Le transcript ci-dessous est échantillonné (≤ 40 % du
texte original ; le texte intégral appartient à la source).
Les références Q1, Q2… dans l'analyse renvoient
aux questions de ce transcript — cliquer sur une référence ouvre
le panneau et défile jusqu'à la question.
Note : ce transcript agrège et échantillonne les quatre passages « Face aux Jeunes Agriculteurs » (Congrès national des Jeunes Agriculteurs, Bourg-en-Bresse, 4 juin 2026). Le texte intégral appartient aux Jeunes Agriculteurs (diffusion YouTube). Les questions sont renumérotées en continu (Q1…Q67) pour servir d’ancres à l’analyse ; seuls les passages cités ou utiles à l’analyse sont conservés en entier, les autres sont élidés par […].
Bruno Retailleau — Les Républicains
Q1. Merci de présenter votre projet pour l’agriculture.
Bruno Retailleau: Merci. Merci. D’abord, je voudrais vous saluer tous. Je voudrais féliciter le nouveau bureau, le nouveau conseil d’administration, Jocelyn, donc votre nouveau président. Je voudrais, avant de commencer ce topo très court de cinq minutes, simplement vous dire que je ne suis pas venu ici avec un discours que j’ai préparé uniquement pour vous servir ce que vous attendez de moi. Ce que je vais vous dire, ça correspond à mes convictions. Et parmi vous, certains me connaissent, il y a même des Vendéens qui viennent d’être élus vice-président, et ils pourront témoigner de ce que j’ai toujours dit depuis des années, depuis des années, de ce que j’ai toujours fait comme président de conseil départemental, comme président de région, ou comme président de groupe au Sénat, puisque c’est moi qui avais fait inscrire la proposition de loi de Laurent Duplon. Donc mon discours s’est toujours accordé à mes actes. Ce que je vais vous dire aussi, c’est que je suis un enfant de la ruralité, j’habite là où je suis né, dans une commune de 1600 habitants, et je viens de cette France qui sait parfaitement ce que signifie de travailler la terre. Je connais vos inquiétudes, je connais vos colères, mais ce que je veux vous dire ce matin, c’est que ces colères, ces inquiétudes, ça dépasse très largement le cercle des jeunes agriculteurs et même la seule dimension d’agriculture. Parce que ces inquiétudes et cette colère, ça devrait être celle de tous les Français, parce que ce qui est en train de se jouer aujourd’hui et demain, c’est simplement… la capacité de la nation française à se nourrir. Notre souveraineté alimentaire est en train de s’effondrer sous nos yeux. Vous connaissiez mieux que moi les chiffres, ils sont dramatiques. Il y a quelques années, on était excédentaire notre balance des paiements. On exportait plus que ce qu’on importait. C’est désormais l’inverse. Il y a quelques années, c’était 12 milliards d’euros, le solde de la balance des paiements. Et aujourd’hui, c’est moins 13 si on exclut les vins et les spiritueux. Alors on peut dire que c’est comme ça partout dans l’Europe. Non, c’est faux. L’Europe, c’était l’inverse. Elle était déficitaire il y a 20 ans. Et aujourd’hui, elle est excédentaire de 50 milliards d’euros. Ça veut dire que nous, en France, la situation, l’affaiblissement de notre agriculture, ce n’est pas le fruit d’une malédiction qui nous est tombée du ciel, c’est le fruit, la conséquence de mauvaises décisions politiques. d’une sorte d’alliance, d’une idéologie avec la bureaucratie, ce sont souvent d’ailleurs les mêmes, qui nous ont fait entrer dans un chemin de décroissance. Et on en est réduit aujourd’hui à importer des molécules, des pratiques agricoles par le biais des importations, justement, qu’on interdit en France. Voilà où on en est. Et ce que je veux prendre devant vous aujourd’hui, solennellement, c’est quelques engagements que j’ai déjà pris d’ailleurs au salon de l’agriculture. Je l’avais présenté, on l’a travaillé avec trois parlementaires qui sont importants au Sénat, Laurent Duplon, Céline Imard au Parlement européen et… Julien Dive comme député à l’Assemblée nationale. C’est une douzaine de propositions que j’avais révélées il y a plusieurs mois avant le salon de l’agriculture. Deux objectifs. Premier objectif, c’est produire plus, accepter et avoir la fierté de produire. Les agriculteurs ne sont pas des jardiniers, les agriculteurs ce sont des chefs d’entreprise, ce sont d’abord des producteurs. Il faut baisser les importations et donc produire plus, c’est le premier engagement. Et le deuxième engagement, c’est produire pour tous les Français. J’ai rien contre la montée en gamme. Mais la montée en gamme s’est révélée, quand elle est trop exclusive, comme un piège. Un piège quand on a l’inflation, un piège quand on a des Français qui sont en train de se paupériser. Aujourd’hui, le niveau de vie des Français est inférieur au niveau de vie des Européens. J’étais en Pologne il y a quelques jours. Et j’ai vu que les Polonais, qui étaient hier très loin de nous en niveau de vie, sont en train de nous rattraper et demain nous dépasseront. Et donc quand il y a la pauvreté, la montée en gamme fait que des Français se sont tournés vers des produits qui ne sont plus produits en France et qui sont produits à l’étranger. Parmi les mesures qui pour moi sont prioritaires, un, que le politique reprenne le contrôle. J’en ai marre que l’agriculture soit gouvernée par des administrations, par des agences ou par des jurisprudences. Je modifierai la constitution pour supprimer le principe de précaution. Je veux une agriculteur qui soit innovatrice. Je modifierai la Constitution pour faire en sorte que l’agriculture soit comme un intérêt fondamental de la nation. Et je reprendrai la main sur les agences, certaines que je supprimerai, comme l’OFB, et d’autres comme l’AMSES, où j’imposerai le principe de reconnaissance mutuelle. Quand une molécule, quand un produit est reconnu… Par l’Europe, en Europe, le principe de la reconnaissance mutuelle, c’est qu’on le reconnaît aussi en France pour arrêter les surtranspositions. Le stockage de l’eau, fondamental. On ne peut pas, l’hiver, regarder l’eau tomber. On va arriver au terme, monsieur le maire. Je suis désolé. Et j’arrive plein de choses à vous dire, mais je vais profiter du dialogue que je vais engager avec vous pour continuer sur les priorités que je veux porter avec vous. Mais j’en ai marre et je veux une France qui, demain, assume sa capacité productive et soit fière de ses agriculteurs. Merci beaucoup.
