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Environnement DOSSIER · linéaire · 20 nœuds

Pénurie alimentaire : ce que disent les prospectivistes

Édito

Il n'a presque pas plu de fin avril à début octobre. Le 30 septembre, L'Humanité titrait sur +32 % pour les courgettes et +31 % pour les tomates. Le lendemain, Le Grand Continent relevait la plus forte hausse trimestrielle des prix agricoles mondiaux depuis l'invasion de l'Ukraine. Une sécheresse historique, un El Niño annoncé comme record, des engrais renchéris par la guerre en Iran… Alors on s'interroge. Que se passerait-il si les grands pays exportateurs faisaient, la même année, de mauvaises récoltes ? Et finalement, qu'est-ce qui nous sépare d'une pénurie alimentaire ?

On a cherché des réponses chez des gens dont c'est le métier : chercheurs, assureurs, hauts fonctionnaires. La prospective est une discipline difficile, peut-être plus encore en ce moment.

Première surprise : le scénario d'une mauvaise année simultanée en Amérique du Nord, en Europe et en Russie est un objet d'étude établi. Il a même un nom, multiple breadbasket failure. Lloyd's l'a chiffré dès 2015 : prix des céréales multipliés par quatre, émeutes de la faim au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Les modèles climatiques sous-estiment probablement la synchronisation des sécheresses. Le GIEC, lui, rappelle que la preuve d'une tendance déjà en cours « reste limitée ». Le risque est sérieux, il n'est pas encore démontré comme une trajectoire.

Deuxième surprise : vue de France, la pénurie n'est pas d'abord une affaire de calories. La France reste une grande exportatrice de blé, et FranceAgriMer juge ses stocks confortables. L'IFPRI a modélisé une perte de 25 % des rendements en Amérique du Nord et en Europe : chez nous, le choc se paierait à la caisse, de 10 à 14 % de hausse mondiale. La faim frapperait ailleurs : dans le Sud global, dépendant des importations. Notre vraie fragilité est en amont : plus de 80 % de nos engrais sont importés, le gaz pèse 80 % du coût des engrais azotés, et un tiers de la production mondiale d'engrais azotés transite par le détroit d'Ormuz.

Reste la question qui compte pour nous : l'État se prépare-t-il au pire ? Il sait, c'est documenté. Dès 2024, on note dans les ministères la dépendance aux engrais. Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan estime que 35 à 40 % de la valeur ajoutée agricole est menacée d'ici 2050. Mais le 18 septembre, la Cour des comptes constatait que « ces fragilités majeures demeurent ». Pendant ce temps, la Finlande stocke neuf mois de céréales, plus les semences et les engrais de la récolte suivante. Nous n'avons trouvé aucun exercice public français simulant un choc mondial synchrone.

Ce dossier n'annonce pas la disette. Il pose une question de méthode : les scénarios existent, chez les assureurs et dans les revues scientifiques. Ce qui nous manque encore, c'est un plan, une vision à long terme. Et si nos candidats parlent bien d'agriculture, ils ne nous préparent pas encore aux nouveaux risques qui s'annoncent.

La rédaction d'AFK.live

Pénurie alimentaire : ce que disent les prospectivistes

Le parcours.

20 nœuds · à lire dans l'ordre
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L'Humanité

Plus 32 % pour les courgettes, 31 % pour les tomates… Les événements climatiques extrêmes font flamber les prix alimentaires

Le groupe de recherche Zero Carbon Analytics (ZCA) a recensé 28 flambées des prix alimentaires dans le monde du fait des événements climatiques extrêmes depuis 2022, dont 12 depuis 2024, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne, au Japon, au Brésil, au Mexique et en France. ZCA rappelle que le super El Niño en cours, associé à la guerre en Iran, provoquent « un choc dévastateur pour les systèmes alimentaires mondiaux déjà déstabilisés par le changement climatique et la dégradation de l'environnement. » Au niveau national, l'analyse relève que les chaleurs records de juin 2026 ont affecté les cultures et les récoltes de maïs et de légumes. En juillet, le ZCA notait une augmentation des prix à la consommation sur un an de 32 % pour les courgettes, 31 % pour les tomates et 24 % pour les haricots verts.

