on est capable de le faire. Pas les autres, nous oui. Et la mer on fera ce qu’il faut pour fabriquer les machines qui prendront son énergie. Bref, nous nous mettrons dans les domaines de pointe si vous permettez. J’avais dit l’espace, la mer, le numérique. Le numérique, il faut qu’il y ait une intelligence artificielle française. Il faut qu’on ait la souveraineté du stockage des données. La souveraineté, nous, chez nous, contrôlée par nous, pas à l’extérieur.

Q44. C’est-à-dire ? Quand on parle de cela, comment on évite que l’intelligence artificielle détruise les emplois des gens ? C’est la crainte aujourd’hui.

Interviewé: Donc alors, c’est une bonne idée d’avoir peur. C’est vachement utile. Ça sert à quoi ?

Q45. Ce n’est pas une peur personnelle, mais c’est une peur qui peut exister dans la population.

Interviewé: J’ai compris. Mais elle mène à quoi ? Parce que, qu’est-ce qu’on va faire ? On va jeter l’intelligence artificielle à la poubelle ? Non, vous savez aussi bien que moi. Ça a déjà été dit dans le passé. « Ah, la machine va détruire l’artisan ! » Oui, c’est vrai. Mais ça a créé des milliers d’emplois. Et la possibilité d’avoir des biens de consommation, on a tellement abusé maintenant que ça sort…

Q46. Vous êtes favorable à un développement de l’IA de façon forte et massive ?

Interviewé: Non mais pourquoi ? Il faudrait passer de… Oh j’ai peur à… Oui c’est formidable, ça détruit tout ! Non, un peu de mesure, un peu de maîtrise, de calme, d’analyse des sujets. L’intelligence artificielle, qu’est-ce que c’est ? Vous n’êtes pas capable de me dire ce qu’est l’intelligence, mais vous êtes capable de me dire ce qu’est l’intelligence artificielle. C’est quand même énorme non, comme affaire ! Bon, qu’est-ce qu’elle fait l’intelligence artificielle ? Elle automatise des processus de pensée. Les algorithmes sont capables d’identifier comment vous passez d’un point A à un point B, puis un point C, puis un point D, d’accord ? Et elle l’automatise. Il y a des métiers où, en effet, ça va être automatisé, mais ça va créer d’autres métiers. Ceux qui croient que l’intelligence artificielle est capable de remplacer l’humanité se trompent. De même que ceux qui pensaient que les machines remplaceraient les êtres humains, parce que c’est pas du tout ce qui s’est passé. On peut l’espérer, hein, que les machines finissent par le remplacer. Mais pour revenir et rester sur votre question, il faut donc prendre les dispositions pour y faire face, non ? C’est pas moi qui préside ce pays. Que fait le président ? Dites-moi. Eh ben rien. Comme d’habitude, on attend que ça se fasse tout seul, que ça s’arrange, que je ne sais quoi. Or, on est capable…

Q47. Vous voulez laisser un pays à l’abandon ?

Interviewé: Mais on est capable d’identifier les métiers… Dans lesquelles l’intelligence artificielle peut remplacer un travail qui est actuellement accompli par une personne. Est-ce que l’intelligence artificielle sera capable de remplacer tout ce travail ? Ou bien est-ce qu’il y a une part du travail qui nécessite quelque chose qui reste fondamentalement humain ? Il faut discerner dans tout ça et à partir de là, organiser métier par métier, branche par branche. Il y a quand même des branches, non, dans ce pays ? Il y a des patrons de branches, qu’est-ce qu’ils font ? Il y a des employés, il y a des syndicats dans les branches en question. Donc tout ça… on devrait pouvoir en parler, le discuter, préparer, arrêter d’avoir pour unique réponse à quelque problème que ce soit, j’ai peur. Vous savez, je vais vous dire… Vous me connaissez, j’ai peut-être le défaut d’intellectualiser trop de choses. Mais moi, cette histoire de peur, ça m’interpelle, ça me fait réfléchir. Au fond, la droite n’a plus aucune idée, elle n’a rien à proposer. Les puissants n’ont rien à proposer. Avant, ils nous proposaient quelque chose. Vous allez voir, bosser, ça va aller mieux pour vous. Et comme disait De Gaulle, est-ce qu’on peut avoir le frigidaire et une auto si c’est possible ? Il y avait une perspective de mieux-être, ils n’ont rien à proposer, sauf une chose, avoir peur. Voilà ce qu’ils proposent. Le seul lien social que proposent les dominants aujourd’hui, c’est « ayez peur » . Tout le monde a peur. Peur de l’extrême droite, même si c’est ridicule des fois. Peur de ceci, peur de cela, peur de l’intelligence artificielle.

Q48. Des fois, ridicule des fois ? Oui. Ah, par exemple ?

Interviewé: Je vais vous donner un exemple. On m’a brisé menu les couettes pendant deux ans sur le thème « l’extrême droite va gagner » et on m’avait mis 20 points derrière Mme Le Pen, qui était sûre de gagner l’élection. D’accord ? À un point près, elle n’était pas au deuxième tour et c’était moi. Alors évidemment, là, ça ramène à ce que vous disiez tout à l’heure, là, c’est vous qui avez raison. Parce que si, par exemple, mes alliés communistes étaient restés les alliés, parce qu’on a démarré tout ça ensemble, hein, le mouvement insoumis, ça a été avant le Front de Gauche. C’était Marie-George Buffet, c’était Pierre Laurent. La preuve que ce n’était pas une trop mauvaise stratégie. Vous voyez où nous en sommes aujourd’hui. Si je n’avais pas eu deux points bloqués dans un coin pour faire je ne sais quelle démonstration… 800 000 voix, il m’en a manqué que 420 000.

Q49. Vous m’avez question tout à l’heure à ce sujet.

Interviewé: Oui, mais j’aime bien amener la question dans l’ordre qui me convient, c’est-à-dire l’instant où nous sommes à cet instant. Parce que je vais vous dire, les communistes ont été mes camarades, mes alliés et beaucoup d’entre eux le reste. Et je sais qu’une question leur est posée. Est-ce que vous allez recommencer comme la dernière fois, de croire les sondages qui vous mettent à 4% quand c’est pour faire 2% à la fin ? Est-ce que vous allez recommencer à penser ? Que vous ne voulez pas m’aider à arriver au deuxième tour. Si nous arrivons au deuxième tour, tout est changé. Parce que je vous le dis, à ce moment-là, on gagnera. Ceux qui disent qu’on ne peut pas gagner au deuxième tour, se fourrent le doigt dans l’œil jusqu’à l’épaule. Ça dépend qui est là au deuxième tour. Eh bien moi, je veux bien faire un deuxième tour avec M. Édouard Philippe, et nous aurons une conversation immédiate, alors je lui dirai, M. Édouard Philippe, vous confirmez que vous êtes pour la retraite à 67 ans, n’est-ce pas ? Puisque vous nous l’avez annoncé. Deuxièmement, Vous nous confirmez que vous voulez remettre les comptes d’équilibre avec des coupes dans les services publics. Monsieur, je n’ai pas l’ombre d’en doute, c’est moi qui gagne.

Q50. D’un autre côté, quand vous parlez des communistes, Fabien Roussel, il va vous reprocher de dire aujourd’hui, la France insoumise ne parle plus aux ouvriers. C’est ce qui est parfois dit, même aussi partagé par François Ruffin. Qu’est-ce que vous lui répondez à ça ?

Interviewé: D’abord, je ne leur réponds pas parce que c’est sans fin, c’est un puits sans fond. Si je réponds à une question à part une réponse rationnelle, l’instant d’après, ils en inventent une autre. Mais pardon. La France Insoumise ne parle pas aux ouvriers ? Ah ! Voilà qui est bien curieux ! Parce que c’est le contraire. C’est la France Insoumise qui parle aux ouvriers. Et si vous voulez le voir, venez sur un piqué de grève. Venez dans une entreprise. Regardez comment votent les adhérents du syndicat, notamment CGT. Et vous verrez alors pour qui vote la classe ouvrière. En tout cas la classe ouvrière de gauche, parce qu’il y a une classe ouvrière de droite. Mais ce n’est pas en procédant comme ça qu’ils voient…

Q51. Est-ce que vous réalisez aussi que la classe ouvrière, finalement, elle a… Elle s’est un peu détournée de la gauche pour aller plus à droite, à l’extrême droite. Vous êtes d’accord avec ce constat-là ou pas déjà ?

Interviewé: Non, ça dépend des endroits, c’est pas vrai comme ça. C’est des généralités qui ont été répandues. À un moment donné, ça n’arrêtait pas.

Q52. Moi je viens du nord de la France, je l’ai vu. Aujourd’hui, on vient d’un ouvrier dans le nord, dans le Pas-de-Calais. Les ouvriers, le Rassemblement National fait des scores que Poutine pourrait faire en Russie.

Interviewé: Oui, mais…

Q53. Comment vous expliquez ça ? Est-ce que ça veut dire qu’aujourd’hui la gauche… Attendez, déjà,

Interviewé: attendez, on pourrait… C’est le contraire de ce que vous disiez il y a un instant. Vous me dites, la France insoumise ne représente pas les ouvriers. Pardon, mais… Attends, attends, attends, laisse-moi finir. Dans le Pas-de-Calais, dans le Nord, c’était qui la gauche ? C’était les insoumis ? Non. Non, c’était qui ?

Q54. Il y avait les partis socialistes, notamment avec Martine Aubry. C’était qui ? Il y avait aussi les communistes.

Interviewé: Voilà. Les insoumis, il n’y en avait pas. Donc, si…

Q55. Alors là, il y a quand même quelques députés insoumis depuis une dizaine d’années.

Interviewé: Ah, ben ça change tout ! La preuve ! c’est qu’on a repris Roubaix à la droite. La preuve, c’est le score qu’on a fait à Villeneuve-d’Ascq, et dans combien de communes ? Il y a aussi des députés insoumis dans le… Et à Lille. Ah ben oui, mais les députés insoumis, ce n’est pas des marionnettes entières. La consigne, c’est de vous monter en première ligne. Non mais attendez, monsieur… Et comment on explique justement… Vous venez de me repasser, pardon de vous le dire, à peu près tous les poncifs que j’entends depuis 3 ou 4 ans. Je viens de vous répondre. Donc, j’ai répondu à la question que vous posiez il y a un instant. Qu’est-ce que vous répondez ? « Ah, monsieur Roussel, ben vas-y, puisque c’est pas les Insoumis, dis-tu, c’est donc que tu ne connais plus très bien la classe ouvrière. » Parce que la classe ouvrière, elle est racisée, voyez-vous, et eux, c’est pas leur sujet.

Q56. Ça veut dire que pour vous, la responsabilité des ouvriers, qui pourraient se retrouver par exemple dans votre programme, et qui aujourd’hui pour certains votent à l’extrême droite, c’est la responsabilité du Parti Socialiste et des communistes pour vous ?

Interviewé: C’est la responsabilité de la direction socialiste et communiste, ça va de soi. C’était eux qui représentaient toute la gauche. Enfin ça c’est une réalité. Nous d’où on sort ? D’où on sort ? Comment on a fait ? Moi j’ai quitté le parti socialiste avec d’autres, et puis on s’est alliés avec les communistes, on a fait le front de gauche, on a reconstitué une grande force qui est devenue le mouvement insoumis. Voilà la vérité. C’est parce qu’ils avaient complètement failli dans leur tâche. Et qu’est-ce qu’ils font depuis ? Comment est-ce qu’ils ont réagi à ce spectacle de leur effondrement et de notre… percée incroyable. 22% dit, ça se trouve pas sous le pas d’Angèle. Et vous,

Q57. vous parlez de convaincre, il va falloir convaincre une personne, une à une, pour aller porter votre candidature. Comment aujourd’hui, qu’est-ce que vous dites à un ouvrier qui aujourd’hui vote Marine Le Pen, de dire, ben non, la réalité c’est de voter Jean-Luc Mélenchon ?

Interviewé: Mais parce qu’on lui dira, c’est pour ça que vous avez raison de dire c’est un par un. C’est pour ça que je dis, écoutez, vous n’êtes pas sérieux, on est à moins d’un, pas vous. à mes adversaires ou à mes concurrents. Vous n’êtes pas sérieux, on a moins d’un an et vous ne savez même pas quel est votre programme ni quel est votre candidat et vous pouillez entre vous et vous m’insultez, ce n’est pas sérieux. On a un an pour faire du bouton de veste. Moi je sais comment on va faire. En ce moment même là, on est en train de parler tous les deux, il y a des centaines de gens qui appellent au siège et qui appellent dans les permanences locales pour s’inscrire dans les groupes d’action du mouvement Insoumis. Et vous savez pourquoi ils peuvent le faire ? Parce que nous sommes une organisation qui rend ça possible. On ne demande pas aux gens d’être marxistes ou d’être anarchistes ou d’être trotskistes ou d’être le contraire de tout ça. On leur dit est-ce que vous êtes d’accord avec l’essentiel du programme ? Si oui, on fait équiper. Ensuite, on va prendre un par un. Celui qui vote contre son intérêt, le travailleur qui vote contre son intérêt, on va lui dire alors, si tu votes pour eux, ils viennent de renoncer à la retraite à 60 ans. Ils n’ont pas, Mme Le Pen a dit qu’ils n’augmenteraient pas le SMIC. Ils ne veulent pas bloquer les prix. Mais alors tu votes pour quoi ? Tu votes contre ton propre intérêt ? De quoi tu parles ? De la France ? La France c’est tous ses enfants. Donc ne compte pas sur nous pour faire le tri. C’est l’inverse. Alors, non mais attendez, c’est des questions centrales. Comment on aime la France ? Qu’est-ce que ça veut dire être français ? Moi j’ai dit une fois, pour blaguer, j’ai dit c’est avoir une carte d’identité. Pour le reste on est tous différents. On est français, on est comme ça. Mais nous sommes rassemblés par des principes et par des institutions. Voilà.

