Blocage du détroit d'Ormuz : le risque d'un choc industriel pour l'Europe ?
La fermeture ou la perturbation durable du détroit d'Ormuz affecte les chaînes de valeur industrielles selon trois canaux distincts. Le premier est celui des prix de l'énergie : une interruption du trafic pétrolier et gazier se répercute immédiatement sur les cours du pétrole brut, du gaz naturel et, par ricochet, sur les prix de l'électricité. Le deuxième canal concerne les intrants non énergétiques. Une perturbation d'Ormuz touche également les matières premières – minéraux, produits chimiques, engrais – dont dépend étroitement l'industrie européenne, fragilisant ainsi la continuité de ses processus de production. Le troisième canal est celui de la désorganisation logistique : si les tensions à Ormuz se doublent de perturbations dans la mer Rouge (sous la pression des rebelles houthistes (Yémen), alliés de l'Iran, comme entre 2023 et 2025), le trafic maritime est dévié par le cap de Bonne-Espérance (Afrique australe). Cela allongerait les délais de transit de quinze à vingt jours, induirait des surcoûts de plusieurs centaines de milliers de dollars par voyage en raison de la consommation additionnelle de carburant, et s'accompagnerait d'une explosion des primes d'assurance pour les « risques de guerre ».
↗ Lire la source — connaissancedesenergies.orgNœud d'ouverture. Tribune de Patrice Geoffron analysant les trois canaux par lesquels le blocage d'Ormuz affecte l'industrie européenne.