↗ Lire la source — humanite.fr

Le point de départ du dossier. Zero Carbon Analytics compte 28 flambées de prix alimentaires liées aux extrêmes climatiques depuis 2022, dont 12 depuis 2024. En cet automne 2026, le super El Niño et la guerre en Iran s'additionnent. La courgette n'est qu'un symptôme : la vraie question est de savoir jusqu'où le système encaisse.

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La Relève et La Peste

Sécheresse 2026 : jusqu'où tiendra notre approvisionnement ?

Aucune pénurie généralisée ne menace donc les étals français à court terme. Néanmoins, un consensus se dessine des deux côtés de la Manche. La sécurité alimentaire européenne dépendra de notre aptitude à anticiper des sécheresses devenues structurelles, et non plus exceptionnelles. Le vrai risque n'est pas de manquer demain. Il est de continuer à produire comme si le climat d'hier existait encore.

↗ Lire la source — lareleveetlapeste.fr

La réponse courte, et elle rassure : pas de pénurie généralisée en France à court terme. D'après FranceAgriMer, les stocks de début de campagne restent confortables. Mais le diagnostic qui suit ne rassure pas du tout : le risque est de continuer à produire comme si le climat d'hier existait encore.

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Libération

« Il n'y a pas de solution miracle » : les céréaliers français confrontés à la flambée des prix des engrais et du carburant

Le chapitre de la dermatose bovine est à peine refermé pour les éleveurs qu'une autre crise se profile pour les céréaliers. Ils prennent de plein fouet la situation au Moyen-Orient qui paralyse le détroit d'Ormuz par lequel transite un tiers de la production mondiale d'engrais azotés. Ce blocage affecte aussi bien l'acheminement que la production car «le gaz représente 80 % du coût de production des engrais azotés», précise Arthur Portier, consultant sur les matières premières pour le cabinet Argus Media. Or, le gaz a bondi de plus de 90 % en une semaine. Cela affecte directement l'Europe car «26 % de son urée [un engrais azoté, ndlr] provient d'Egypte dont la production dépend du gaz du Moyen-Orient et d'Israël qui ont suspendu leurs livraisons pour des raisons de sécurité», explique l'analyste. Résultat, l'urée égyptienne est passée de 500 à 600 dollars la tonne en une semaine.

↗ Lire la source — liberation.fr

Le maillon faible n'est pas le blé, c'est ce qu'il faut pour le faire pousser. Un tiers des engrais azotés mondiaux transite par Ormuz, et le gaz pèse 80 % de leur coût de production. Un pays exportateur de céréales peut donc être vulnérable par ses intrants.

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IRIS

France harvests amid heatwaves and cold snaps

The area sown with wheat has fallen by 20% over the past decade, from 5 to 4 million hectares. Since 2023, most wheat producers in France have had negative incomes. This is unsustainable over time. The future Common Agricultural Policy (CAP), whose financial framework and policy direction remain unclear for the period after 2027, could compound the difficulties facing arable farming in certain regions and on both small and large farms. Without profitable businesses and medium-term strategic visibility, farmers will turn away from wheat and grow other crops, which may be more profitable and benefit from a less unstable political and regulatory framework. If France no longer exports, this will also add another variable of uncertainty to global balances.

↗ Lire la source — iris-france.org

Sébastien Abis (IRIS, Club Demeter) déplace la question : l'enjeu stratégique n'est plus le volume, mais la régularité de la production. Les surfaces en blé ont reculé de 20 % en dix ans. Si la France cessait d'exporter, c'est l'équilibre mondial qui deviendrait plus incertain, pas seulement le nôtre.