Q58. Ça veut dire qu’aujourd’hui votre principal adversaire c’est le Rassemblement National pour…

Interviewé: Mais pourquoi ?

Q59. Vous voyez en 2027 face au RN au second tour ?

Interviewé: Face à qui on voudra. Mais on me dit que c’est… Il faudrait savoir, parce qu’un coup, c’est le RN qui a gagné d’avance, et le coup d’après, il disparaît, et on me demande contre qui je veux me battre. Mais je ne vous dis pas que vous me l’avez fait. Ah pas moi, moi non. Ah bon, très bien.

Q60. Mais je ne sais pas de façon générale, mais moi je vous parle vraiment. Aujourd’hui, par exemple, il y a Marine Le Pen qui disait qu’elle préférait avoir un candidat du Bloc central. Pourquoi ?

Interviewé: Elle l’écrasera en cinq minutes. Parce que le père Le Pen… Et Mme Marine Le Pen, mais surtout le vieux Le Pen, lui, il savait qu’il pouvait pas gagner, et notamment dépasser la droite, et l’englober, eux, ils leur ont jamais proposé l’unité de la droite, hein. Le Pen, il proposait pas ça, Mme Le Pen non plus, il disait, nous, on parle à tout le monde. Qu’est-ce qu’ils essayaient de faire ? De remplir le rôle qui est celui des fascistes et des pétainistes dans l’histoire, c’est-à-dire occuper tout ce que la droite n’est plus capable d’organiser dans le peuple. Il y avait une droite gaulliste, ça existait. Il y avait une… Oui, une droite boliche. Mais vous,

Q61. pour un moment de vérité, vous préférez au second tour être face au RN ou quelqu’un du Bloc central ?

Interviewé: Je n’ai pas de préférence. Mais je termine sur Mme Le Pen. Vous n’avez pas de préférence ? Ah oui, ça m’en fout complètement. Pour vous,

Q62. que ce soit Marine Le Pen ou Edouard Philippe, c’est…

Interviewé: Qu’est-ce que j’y peux ? Ça ne sert à rien. Je vais allumer des bougies. Non mais ça change en débat. Ce n’est pas le même rapport à la société. Si vous me posez ce que je préfère, vous me demandez ce que je préfère ? Bien sûr, je vous pose votre avis. Je préfère être élu au premier tour.

Q63. Tous, ils veulent ça.

Interviewé: Moi, déjà, pour commencer. Ça s’est produit. Ça n’a pas de sens de dire ses préférences. Ce qui est important, c’est de dire ce qu’on veut faire. Donc nous voulons faire passer ce programme. Donc pourquoi c’est normal qu’on se retrouve en face du Rassemblement National ? Parce que la société française, je vous l’ai dit tout à l’heure, a explosé. Et toutes ses représentations politiques ont explosé. Par contre, maintenant, il y a donc deux principes devant le chaos dans lequel on est. Il y a un principe, c’est d’abord les miens, comme avait dit Le Pen. Ma voisine, ma cousine, etc. Bon, et puis, ça veut dire chacun pour soi, et de l’autre côté, c’est tous ensemble. C’est les deux philosophies fondamentales de la société, qui, dans la réalité de la vie personnelle, c’est souvent un mix des deux. Mais dans l’ordre des nations, des peuples, de ce qu’on organise, alors oui, il y a deux grands principes radicalement opposés.

Q64. Vous évoquez ce programme, vous comptez le présenter quand ? Alors, on sait qu’il y a un programme qui est en ligne sur le site de la France Insoumise, mais le programme définitif pour 2027 ?

Interviewé: Il va être… Il est renouvelé une fois tous les ans et deux ou trois mois. Clémence Guetté, qui est à la haute main sur ça, avec Adrien Clouet, qui sont deux députés, l’un à Toulouse, l’autre dans le Val-de-Marne, font un travail tantôt d’actualisation des chiffres, tantôt on augmente, on rajoute des sujets, etc., en fonction de ce qui vient de la société.

Q65. Quand vous le concevez, ces deux personnes ? Vous faites des réunions ? Non,

Interviewé: mais la version… Pardon ?

Q66. Comment vous concevez ce programme ? Parce que vous parlez de deux personnes, c’est une discussion collective avec vous ?

Interviewé: Moi je participe qu’à certaines, pas à toutes. Il y a 40 domaines. 40 livrets avec deux fois, enfin 80 personnes qui s’occupent de ça. Donc des experts par domaine. Oui, oui. Alors attendons, ça c’est les responsables politiques, parce que nous les experts qui décident tout seuls, ça n’existe pas ça. C’est la technocratie ça. Et dans ces livrets, on rencontre les gens, les syndicats, les connaisseurs, des gens donnent des coups de main, ils viennent, ils disent tiens sur tel sujet là vous n’êtes pas bon, voilà l’argumentaire. Et donc ce travail comme ça, dur, Et on est de plus en plus performant et brillant. Il y a des domaines, si vous voulez, où on est quasiment tout seul comme politique. Je vais vous en donner un, l’espace. Alors apparemment ça n’intéresse personne, ah ah ! Dans les autres, c’est juste le 21ème siècle, la vie sur Terre aujourd’hui, sur la planète Terre, dans les pays avancés, ne peut pas marcher une journée sans l’espace, d’accord ? Essayez de vivre sans GPS, pas vous, vous ne conduisez pas, mais quand même, pour vous retrouver dans les rues, vous savez bien. Je fais 12 heures d’écoute téléphonique par jour. Et vous, c’est votre boulot qui dépend de ça. Donc, vous voyez, je prends cet exemple-là qui est un peu mesquin, il y a l’exploration, il y a tout ça, mais c’est pour dire que là, on a bien travaillé, je prends cet exemple, un autre domaine où on a eu, Mathilde Panot et les camarades ont eu vraiment un coup d’œil englobant, c’est quand il y a eu l’affaire des pesticides, d’accord, qu’ils ont tous voté pour continuer à balancer des pesticides partout, et on avait eu un travail qui avait été fait pendant des années par le député Gabriel Amard sur l’eau.

Q67. C’est vous qui validez chacun des points de ce programme ?

Interviewé: Ah non non non, comme ça. Alors, pourquoi moi ? Ça c’est la légende, il paraît aussi que je suis le gourou, alors je téléphone tous les jours aux 130 000 insoumis pour dire tu vas faire ci, tu vas faire là. Non mais, qui voudrait d’une vie pareille ? Pas moi hein. Je ne suis pas intéressé par la dictature, notamment pour la raison que c’est trop fatigant.

Q68. C’est ce que parfois certains disent, qui étaient dans votre parti ou des gens… À votre avis,

Interviewé: qui est-ce qui dit ça ?

Q69. On a eu Alexis Corbière, Raquel Garrido notamment, quand ils sont partis.

Interviewé: Notamment, c’est ceux-là que vous avez été choisir, non. Ceux qui disent ça d’abord, c’est Libération, Le Monde, qui écrivent des livres orduriers contre nous, en nous qualifiant de secte, et ainsi de suite, et en fouillant dans nos vies privées. Mais il y a les anciens et les filles, oui c’est vrai, alors d’ailleurs ils n’ont pas gagné un mètre de terrain en identité politique, parce qu’on continue à les appeler les ex et les filles, on ne sait pas ce qu’ils sont d’autres, ils sont ex et les filles. Bon, comme je l’ai déjà dit, les ex c’est souvent un problème dans la vie, mais pas toujours, donc ça pourrait se passer gentiment si, après avoir constaté que nous sommes une structure. qui n’est pas démocratique, avec laquelle on n’est pas d’accord, etc. Ben, s’ils en avaient fait une, ce n’est pas le cas. Alors, qu’est-ce qui se passe ? Mais ils font ce qu’ils veulent, ce n’est pas notre affaire. Ce que je peux vous dire, c’est que cette critique, elle vient soit de nos adversaires qui ne savent même pas comment nous fonctionnons. Et pourtant, ce n’est pas faute de l’avoir expliqué. D’ailleurs, si vous voulez le savoir, vous autres qui m’écoutez, vous pouvez aller voir sur mon blog et sur le site des Insoumis une petite brochure facétieuse qui porte le titre de « Comment faire » . C’est une sorte de petit clin d’œil à Lénine et à son que faire avec lequel ce texte marque un certain nombre de distinctions. Donc l’organisation insoumise est une nouvelle forme d’organisation qui ne fonctionne pas comme les anciens partis sociodémocrates ou partis d’avant-garde révolutionnaire comme le parti communiste français. Il fonctionne autrement, avec d’autres méthodes et surtout, je suis obligé de le dire, mais bon, avec d’autres outils quoi. Les parties du XXème siècle et de la fin du XIXème siècle, c’est les parties où on est dans le chemin de fer, on a le téléphone et on imprime dans des surfaces limitées. Aujourd’hui on est avec des boucles de messagerie, on est avec des téléphones portables et des journaux qui sont sur des sites où on peut mettre autant de pages et de tribunes libres qu’on veut. Ce n’est plus le même monde enfin ! Et puis le niveau de culture générale de tout le peuple est beaucoup plus élevé. Vous ne pourrez plus dire comme avant, il faut faire ci, il faut faire là, parce que… Ça ne marche plus du tout comme ça. Donc…

Q70. Vous pensez que les gens aujourd’hui ont un esprit critique plus…

Interviewé: C’est clair ! Bien sûr ! Plus d’autonomie ! Et plus de volonté d’autonomie, pas seulement d’autonomie. Et les gens veulent mieux contrôler la société. Et pour ça, ils essayent d’avoir des élus. Ils voudraient que les élus soient contrôlés. C’est pour ça qu’on a remis sur la table le référendum d’initiative citoyenne et surtout, ce qui est la bombe atomique de la vie politique, c’est le référendum révocatoire. C’est donner le pouvoir au peuple de révoquer un élu quel qu’il soit, le président de la République ou le conseiller municipal du coin. Évidemment, il y a des conditions, ça ne peut pas être le référendum permanent. Dans les conditions, c’est combien il faut de signatures.

Q71. Ça permet de rebondir sur ça, parce que vous évoquez, il y a quelques… On va en débuter l’entretien, les institutions. Justement, la dissolution de l’Assemblée nationale, les motions de censure, pour les gens à gauche qui voient le NFP, puis après ça n’existe plus trop, ils ne savent plus pourquoi ils ont voté. réellement, enfin il y a aujourd’hui beaucoup de citoyens qui sont perdus dans la démocratie. Nous on veut en tant que journaliste au quotidien, on doit expliquer pourquoi une loi elle passe, elle passe pas etc. Est-ce que pour vous le modèle démocratique dans lequel on est, il est terminé ? Je sais que vous parlez souvent de la 6ème république. C’est à dire qu’aujourd’hui les institutions comme on la connaît, l’assemblée nationale, le sénat c’est…

Interviewé: Non mais il y aura toujours une assemblée nationale, est-ce qu’il y aura toujours un Sénat ? C’est une autre paire de manches, mais je vais trier dans votre question qui est un peu… Fou ! Fou, quoi ! Ouais, ouais !

Q72. Mais…

Interviewé: Il y a beaucoup de choses, les institutions sont nombreuses ! Oui, oui, oui ! Moi j’ai envie de savoir c’est quoi votre positionnement ? Mais normal, attends, mais là, pour le coup, vous partez d’une approche que je comprends. C’est quand vous partez des critiques que me font les autres et que je suis censé répondre à ce paquet de bêtises que ça me pose problème, quand on dit « vous ne présentez pas la classe ouvrière » , non, enfin voilà, les bras m’en tombent, quoi ! Tu la représentes toi ? Tu représentes qui à part toi ? Non. Alors, venons aux institutions. Faut comprendre quelque chose. Là, c’est la France. C’est pas la Suisse, c’est pas le Danemark, c’est pas la Suède. C’est la France. La France, deux siècles d’histoire politique. Cinq républiques, deux dynasties, deux empereurs. Quatre révolutions. Voilà les Français. Par conséquent, la France, c’est pas qu’elle n’est pas capable, c’est que c’est pas sa manière d’être. C’est pas l’Angleterre, avec la même constitution depuis la Saint-Glinglin et qui n’est même pas écrite. D’accord ? Et ainsi de suite. Il faut partir de la réalité nationale, de la culture nationale, de ce qui fait un peuple, ce qui le regroupe, ses manières de faire et d’être. La France, elle tourne la page des périodes en changeant de système politique. Quand De Gaulle arrive, il fait la 5ème République parce que la 4ème est… incapable de régler les problèmes qui se posent à ce moment-là. Quels sont ces problèmes ? La décolonisation, la fin de la guerre d’Algérie et la reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie. C’est énorme comme décision politique à prendre, c’est pas la quatrième qui peut faire ça. Et le processus général de décolonisation. Et l’industrialisation qu’il fallait accélérer. Et j’utilise la même méthode que lui, c’est briller dans l’excellence. C’est ça qu’il faut faire en France. Bon. Donc on a changé de constitution et on a eu un outil honnêtement très centralisé, donnant beaucoup de pouvoir à un homme qui avait, il faut bien le dire…

Q73. Donc pour vous, trop de pouvoir au président de la République ?