Q2. Voilà. […]
Q3. Bonjour, M. […]
Bruno Retailleau: […]
Q4. Merci. […]
Bruno Retailleau: […]
Q5. Bonjour, bonjour M. […]
Bruno Retailleau: […]
Q6. Merci. […]
Q7. Alors une question de Yann Legac, président de GIA Finistère. […]
Bruno Retailleau: […]
Q8. Vous avez parlé du revenu, notamment sur la partie de l’installation des jeunes, qui… […]
Bruno Retailleau: […]
Q9. On vient de basculer après la première moitié de ces 20 minutes. […]
Q10. Alors, la prochaine PAC approche à grands pas. […]
Bruno Retailleau: […]
Q11. Il reste 7 minutes pour nos échanges, messieurs. […]
Q12. Justement, une petite relance. […]
Bruno Retailleau: […]
Q13. Si on veut plus de budget et si on se sent vraiment européen, chaque… […]
Bruno Retailleau: […]
Q14. Il reste 4 minutes. […]
Q15. Lié au sujet de l’Europe et à des sujets d’actualité, quelle position auriez-vous sur les traités de libre-échange? Et notamment, il y a le Mercosur récemment, mais il y en a une ribambelle d’autres, avec des intérêts parfois européens de pouvoir commercer avec le reste de la planète. Mais comment avoir des traités justes sans écraser les agriculteurs avec des produits non réglementaires.
Bruno Retailleau: J’ai toujours été clair dans mes votes. J’étais président du groupe majoritaire au Sénat quand on a refusé le CETA. On a aussi voté contre le Mercosur. Moi, je ne suis pas contre le libre-échange. Je ne suis pas contre les accords de libre-échange. Je suis contre les mauvais accords de libre-échange. Avec un principe, c’est pas de concurrence déloyale. On ne peut pas vous demander d’interdire telle ou telle molécule, telle ou telle pratique et contourner justement ces interdictions en les autorisant via les importations. Ça, ça n’est pas possible. Désormais, jusqu’à présent, l’agriculture, c’est toujours la variable d’ajustement dans les accords, dans les traités, notamment de libre-échange. Il y a un nouveau traité que la Commission d’ailleurs a conclu avec l’Inde. Ça, c’est à mon avis le futur des traités, des accords de libre-échange. Parce qu’on n’a pas fait, on a laissé l’agriculture de côté en disant attention, on la préserve, on n’en fait pas une variable d’ajustement. Et quand en 1994, vous voyez, j’étais jeune député. J’avais été sans doute un des seuls à droite à refuser de voter les accords de Marrakech, qui étaient les accords qui construisaient la future organisation mondiale du commerce avec l’entrée de la Chine au début des années 2000. Donc ce que je vous dis aujourd’hui, je l’ai fait et je l’ai voté hier à chaque fois. Et vous pourrez relire à la fois mes votes et mes déclarations. Les choses sont claires. Pas de concurrence illégale et l’agriculture n’est pas une variable d’ajustement.
Q16. Un peu moins de deux minutes. […]
Q17. Très rapidement, du coup, comment vous accompagnez l’agriculture et vous faites pour soutenir les… […]
Bruno Retailleau: […]
Q18. Voilà, il reste un peu moins de 30 secondes. Alors vraiment, je pense qu’on va arriver presque au terme, effectivement, de ces 20 minutes. On va vous laisser maintenant conclure, M. Retailleau, puisque le principe était de laisser une minute à chacun des intervenants avec des images d’illustration au choix, justement, de l’intervenant. Vous avez choisi quelque chose qui va apparaître à l’écran dans quelques instants. Vous allez pouvoir conclure. Voilà. Les amis, vous savez pourquoi j’ai choisi cette image? Ça, c’est pas une bassine, c’est une réserve de substitution. Il y en a 25 en Vendée, et depuis 25 ans, c’est moi, élu local, qui m’en suis occupé aux côtés des amis agriculteurs, aux côtés de la profession. On a obtenu une gestion collective de l’eau, qui est un bien commun, une gestion transparente, et on a des résultats extraordinaires, des résultats en termes économiques, des résultats en termes de biodiversité. Donc il y en a marre de l’idéologie que je veux dénoncer. Demain, on aura de plus en plus chaud. Demain, on aura de plus en plus de sécheresse. Si on interdit l’accès à l’eau à nos agriculteurs, c’est fini. Eh bien, ça, c’est un modèle. C’est le modèle que j’ai fait en Vendée. Ce modèle-là, je le généraliserai en France, le stockage de l’eau. Les projets seront déclarés d’intérêt général majeur. C’est par là qu’on reconstruira, les amis, avec l’accès à l’eau. C’est ce qu’a fait l’homme du néolithique, tout simplement. Eh bien, on va remettre la France et faire reverdir la France avec une nouvelle politique.
Bruno Retailleau: Agrigol, qui sera offensive et qui acceptera cette production nationale. Merci de votre attention.
Marine Tondelier — Les Écologistes (EELV)
Q19. Merci de présenter votre projet pour l’agriculture.