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WIKIPEDIA
W WIKIPEDIA
Wikipedia · article complet

Multiple breadbasket failure

§ Role of climate change

Research and statistical analysis conducted by the McKinsey Global Institute indicates that ongoing climate change is increasing both the likelihood and severity of future multiple breadbasket failures. A 2020 report by the institute estimated that by 2030, the probability of a greater than 15% shock to global grain production is projected to double, rising from a 1-in-100 year event to a 1-in-50 year occurrence and representing an 18% likelihood of such an event occurring within the 2030s. Furthermore, when extreme events push agricultural systems beyond critical environmental thresholds, they can induce rapid, nonlinear changes that may be difficult or impossible to reverse.

cat: Category:Climate change and agriculture cat: Category:Effects of climate change cat: Category:Failure cat: Category:Food security cat: Category:Globalization

Le scénario d'une mauvaise année simultanée en Amérique du Nord, en Europe et en Russie porte un nom dans la littérature : « multiple breadbasket failure ». D'après le McKinsey Global Institute, la probabilité d'un choc de plus de 15 % sur la production mondiale de céréales doublerait d'ici 2030.

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Lloyd's

Food System Shock — Lloyd's (2015)

A combination of just three catastrophic weather events could undermine food production across the globe. These could lead to a 10% drop in global maize production, an 11% fall in soybean production, a 7% fall in wheat production and a 7% fall in rice production. Wheat, maize and soybean prices could increase to quadruple the average levels experienced during the 20 years prior to the global food price shock of 2007/8. Rice prices could increase by 500%. While agriculture commodity stocks might benefit, the overall economic impact of high food prices, combined with rising political instability, could severely impact financial markets. The scenario indicates that the main European stock markets might lose 10% of their value and US stock markets 5%. The scenario indicates this series of events has the potential to lead to food riots breaking out in urban areas across the Middle East, North Africa and Latin America, leading to wider political instability and having knock-on effects for a wide range of businesses.

↗ Lire la source — assets.lloyds.com

Ceux qui ont le plus sérieusement chiffré le scénario ne sont pas des militants, ce sont des assureurs. Trois événements météo suffisent dans le scénario de Lloyd's. Résultat : prix du blé, du maïs et du soja multipliés par quatre, émeutes au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Amérique latine, bourses européennes à -10 %. C'est un scénario plausible, pas une prévision.

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Carbon Brief

Food production shocks 'will happen more often because of extreme weather'

Climate change and a growing population mean that food "shocks" – where the production of staple crops such as rice, wheat and soybean falls by 5-7% – will triple in just 25 years, according to new research. The report by the UK-US Taskforce on Extreme Weather and Global Food System Resilience says the odds are currently once-in-a-century but such an event will occur every 30 years or more by 2040, leaving people in developing countries vulnerable to instability and conflict.

↗ Lire la source — carbonbrief.org

Même année, côté public : la taskforce britanno-américaine sur les extrêmes météo et la résilience du système alimentaire. Un choc de production qui arrivait une fois par siècle reviendrait tous les 30 ans d'ici 2040. C'est un ordre de grandeur, à prendre comme tel.

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Nature

Risks of synchronized low yields are underestimated in climate and crop model projections

Simultaneous harvest failures across major crop-producing regions are a threat to global food security. Concurrent weather extremes driven by a strongly meandering jet stream could trigger such events, but so far this has not been quantified. Specifically, the ability of state-of-the art crop and climate models to adequately reproduce such high impact events is a crucial component for estimating risks to global food security. Here we find an increased likelihood of concurrent low yields during summers featuring meandering jets in observations and models. While climate models accurately simulate atmospheric patterns, associated surface weather anomalies and negative effects on crop responses are mostly underestimated in bias-adjusted simulations. Given the identified model biases, future assessments of regional and concurrent crop losses from meandering jet states remain highly uncertain.

↗ Lire la source — nature.com

Le mécanisme physique : un jet stream qui ondule fige des anomalies de chaleur et de sécheresse sur plusieurs greniers en même temps. Kornhuber et ses co-auteurs (Nature Communications, 2023) montrent surtout que les modèles reproduisent bien la circulation atmosphérique, mais sous-estiment ses effets au sol sur les récoltes.