Interviewé: Trop, bien sûr. Mais ça n’empêche pas, si vous voulez, que nous aussi on doit faire un bris là en critique. Ça c’était possible parce que c’était De Gaulle. Mais quand on arrive à Macron, vous voyez bien que le costume ne colle pas avec tout le monde. Et que De Gaulle, ce qu’il avait pour lui, c’était une forme de légitimité historique. qui faisait qu’on acceptait beaucoup de choses de lui, qu’on n’aurait pas accepté d’autres. D’ailleurs, ça n’a pas duré tant que ça, ça n’a duré que 10 ans. Il lui a fallu… C’est-à-dire que pour vous,

Q74. une assemblée nationale, un conseil constitutionnel qui peut…

Interviewé: Non mais c’est pas ça, le…

Q75. le pouvoir d’un président, mais en tout cas, le contraindre…

Interviewé: Il y aura une assemblée. Alors attendez, donc j’ai dit, lui, il a fait la Ve République. Nous, nous sommes arrivés au bout du cycle de la Ve République et…

Q76. Donc là, par exemple, je prends l’exemple, c’est-à-dire demain, vous êtes élu président de la République, c’est… on passe en VIème République.

Interviewé: Oui. On convoquera une constituante pour faire une nouvelle constitution. Et à mon avis, ça ne sera pas trop long parce qu’on va trouver la bonne méthode de travail. Mais dedans, il faut qu’il y ait les outils essentiels. Qu’est-ce qu’on veut ? La stabilité, pas la pagaille permanente. Ce n’est pas parce que nous sommes pour la révolution citoyenne que nous sommes pour la barricade permanente. Il ne faut quand même pas abuser. Donc il faut la stabilité. Mais en même temps, il faut qu’il y ait à tout moment le pouvoir d’intervention du peuple. Je trouve que… Le référendum d’initiative citoyenne qui permet aux citoyens de proposer des lois et des choses, d’une part, et le référendum révocatoire, c’est les deux grands outils de la VIème République. Après, le reste, j’ai envie de dire, c’est du détail, parce que l’essentiel est de s’entendre sur le principe de l’intervention populaire. Alors après, est-ce qu’il faut un conseil…

Q77. Vous dites révocatoire, c’est-à-dire qu’on peut destituer un président à tout moment ? Oui, oui. Sur quelle base ?

Interviewé: Eh bien, les gens font un texte et disent, monsieur machin, vraiment, c’est pas ça. C’est pas comme ça qu’il faut faire, on n’accepte pas, donc nous demandons sa destitution. Alors vous signez, vous mettez votre nom, votre numéro de carte d’électeur, et quand il y a un certain nombre, on dit le référendum va avoir lieu. Alors déjà…

Q78. Avec un référendum, tous les Français sont appelés à voter, si le oui l’emporte, le président est… Oui. Mais est-ce que c’est pas un risque aussi d’instabilité ?

Interviewé: Tout est risqué dans la vie, il y a déjà la vie elle-même puisqu’elle finit mal. Donc nous ne nous inquiétons pas trop des risques, essayons de voir en quoi…

Q79. Si elle a été heureuse entre-temps, ça va.

Interviewé: Oui, il vaut mieux. C’est pour ça que comme on n’en a qu’une, il faut en tirer le maximum de beauté, bonheur simple, parce que c’est ceux-là qui sont les plus accessibles. Mais dans notre affaire, déjà, donnons un exemple. Des référendums révocatoires, j’en ai vu fonctionner au Venezuela. J’ai vu fonctionner ça dans trois États nord-américains. Il y a plusieurs États dans le monde où il y a des référendums…

Q80. Le Venezuela, ce n’est pas forcément l’exemple qui rassurerait peut-être beaucoup les Français en termes de stabilité politique.

Interviewé: Les Français… S’ils étaient mis sous embargo et s’ils avaient une opposition qui propose dans la presse à la une comment tuer le président de la République, peut-être qu’en effet ils se diraient « Oulala, Venezuela c’est chaud » et ça l’a été. Et jusqu’à la mort de Chavez, ça n’a pas cessé un seul jour. Donc c’est pas comparable. Les gens qui me disent « Vous voulez faire le Venezuela en France ? » M’attendez, comment je fais le Venezuela en France ? Ils ont une masse de pétrole qu’ils peuvent partager entre eux. Nous, si on sort pas de notre matière grise quelque chose, on aura rien. Mais donc… Déjà je viens de vous dire une chose, il y aura, il peut y avoir des référendums. Commençons par regarder si c’est jouable. Bien sûr si c’est jouable. Les référendums c’est quoi ?

Q81. Sur des grands sujets de société ?

Interviewé: Alors ça c’est les référendums citoyens. Qu’ils soient citoyens ou qu’ils soient révocatoires, j’ai aussi une proposition qui s’ajoute à ça. C’est pour ça que je vous dis, on a quand même un peu avancé, même beaucoup. Quelle proposition ? Ben il faut qu’il y ait une autorité électorale indépendante. C’est pas possible que ce soit le ministère de l’Intérieur ou le gouvernement qui décide. qui ne fait jamais une campagne d’inscription sur les listes électorales, ne se donne jamais aucun moyen matériel de vérifier que les gens sont bien inscrits ou mal inscrits. Il y a des millions de gens mal inscrits. A chaque élection, il radie des paquets de gens et on découvre que certains sont radiés alors qu’ils ne devraient pas l’être. Donc nous voulons une autorité électorale. Il faut que vous vous ayez des singularités. Oui, oui, oui, il ne faut pas me raconter d’histoire, ce n’est pas possible. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois, tout le temps. A chaque élection, il n’y a pas de campagne pour les inscriptions sur les listes électorales. Il n’y a pas de vérification qui fait que les gens sont bien inscrits. Donc c’est volontaire. Pourquoi ? Parce que qui est-ce qui s’inscrit mal ? Ceux qui déménagent souvent, ou les plus pauvres qui ont d’autres soucis que de courir à la mairie remplir des papiers. Voilà. C’est comme ça que ça se passe.

Q82. C’est quand même un fond particulièrement grave de se dire que pour vous, en France, il y aurait une irrégularité électorale.

Interviewé: Oui. Bah, irrégularité puisqu’on ne fait pas le travail. Attendez. Je ne vais pas…

Q83. Ça ne fait pas exusquer une irrégularité de vote ?

Interviewé: Bien sûr que non ! Tout le monde sait que dans notre pays, ça n’est pas possible. Mais ce qui est certain, c’est que c’est organisé dans des conditions qui fait que c’est tellement souvent irrégulièrement mené que c’est grave. Si vous avez des millions de personnes qui sont mal inscrites à une élection, c’est quand même quelque chose de terrible, non ? Enfin, bon, moi je vous dis ça pour vous dire que c’est pas si difficile à faire que ça. Il y a des mairies où on peut s’inscrire. Mais on peut s’inscrire aussi des fois, comme la tablette que vous avez là, les caravanes insoumises, elles passent dans les quartiers, les gens viennent, on cherche l’endroit, et on inscrit les gens sur les listes électorales, nous les militants, vous voyez ? Donc c’est pas si compliqué que ça à faire, l’État pourrait le faire, nous on n’est pas partout, on n’arrive pas à être partout. Voilà, là je vous ai donné deux, trois exemples pour vous montrer, mais ce que je voudrais vous dire surtout, c’est que ça correspond à un âge de la vie de notre peuple. Les gens sont plus cultivés, plus connectés, plus éduqués. Les femmes sont plus autonomes, les jeunes sont plus autonomes, et tout ça fait que ça produit… Bah les gens ont envie de décider, ont envie de contrôler. Où est le problème pour un démocrate ? Il n’y en a pas ! Satisfaisons cette revendication, donnons-lui de la chair, du contenu, et vous verrez qu’on sera un peuple beaucoup plus fort, parce que le peuple le plus fort, c’est celui qui est le plus soudé entre lui-même. Et pour être soudé, il a la guerre à trois choses à faire. A l’indifférence, c’est-à-dire on ne s’occupe pas des affaires publiques, ce qui est une erreur. Ensuite, il y a l’inégalité sociale et le racisme. C’est ça, les trois tares qui tuent de l’intérieur la démocratie.

Q84. On aura beaucoup de sujets sociaux à traiter. On va rentrer justement dans les sujets nationaux. C’est quoi finalement la définition de la nouvelle France dont vous parlez ? Ça veut dire quoi exactement ? Parce qu’on voit qu’on en parle souvent. Vous en avez parlé sur TF1 tout à l’heure. L’idée, c’est de se poser sans caricature sur le fond. Moi, j’ai envie de… Ah ! Non, c’est plus de l’entretien. Non, non, mais merci. On prend deux heures. Et je le dis aussi pour les gens qui nous regardent. Parce que l’idée, c’est aussi que vous puissiez… Vous exprimez, posez des questions. Et moi j’ai envie d’avoir votre réponse.

Interviewé: Je tends des pièges à mes adversaires, puisque j’en ai maintenant le moyen. Une année, j’ai dit entre l’universalisme…

Q85. Et donc ce terme de la Nouvelle-France, c’est pour tendre un peu un piège à une rhétorique du Rassemblement National qui parle de grands remplacements ?

Interviewé: Un peu. Enfin, t’es confronté au Rassemblement National. Tout ce qu’on peut dire sur eux, ça n’a aucun résultat. On dit leurs élus ne sont pas fréquentables, pas de résultat. Ils ont fait ceci, ils ont fait cela, il ne se passe rien, ça ne change rien. Pourquoi ? Parce que les gens ne croient plus à rien de ce qu’on dit. Donc ils ont fait un choix, ils ne bougent plus. Donc moi je me poussais à la discussion, c’est ça la stratégie de la conflictualité. J’ai vu ce pauvre Bayrou dire, Mélenchon on veut tout amener au conflit, mais enfin… Votre tête est un conflit, monsieur Bayrou. Pour votre cervelle fabrique, d’après sa mémoire, compare avec le présent. Et c’est dans la comparaison des deux dans le conflit que vous décidez.

Q86. Est-ce que ça veut dire aujourd’hui concrètement que c’est le Rassemblement National qui dicte l’agenda des thèmes dans la société ou dans la sphère médiatique ?

Interviewé: Bien sûr que oui, ils sont tous vendus au Front National. Pourquoi ? Parce qu’il faut être dans le coup, il faut… C’est les préoccupations des Français. Moi j’ai toujours dit, le Front National n’est jamais rentré dans les foyers français autrement que par les médias. C’est la télé qui a fait entrer le Rassemblement National partout. Ouvrez n’importe quel journal, tous les jours, quelle que soit la situation, quel que soit le sujet. La ruralité profite au Front National. Il pleut, eh bien ça profite au Front. Or, A quoi ils répondent ? Ils donnent de la force au Rassemblement National. Bon, on ne va pas passer notre vie à pleurer. Donc comment on fait, nous, pour combattre le système ? Et vous avez vu que M. Bardella, lui, il est pressé de rejoindre le système.

Q87. Pour vous, quand vous dites le système, c’est le système du grand patronat ? C’est quoi le système médiatique ?

Interviewé: C’est le système, comment dire, le système du capitalisme comme il est, installé. C’est l’ordre établi, on va dire, d’une manière large. Il ne faut pas le réduire juste à l’exploitation capitaliste. Il y a plein de choses.

Q88. Vous comprenez Bardella, c’est aussi pour ceux qui me regardent qui n’ont pas forcément suivi. Vous faites référence à Jordan Bardella qui va rencontrer le MEDEF et des élus des grands patrons français.

Interviewé: Oui, oui, qui rencontre le MEDEF, tant mieux, comme ça les autres s’aperçoivent à quoi ils ont affaire. Mais qui leur a déjà tout cédé. Alors il n’y aura pas d’augmentation du SMIC, il n’y aura pas de blocage des prix, la retraite on verra et ainsi de suite. Il aura déjà tout passé par-dessus bord de ce qui était un peu l’identité sociale du Rassemblement National. C’était leur ruse, on en a parlé il y a 5 minutes.

Q89. Vous n’avez pas répondu sur la Nouvelle France.

Interviewé: Mais j’y viens parce que c’est vous qui avez changé de sujet. Non mais, sur la Nouvelle France, si je veux dire, la Nouvelle France, d’abord, rappelez-vous à qui vous parlez. Nous autres, les Insoumis, et moi en particulier, qui suis un de ses fondateurs, nous attachons toujours la plus grande importance à l’analyse et aux idées et à la théorie. Pas de pratique claire sans théorie claire. La théorie pour elle-même est absurde, et la pratique sans la théorie est aveugle. Il faut faire les deux, là je viens de vous citer Kant. Bon, voilà comment il faut procéder. Donc nous pensons notre temps à analyser et essayer de comprendre les causes profondes de ce qui bouge dans notre pays et de quel côté. C’est en analysant qu’on s’est dit, non mais attendez, à tous je vous révèle une méthode de travail politique. Quand vous ne savez plus où vous en êtes, vous vous asseyez et vous vous dites, qu’est-ce qu’il y a de neuf ? Qu’est-ce que mon père n’aurait pas pu savoir ? Ou ma mère ? Et vous faites la liste. Et à ce moment-là, vous voyez où est la nouveauté. Nous, on est partis de l’idée… Que la France avait énormément changé, à vue d’hommes, pour moi, sur ma longue vie, et mes camarades sur un délai plus récent. Et tous, on voyait ce qui avait changé.

Q90. Quoi ?