Marine Tondelier: Mais c’est les jeunes agriculteurs ici, donc je ne sais pas si tout le monde a la ref, en tout cas je ne l’ai pas. Vous dire que je suis ravie d’être là, très très sincèrement, j’ai eu la chance de pouvoir arriver hier soir, de partager votre séquence d’ouverture, de partager le dîner aussi avec vous de gala, et j’ai toujours eu beaucoup de respect, mais c’est parce que je fais la même chose que vous à ma place, pour celles et ceux qui s’engageaient pour le collectif, qui militaient, qui étaient syndiqués, qui passaient de leur temps personnel en plus de leur travail, en plus de leur famille pour aider leur père. J’ai un profond respect pour ça. Et si ce pays continue de tenir aujourd’hui, c’est parce qu’il y a des hommes et des femmes qui s’engagent pour. Et donc je vous remercie très sincèrement pour ce que vous faites. Et je remercie Quentin et Pierrick, avec qui, depuis que je suis secrétaire nationale des écologistes, nous avons toujours eu pas que des accords, mais un dialogue constructif, sincère, franc, beaucoup de convergence, beaucoup plus que je ne l’aurais pensé en arrivant là. Et je souhaite que ça continue avec Jocelyn, que je viens de rencontrer du coup, et j’ai confiance dans ça. Vous dire aussi que moi, je viens d’une famille d’agriculteurs. Alors vous pouvez dire, Hénin-Beaumont, ce n’est pas la ruralité, c’est 27 000 habitants, sauf que c’est la fusion d’Hénin et de Beaumont en Artois, et la ferme familiale dont ma grand-mère est née sur la table de la cuisine, où était née vraisemblablement sa maman et sa grand-mère avant elle. Et c’est… Si vous voulez, ça ne fait pas de moi évidemment une agricultrice, mais moi j’ai vécu avec mes grands-parents les incompréhensions parfois entre le milieu agricole et écologique. quand mon grand-père, quand j’ai pris ma carte chez les Verts en 2009, m’a dit « qu’est-ce que je t’ai fait ? » C’était l’ambiance au dîner. Mon parrain, mon oncle, et comment on dit maintenant, commercial en produits de santé végétale, j’ai un jour eu une tasse Roundup à Noël par provocation. Et ces débats-là, voilà. On lui dira qu’il a été applaudi. Et ces débats-là, chez nous, on les a toujours eus dans le respect. On est d’accord, on n’est pas d’accord, on en parle et on avance. On fêtera les 90 ans de mon grand-père en juillet. On sera tous autour de la même table et on continuera à discuter. Et puis, vous dire aussi, alors j’ai entendu M. Retailleau qui concluait sur le fait qu’il fallait verdir la France. Ça nous fait un point d’accord très très fort. Mais vous dire que, moi, les choses sont simples. Monsieur Retailleau l’a dit, il est en soutien du gouvernement et son parti est majoritaire au niveau européen. Ce bilan sur lequel vous m’interpellerez sûrement, et vous aurez raison de le faire, ce n’est pas le bilan des écologistes. Nous nous proposons depuis des décennies autre chose. Et donc le modèle agricole aujourd’hui est, pour certaines filières, clairement dans l’impasse. Nous nous proposons autre chose. Mais il y a des choses sur lesquelles on s’est toujours battus à vos côtés. Et quand je dis à vos côtés, c’est parce que ces combats les a menés ensemble. Et donc je vais être très très claire sur ces choses-là. Il n’y aura pas de transition écologique sans l’agriculture, et sans les agricultrices et sans les agriculteurs. Ce n’est pas possible. Et cette transition, on en a tous besoin pour notre présent, pour notre futur, pour l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. Et donc on doit la faire ensemble. Il n’y a pas d’avenir pour l’agriculture sans la transition écologique. Mais vous, vous le savez beaucoup plus que d’autres, que sans les sols et leur qualité, sans la biodiversité, sans l’eau, sans le climat qui attaque déjà de 21% vos perspectives de croissance, qui attaque vos rendements, alors l’avenir sera très compliqué. Et moi, je comprends parfaitement qu’à 58 ans, 60 ans, à l’approche de la retraite, on se dise« moi, je ne peux pas tout changer, je n’ai plus la force, je n’ai plus le temps». Mais votre génération sait qu’elle va se prendre le mur et vous nous trouverez toujours à vos côtés pour trouver des solutions. Et d’ailleurs, depuis des décennies, depuis des décennies, de manière constante et cohérente, qui s’est battu à vos côtés pour préserver les terres agricoles? La seule famille qui a toujours été là, c’était nous. C’était nous, contre les entrepôts Amazon, contre les hypermarchés. C’est des sujets, moi, là où j’habite, que je connais bien, puisque entre l’autoroute, la ligne TGV, le plus grand au champ de France, l’IKEA, les entrepôts logistiques, mon grand-père s’est fait exproprier à de multiples reprises, avec des conditions d’indemnisation qui ont relevé parfois du vol et du racket. Deuxièmement, sur la question des rémunérations des agriculteurs, on en parlera souvent, mais vous savez que que ce soit sur la PAC ou en France pour un revenu plancher, pour les agriculteurs, on a toujours été là également. Troisièmement, sur mettre des produits locaux dans les cantines, faire des circuits courts, des filières qui vous rémunèrent. On a toujours été là aussi. La restauration collective, c’est 4 milliards de repas, 4 millions de repas par an. Et on est là. Et puis dernier sujet, les traités de libre-échange. J’ai entendu M. Retailleau répondre à votre question, sauf que nous, on a vraiment toujours voté contre. Et les amis de M. Retailleau, Parlement européen, ont voté pour jusqu’à ce que vous manifestiez. Vous avez bien fait de manifester, d’ailleurs. Vous le convainquez plus que moi. Mais nous, vous le savez, depuis José Bové à Seattle et même avant, c’est d’ailleurs mon premier vote à la présidentielle en 2007, parce que j’avais trouvé bien ces combats sur le libre-échange, on a toujours été là et on continuera d’être là. Donc je sais que ce qui nous attend est dur, tous. Je sais les préjugés que vous vivez, parce que nous, on en vit aussi pas mal. Et donc on est à votre côté pour le climat, pour l’emploi, pour la souveraineté alimentaire et pour que vous puissiez vivre dignement de vos métiers et continuer à les exercer.