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GIEC (IPCC) — AR6 WGII, chapitre 5

GIEC, AR6 — Encadré 5.1 : les défaillances simultanées de récoltes

Simultaneous yield losses across major producing regions can be a threat to food security but had not been quantified by the time of AR5. Large-scale sea surface temperature (SST) oscillations greatly influence global yield of major crops (high confidence) (Anderson et al., 2019b; Najafi et al., 2019; Ubilava and Abdolrahimi, 2019; Heino et al., 2020; Iizumi et al., 2021b) and food prices (Ubilava, 2018). Some studies showed that crop yields in different regions covaried with SST oscillations, suggesting occurrences of tele-connected yield failures (crop losses caused by related factors in distant regions; Table Box 5.1.1) (medium confidence). Evidence of synchronised crop failures increasing with ongoing climate change is still limited.

↗ Lire la source — ipcc.ch

Le contrepoint indispensable. Le GIEC reconnaît que les oscillations océaniques synchronisent les rendements à distance (confiance moyenne). Mais il écrit que la preuve d'une hausse des défaillances synchronisées avec le réchauffement « reste limitée ». Le risque est sérieux, sans être établi comme une tendance en cours.

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Food Security Portal

Will extreme weather lead to multiple breadbasket failures and threaten global food security?

An MBBF causing a 25% loss in yields in Eastern and Southern Africa and South Asia would cause an estimated 2 percentage point increase in the global prevalence of undernourishment (compared with the baseline), impacting 160 million more people (see Figure 1). In the affected regions, food insecurity could increase between 4 and 10 percentage points, as farm households are hurt by lower output and incomes, and other vulnerable households by sharply rising food prices. In the high-income countries in Europe and North America, however, outcomes are quite different. Simultaneous production shocks may actually lead—on average—to higher farm incomes in those regions, as rising producer prices compensate for lost production. The effects on LMICs in this scenario are mixed. Overall, an MBBF causing a 25% productivity loss in North America and Europe would cause a bigger fall in global real incomes (by about 1%) and a larger increase in world food prices (by 10%-14%) in the year of the shock than one in Eastern and Southern Africa and South Asia (in which case global income would fall by about 0.5% and world food prices would rise by around 6%).

↗ Lire la source — foodsecurityportal.org

Le résultat le plus contre-intuitif du dossier, signé IFPRI (Martin, Nia, Vos). Une perte de 25 % des rendements en Amérique du Nord et en Europe ferait bondir les prix mondiaux de 10 à 14 % et pourrait même augmenter le revenu des agriculteurs du Nord. La faim, elle, frappe quand le choc touche l'Afrique de l'Est et australe ou l'Asie du Sud. Pour nous, la pénurie est d'abord une affaire de prix ; ailleurs, elle se compte en calories.

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Revue SESAME

[Sécurité alimentaire 1/3] Faire bloc pour constituer des stocks ?

Autre cas de figure, celui des pays de grande taille, comme l'Inde ou la Chine. Là aussi, en cas de mauvaises récoltes, trouver les quantités suffisantes sur les marchés internationaux se révèlerait très difficile car ces derniers sont étroits. Pour les céréales, en moyenne, ils représentent seulement 10 % de la consommation mondiale ! Les grands pays n'ont donc pas le choix. Ils doivent stocker. Ce n'est pas rien car ils représentent une grande partie de l'humanité. S'ils ne disposaient pas de ces réserves, ce serait non seulement très dangereux pour eux, mais aussi pour le reste de l'humanité, car ils risqueraient alors d'aspirer tout ce qu'il y a sur les marchés, mettant à mal d'autres pays qui dépendent des importations.

↗ Lire la source — revue-sesame-inrae.fr

Pourquoi un choc régional devient mondial. Seuls 10 % environ des céréales consommées dans le monde passent par les marchés internationaux. Si un grand pays doit acheter massivement, il « aspire » tout ce qui s'y trouve, au détriment des importateurs. D'où la question des stocks, que l'Europe avait abandonnée.