Interviewé: Je vous ai parlé de la condition des femmes. La situation, la condition des femmes, pour prendre cet exemple. À partir du moment où une aptitude biologique, faire des enfants, porter des enfants dans son corps, cesse d’être un destin social, alors tout change. Nous sommes seulement à la deuxième génération de femmes qui est en maîtrise de ce sujet. Ça veut dire la première génération de femmes qui pense sans être coincée par une définition de son rôle dans la société donnée par les autres. Il reste beaucoup de rôles définis. Les jeunes, pareil, les jeunes sont beaucoup plus autonomes et éduqués qu’ils ne l’ont jamais été. Quand j’étais en classe de cinquième, en général, vous avez 14 ans en classe de cinquième si mes souvenirs sont bons. Enfin, il y en avait beaucoup qui avaient 14 ans parce qu’ils avaient un petit chouï de retard. Quand vous étiez en classe de 5e, au moins la moitié de la classe fichait le camp en cours d’année parce qu’ils avaient atteint 14 ans et ils allaient en apprentissage pour mettre du beurre dans les épinards. Le CAP était le premier diplôme professionnel qu’on atteignait. Maintenant, le niveau est monté. Alors, je veux bien qu’on dise, oui, c’est insuffisant, ça ne veut rien dire, le bac n’est plus ce qu’il était. Vous avez tous les ronchons qui sont là, c’était mieux avant. Eh bien, moi, je vous redis. Avant j’y étais, c’était pas mieux, c’est pas vrai. C’est pas vrai. La condition des femmes n’était pas mieux avant, la condition des jeunes n’était pas mieux avant, et…

Q91. C’est-à-dire qu’on comprend la phrase que parfois des personnes plus âgées peuvent dire, le c’était mieux avant, quand on part parfois au repas de Noël à table, pour vous c’est pas… Non,

Interviewé: ça c’est vrai, pour chacun individuellement c’était mieux avant. Il valait mieux, c’était plus sympa quand on était plus jeune. Je dis pas trop jeune, moi j’y retournerai pas.

Q92. Non mais ça pose la question de se dire, est-ce que c’est mieux d’avoir… 20 ans en 1970 qu’en 2026.

Interviewé: Moi j’ai l’impression que c’est plus dur en 2026, beaucoup plus dur, beaucoup plus dur. Parce que nous quand même on se la coulait douce quoi. Je veux dire entre ceux… qui étaient au boulot, mais qui avaient les moyens de faire la fête, de vivre leur vie, d’acheter la bagnole, de se mettre en couple, bon, et maintenant, tu vis chez tes parents jusqu’à 30 ans pour beaucoup, tu vois, bon, c’est plus dur.

Q93. Donc en résumé, c’est-à-dire quoi, à notre époque, la Nouvelle-France, c’est pas une bonne période, c’est quoi ? Non, c’est… Vous comprenez comme…

Interviewé: Parce que je veux dire, écoutez, regardez la vie comme elle est, et essayez de lui répondre, de lui proposer des réponses. si vous continuez à traîner les pieds parce que les libertés nouvelles des femmes vous dérangent, vous perdez votre temps et vous nous faites perdre du temps. Éduquez vos garçons autrement parce que ça, on ne reviendra pas en arrière. Et si vous essayez, ça va mal se passer. Et de même les personnes âgées… C’est pas une question de harcèlement… Oui mais il faut se mettre à la page, c’est pour ça que je vous ai parlé. Moi je réponds pour le domaine qui est le mien, la politique, je ne prétends pas organiser la vie privée des gens, mais je dis si vous avez le référendum… d’initiatives citoyennes, le référendum révocatoire, parce qu’il y a des nouveaux pouvoirs qui permettent à la population de s’impliquer, de trancher des débats compliqués. Là vous ne faites rien, tout est bloqué, paralysé, vous avez un type qui n’en a plus rien à faire du résultat des élections, un Premier ministre qui appelle lui-même à violer la loi, enfin on va où comme ça ? Mais auparavant le thème de la Nouvelle France était enregistrer, comprenez la nouveauté, parce que, pardon mais, je parle une fois avec monsieur Bayrou. C’est un homme qui, dans le rapport privé, est extrêmement agréable. J’étais dans son bureau, il me montre sa fenêtre.

Q94. Donc à Matignon.

Interviewé: Là-bas à Pau, à Pau, pas à Matignon, qui va regarder par la fenêtre à Matignon. Alors il me montre comme ça, il me dit tu vois là-bas c’est mon village. Là, non non, là-haut, là-haut, ah là-haut. J’y suis né, mes enfants sont nés. Mon père est né, mon grand-père est né là. Je pense qu’il voulait me rassurer. Je me suis dit, mais dans quelle mesure est-ce qu’il arrive à se rendre compte que la moitié des familles françaises, depuis 1958, a quitté son département d’origine ? Qu’un jeune sur deux qui va à la fac ne revient jamais dans sa ville d’origine ou dans son département d’origine ? C’est-à-dire que nous sommes un peuple de nomades entièrement accrochés aux services et aux réseaux publics qui permettent de fonctionner, parce que nous n’avons plus notre lopin de terre. Notre verger où l’on allait au printemps, je l’ai fait. Notre jardin ouvrier où l’on mettait ses patates, tout en étant une famille ouvrière. Vous voyez ? Pour vous, c’est banal, vous êtes un homme jeune, vous avez l’impression que tout le monde comprend ça. Vous n’y êtes pas. La majorité des électeurs aujourd’hui ont plus de 60 ans. Vous vous rendez compte ? La part des personnes âgées dans la société a augmenté considérablement. On n’a rien à dire sur le sujet. À part l’EHPAD, c’est tout ce qu’on a trouvé comme idée pour permettre aux gens d’être heureux dans le grand âge. On n’a rien ! Faire du fric dessus, c’est tout ce à quoi ils ont pensé. Faire de l’argent avec le grand âge. Et faire du bonheur, comme on fait. Par quoi ça passe ? Qui on doit organiser ? Voilà les bons sujets. Et pas dire ça coûte trop cher. Ça ne coûte jamais trop cher pour certains, hein ? Et puis pour les autres, si. Donc, je vous donne ces exemples. Comment ? Je vais en prendre d’autres.

Q95. Attendez,

Interviewé: laissez-moi vous raconter la fin de cette histoire. La dénatalité. M. Buisine, je ne sais pas quelle est votre situation familiale, mais il y a des tas de gens.

Q96. C’est un célibataire sans enfant, comme beaucoup de jeunes aujourd’hui, et c’est vrai que c’est la différence peut-être par rapport à d’autres générations, où on a 35 ans aujourd’hui, en général. Moi,

Interviewé: à 23 ans, j’étais père de famille. Je ne m’en vante pas, mais c’est pour vous dire qu’on n’a pas la même vie tous les deux. Mais moi, je m’en rends compte. Alors, tous ceux qui viennent et qui disent, oui, de mon temps, peut-être bien de ton temps, mais maintenant, c’est fini. Donc, on passe à autre chose. Je viens de vous dire comment on prend en compte le grand âge, mais cette question de la dénatalité, elle a un aspect, les choix, il y a des gens qui font le choix, enfin, c’est leur affaire, on va pas leur faire des politiques pour contrôler s’ils vont faire un, deux ou trois enfants, qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

Q97. Il y avait évoqué Emmanuel Macron à un moment donné, de faire un bilan de santé…

Interviewé: Non mais attends, oui, bon, c’est peut-être bien, l’intention était bonne, mais une fois de plus, le vocabulaire était catastrophique, le réarmement des démographiques, non mais où tu vas là, qu’est-ce que c’est que cette histoire ? On se réarme pas quand on fait des gosses. On fait du bonheur, c’est pas pareil, bon, enfin, il ne faut pas tout mélanger. Mais je dis là, il y a le problème de l’infertilité, c’est là que je viens au sujet, qui pour moi est le sujet qui n’est pas vu, parce qu’il pose trop de problèmes. L’infertilité, comme les maladies chroniques, comme le diabète, comme les maladies cardiologiques, comme le cancer, sont les résultats du mode de production, pas des virus qui sont dans la nature et qui nous seraient communiqués par les vaches, les veaux, les cochons. ou que sais-je encore, comme dans le passé. Nous avons donc maintenant des maladies écologiques. Il faut y faire face. Par exemple, est-ce que l’endométriose, dont il est prouvé aujourd’hui, qu’il affecte un nombre considérable de femmes ? et qui est évidemment un blocant considérable pour la fertilité. Alors avant, comme on ne s’en occupait pas, la médecine n’a pas toujours été très féministe, eh bien, on ne savait pas combien il y en avait. Mais maintenant, on sait que ça fait beaucoup de monde. Et c’est un fléau, d’abord parce que ça rend la vie très difficile pour les femmes, et deuxièmement, parce que ça limite non seulement leur propre disponibilité au quotidien, mais aussi sur le long terme, pour fonder des familles. Bon sang, on prend en compte ou pas tout ça ? Voilà pourquoi je parle de Nouvelle-France. pour qu’on arrête de tourner en rond sur les logiques absurdes. Alors voilà, je vais vous dire, le grand projet du centre, parce qu’ils ne sont pas extrêmes. Et certains d’entre eux,

Q98. quand on parle de Nouvelle-France, on en entend votre définition, vous l’exprimez, et à l’inverse, certains de vos directeurs vont dire, quand ils parlent de Nouvelle-France, ça veut dire qu’ils balayent d’une main les traditions, ce qu’est la France dans sa culture. Qu’est-ce que vous répondez à ça ?

Interviewé: Écoutez, j’ai passé mon temps à répondre à des trucs qui n’existent pas, mais lisez au moins ce que j’écris, au lieu d’écouter M. Zemmour. Pour vous faire une opinion ou d’aller regarder CNews, regarder ce que j’écris, ce que je dis, ce que je dis dans mes discours, qu’est-ce qui les a défrisés ? Tournez pas autour du pot, Buisine. Tournez pas autour du pot. Ils en ont fait une lecture racialiste. Parce que comme j’ai commencé par dire un Français sur trois à un grand-parent étranger, ils ont dit « Ah oui, ben Mélenchon, voilà, qu’est-ce qu’il défend les Noirs et les Arabes des quartiers populaires ? Vous croyez que je ne sais pas que c’est ça qu’ils disent ? » Tout le reste, c’est de la flûte, c’est de l’emballage. Ils expriment une peur raciale.

Q99. Pour vous c’est une pensée raciste ? qui est déguisé…

Interviewé: De me l’attribuer, parce que moi, ce n’est pas ma vision. Et je vais vous dire, j’ai vu, de mes yeux vus, je suis un pied noir. Je sais qu’il n’y a pas de limite à la connerie raciste, parce que quand on s’embarque là-dedans, ça ne s’arrête plus. Et la guerre d’Algérie a été une tuerie épouvantable, notamment aussi du fait de cette distance qu’il y avait entre les populations en Algérie. Alors moi, je n’ai pas tout vu, j’avais 11 ans, je ne peux pas en parler avec… A 11 ans, quand on est partis du Maroc, où les choses étaient extrêmement paisibles, d’accord ? Donc je ne peux pas en parler avec la finesse, la connaissance du terrain, que je n’ai pas. Mais je veux dire aux Français, nous devons à tout prix former un seul peuple. Si nous acceptons la logique des guerres de religion, nous allons reculer, comme sous l’Ancien Régime, quand c’était la guerre entre protestants et catholiques, et les juifs pour persécuter à tour de bras pendant des siècles. Ne faisons pas l’erreur de recommencer ça. Arrêtons de regarder de travers tout ce qui ne nous ressemble pas de près. Et c’est ça le grand espoir que je veux porter. Je veux que vous sachiez ça. Oui, ça je le ferai. Je me battrai avec toute mon énergie pour l’unité du peuple français contre le racisme et les privilèges. Ça c’est ma raison d’être. Voilà l’homme de gauche que je suis. Évidemment pour qu’on soit tous meilleurs, donc cultivés.

Q100. Sujets sociaux, une question qui revient énormément, on l’a souvent couvert sur Brut, c’est la précarité étudiante. J’ai pu être témoin ces dernières années, alors ça s’est accéléré. Avec le Covid, l’inflation, la guerre, pour vous c’est des images de la honte ?

Interviewé: Ah oui, ah oui, un pays qui n’est pas capable de nourrir ses enfants qui vont à l’université, il ne mérite pas grand respect, et je ne m’en prends pas au pays, je m’en prends aux dirigeants qui ont créé cette situation. C’est la cata, ça fait que de plus en plus être chaque jour pire que la veille. Lorsque j’étais ministre de l’enseignement professionnel, j’ai découvert que dans certaines sections de l’enseignement professionnel, Des fois, 100% de la section travaillait le soir et le week-end. Comment tu pouvais à la fois apprendre un métier et travailler à un autre tous les jours ? Ils étaient éreintés et pourtant ils se battaient bravement pour avoir le plus haut niveau de qualification possible. Quant aux jeunes gens qui sont, qui vont à la fac, c’est notre trésor le plus précieux, monsieur Buisine. Nous n’avons rien d’autre que leur cervelle pour préparer notre futur, leur matière grise. On doit donc les chouchouter. Ils doivent pouvoir manger à leur faim, ils doivent pouvoir avoir de quoi vivre dignement. Et oui, c’est une des choses que nous allons faire, c’est voir comment on peut mettre une allocation d’autonomie pour le plus possible de jeunes. Et d’une pierre, on fera deux coups, parce que d’une part, leur vie va changer, et d’autre part, on relancera la consommation populaire.

Q101. Allocation d’autonomie pour tous les jeunes, ou c’est lié à des ressources des parents ?