Q20. Merci Marine Tondelier pour cette intervention préambule. […]
Q21. Madame la Secrétaire, bonjour. […]
Marine Tondelier: […]
Q22. Bonjour Madame Tondelier, merci d’être là. […]
Marine Tondelier: […]
Q23. Très bien, merci. […]
Marine Tondelier: […]
Q24. La suivante, non. […]
Marine Tondelier: […]
Q25. Il reste 6 minutes et 40 secondes. […]
Q26. Bonjour Madame Tandelier, j’ai une question qui vient du réseau de Stéphanie Voiturin, qui… […]
Marine Tondelier: […]
Q27. Voilà, il reste 2 minutes et 50 secondes. […]
Marine Tondelier: […]
Q28. Non, non, non, allez-y, répondez. […]
Marine Tondelier: […]
Q29. Il reste une minute. […]
Q30. Donc merci à vous pour ces réponses. […]
Q31. Il me semble que je vous ai parlé de votre rentabilité. […]
Marine Tondelier: […]
Q32. Et ce sera le dernier propos. […]
Marine Tondelier: […]
Q33. Ah bon? […]
Marine Tondelier: […]
Q34. Si, si, je crois que ça va falloir. […]
Marine Tondelier: […]
Jean-Philippe Tanguy — Rassemblement national
Q35. Merci de présenter votre projet pour l’agriculture.
Jean-Philippe Tanguy: Bonjour à tous, merci à tous, merci pour l’organisation, bravo à l’équipe sortante des jeunes agriculteurs, bon courage et bravo à l’équipe qui va prendre la relève. Évidemment c’est une grande fierté et un grand honneur d’être parmi vous au nom de Marine Le Pen, au nom de Jordan Bardella pour une raison simple. Si vous, les jeunes agriculteurs et les anciens, avez embrassé, avez choisi la belle filière et la belle vocation d’agriculteur, c’est tout simplement que vous croyez en la France et vous aimez la France. Car quand vous vous engagez dans cette vocation, quand vous reprenez une installation, que vous vous installez, que vous allez vous occuper de votre bétail, de votre terre, par définition, vous êtes les premiers amoureux de la France, les premiers qui croient dans la terre, dans notre pays, dans notre avenir, dans notre économie, dans notre peuple. Et donc c’est tout naturellement que tous les patriotes, tous ceux qui comme vous partagent cet amour de la France ne peuvent être qu’auprès de vous, qu’avec vous, mais surtout, je l’espère un jour, que vous n’ayez plus besoin des hommes politiques, que vous ne soyez plus en demande d’aide, que vous ne soyez plus en demande de soutien et surtout que vous n’ayez plus besoin d’être protégé de votre propre gouvernement, de votre propre administration, des propres autorités européennes qui au lieu de vous aider, de vous accompagner, de vous protéger, vous exposent, vous accablent, vous raquettent. C’est le premier des paradoxes français aujourd’hui. Nous avons, et ce n’est pas du chauvinisme, la meilleure agriculture du monde. Et il y a une preuve simple, c’est qu’elle a résisté à toutes les avanies, à tout ce que vous a fait subir. La plus propre, la plus pérenne, la plus rentable si on enlevait la surréglementation et le racket. Et donc le paradoxe français, c’est que cette meilleure agriculture aujourd’hui, elle n’est pas valorisée, elle est subie, elle survit à la surréglementation, à une guerre, une bataille culturelle qui vous est menée depuis 30 ans. Et la bonne nouvelle dans tout cela, et vous avez le soutien massif des Français avec vous, c’est que si on vous libère de toutes ces mauvaises normes, si on vous libère de ce poids qui vous accable, si on vous libère du racket fiscal, si on vous protège des lobbies et d’un certain nombre de gens qui abusent et qui prennent une grande part de votre valeur ajoutée, et bien l’agriculture française renaîtra immédiatement, sincèrement, parce que vous avez les méthodes, vous avez les compétences, vous savez comment il faut travailler, vous avez hérité de ce patrimoine de vos parents et des traditions de la ruralité. Vous n’avez en fait pas besoin des hommes et des femmes politiques. Vous avez besoin qu’on vous laisse travailler, qu’on sache que comme des millions de Français dans toutes les professions aujourd’hui, le mot qui naît, qui renaît, qui remonte du cœur du pays, c’est laissez-nous bosser, laissez-nous travailler, laissez-nous construire notre propre pays, notre propre famille et notre propre vie. Et donc c’est l’élément essentiel aujourd’hui et c’est difficile, c’est vrai, pour les hommes et les femmes politiques, on veut toujours être partout. Voilà, c’est aussi notre défaut, il faut le dire, un homme ou une femme politique, il veut exister partout, y compris quand il ne doit pas être là, y compris quand la meilleure des solutions, c’est de ne pas être sur votre dos. C’est un paradoxe pour nous, mais il faut l’assumer. Oui, on doit être là pour vous protéger, mais on doit aussi, comment dire, apprendre à ne plus être sur votre dos, tout simplement. Et donc, qu’est-ce qu’il faut comme perspective pour les jeunes, pour le Rassemblement National? Eh bien, le premier… Des critères, évidemment, c’est des prix rémunérateurs, c’est que vous puissiez vivre de votre métier. Ça a été dit par beaucoup de gens, ça n’a pas été fait, ça n’a toujours pas été fait. Et l’agriculture reste le seul métier et le plus dur d’entre eux où vous ne pouvez pas vivre non seulement de votre travail, mais d’un travail difficile, d’un travail qui demande toute votre attention en élevage, en agriculture. Et c’est évidemment insupportable. Et la bonne nouvelle, chers amis, c’est que c’est insupportable pour une écrasante majorité de Françaises et de Français qui vous soutiennent. Et donc, il faut des prix planchers quand il n’y a pas de négociations qui arrivent à aboutir. Il faut intervenir sur les marchés, car les marchés ne savent pas ou ne veulent pas valoriser l’agriculture. Il faut lutter contre les quelques centrales d’achat qui sont 3 à 5 contre 280 000 agriculteurs. Vous ne pouvez pas lutter aussi nombreux contre une concentration du pouvoir économique aussi importante. Il faut lutter contre le libre-échange. On ne peut pas dire dans la même phrase qu’on est pour et contre le libre-échange. On ne peut pas le dire. Le libre-échange a toujours sacrifié et sacrifiera toujours l’agriculture et l’élevage. Vous êtes malheureusement aujourd’hui la