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Les Echos

EXCLUSIF - La souveraineté alimentaire de la France sous pression

Ce tableau, peu alarmant à première vue, masque toutefois un énorme bémol : la France souffre d'une très forte dépendance aux intrants amont essentiels à sa production agricole. Elle importe ainsi une grande partie de ses engrais (plus de 80 % en 2022, dont une large part à des pays tiers à l'Union européenne, comme les Etats-Unis, l'Egypte, Trinidad, l'Algérie, la Russie ou le Qatar). Une « double dépendance aux pays tiers et aux énergies fossiles (qui servent à fabriquer les engrais minéraux) », déplore le document. La France achète aussi une grande partie des protéines utilisées pour l'alimentation animale. Les deux tiers des tourteaux utilisés à cet effet sont ainsi importés, notamment du Brésil. Enfin, la contribution de l'agriculture à la souveraineté de la France doit aussi tenir compte de nos besoins énergétiques. La biomasse agricole, qui permet de produire du biogaz ou des biocarburants, doit contribuer de façon déterminante à la décarbonation de la France. Or la filière française de biogazole dépend à 75 % des importations et celle de bio essence de 50 %.

↗ Lire la source — lesechos.fr

Oui, l'État a des gens qui travaillent sur ces questions. Dès février 2024, un document interne du gouvernement, révélé par Les Échos, identifiait la faille : plus de 80 % des engrais importés, avec une « double dépendance » aux pays tiers et aux énergies fossiles.

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Cour des comptes

La sécurité des approvisionnements alimentaires — rapport de suivi (Cour des comptes)

Plusieurs constats sont dressés par la Cour : - Assurer la sécurité des approvisionnements alimentaires est vital pour satisfaire les besoins essentiels de la population, d'autant que la croissance des besoins alimentaires, l'accentuation des menaces géopolitiques et les risques liés à l'évolution du climat et à l'érosion de la biodiversité, exercent sur elle une pression croissante. - Une priorisation des soutiens publiques a certes été effectuée par l'État sur la base des diagnostics réalisés relatifs à la sécurité des approvisionnements. C'est notamment le cas pour les vulnérabilités critiques existant en matière d'engrais et de production de protéines animales. Toutefois, ces fragilités majeures demeurent, soit que la dépendance à ces produits n'ait pas été réduite, soit que le passage à l'échelle des besoins identifiés des solutions innovantes développées ne soit pas atteint, soit enfin que les fragilités en matière de distribution alimentaire n'aient pas été réduites.

↗ Lire la source — ccomptes.fr

Le suivi, deux ans et demi plus tard, par la Cour des comptes (18 septembre 2026) : les fragilités majeures demeurent. Sur les engrais, les protéines animales et la distribution, la stratégie nationale de résilience n'a répondu que partiellement. Les solutions restent ponctuelles.

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Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan

Focus Environnement — Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan (septembre 2026)

En 2050, à politiques inchangées, l'agriculture serait plongée dans un climat d'événements et de saisons extrêmes. Les rendements baisseraient et deviendraient plus variables ; les pathogènes, les ravageurs et les zoonoses seraient plus fréquents ; les conflits d'usage sur l'eau et la dégradation des sols fragiliseraient l'équilibre économique des exploitations. Entre 35 % et 40 % de la valeur ajoutée agricole est menacée (14 à 16 milliards par an), dont 50 % par un impact direct du changement climatique. Comme les prix internationaux resteront souvent inférieurs aux coûts français, l'agriculture continuerait de dépendre d'aides publiques récurrentes.

↗ Lire la source — strategie-plan.gouv.fr

La prospective officielle à l'horizon 2050, publiée ce mois de septembre : rendements en baisse et plus variables, 35 à 40 % de la valeur ajoutée agricole menacée. Elle raisonne sur la France, ses filières et ses dépendances. Le scénario d'un choc mondial synchrone n'y figure pas.