Interviewé: Bah oui, on va dire… Boursiers ? Il y en a qui n’ont pas besoin, mais… Non, non, non, mais attends, je ne veux pas non plus… Vous savez, un droit… ça marche d’autant mieux qu’il est universel. Et puis, les riches, dans cette circonstance, ne coûtent pas trop cher parce qu’ils ne sont pas très nombreux. Il faut quand même regarder les choses comme elles sont. Et puis, une jeune personne a droit à son autonomie, c’est-à-dire à se définir en dehors de ses parents, ce qui est souvent le cas, d’accord ? Donc, ce n’est pas si simple que ceux qui font du misérabilisme à deux balles en me disant, ah, vous allez donner de l’argent aux gosses des riches, etc. Le gosse des riches, c’est d’abord un gosse, c’est-à-dire un jeune qui a droit à l’autonomie. Et c’est pas avec ça que vous allez commencer à me faire tripoter dans les chiffres, alors ça sera des bourses améliorées, mais pas pour que… Il faut que ce soit une allocation qui soit universelle pour qu’ils puissent vivre dignement. Voyez-vous, j’ai trouvé la revendication de l’allocation étudiante, un truc que j’ai trouvé tout à fait par hasard, dans une pile de vieux papelards. C’était le congrès de 1956 de l’UNEF, et ils demandaient l’allocation d’études pour tous. Alors à l’époque, il devait y avoir, allez, 200 000 étudiants, et encore tout mouillé. Aujourd’hui, il y a 3 millions d’étudiants. C’est une chance extraordinaire pour notre pays. Et j’en veux, mais vous ne savez pas combien j’en veux. Au gouvernement d’avoir inventé des mesures contre les étudiants étrangers. Ils n’ont pas l’APL, ça veut dire quoi ? Qui couche dans la rue ? Ils n’ont pas ceci, ils payent plus cher que nous. Aujourd’hui,

Q102. on parle d’étudiants étrangers, le gouvernement qui a annoncé l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers.

Interviewé: Lamentable, minable, vivement qu’il s’en aille. On a besoin que les étudiants francophones viennent nombreux en France. Monsieur Buisine, à la fin du siècle, 9 personnes sur 10 qui parleront français seront en Afrique. C’est une occasion extraordinaire pour notre peuple d’entrer en contact avec des centaines de millions de gens et donc d’avoir des réflexes communs, des idées en commun, des normes en commun. Je me bats pour la francophonie des peuples et ça veut dire qu’on arrête de vouloir dominer tout le monde. Donc si nous faisons, nous, les exploits auxquels j’aspire pour l’espace, par exemple faire l’avion spatial, il faut faire une université des métiers de l’espace et il faut la partager avec les pays francophones. Il faut faire une université de la mer. et il faut partager avec les pays francophones. Il faut accepter les étudiants étrangers, et tant mieux si des fois il y en a qui restent chez nous, parce que c’est là qu’ils vont se marier, avoir des enfants, fonder une famille, et peut-être qu’après ils retournent dans le pays d’origine de l’un ou de l’autre, hein, voilà. Mais ça c’est que du bonheur, bon sang, arrêtez d’avoir peur de tout et de tout le monde, un jeune éduqué, c’est formidable, et tous ces jeunes gens, j’y reviens encore une fois, nous avons besoin des meilleurs scientifiques du monde, nous allons vaincre le cancer. nous allons faire l’avion spatial, nous allons vaincre les maladies écologiques, voilà ce qu’on va faire. Mais il faut arrêter de tout le temps faire peur à tout le monde dans ce pays, et avoir pour unique projet dans la vie, faire des économies. Un jour, j’ai rencontré une femme qui dirige un service public extrêmement important. Et comme on était là à bavarder tous les deux, elle me dit, bah tenez je vais vous dire quelque chose. Moi j’ai demandé, alors quelle est la perspective que je dois donner à mon service public ? Et on lui a répondu, vous devez faire des économies. Et alors elle m’a dit, moi j’ai rien dit parce que je dois le respect à ceux qui me donnent des ordres, mais je me suis dit, s’ils veulent faire des économies, ils n’ont qu’à tout vendre, parce que faire des économies, ce n’est pas un projet, ce n’est pas un projet. Vous voulez faire un avion spatial ou pas ? Vous voulez éduquer plus de jeunes, oui ou non ? Vous voulez une allocation d’études ? Ça, c’est des projets. Alors des fois, on peut dire, ah, caramba, on n’a pas les sous, il faut en trouver. Mais vous ne commencez pas par dire, on va couper, Monsieur Édouard Philippe, son projet, c’est les coupes dans les services publics. Le projet de M. Attal découpe dans le service public. Tous ces gens n’ont que ça à la tête. Quant au Rassemblement National, il fera, comme toujours dans l’histoire, ce que les patrons leur diront de faire.

Q103. Je répondais aussi justement à pas mal de questions. C’est la passion qui vous parle. Les commentaires, il y a toujours la passion. La passion aussi des gens qui nous regardent, c’est de saluer aussi, parce qu’il y a des dizaines de milliers de personnes qui sont sur l’ensemble des réseaux sociaux de Brut. Et j’essaie aussi de consulter leurs commentaires. Alors quand on construit justement aussi les thématiques qui peuvent revenir souvent, on a parlé de la précarité étudiante. Il y a aussi la question du mal logement en France. On parlait tout à l’heure d’un chiffre, 350 000 personnes sans abri, c’est un chiffre qui a plus que multiplié par deux sur les 20 dernières années. 4 millions de personnes considérées comme mal logées par la Fondation pour le logement. Quelle politique on fait face à cela ? Parce qu’aujourd’hui c’est peut-être l’un des premiers enjeux pour les Français, pour les prochaines décennies. Je pense aux gens qui nous regardent, qui vivent dans des conditions d’insalubrité, dans des passoires thermiques. Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? on réquisitionne des logements, on plafonne les loyers.

Interviewé: D’abord, on commence par essayer de comprendre pourquoi c’est comme ça. Pourquoi c’est comme ça ? Qu’est-ce qui se passe ? C’est voulu méthodiquement organiser la rareté de logements sociaux.

Q104. Par qui ?

Interviewé: Accessibles. Par ceux qui ont décidé de faire un marché. Et tous les pouvoirs politiques qui pensent que, waouh, c’est une bonne idée. Parce qu’ils sont dans leurs mains et qu’ils voient la vie comme ça. Tout est un marché. Si vous rendez le logement rare, alors le logement existant descend, devient beaucoup plus cher. Et ça vous donne la ville de Paris.

Q105. Vision capitaliste. Absolument.

Interviewé: Il n’y a pas d’autre cause. Nous savons construire des immeubles. Nous avons un espace fou dans tout ce pays. Nous avons des villages qui se vident. Donc on ne manque ni de place, ni de bras, ni d’idées. On manque d’argent. Voilà, point final. Et on démarre. Et les gens en ont assez de vivre cette vie. Surtout que, ce qu’on doit dire, pour ajouter à la liste des calamités que vous avez fait, c’est qu’elles s’ajoutent les unes aux autres. Ceux qui ont des logements où il fait froid, où il fait chaud, en même temps, chaud quand il fait… Les passoires thermiques qu’on évoquait. Voilà, les passoires thermiques. Souvent, ils sont installés au bord de l’autoroute. Comme ça, en plus, ils ont le bonheur de respirer les particules fines et de vivre tout le temps dans le bruit. Et quand c’est un bout d’autoroute qui est éclairé, tout le temps dans la lumière. Un quart de l’humanité ne voit jamais la nuit. Le bruit que vous considérez comme peut-être une nuisance, la plupart des gens considèrent que c’est une nuisance, c’est une nuisance qui coûte des milliards. Parce que perte d’attention, parce que perturbation psychologique, parce que stress, même si vous vous en rendez même pas compte.

Q106. Carré de travail, médicaments…

Interviewé: Ça coûte un fric fou ! Moi, voyez-vous, je renverse complètement. La manière de réfléchir au problème. On amène un problème, vous avez le libéral du coin qui se dit comment je vais faire du fric. Et la gauche molle qui dit comment on va faire attention à ce que ça ne coûte pas trop. Moi je prends le problème dans l’autre sens. Combien vous coûte le malheur ? Combien ça vous coûte que les gens tombent malades ? Combien ça vous coûte ? Ils ont inventé, vous avez vu, la diminution de l’aide médicale d’État. C’est celle qu’on donne aux gens qui n’ont aucun droit et qui sont là. D’accord ? Et ils tombent malades. On dit, ah, monsieur, on ne vous paye pas, on ne vous soigne pas. Qu’est-ce que ça donne du malheur pour tout le monde ? D’abord pour lui, la personne malade, mais les autres qui vont tomber malades. Vous augmentez le jour de carence, le nombre de jours de carence. C’est-à-dire, avant de toucher une indemnité, déjà vous avez du bol si vous la touchez, mais bon, avant de toucher une indemnité, un jour de carence, deux jours de carence, trois jours de carence, ben la personne qui est malade, elle dit, bon, je tiens le coup, parce que moi, je ne peux pas me passer du salaire de trois jours, ça, ce n’est pas possible. OK ? Qu’est-ce qui se passe après M. Buisine ? Elle est encore plus malade. Et puis, elle a rendu malades les autres. Donc, une société, elle doit partir. D’abord, se rendre maîtresse du temps long. C’est pour ça qu’il faut de la planification partout. Le cœur du système.

Q107. Donc, on fait quoi pour les logements ? On construit d’autres…

Interviewé: Oui, 200 000 par an. Allez, la pelle, la pioche, les bétonneuses, on y va.

Q108. Passé par l’État.

Interviewé: Et quand je dis les bétonneuses, je vais me faire gronder. Parce que dans les Insoumis, il y a tout un groupe et un mouvement et un courant qui plaident. pour le retour aux matériaux tels que le bois, la paille, la terre. Non mais sautez pas à un autre sujet, c’est passionnant.

Q109. Non, non, parce que j’ai encore pas mal de questions à vous poser, je sais que le temps nous est… Oui, d’accord,

Interviewé: mais il faut répondre parce que sinon vous posez toutes vos questions tout seul et puis comme ça vous serez… Totalement,

Q110. je suis totalement… si on a encore un petit peu de temps pour pouvoir vous poser quelques questions, notamment, alors, on a parlé de l’écologie, justement, de la transition écologique.

Interviewé: Et il a l’inert le gars.

Q111. Ah ben on est là, on est prêt, on a le temps. Moi j’ai déjà fait des lives très très longs. Je sais que vous êtes aussi attendu, puis que vous avez eu une grosse journée, donc je ne vais pas vous tenir à… Voilà, je sais très bien. Donc, il y a la question de la transition écologique. J’ai envie de la poser, la question un peu large, mais c’est de se dire comment on arrive à faire en sorte qu’on arrive à avoir une transition écologique qui soit puissante sans mettre de côté les pauvres. Quand je vois aujourd’hui, par exemple, c’est la question des voitures, des personnes qui n’ont pas beaucoup d’argent, qui vont se retrouver exclures dans quelques années. On parle des logements, parfois, qui ne peuvent plus être loués. Il y avait eu toute une question qui avait été débattue par le gouvernement de les remettre ou pas, et ça va être… Qu’est-ce qu’on fait concrètement, si on parle d’un point de vue général, pour avoir une transition écologique efficace qui ne met pas de côté les gens ?

Interviewé: Bon, M. Buisine, déjà, mettez à jour votre vocabulaire, c’est à moi que vous parlez. Transition écologique, c’est gentil. Ça donne l’idée que ça va se passer tranquillement. Bon, c’est pas vrai. C’est une bifurcation écologique qu’il faut faire, c’est-à-dire on tourne, on change. Il faut partir de l’idée de base, d’abord comprenant le mécanisme, pardon, je sais que c’est saoulant, mais bon, c’est comme ça. Comprenons le mécanisme. Le capitalisme, son truc, c’est d’établir la dictature du temps court. Pourquoi ? Parce que lui, c’est le cycle marchandise, argent, marchandise. Il faut que ça tourne de plus en plus vite. Donc il est le magicien du temps court. Aujourd’hui, tout suit la culture, la manière de parler. Tout à l’heure, on discutait, pour que les spectateurs le sachent, on discutait avec Buisine, je dis mais parlez-moi vite, mais j’ai regardé mes propres réels, hein, où on parle, ils me font parler plus vite. 1,5. Et donc, tout le monde prend l’habitude de parler de plus en plus vite, comme si on était… Donc, c’est le règne du temps court. Et quand je vous dis, ça touche tout, bon, par exemple, la propriété du capital. Avant, c’était 6 ans. Laissez-moi terminer. 6 mois. En ce moment, avec le trading, c’est pour une masse considérable d’actions, c’est 2 secondes, M. Buisine. Et maintenant, pour vous amener dans un sujet culturel. Un plan de cinéma. Au début du cinéma parlant… C’était 30, 40, une minute, d’accord ? Maintenant, les plans se succèdent les uns derrière les autres, ils sont de plus en plus raccourcis. Et tous nos arts et notre culture rentrent dans le cycle du rythme et des temps courts. Donc maintenant, priorité au temps long. Monsieur Buisine, c’est la clé de l’affaire. Il faut planifier, arrêter de croire que ça va se régler avec trois rustines et quatre machins. Donc, planifier. quel était le thème auquel vous vouliez l’appliquer, la planification écologique, vous dites, comment on fait pour emmener les pauvres ? Pardon, mais il n’y a pas de différence dans l’écologie, c’est pour tout le monde. Les fameuses zones à faibles émissions (ZFE),

Q112. C’est les ZFE.