variable d’ajustement. Ça ne sert à rien de le condamner, il faut en tirer parti et le parti c’est l’exception agricole. L’agriculture, l’élevage ne seront plus dans les traités de libre-échange avec le Rassemblement National et la France utilisera tout son pouvoir, les 30 milliards d’euros que nous versons à l’Union Européenne chaque année comme moyen de pression pour vous libérer de cette considération injuste. Il faut évidemment supprimer le principe de précaution du bloc constitutionnel. Qui a mis le principe constitutionnel ? Ce n’est pas Marie de Tordelier, je n’ai quand même pas à défendre les Verts, mais c’est la droite qui a mis, je suis désolé, sous Jacques Chirac, le principe de précaution et la charte de l’environnement dans le bloc de constitutionnalité. A l’époque, je me souviens, j’étais à l’UMP et je l’ai quitté en 2005, en même temps d’ailleurs que la forfaiture du référendum européen. Et l’Europe, il faut en parler. Oui, il faut en parler. Il ne sait pas qu’il faut en sortir, mais il faut en parler. Oui, il y a de la surtransposition. Et oui, le groupe Rassemblement National, lors du Parlement, lors de la loi qui a été votée, s’est battu pour interdire la surtransposition et nous en sommes fiers. Mais il n’y a pas que la surtransposition. Il y a aussi de la ferme à la fourchette de l’Union européenne qui a accompagné le déclin de l’agriculture française, qui nous a mis dans une condition folle. On arrive à la fin. De l’écologie punitive dans la réglementation européenne. Donc la surtransposition, l’absence de surtransposition, j’en finirai là, ne suffit pas. Il faut aussi revoir complètement la politique européenne. Il faut produire en France et en Europe. Ça commence par ne pas accepter l’Ukraine dans l’Union européenne.
Q36. Merci Jean-Philippe Tanguy pour ces 5 minutes et quelques secondes de plus. […]
Q37. Alors, bonjour M. […]
Jean-Philippe Tanguy: […]
Q38. Voilà, autre question? […]
Q39. Alors, justement, pardon, avant de passer à la question suivante, vous avez parlé de l’entrée de l’Ukraine. Hier, on est dans le thème, on a voté un rapport d’orientation à l’unanimité dans cette Assemblée. C’est le travail de position de réseau que fait Jeune Agriculteur chaque année à l’occasion du Congrès. Et c’est un rapport d’orientation qui se veut pour l’Europe, qui se veut pour l’entrée, pas que l’Ukraine, de certains nouveaux pays dans l’Union européenne, avec une vision de GIA qui dit qu’on aura besoin de cette force collective pour peser demain face aux autres grandes puissances. Quelle est votre vision de ce rapport de force, justement, avec les autres grandes puissances et comment on arrive à peser face à cela?
Jean-Philippe Tanguy: Mais c’est très simple, si vous faites rentrer l’Ukraine, vous faites rentrer le loup, l’ours et tous les prédateurs possibles dans la bergerie. C’est inévitable. Prenez les grandes cultures, prenez les grandes cultures picardes. Les grandes cultures picardes, mais les grandes cultures françaises seront directement en conflit et en opposition avec l’Ukraine qui ne respecte aucune des règles, ne respectera aucune des règles. Et vous avez déjà vu la difficulté que ça a été d’intégrer l’Espagne et le Portugal en 1986. Imaginez l’Ukraine. À côté de ça, l’Espagne et le Portugal, c’est de la gnognotte, c’est du pipi de chat. L’Ukraine, ce sont des… exploitations géantes qui sont sur les normes que nous avons en Amérique du Sud ou en Amérique du Nord et pas sur des normes européennes. Vous s’affronterez une concurrence sur le poulet alors que la filière est déjà dévastée par la concurrence des pays de l’Est, mais qui sera presque criminelle. On n’y arrivera pas. Les marchés ont été ouverts. Vous êtes déjà submergé par des œufs dont on ne contrôle rien, du poulet dont on ne contrôle rien, des grandes cultures dont on ne contrôle rien. Donc on ne peut pas intégrer l’Ukraine. Et excusez-moi, c’est contradictoire, ça va être désagréable, avec la question que vous m’avez posée sur la PAC. Si l’Ukraine gigantesque et dévastée par la guerre rentre dans l’Union européenne, le marché européen, elle aura le droit à des subventions aussi bien sur l’aide régionale que sur l’aide aux agricultures, mais vous n’aurez plus rien. Vous n’aurez plus rien et vous n’aurez que vos yeux pour pleurer. Et là, vous n’aurez plus rien parce que non seulement vous prendrez une partie considérable de votre PAC, alors que dans la nouvelle PAC, on passe déjà de 387 milliards pour le CFP à 300 milliards. Mais là en plus, la France devra payer, pas 40 milliards comme c’est prévu pour le prochain CFP, pour intégrer l’Ukraine, il faudra payer 45, 50 milliards d’euros par an. Donc cette politique d’élargissement de l’Union Européenne n’est pas raisonnable. Et d’ailleurs à chaque fois qu’on a élargi l’Europe, à l’élection d’après on disait« Ah oui c’est vrai, si on avait su, on n’aurait pas élargi à la Pologne, c’était trop tôt. Ah bah si on avait su, on n’aurait pas élargi à la Bulgarie et à la Roumanie. » Alors ils ne savent pas qu’il fallait élargir, mais ils continuent d’élargir. On ne peut pas intégrer les pays des Balkans et on ne peut pas intégrer l’Ukraine au marché unique. C’est la décision. instruction assurée du marché unique. L’Europe des 6 a été faite par des pays qui étaient homogènes, culturellement, économiquement, socialement, qui voulaient aller dans le même sens. Est-ce qu’aujourd’hui, il y a un seul agriculteur qui peut sincèrement me dire que vous allez, vous, avec vos exploitations françaises, aller dans le même sens que les fermiers qu’il y en a? Parce que c’est plutôt des grands possédants ukrainiens. Aucun. Aucun éleveur français ne va dans le même sens qu’un éleveur ukrainien. Aucun fermier français ne va dans le même sens qu’un fermier ukrainien. Donc si vous faites ça, vous faites ce que vous voulez évidemment, mais moi je ne suis pas là pour vous passer la brosse à reluire, c’est là pour dire ce qu’on pense. Intégrer l’Ukraine, c’est la fin de la PAC et c’est la fin de l’agriculture française telle que vous la voulez et que nous la voulons.