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Blog de veille du Centre d'études et de prospective

Prospective sur l'avenir de l'agriculture en 2050 — veille du Centre d'études et de prospective

En mars 2025, le Bureau T, filiale du groupe Caisse des dépôts, a réalisé une étude prospective comportant trois scénarios d'évolution du secteur agricole français à l'horizon 2050, et ce pour 24 filières végétales. D'après le scénario tendanciel, 35 à 40 % de la valeur ajoutée du secteur seraient menacés à l'horizon 2050, en particulier en raison des impacts du changement climatique. Les deux autres scénarios sont fondés sur un renforcement de la compétitivité économique d'une part, et sur une forte planification du secteur agricole pour préserver les écosystèmes d'autre part.

↗ Lire la source — veillecep.fr

La cellule de prospective du ministère de l'Agriculture relaie l'étude de Bureau T (groupe Caisse des dépôts), sur laquelle s'appuie le Haut-commissariat. Trois scénarios, 24 filières végétales passées au crible. C'est là que travaillent, au ministère, les prospectivistes de l'agriculture.

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Le Monde

Le modèle finlandais de réserves stratégiques alimentaires et énergétiques, pour « survivre à n'importe quel type de crise », fait école

Non seulement le pays nordique de 5,6 millions d'habitants produit plus de céréales, d'œufs ou de porc qu'il n'en consomme, affichant un taux d'autosuffisance alimentaire de 80 % (contre 50 % pour la Suède voisine), mais il dispose d'une réserve céréalière, en plus de stocks de semences, d'engrais et de produits phytosanitaires, ainsi que d'hydrocarbures et de médicaments. Le modèle, qui repose sur un partenariat entre la puissance publique et le secteur privé, est bien plus diffus et extrêmement décentralisé. Les stocks ne sont pas gérés par l'Etat, mais par des compagnies rémunérées pour constituer des réserves, intégrées au marché. L'invasion de l'Ukraine par la Russie a mené à des aménagements. Helsinki a augmenté ses réserves de céréales, pour couvrir neuf mois de consommation, contre six auparavant.

↗ Lire la source — lemonde.fr

À quoi ressemble un pays qui a pris le scénario au sérieux : réserves de céréales, mais aussi de semences, d'engrais et de produits phytosanitaires, gérées en partenariat avec le privé. La Finlande stocke les intrants de la récolte suivante, exactement le maillon que la Cour des comptes juge fragile chez nous.

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European Commission

EU stockpiling strategy — Commission européenne (juillet 2025)

During major energy blackouts, natural disasters, conflicts or pandemics, access to essential goods - such as food, water, oil, fuel and medicines – is crucial. The Commission has put forward two strategies designed to improve this access during crises: an EU stockpiling strategy and a medical countermeasures strategy. The stockpiling strategy becomes the EU's first comprehensive approach to stockpiling. Key actions in the strategy include establishing an EU stockpiling network with EU countries to ensure collaboration and coordination, identifying stock gaps and duplications, expanding EU-level stockpiles, enhancing transport and logistics for rapid crisis response, promoting civil-military, public-private, and international partnerships.

↗ Lire la source — commission.europa.eu

L'Europe s'y met : en juillet 2025, la Commission a adopté sa première stratégie globale de stockage, nourriture comprise. C'est un réseau et une méthode, pas encore des silos. En France, une question écrite sur des stocks stratégiques de céréales attend sa réponse depuis mai 2026.

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The Shift Project

Manger en 2050 — The Shift Project

« Manger en 2050 » s'inscrit dans la continuité des travaux du Shift sur l'agriculture et vise à proposer le second volet de la réflexion : documenter les contraintes, dépendances et risques qui pèsent sur le système alimentaire et ses acteurs, identifier les leviers de transformation pour y répondre, explorer des trajectoires possibles, et bien sûr proposer des recommandations pour s'engager sur la voie d'une alimentation durable et résiliente aux chocs. Le tout en associant les acteurs économiques à chaque étape pour identifier avec eux les vulnérabilités de leurs chaînes de valeur, et les perspectives qui s'offrent à eux.

↗ Lire la source — theshiftproject.org

La suite au prochain épisode : après l'agriculture, le Shift Project documente les dépendances et les risques de tout le système alimentaire, et la question de sa résilience aux chocs. Le rapport intermédiaire est attendu fin octobre 2026. Ce dossier sera mis à jour.

FIN
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