Interviewé: Oui, bon, c’est une honte. Alors vous avez quelqu’un dans un bureau qui a décidé que, bon, dans son coin, on va respirer bien et par conséquent, il y a des ZFE. Parce que c’est vrai, c’est vrai. La pollution, c’est terrifiant, nos gamins sont asthmatiques dans les villes, on se chope des allergies alors qu’on n’en avait pas avant. C’est mon cas. Bon. Et alors, la conclusion, c’est quoi, les pauvres dehors ? Les pauvres, ils ne circulent pas, ils ne passent pas dans les centres-villes. Vous voulez leur payer une autre bagnole ? Vous verrez, ils vous la prennent. Si vous leur offrez une voiture qui ne pollue pas, ils vous la prennent. Donc vous les mettez dehors, de sang froid, et vous créez un régime d’apartheid. Même avec les meilleures volontés du monde. Les pauvres d’un côté, et ceux qui peuvent de l’autre. Ticket d’entrée, pouvoir se payer une bagnole qui ne soit pas polluante. Non, ça, c’est un monde inacceptable. Et nous ne l’avons jamais accepté, et nous ne l’accepterons jamais. Ça, ça a donné une vision de l’écologie absolument catastrophique dans certains milieux populaires. Et quand vous voyez le mépris de classe de ceux qui, par exemple, s’en prenaient au gilet jaune en disant « Ouais, ils veulent rouler au diesel en fumant leur clope dans les bagnoles » , qu’est-ce que c’est que cette manière de parler aux gens ? Donc, M. Buisine, il n’y a pas d’issue individuelle à la crise écologique. Il n’y a que des issues collectives. Et quand je dis collectives, ça veut dire tout le monde.

Q113. On parle des sujets nationaux, mais aujourd’hui c’est aussi l’actualité internationale qui touche le quotidien des Français. C’est le dernier chapitre de notre entretien, mais qui est quand même… Très important. Vous, demain, président de la République, sur la question internationale, quelle posture vous tenez face à Donald Trump ?

Interviewé: Trump, c’est comme Netanyahou. Alors là, il y en a pour une heure. Mais bon. D’abord, je dis…

Q114. Vous êtes attendu après, c’est pour ça.

Interviewé: Oui, oui, oui. Mais quelle France on veut d’abord ? Donc nous serons une France non alignée. Nous ne sommes pas la roue de secours des États-Unis.

Q115. Non alignée, ça veut dire quoi ? Demain, vous êtes président, vous appelez Donald Trump et vous lui dites… On roule diplomatiquement, on sait c’est quoi le fond non aligné, c’est-à-dire on…

Interviewé: Ça veut dire que vous arrêtez de penser qu’on va faire ce que vous nous dites de faire. Nous n’avons pas besoin de l’OTAN. Je le redis avec tout le sérieux possible, ne croyez pas une seconde à cette histoire de l’OTAN. Jamais les Nord-Américains n’accepteront qu’on vitrifie Chicago ou Détroit pour défendre Dresde ou Toulouse. Jamais ça n’aura lieu. C’est une illusion. La machine de guerre américaine a pour fonction numéro un de faire du fric et de faire tourner l’industrie de guerre américaine.

Q116. C’est-à-dire que pour vous la France elle est soumise aux Etats-Unis ?

Interviewé: Elle est complètement englobée parce que tous nos logiciels, certains étant installés sur des missiles, les autres dans tous les grands services publics français, et même le ministère de la Défense, et même les services de renseignement, ce qui veut dire que nous sommes porte et fenêtre ouverte aux inquisitions des Etats-Unis d’Amérique. qui se donne le droit d’espionner absolument tous nos dirigeants. Et l’année où il s’était fait prendre la main dans le sac, Hollande, président de la République, n’a même pas eu la dignité de refuser d’aller à la réunion qui était convoquée à Chicago à l’époque par monsieur, je ne sais plus lequel c’était, peut-être que c’était Obama. Vous comprenez ? Non-aligné. Et sur quelle base est-on non-aligné ? C’est que notre père, ce n’est pas les États-Unis d’Amérique, ce n’est pas la Russie, ce n’est pas Israël, c’est le droit international, et on le fera progresser. Et nous aurons des alliés dans tous les pays du monde pour faire ça. Voilà ma ligne stratégique. Voilà la ligne stratégique.

Q117. Ligne stratégique, ça veut dire, bon, non alignée avec les États-Unis, mais est-ce qu’on cherche des alliés ailleurs ? Par contre. On parle souvent de la question, pour contrebalancer, c’est d’aller plutôt vers la Chine.

Interviewé: Ah ben, ça c’est incontournable. Alors, aller vers la Chine, mais pour quoi faire ? Qu’on s’entende. On n’a pas l’intention de faire une alliance militaire avec la Chine. On ne fera pas non plus d’alliance militaire avec M. Trump. On parle de quoi ? De commerce, d’échange. de culture. Ça, c’est pas la guerre. Ça me convient. Et puis aujourd’hui, oui, vous avez raison de mentionner la Chine. Ça commence à suffire, les gesticulations bien pensantes. Parce que il faut tout au moins commencer toute discussion à propos de la Chine par les problèmes que soulèvent ce que nous considérons, nous, à propos des droits de l’homme sur la Chine. Mais tiens, pourquoi on pose pas la question à l’Arabie Saoudite ? Pourquoi on le pose pas aux Émirats Arabes Unis ? Pourquoi on le pose pas aux États-Unis d’Amérique où s’applique toujours la peine de mort ? C’est juste réservé aux Chinois. Tout ça est absurde. C’est une manière de nous enrôler dans la préparation de la guerre contre la Chine qu’organisent les États-Unis d’Amérique. Je redis ce que je viens de dire. Les Nord-Américains, dès Biden, dès Obama, disaient « Il n’y a pas de solution commerciale, il n’y a pas de solution de marché à la compétition avec la Chine. » Ça, ça veut dire la guerre, avec le prétexte de Taïwan qui est agité sous le pif. Alors, moi, président, comme vous dites, j’honore la parole et la signature de la France et du général de Gaulle. Il n’y a qu’une seule Chine. Je ne changerai pas d’avis. Il n’y a qu’une seule Chine. Et comment ils vont régler leurs problèmes ? Qu’ils s’en débrouillent. Du moment qu’ils ne se mettent pas en guerre les uns contre les autres. J’ai confiance dans la passion chinoise. Ils auraient pu envahir Hong Kong. Ils ont attendu la fin du traité. Ils auraient pu envahir tel ou tel. Ils ne l’ont pas fait. C’est un peuple et des dirigeants extrêmement raisonnables pour une raison. Ils sont intéressés à la stabilité du monde pour faire du commerce parce que c’est de ça dont ils vivent. Et, je finis, c’est les plus performants. Monsieur Buisine, vous comprenez ? Les plus performants.

Q118. Mais la question de Taïwan, elle fait peur à certains de se dire que la Chine puisse croquer comme ça une petite île sans concerter personne.

Interviewé: C’est comme nous avec la Corse. Nous, la plupart d’entre nous, on considère que la Corse est la France. Ce n’est pas forcément l’avis des Corses. Ils veulent être beaucoup plus autonomes et d’autres indépendants. Ben eux, les Chinois, ils considèrent que Taïwan, c’est la Chine. Et d’ailleurs, ça l’a toujours été. Et quand nous avons signé l’entrée de la Chine populaire au Conseil de sécurité, il y avait déjà Taïwan qui était là, qui s’appelait Formos. Et ben on a dit, c’est les Chinois communistes qui viennent s’asseoir là, et Formose, vous sortez. Ils les ont foutus dehors. jusque de la salle de presse. Il n’y avait plus d’autorité pour les journalistes de Formose, et donc de Taïwan, à être dans les salles de presse de l’ONU. Alors maintenant, il faudrait inventer une espèce de statut de guerre permanente. Pourquoi ? Pour créer la guerre. Pour aboutir une fois de plus à ce qui est arrivé en Ukraine. Les Russes ont craqué, ils ont envahi l’Ukraine, il faut qu’ils sortent de là. Mais je veux vous dire une chose, comprenez-moi bien. Si on appliquait ma ligne, le carnage aurait été arrêté à Gaza.

Q119. Justement Gaza.

Interviewé: Vous m’entendez ? Tout ça aurait pu être évité. Qu’est-ce qu’il fallait faire ? Eh bien avoir du courage. Il fallait faire un front du refus avec les Espagnols. Chercher les pays européens. Aller chercher les pays asiatiques. Les pays latino-américains qui disent pas de guerre et le droit international. Tous les criminels de guerre doivent être punis. Je veux dire, les auteurs de crimes de guerre du 7 octobre devaient être punis.

Q120. Est-ce que ces pays comme la France ont le pouvoir nécessaire pour arrêter les États-Unis ?

Interviewé: Vous pariez ?

Q121. Ah je… je… c’est à dire, dites moi ?

Interviewé: C’est pas dur du tout, mais non. Vous prenez un ensemble de pays et vous dites à partir de maintenant les avions des gringos ne passent plus au-dessus de chez nous. Pardon. Les avions des Américains ne passent plus au-dessus de chez nous. C’est des avions militaires. Les pièces de rechange on n’en donne plus. L’embargo sur les armes, le traité de commerce avec Israël et l’Europe est suspendu jusqu’à cessation des hostilités et on ne livre plus d’armes ni de matériel. Et bien je vais vous dire l’économie d’Israël ne peut pas vivre sans l’Europe et ça veut dire que c’est eux qui arrêtait parce qu’ils auraient dû choisir.

Q123. Donc la responsabilité européenne, elle est au cœur, pour vous, de ce qui s’est passé ?

Interviewé: Je n’ai pas dit ça. La réponse politique… En partie. Bien sûr, ça passe par là. Là, c’est pareil, on m’a fait un habit, comme quoi je, en quelque sorte, c’est mes adversaires, c’est normal, ils jouent leur jeu. Bon, ils sont plutôt nuls, ils essayent de trouver quelques arguments. Mais moi, je ne vais pas dire, on ne coopère plus avec personne en Europe, qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Non, au contraire, je viens de vous citer l’Espagne. Membre de l’Union Européenne et ardente européiste. Je pourrais vous citer l’Italie. Ah mais c’est un fasciste qui la dirige. Et alors ? On choisit aussi les gouvernements. Alors on parle à personne. C’est pas ça le sujet. Le sujet c’est une nation européenne. Et malgré ça,

Q124. ces bombardements ont continué à se poursuivre. À Gaza, au Liban, en Iran…

Interviewé: Et ils arrêteraient. Le Liban, bon exemple. Tout le monde savait, enfin je veux dire les gens sérieux.

Q125. Alors le Liban on ira peut-être juste après.

Interviewé: Bon.

Q126. Parce qu’il nous reste quelques minutes. Mais j’ai la question justement par rapport à Gaza, c’est comment on arrive à sortir… Gazat, c’est quelle situation actuelle ? Alors il y a eu un cessez-le-feu mais il y a encore des frappes régulièrement.

Interviewé: En faisant ce que je viens de dire.

Q127. Il y a une situation de pauvreté extrême, de malnutrition, enfin voilà, et un peuple qui n’arrive pas à vivre. Oui, oui, oui. Comment on arrive justement à faire en sorte que ce peuple puisse vivre dans des conditions ?

Interviewé: Déjà vous remarquerez une différence, vous pouvez en parler et demain vous ne serez pas au banc de la société. Il a fallu que des gens comme moi tiennent bon avant parce que sinon plus personne n’avait le droit d’ouvrir sa bouche. Et madame Yadan… Il est arrivé à un cheveu d’y arriver, d’interdire toute critique du gouvernement d’Israël, parce que c’était ça sa loi. Donc déjà on peut un peu respirer, réjouissons-nous de ça. Eh bien, appliquons ce que je viens de vous dire. Manon Aubry et son groupe au Parlement européen ont lancé une pétition, elle a recueilli un million de signatures. Cette pétition dit, le Parlement doit voter pour interrompre le contrat, l’accord commercial avec Israël. Si nous suspendons là, alors depuis il y a trois ou quatre pays qui ont dit oui, c’est la bonne idée. Si nous appliquons ça, la guerre s’arrêtera. Et ensuite, on commence. Alors on fait 19 plans…

Q128. C’est suffisant pour faire fléchir Netanyahou et Donald Trump.

Interviewé: Attendez, mais bien sûr que c’est suffisant. Vous avez vu déjà dans quel pagaille ils ont mis le monde ? Qui va les soutenir ? Qui va les soutenir ? Quand ils votent l’embargo sur Cuba, hein ? Qui vote l’embargo sur Cuba ? Deux pays, Israël et les USA. Tout le reste du monde dit c’est une honte. Ce que vous faites à Cuba.

Q129. Et pourtant ça ne les empêche pas d’avoir encore un Donald Trump qui dit il y a deux jours je vais prendre Cuba, de menacer encore l’Iran, de bombardement. Est-ce qu’on n’a pas une impuissance finalement par rapport à ce que fait Donald Trump aujourd’hui ?