Q40. Il reste 11 minutes et 40 secondes. […]
Q41. On le sait, pour installer des jeunes, il faut forcément qu’ils aient un accès… […]
Jean-Philippe Tanguy: […]
Q42. Autre question? […]
Q43. Monsieur le député, vous avez parlé tout à l’heure de la sécurisation des marges pour les agriculteurs. Vous avez parlé de prix plancher. Est-ce que le risque, ce n’est pas de lisser justement les prix vers le bas? Et quelles autres mesures vous proposez pour justement encadrer la marge de la grande distribution et favoriser plutôt une marge pour les agriculteurs?
Jean-Philippe Tanguy: Mais vous avez raison de reposer la question parce qu’évidemment le prix plancher ne peut intervenir que quand tout le reste a échoué. Il ne s’agit pas de créer une économie évidemment soviétique. Ce n’est pas du tout l’esprit de la démarche. C’est que quand les négociations n’ont pas abouti, quand de toute évidence et de manière objective, le prix qui va être payé à la matière première agricole aux agriculteurs est un prix qui ne couvre pas non seulement les coûts de production, mais aussi le coût de financement et une marge digne, facilement quantifiable pour les agriculteurs, l’État arbitre intervient. Mais ce ne sera pas, évidemment, la norme. Et ça ne peut pas être un lissage des prix par définition, puisque ça interviendra quand il y a une difficulté. Évidemment, quand les prix montent, quand les prix sont bons, il n’y a aucune raison d’intervenir. Et d’ailleurs, aucune filière agricole, par définition, ne demandera à l’État de venir jouer les arbitres si les prix mondiaux ou les prix de la contractualisation sont satisfaisants. Donc la réponse est dans la question. C’est vous, c’est les agriculteurs, c’est les filières qui seront les maîtres de tout cela. Donc par définition, vous n’allez pas demander un prix quand ils sont très élevés pour le lisser par le bas. Par contre, l’État arbitre interviendra quand vous n’êtes pas satisfait du prix qui est proposé pour votre travail et ça évitera d’avoir la tête sous l’eau. Par ailleurs, il y a aussi des mécanismes à valoriser pour vous encourager, vous accompagner quand vous avez une très bonne idée. une très bonne année, évidemment, pour que vous puissiez davantage provisionner dans la durée. Et pour le coup, vous, non pas lisser les prix, mais lisser vos revenus, avoir une visibilité. Il y a des améliorations qui ont été faites ces dernières années dans la loi de finances et nous les avons toutes soutenues. Mais il y a encore beaucoup de travail à faire pour vous permettre de gérer votre entreprise, gérer votre exploitation, gérer votre horizon avec plus de liberté comme les entrepreneurs que vous êtes.
Q44. Encore 6 minutes et 40 secondes, le temps de poser quelques questions, de nouveau… […]
Q45. Justement, par rapport à ça, aujourd’hui, le problème qu’on rencontre, c’est qu’on a du… […]
Jean-Philippe Tanguy: […]
Q46. Voilà, encore un peu plus de trois minutes. […]
Q47. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à s’installer en agriculture. […]
Jean-Philippe Tanguy: […]
Q48. Pourtant, il a fallu l’État pour avoir un statut. […]
Jean-Philippe Tanguy: […]
Q49. Il reste une trentaine de secondes. […]
Q50. À mon avis, on est trop court. […]
Q51. La réponse va être forcément très très courte parce qu’il ne reste plus de… […]
Jean-Philippe Tanguy: […]
Q52. Merci beaucoup. […]
Jean-Philippe Tanguy: […]
Aurélie Trouvé — La France insoumise
Q53. Merci de présenter votre projet pour l’agriculture.