Interviewé: Mais monsieur Buisine, bien sûr qu’on a de l’impuissance puisqu’on ne fait rien. Si vous faites quelque chose et que ça marche pas, vous pouvez dire, ah ben zut, ça a raté. Mais là, personne ne fait rien. Vous acceptez même, pas vous, mais messieurs les grands, c’est important, il faut libérer le détroit d’Hormuz par exemple, qui c’est qui le bouche ? Qui bouche le détroit d’Hormuz ? L’armée américaine. Point ! Les Iraniens, ils sont chez eux, c’est leurs eaux territoriales. Et en face, il y a Oman. Et entre les deux, il n’y a que Dalle. Donc les Américains n’ont rien à faire là. Si vous ne les faites pas partir, si vous leur fournissez les pièces de rechange, si vous leur permettez de survoler vos territoires, si vous les permettez d’augmenter le prix de l’essence par leurs actes inconsidérés, et bien vous êtes dans leurs mains, et c’est ce qui se passe, et personne n’a résisté. Moi je pourrais dire, si vous le prenez comme ça, si vous n’arrêtez pas immédiatement la guerre, moi je rouvre les approvisionnements de gaz et de pétrole depuis la Russie. Parce qu’il y en a marre que ce soit nous qui payons l’addition de toutes vos trouvailles. A chaque fois, c’est pour les Européens. Aujourd’hui nous achetons 47% de notre gaz et pétrole, on l’achète aux Américains. C’est bon à la fin.

Q130. Mais qu’est-ce qui ferait qu’aujourd’hui Donald Trump vous écouterait plus qu’un Emmanuel Macron aujourd’hui ?

Interviewé: Que ça lui coûterait horriblement cher de ne pas le faire. C’est comme ça qu’on fait. Quand t’allais à Cuba, qu’il essaye. Pareil que de débarquer en Iran, voyons.

Q131. C’est-à-dire qu’on casse les relations économiques avec les États-Unis, avec l’Europe, avec…

Interviewé: On leur demande d’abord aimablement, pour faire plaisir à des gens comme vous, on leur parle poliment, et puis on leur dit, écoutez, ça ne peut plus durer, nous ne sommes pas… Vos objets, vous venez de déclencher une crise mondiale et vous êtes tellement bête qu’elle va au-delà de ce que vous aviez prévu. Parce qu’au départ, ce qu’avait prévu Trump, il n’est pas allé faire la guerre à l’Iran comme ça. Il est allé faire la guerre à l’Iran parce qu’il pensait que ça irait vite et qu’en bloquant le détroit d’Hormuz, il couperait le pétrole qui va en Chine. Voilà son plan. Ça a foiré parce que ça a pris des…

Q132. Et à l’inverse, dès qu’on ne l’écoute pas, il met des droits de douane, il menace de plein de choses.

Interviewé: Et alors ? C’est la vie. C’est la lutte. Vous voulez une lutte sans lutte ? Vous voulez faire reculer quelqu’un sans rien faire ? Mais ça n’existe pas, ça, mon vieux, ou alors inventer la baguette magique.

Q133. Non, moi je vous questionne juste.

Interviewé: Je vous réponds. D’avoir votre avis,

Q134. c’est ça qui m’intéresse.

Interviewé: Mais oui, mais j’ai bien compris, ne vous inquiétez pas. Mais je vois dans votre manière de m’interroger, et je ne vous en veux pas du tout, parce qu’il y a une culture dominante de la résignation. On ne peut rien, tout est comme ça, ça a toujours été comme ça, c’est pas vrai. Non,

Q135. pas de résignation, mais de se dire, qu’est-ce qu’on fait concrètement pour que ça bouge ?

Interviewé: Mais vous ne voyez pas que c’est lui qui est dans la mouise ? Et vous savez pourquoi il est dans la mouise ? Parce qu’il a perdu la partie, monsieur. Parce que l’économie des États-Unis d’Amérique, leur position dans le monde repose sur un truc, le dollar. Aussi longtemps que tout le pétrole et les matières premières se vendent en dollars, comme c’était l’accord passé en 1945 par les Américains avec les Saoudites, les Saoudiens, pardon, laissez-moi finir. Tout pétrole qui se vend ou toute matière première se paye en dollars. Alors c’est donc comme si… C’était les américains qui avaient produit tout ça. Le jour où il y a la dédollarisation, ils sont cuits et morts. Et avoir mis des droits de douane en pensant, comme un libéral, que ça va faire jaillir des boîtes et des entreprises parce qu’on aura protégé, c’est une idiotie absolue. Et ça ne peut pas fonctionner et ça ne fonctionnera jamais. Le danger de M. Trump, c’est qu’il y gagne personnellement dans cette affaire, avec ses bitcoins, avec le fric qu’il a placé, avec les jeux de bourse que font ses proches. Ces gens… se nourrissent individuellement du chaos qu’ils provoquent. Là est le plus grand danger. Nous n’avons plus affaire à des gens qui prennent des décisions politiques du point de vue de l’idée qu’ils se font de l’intérêt de leur pays, mais de leur intérêt personnel.

Q136. Deux questions pour conclure sur votre vision sur la campagne. La première, c’est aussi sur la question de la vie privée. Ce n’est pas de rentrer dans la vôtre, mais c’est d’avoir un point de vue générationnel. Je veux dire, par exemple, Gabriel Attal, il a sorti un livre où il parle de son couple. On a Jordan Bardella qui fait plus ou moins orchestrer la mise en avant de son couple. Comment vous vous positionnez par rapport à ce que vous voyez des autres et par rapport à vous-même ?

Interviewé: Moi je me mêle pas de l’avis des autres, ils font ce qu’ils veulent. Je ne m’attaque jamais perso et même des fois je défends. Par exemple quand Bolsonaro avait mal parlé de Mme Macron, j’ai défendu Mme Macron.

Q137. Mais ça veut dire qu’on s’est obligé de, pour se présidentialiser, on l’a vu Emmanuel Macron en 2017, de faire des couvertures dans Paris Match pour montrer un couple, ça donne un… ou des fois avec des animaux de compagnie ou autre. Ça montre quelque chose ? Ou est-ce que vous vous dites, mais qu’est-ce que c’est que ces conneries ? Moi, vous ne me verrez jamais avec ma compagne si j’en ai une.

Interviewé: Voilà. Non. La vie privée est la vie privée. Les gens votent pour des idées, pour des programmes, pour des personnes. C’est cette histoire de première dame. Bon, il y a un côté charmant, on ne va pas dire le contraire. Mais franchement, alors ça veut dire que Madame n’existe plus. Et regardez comme elles le vivent mal. Vous avez vu ce qu’a dit Madame Macron. Mais avant, il y avait Mme Danielle Mitterrand, qui était une militante politique. Elle, elle voulait se définir, non pas par rapport à François Mitterrand, qu’elle aimait. mais par rapport à elle-même. Et j’ai entendu encore, il n’y a pas longtemps, une candidate dire, moi je refuse, parce que le journaliste lui disait, mais votre vie de couple est en secret de Polychinelle, Polychinelle, toi-même, parce que qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Et elle a dit, moi je ne veux pas me définir par rapport à un homme, je me définis par rapport à moi-même, je me définis par rapport à mon action, voilà. Donc, pas de mélange entre la vie privée et la vie publique, pas de religion dans la politique, pas de vie privée. dans la politique. Parce qu’à la fin, vous vous rappelez, vous avez oublié déjà. Ou alors ça vous a amusé. Mais les malheurs conjugaux de François Hollande, comme premier sujet d’une conférence de presse du chef de l’État, durant sur 4-5 questions…

Q138. Où la vie privée s’immisce dans le…

Interviewé: Ah ouais, tout ça, ça va quoi. Il faut qu’on remette, je dis pas de… Il faut être ni un président normal, ça n’existe pas, ni extravagant comme ceux qu’on a vus, mais il faut… Essayer d’incarner la dignité de la fonction, son caractère, en France c’est comme ça.

Q139. J’ai envie de vous poser ces questions pour conclure vraiment très rapidement, parce que je sais que vous êtes attendus, on me le dit, la journée n’est pas finie, et je ne veux pas faire des ennuis avec les gens qui vous attendent. En trois mots, comment… À cette heure-là. Par exemple, les trois mots pour vous principaux dans votre campagne, ça va être quoi ? C’est quoi aujourd’hui les trois mots qui sont vos principales convictions de se dire… c’est vraiment ça que je vais porter pendant cette dernière guerre. Non, non,

Interviewé: je ne vous dirai pas comment on va faire la campagne, parce que c’est une campagne, comme toujours, de guerre de mouvement.

Q140. Moi je parle de ce qui vous anime au plus profond de votre cœur.

Interviewé: Oui, les trucs, vous me connaissez, ce n’est vraiment pas une nouveauté, ça va être progrès social, progrès écologique, 6ème République et la paix, point, voilà, c’est quatre mots, il y en a quatre. Bon, là-dedans vous en faites rentrer, mais ce qui est le plus important, c’est le mot progrès, c’est-à-dire qu’il faut à nouveau avoir confiance en nous-mêmes. Que demain on peut vivre mieux, on peut faire mieux, on peut penser mieux, on peut s’enrichir humainement et pas seulement en termes de pognon. Mais je sais que maintenant j’ai une confiance immense, vous voyez, dans l’élection qui vient. J’ai beaucoup d’espoir et ça me donne beaucoup de force. Et je sais que déjà des milliers de gens vont se mettre au travail parce qu’on mérite une autre vie et c’est pas si difficile que ça à organiser. Bon, il y aura des jours où il y aura des coups de chien, et alors ? Et puis… D’autres jours où ça ira mieux, et puis on verra avancer ce qu’on a fait. Et c’est ça qui nous réjouira, à condition de penser à autre chose qu’au fric. Et à autre chose que comment je bouffe l’autre, comment je le domine, c’est la maladie de l’époque, le suprémacisme. Alors, les êtres humains dominent la nature, les hommes dominent les femmes, il n’est question que de dominer. Moi je crois qu’on peut fonctionner humainement tout à fait autrement, avec des sociétés efficaces, il ne faut pas croire, il ne faut pas croire. La beauté, la bonté, ça paye aussi, on ne peut pas croire.

Q141. Merci beaucoup Jean-Luc Mélenchon de nous avoir accordé cette histoire. Il est quelle heure là,

Interviewé: ce soir-là, maintenant ?

Q142. Vous miseriez sur quelle heure, vous ?

Interviewé: Non, non, rien, je ne vais pas savoir. Merci à vous. Merci à vous.

Q143. Merci d’être venu. Au revoir. J’en profite pour saluer toutes les personnes qui nous regardent, parce qu’il y avait énormément de personnes sur ce live, de dire que justement, durant cette campagne, l’idée c’est de faire du temps long. Parce qu’on est souvent à un moment donné où le débat d’idées, c’est des petites phrases, c’est des mesures à l’emporte-pièce, où on n’a pas le temps parfois d’exprimer les choses. Et moi je veux fondamentalement croire avec la rédaction de Brut que l’idée c’est de savoir ce que les candidats ont pu prouver eux-mêmes comme idée, comme questionnement de la société, qu’est-ce qu’ils veulent proposer pour changer le quotidien des Français, qu’est-ce qu’ils veulent proposer comme politique en France et à l’international, et j’espère que ces deux heures, que ce soit des gens qui vous apprécient au moins, et pu au moins comprendre ce que vous voulez porter durant cette campagne.

Interviewé: J’ai confiance parce que vous m’avez dit c’est un format long. Moi je vous recommande de mettre moins de questions, parce que plus vous en mettez, plus quand on prépare on compte. C’est plus long !

Q144. Non, là, on ne coupe pas, c’est du direct. Je ne parle pas de vous,

Interviewé: je parle de nous, qui préparons avant. Quand tu fais une émission comme celle de TF1, c’est des heures de préparation, parce que tu prévois quelles questions on va te poser, et puis tu commences à essayer de résumer, Alors à la fin, c’est un exercice absurde. Là, vous m’avez donné le temps, j’ai un peu abusé à certains moments, mais au moins on comprend à la fin dans quel univers mental j’ai voulu.

Q145. Et moi, je crois fondamentalement que cette campagne, ce sera aussi ça. On fera vivre avec l’ensemble des candidats qui viendront ici même pouvoir exposer leurs idées, leurs visions du monde et voilà le pluralisme fera partie de tout ce qu’on fera durant cette campagne, à la fois sur le terrain, à suivre les candidats, à leur donner la parole, à porter aussi vos questionnements de la société, parce que Brut c’est toujours ça, un média de terrain, au contact des gens qui remontent les sujets du quotidien comme on l’a fait ce soir avec l’écologie, la précarité étudiante, le logement et tant d’autres sujets. Il y aura tant d’autres sujets qu’on abordera encore aussi même avec vous durant cette campagne parce que c’est que le début, on est vraiment…

Interviewé: Ah oui, oui, vendredi je vais à LCI, à Marseille, et puis je vais voir maintenant comment, parce que vous avez vu que j’avais fait…

Q146. Et votre campagne, vous l’avez lancée quand ?

Interviewé: Alors on pense faire un meeting, mais on attend la confirmation des autorisations municipales le 7 juin. Le 7 juin, ça va être…

Q147. Donc le grand lancement de campagne, c’est Saint-Denis… Le grand,

Interviewé: il y en aura plusieurs, parce qu’une campagne… Bon,

Q148. il y a un marqueur aujourd’hui, voilà, médiatique, mais le marqueur populaire… Et après,

Interviewé: il y a un marqueur populaire de masse, hein, il faut… Moi je crois à ça, il faut qu’on… Parce que ça donne la force d’être nombreux, il y a des gens qui disent… Vous parlez à des gens qui sont déjà convaincus, ouais, mais punaise, le reste du temps on est tout seul, on se sent faible, là on est des masses, et on fait une démonstration de force qui fait réfléchir l’adversaire, et puis… Vous avez remarqué, M. Buisine, nous on a une règle, enfin je ne vais pas non plus faire l’article, mais c’est une campagne électorale, c’est un moment d’éducation populaire. Tu gagnes ou tu perds, ça c’est la démocratie. Mais en faisant campagne, on aura élevé le niveau de conscience et de compréhension. Donc nous, nous faisons de l’éducation populaire de masse politique. Voilà, et on va commencer, ben là on a commencé ensemble.

Q149. Très bien, le replay est à voir pour ceux qui sont en cours de direct, dans quelques instants on pourra retrouver… L’intégralité de la vidéo parce que c’est ça qu’on fait vivre, c’est les deux heures d’entretien que vous pourrez retrouver sur YouTube et sur l’ensemble de nos réseaux sociaux, des extraits sur TikTok, Instagram, etc. L’occasion de saluer tous ceux qui nous suivent et qui nous font confiance au quotidien pour vous informer, une confiance qui nous oblige et on va continuer à le faire avec l’ensemble de la rédaction. Je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne soirée. Je remercie l’ensemble des équipes techniques de Brut qui ont été mobilisées ce soir, que ce soit à la rédaction, à la post-production, qui ont travaillé ce dimanche soir très tard et c’est pas fini. On en a encore pour quelques heures pour publier plein d’exprès.

Interviewé: Ça va vous coûter un max j’espère.

Q150. J’espère bien sûr, c’est normal. Et voilà on salue les équipes qui ont vraiment été avec nous ce soir aussi pour la préparation de ce direct parce que vous avez préparé nous aussi et on continuera de le faire pendant toute cette campagne. Merci à vous, bonne soirée et merci encore à vous Jean-Luc Mélenchon d’être venu à Brut dans notre rédaction. Merci à vous.

Interviewé: C’est bon ?

Analyse du discours de Jean-Luc Mélenchon sur Brut (2026-05-03)


1. THÈMES

Le discours est massivement centré sur la politique intérieure (32 %), avec une insistance sur les institutions (21 %) et l’économie (22 %). Ces trois thèmes représentent plus de 75 % du contenu, révélant une volonté de structurer un récit autour de la transformation du système politique français (VIᵉ République, démocratie directe) et des solutions économiques (planification écologique, justice sociale).

À l’inverse, l’immigration et la sécurité (8 %) ainsi que l’identité et la civilisation (16 %) sont marginalisées. L’absence de focalisation sur ces sujets, souvent associés à la droite ou à l’extrême droite, marque une stratégie de détournement des clivages traditionnels au profit d’un projet de rupture systémique. Les références à l’identité sont d’ailleurs dépolitisées : elles servent à évoquer l’histoire nationale (De Gaulle, Jeanne d’Arc) ou des territoires (Corse, Nord), jamais comme un enjeu de crispation.


2. RÉSEAU

Le graphe d’entités révèle une architecture en trois pôles :

  • Le pôle “Insoumis” (en rouge/orange) : Dominé par la France insoumise (polarité très favorable, +0.64 pour la NUPES, +0.55 pour le NFP), ce pôle inclut les figures du mouvement (Mathilde Panot +0.51, Clémence Guetté +0.30) et des alliés historiques (Parti Communiste, Verts). Mélenchon y est associé négativement (-0.57), mais cette polarité reflète moins une critique qu’une distanciation tactique : il se présente comme le leader incontournable (“le mieux préparé”), tout en évitant de personnaliser le combat. Les liens entre Manuel Bompard, Manon Aubry et l’Institut La Boétie illustrent une stratégie de légitimation intellectuelle du mouvement.

  • Le pôle “Adversaires” (en vert) : Le Rassemblement National (-0.10) et M. Macron (+0.04, neutre) sont peu attaqués frontalement, contrairement à Édouard Philippe (+0.23, ton positif surprenant) ou Bayrou (-0.25, défavorable). Cette modération s’explique par la volonté de rassembler au-delà de la gauche : Mélenchon cible moins les personnes que les systèmes (CAC 40, MEDEF, Ve République). Le Front National (-0.16) et Le Pen (-0.19) sont toutefois stigmatisés, mais sans excès, pour éviter de polariser l’électorat modéré.

  • Le pôle “Géopolitique” (en jaune) : La Chine (+0.20), Taïwan (+0.03) et l’Iran (+0.05) sont évoqués dans un registre neutre, tandis que les États-Unis (+0.11) et l’OTAN (+0.05) sont discrètement critiqués. Ce pôle sert à illustrer la thèse du non-alignement (C6) : la France doit “défendre le droit international” contre l’hégémonie américaine. Les références à De Gaulle (+0.37) et au Conseil de sécurité de l’ONU (+0.84, polarité la plus élevée) ancrent ce discours dans une tradition gaulliste de souveraineté, tout en évitant un anti-américanisme caricatural.

Associations révélatrices :

  • Mélenchon ↔ De Gaulle : Une réappropriation symbolique de la figure gaulliste pour légitimer une politique étrangère indépendante.
  • NFP/NUPES ↔ Assemblée Nationale : Insistance sur la légitimité institutionnelle du mouvement, en opposition aux “bricolages” des autres partis (C3).
  • Cuba/Venezuela ↔ la France : Une comparaison implicite pour promouvoir un modèle économique alternatif (C7), avec une polarité modérément positive (+0.16 pour le Venezuela).

3. REGISTRE

Avec un score de lisibilité de 81.2 (échelle Kandel-Moles), le discours est très accessible, proche des comptines (100.3) et bien au-dessus des textes techniques (Conseil d’État à 29.8). Cette oralité assumée (phrases courtes, lexique simple) correspond à la cible de Brut : un public jeune et peu politisé. Mélenchon simplifie sans appauvrir, utilisant des métaphores percutantes (“un commando”, “des sous partout”) et des anecdotes (Chicago, Détroit) pour illustrer des concepts complexes.

Registre affectif : La colère domine (49 %), portée par des attaques contre les “menteurs éhontés” (Macron, médias) et les “partis en crise”. La tristesse (32 %) reflète une nostalgie des luttes passées (“on a tenu bon contre vents et marées”) et une compassion pour les laissés-pour-compte. Les pics de joie (12 %) sont rares mais stratégiques :

“Mais je sais que maintenant j’ai une confiance immense, vous voyez, dans l’élection qui vient. J’ai beaucoup d’espoir et ça me donne beaucoup de force.” Ces moments servent à contrebalancer la colère et à incarner un optimisme combatif, essentiel pour mobiliser.


4. VALEURS

Le profil Moral Foundations révèle une hiérarchie des valeurs radicale :

  • Autorité (9.41 occurrences/1000 mots) écrase les autres fondements, reflétant une vision verticale du pouvoir : Mélenchon se présente comme le guide éclairé (C2) d’un mouvement structuré autour de discipline collective (C1). Cette autorité n’est pas autoritaire, mais légitimée par l’urgence (guerre, climat) et la compétence (“le mieux préparé”).
  • Loyauté (1.68) et Équité (1.68) sont secondaires, mais servent à justifier l’unité du mouvement (“on a tenu bon”) et la justice sociale (C7).
  • Bienveillance (0.79) et Pureté (0.40) sont quasi absentes, confirmant que le discours évite les appels à la morale ou à l’émotion pure, au profit d’un argumentaire rationnel et combatif.

5. ARGUMENTS

Le fil argumentatif s’articule autour de trois thèses centrales :

  1. La légitimité insoumise (C1 + C2 + C4) :

    • Le mouvement est le seul organisé (“un commando”), avec un leader incontournable (Mélenchon) et un programme clair (VIᵉ République, planification écologique).
    • Opposition : Les autres partis sont “en crise”, “divisés”, et “sans projet” (C3).
  2. La rupture institutionnelle (C5 + C6) :

    • La VIᵉ République doit remplacer la Ve, jugée corrompue et inefficace, via des outils de démocratie directe (référendum révocatoire).
    • La politique étrangère doit rompre avec l’OTAN et les États-Unis pour restaurer la souveraineté française (De Gaulle, ONU).
  3. La justice sociale et écologique (C7) :

    • La bifurcation écologique doit être collective et planifiée pour éviter un “apartheid social”. Cette thèse renforce C4 : seuls les Insoumis ont un projet à la fois écologique et social.

Justifications clés :

  • L’urgence (guerre, climat) pour légitimer l’autorité de Mélenchon (C2).
  • L’échec des autres (C3) pour discréditer les alternatives.
  • L’histoire (De Gaulle, front populaire) pour ancrer le projet dans une continuité révolutionnaire.

SYNTHÈSE

Cette analyse révèle un discours soigneusement calibré pour dépasser les clivages gauche/droite tout en renforçant l’hégémonie insoumise. Trois éléments échappent à une lecture superficielle :

  1. Une stratégie de polarisation subtile : Mélenchon attaque moins les personnes (Macron, Le Pen) que les systèmes (Ve République, OTAN, CAC 40), ce qui permet de rassembler au-delà de la gauche sans aliéner sa base.
  2. Un équilibre émotionnel maîtrisé : La colère (49 %) est canalisée par des pics de joie (12 %) et une nostalgie mobilisatrice (tristesse 32 %), évitant un ton purement vindicatif.
  3. Un ancrage local et souverainiste : Le discours, classé comme 83 % “Local” par le Latouromètre, combine revendications territoriales (Nord, Corse) et ambition géopolitique (non-alignement), une synthèse rare dans le paysage politique français.

En somme, Mélenchon ne se contente pas de défendre un programme : il construit un récit de salut national, où la France Insoumise incarne à la fois l’héritage gaulliste et l’avenir révolutionnaire.

Arguments identifiés

  • C1 (high) — La méthode de désignation du candidat du mouvement Insoumis doit être collective et basée sur la préparation.
    Justification : Le mouvement Insoumis fonctionne comme un commando où l’on choisit le mieux préparé pour chaque fonction, comme pour Manuel Bompard ou Mathilde Panot.
  • C2 (high) — Jean-Luc Mélenchon est le mieux préparé pour affronter les crises actuelles (guerre, changement climatique).
    Justification : Il a l’expérience des événements politiques majeurs et une vision claire des enjeux comme le risque de guerre généralisé et l’accélération du changement climatique.
  • C3 (high) — Les autres partis politiques sont en crise et incapables de proposer une alternative crédible.
    Justification : Ils sont divisés, sans programme cohérent, et leurs dirigeants passent leur temps à critiquer les Insoumis plutôt qu’à proposer des solutions.
  • C4 (high) — La France Insoumise est la seule force politique capable de rassembler et de proposer un programme clair.
    Justification : Elle a un programme structuré, un seul candidat, et attire des électeurs perdus par les autres partis de gauche.
  • C5 (high) — La VIème République doit instaurer des outils de démocratie directe comme le référendum d’initiative citoyenne et révocatoire.
    Justification : Les citoyens veulent plus de contrôle sur les décisions politiques et les élus, et ces outils permettent une intervention populaire constante.
  • C6 (high) — La France doit adopter une politique de non-alignement et défendre le droit international.
    Justification : L’OTAN et les États-Unis imposent des décisions contraires aux intérêts français, et la France doit retrouver sa souveraineté pour promouvoir la paix.
  • C7 (high) — La bifurcation écologique doit être collective et planifiée pour éviter les inégalités.
    Justification : Les solutions individuelles ou libérales créent des apartheid sociaux, et seule une planification écologique globale peut répondre aux enjeux environnementaux.
Indicateur · carte d'arguments

Sept thèses, étayage variable.

Le pipeline extrait jusqu'à sept couples affirmation / prémisse du transcript. Haute : argument clair et appuyé. Moyenne : présent mais étayage partiel. Faible : plausible mais peu explicite. Ces scores notent la présence dans le texte, pas la validité éditoriale.

  1. 01

    La méthode de désignation du candidat du mouvement Insoumis doit être collective et basée sur la préparation.

    Prémisse Le mouvement Insoumis fonctionne comme un commando où l'on choisit le mieux préparé pour chaque fonction, comme pour Manuel Bompard ou Mathilde Panot.

    confiance haute Arg1
  2. 02

    Jean-Luc Mélenchon est le mieux préparé pour affronter les crises actuelles (guerre, changement climatique).

    Prémisse Il a l'expérience des événements politiques majeurs et une vision claire des enjeux comme le risque de guerre généralisé et l'accélération du changement climatique.

    confiance haute Arg2
  3. 03

    Les autres partis politiques sont en crise et incapables de proposer une alternative crédible.

    Prémisse Ils sont divisés, sans programme cohérent, et leurs dirigeants passent leur temps à critiquer les Insoumis plutôt qu'à proposer des solutions.

    confiance haute Arg3
  4. 04

    La France Insoumise est la seule force politique capable de rassembler et de proposer un programme clair.

    Prémisse Elle a un programme structuré, un seul candidat, et attire des électeurs perdus par les autres partis de gauche.

    confiance haute Arg4
  5. 05

    La VIème République doit instaurer des outils de démocratie directe comme le référendum d'initiative citoyenne et révocatoire.

    Prémisse Les citoyens veulent plus de contrôle sur les décisions politiques et les élus, et ces outils permettent une intervention populaire constante.

    confiance haute Arg5
  6. 06

    La France doit adopter une politique de non-alignement et défendre le droit international.

    Prémisse L'OTAN et les États-Unis imposent des décisions contraires aux intérêts français, et la France doit retrouver sa souveraineté pour promouvoir la paix.

    confiance haute Arg6
  7. 07

    La bifurcation écologique doit être collective et planifiée pour éviter les inégalités.

    Prémisse Les solutions individuelles ou libérales créent des apartheid sociaux, et seule une planification écologique globale peut répondre aux enjeux environnementaux.

    confiance haute Arg7
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