Aurélie Trouvé: Je vous remercie. Bonjour à toutes et tous. Bonjour à vous tous qui êtes membres des Jeunes Agriculteurs. Je vais en profiter pour féliciter et saluer le nouveau conseil d’administration, le nouveau président des Jeunes Agriculteurs, Jocelyn Dubost. J’en profite aussi pour saluer, parce que je les ai rencontrés, le président des chambres d’agriculture, Sébastien Winsor, le président des COP de France, Dominique Chargé, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. Et je voudrais maintenant vous expliquer d’abord le sens de ma présence. Ce n’est pas un scoop, ce n’est pas moi qui suis candidate à l’élection présidentielle pour la France insoumise, en l’occurrence. Mais comme ça a été dit d’ailleurs par Jean-Luc Mélenchon, nous sommes une équipe. Nous sommes une équipe et en l’occurrence, je suis pour ma part en charge des questions agricoles et économiques pour la France insoumise. J’ai été amenée aussi évidemment à, et je le suis, à être très en lien avec le monde agricole. J’étais pendant 20 ans… Professeur à l’école d’agro de Dijon qui n’est pas loin d’ici, puis l’agro de Paris. Je suis agronome de formation, présidente par ailleurs de la commission économique de l’Assemblée nationale, la première d’opposition d’ailleurs pendant un certain temps. Et donc je veux vous parler d’abord de l’état, du constat. Et un constat qui est lié à des politiques, il n’arrive pas comme ça, il est lié à une politique de dérégulation des marchés qui nous amène aujourd’hui pour la première fois, pour la première fois depuis 60 ans. à un déficit agricole et alimentaire pour la France. Et ce n’est pas rien pour la France qui était historiquement le grenier agricole de l’Europe. Pour la première fois en décembre 2025, nous avons un déficit. Pour la première fois depuis très longtemps, nous avons aussi par exemple un recul des surfaces en agriculture biologique. Nous avons un recul du revenu agricole en 2023, en 2024, moins 19%, moins 15%, un taux de pauvreté qui est toujours extrêmement élevé, beaucoup plus que dans les autres secteurs professionnels. On est à 17% de taux de pauvreté. On ne peut pas continuer ainsi. Tout ça est le produit des politiques qui sont menées, en particulier la multiplication des accords de libre-échange. Nous sommes le seul groupe politique européen à nous être opposés et à l’assumer, à l’ensemble des accords de libre-échange. Et moi, je veux répondre à ceux qui disent qu’il y a des bons et des mauvais accords. Est-ce que l’accord avec l’Australie, qui vient d’être signé, on voudrait savoir la position du gouvernement, la ministre Genevard a refusé de me répondre alors que j’ai posé dix fois la question en hémicycle ces deux dernières semaines. Quelle est la position du gouvernement sur l’accord avec l’Australie? Alors qu’il va y avoir des centaines de milliers de tonnes de viande importée à droite de doigt nul supplémentaire. La multiplication des accords de libre-échange depuis maintenant 20 ans est une catastrophe pour l’agriculture et les revenus agricoles. Les coûts budgétaires également. Je rappelle qu’il y a 1,2 milliard de coûts budgétaires dans le budget agricole. français en deux ans. Donc la situation actuelle n’est pas le produit des hasards. Et quand j’entends des membres de la minorité présidentielle actuelle qui est au pouvoir depuis neuf ans dire c’est la catastrophe, mais pourquoi? Parce que les politiques ne changent pas. Nous sortons, je sors de deux semaines de débats dans l’hémicycle. Il y a une succession de lois agricoles insipides, inefficaces, qui ne s’attaquent jamais au cœur du problème, à savoir le fait d’avoir des prix rémunérateurs pour les agriculteurs. Car oui, aujourd’hui, ça n’est pas rémunérateur. Oui, aujourd’hui, par exemple, il y a des filières dans lesquelles la valeur ajoutée est négative, tellement les prix sont en dessous des coûts de production. Et pire que ça, la semaine dernière, la seule proposition un peu ambitieuse de cette loi qui est le tunnel de prix… Eh bien, ça a été rejeté, rejeté par un vote négatif de tout le bloc présidentiel et par une abstention du Rassemblement national. Eh bien, ceci est absolument insupportable. Donc, ce que nous proposons, c’est un nouveau pacte productif avec, comme maître mot, la protection. Oui, vous voulez faire la transition agroécologique et vous le dites. Oui, mais pour ça, il faut que vous en ayez les moyens. Il faut être protégé face aux multinationales de Laval. Il faut être protégé face à la concurrence déloyale. Il vous faut des moyens pour faire la transition agroécologique. Et donc pas des grosses coupes budgétaires dans tous les budgets agricoles, au contraire des contrats de transition. Et enfin, il vous faut des débouchés, des vrais débouchés, à commencer par la commande publique et les cantines. C’est pourquoi nous nous portons dans les cantines, des cantines 100% bio-locales, pour créer un immense débouché pour tous ceux qui, par ailleurs, s’orienteront vers la transition agroécologique. Et je me félicite de notre amendement qui est passé dans la loi agricole, qui dit que dans les cantines, il doit y avoir 100% de produits français. Ça, c’était notre amendement et nous nous battrons pour la suite et dans cette loi agricole pour que cet amendement ne soit pas supprimé.
Q54. Voilà, merci beaucoup Aurélie Trouvé, 5 minutes pile poil pour cette introduction. […]
Q55. Oui, bonjour. Alors, je vais profiter de l’occasion pour dresser un bilan de la situation des Outre-mer. On a l’impression aujourd’hui que les Outre-mer, on y pense, que quand il y a le centre de l’agriculture, pour le rhum arrangé de la Réunion, pour les fruits exotiques de la Guyane, le rhum des Antilles et les plantes à parfum de Mayotte. On a l’impression d’être laissé pour compte. Toutes les difficultés auxquelles font face les agriculteurs de métropole sont les mêmes chez nous, à la différence que du fait de notre insularité, elles sont beaucoup plus compliquées. Ma première question, simplement, qu’en est-il des Outre-mer? Quelle est votre vision? Et face aux défis auxquels nous faisons face, notamment le faible… renouvellement des générations, mais aussi la vie qui est beaucoup plus chère et la diminution du nombre d’exploitations et des surfaces. Merci.
Aurélie Trouvé: Je vous remercie. D’abord, c’est une question extrêmement importante. D’abord, un constat, c’est que les Outre-mer sont extrêmement dépendants sur le plan agroalimentaire des importations. Donc il faut des grands plans de filière avec un budget ambitieux qui permettent de relocaliser déjà et de permettre, par exemple, le développement de production agricole qui soit directement voué à l’alimentation des habitants des Outre-mer. Deuxièmement, il faut, et c’est valable pour les Outre-mer comme pour l’ensemble des agriculteurs, des prix planchers agricoles. Parce que particulièrement en Outre-mer, la situation des agriculteurs est déplorable en réalité au niveau des revenus agricoles. J’étais à Mayotte l’année dernière et force est de constater que suite à la tragédie du cyclone de Shido, par exemple, les moyens n’ont absolument pas été mis en œuvre. On a rencontré la chambre d’agriculture, on a rencontré des agriculteurs de Mayotte qui nous ont dit« notre exploitation est dévastée et nous n’avons absolument pas aujourd’hui les aides qui nous permettent aujourd’hui de survivre». Et c’est ça qui est catastrophique, c’est que déjà la situation des agriculteurs en Outre-mer est catastrophique, mais en plus les moyens ne sont pas mis pour les maintenir et faire en sorte qu’ils développent. particulièrement ce qui permet de relocaliser l’alimentation en Outre-mer.
Q56. Merci beaucoup. […]
Aurélie Trouvé: […]
Q57. En France, nous avons un besoin de 30 milliards de mètres cubes d’eau sur… […]
Aurélie Trouvé: […]
Q58. Vous avez inventé un terme à la France Insoumise, c’est les fermes-usines. Donc la première partie de ma question est la suivante. Pouvez-vous enfin nous le définir, s’il vous plaît, au niveau de la ferme France?
Aurélie Trouvé: Alors d’abord, je veux dire une chose, et je vais répondre à votre question, ce n’est pas du tout pour l’éviter, je vais y arriver. Nous, notre objectif, c’est le maintien de l’agriculture familiale. Là encore, j’entends la ministre de l’Agriculture dire au salon de l’agriculture, et elle l’a assumé, puisque je lui ai demandé si elle l’assumait en débat de loi agricole, elle a dit qu’il faut remettre en cause l’agriculture familiale. Eh bien, nous sommes en complet désaccord. Aujourd’hui, il y a un processus d’agrandissement des exploitations agricoles. Elle a dit aussi qu’il n’y a pas d’agrifirmes. Mais c’est faux. Il y a un développement aujourd’hui des agrifirmes en France. C’est documenté, c’est renseigné. Et donc, c’est ça que nous appelons d’abord les fermes-usines. C’est des exploitations agricoles qui sont d’abord tellement grandes qu’elles sont quasiment plus transmissibles dans un cadre familial. Et moi, je vais vous dire, ce qu’a dit la ministre de l’Agriculture, c’est une véritable rupture avec 50 ans de politique agricole française. La France est toujours attachée à l’agriculture familiale, c’est-à-dire une agriculture qui puisse appartenir. L’outil de production doit appartenir à la famille et pas à des capitaux qui soient étrangers au monde agricole. Je vous rappelle que la ferme des mille vaches, en réalité, elle était détenue avant tout par un mania du bâtiment. Je le dis parce que je viens de Picardie et je connais très bien ce dossier. Et c’est ça le premier problème des fermes-usines. C’est le fait qu’on arrive avec des agricultures… capitalistes qui n’appartiennent plus aux familles. Et donc, je le dis, il ne s’agit pas de s’en prendre à des exploitations d’une certaine taille en soi, il s’agit de s’en prendre à ce transfert d’une agriculture familiale à une agriculture possédée par des capitaux. Extérieures au monde agricole. Et en l’occurrence, je veux revenir, puisque j’imagine que c’est ça qui est sur la table, sur la question des seuils, des fameux ICPE. Je rappelle que les seuils d’autorisation, il faut se remettre ça en tête, c’est 2% des exploitations agricoles qui sont au-dessus des seuils. d’autorisation. C’est par exemple des exploitations avec plus de 400 vaches laitières ou de 80 000 poules. Donc je pense qu’aujourd’hui, oui, il faut pouvoir mener au moins un débat public au moment où on décide de passer à un tel agrandissement des exploitations. Mais j’ai envie de vous dire, les agriculteurs, et particulièrement les jeunes agriculteurs, Le premier frein pour l’installation, c’est l’agrandissement des exploitations voisines. C’est le fait qu’il y ait de moins en moins de fonciers agricoles disponibles, de plus en plus chers, et vous le savez. Et nous, ce qu’on porte aussi, c’est qu’enfin, il y a une grande loi foncière avec renforcement de la SAFER. Et je regrette aussi que depuis 4 ans que je suis députée, il n’y a pas une seule loi foncière qui a été mise sur la table, pas une seule loi véritablement en faveur de l’installation et de la transmission des exploitations agricoles.
Q59. Et juste pour compléter rapidement, est-ce que du coup vous pouvez nous dire votre… […]
Aurélie Trouvé: […]
Q60. En avril 2025, chez JIA, on a été en vagardiste. […]
Aurélie Trouvé: […]
Q61. Nous sommes de plus en plus confrontés à la prédation et aux dégâts, que… […]
Aurélie Trouvé: […]
Q62. Il reste un petit peu moins de 4 minutes. […]
Q63. Voilà, question rapide, réponse rapide. […]
Q64. Quelle est votre proposition pour faciliter l’installation et la transmission? […]
Aurélie Trouvé: […]
Q65. La toute dernière question, vite fait, bien fait. […]
Q66. Oui, il y a 6,2 millions de Français qui sont rentrés à l’école primaire en 2025. Vous proposez de rendre les cantines gratuites. Mais aujourd’hui, est-ce que ce n’est pas dévaloriser nos valeurs, nos valeurs des produits que nous produisons? Tous nos produits ont un prix. La rente gratuite,
Aurélie Trouvé: C’est bien pour ça que je propose des prix rémunérateurs pour les agriculteurs et une régulation des marges en aval. Bien entendu, il faut ces prix rémunérateurs. Et par ailleurs, je vous rassure, nous sommes aussi pour une remunicipalisation. des cantines pour arrêter avec des multinationales comme Elior ou Sogeres qui mettent une pression monumentale sur les prix des produits agricoles. Donc oui, il faudra acheter par ailleurs par la commande publique des produits avec des prix qui soient rémunérateurs. D’ailleurs, nous avons soutenu le fait qu’il y ait les labels de commerce équitables qui soient beaucoup plus importants dans le cadre de la commande publique et des cantines. C’est autre chose que de dire que la cantine doit pouvoir être gratuite, au moins déjà pour les populations les plus défavorisées. C’est ce que font déjà un certain nombre de communes. Mais vous voyez, moi, je ne peux pas supporter, je ne peux pas supporter dans ma circonscription des profs qui me disent« Mais vous savez, madame, moi, je suis obligée de donner des pommes. » aux enfants, parce qu’il y a des enfants qui ne peuvent pas aller à la cantine et qui ont faim dans la journée. Donc il faut un accès de toutes et tous à une alimentation saine.
Q67. Merci Aurélie Trouvé. […]
Aurélie Trouvé: […]