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Géopolitique internationale DOSSIER · linéaire · 20 nœuds

Serbie : de la dalle de Novi Sad au Parlement, la révolution des plénums

Édito

Le 1er novembre 2024, à 11 h 52, l'auvent en béton de la gare de Novi Sad, tout juste rénovée, s'est effondré sur le trottoir. Seize morts. Deux ans plus tard, jour pour jour, des milliers de Serbes ont marché sous la pluie jusqu'à la gare pour y déposer seize couronnes. Entre les deux dates, l'impensable s'est produit : une jeunesse sans chef, sans parti et sans argent a fait tomber un pouvoir installé depuis plus d'une décennie. Le 25 octobre 2026, la Liste étudiante a remporté une majorité absolue au Parlement, et Aleksandar Vučić, qui avait démissionné de la présidence pour briguer le poste de Premier ministre, a reconnu sa défaite.

D'une gare qui s'effondre, surgit l'une des plus belles mobilisations populaires qu'on ait connues en Europe. C'est cette histoire qu'AFK veut raconter, avec son parti pris : si la victoire est belle, c'est la méthode qui stupéfait.

Ça commence par un deuil. Seize minutes de silence chaque jour, une par victime. Puis viennent les facultés occupées et les plénums, des assemblées ouvertes où chacun peut proposer et où tout le monde vote. Les modérateurs tournent ; il n'y a aucun leader à acheter, à salir ou à arrêter. Ça décolle ensuite avec les zbors, des assemblées citoyennes où l'on apprend à se parler une minute chacun. Le programme qui en est né, le Plan étudiant, n'a pas d'auteur : il a été écrit en assemblées, avec des médecins, des enseignants et des agriculteurs. Les 250 candidats ont été choisis de la même façon : en assemblée, un homme, une femme, une voix.

Comme dans tout soulèvement, le pouvoir en place envoie ses cerbères : arrestations, gardes à vue musclées (dénoncées par Amnesty International), un mystérieux « son venu de l'enfer » qui a semé la panique dans la foule de Belgrade le 15 mars 2025. Mais ils ont tenu. Et sans violence, en inventant sans cesse de nouvelles parades : des marches de ville en ville, 1 300 kilomètres à vélo jusqu'à Strasbourg. Et face au black-out des médias tenus par le régime, ils ont fait campagne à pied, quartier par quartier, village par village. C'est cette ténacité, plus que n'importe quel slogan, qui a fini par emporter le pays.

Pour les gauches européennes, et pour une France où les mobilisations s'épuisent souvent avant d'avoir rien obtenu, la leçon serbe est précieuse. Elle montre que l'horizontalité n'est pas forcément synonyme d'impuissance, et que le refus du chef peut devenir une force électorale. Elle montre aussi qu'un régime illibéral ne se renverse pas en un week-end, mais en deux ans d'organisation patiente. Il faut garder les yeux ouverts pour autant : gagner n'est pas gouverner. La majorité étudiante n'a pas encore de Premier ministre, elle est divisée sur Moscou et Bruxelles, et Vučić, qui avait quitté la présidence en septembre pour tenter de redevenir Premier ministre, garde son parti et ses réseaux. Une présidentielle anticipée doit encore se tenir. Les responsables des dérives n'ont toujours pas été jugés.

Mais ce que la gare de Novi Sad a déclenché ne se mesure déjà plus en sièges. Une génération a prouvé qu'on pouvait encore, en Europe, décider ensemble.

La rédaction d'AFK.live

Serbie : de la dalle de Novi Sad au Parlement, la révolution des plénums

Le parcours.

20 nœuds · à lire dans l'ordre
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SOURCE WEB
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Le Monde

1er novembre 2024 : l'auvent de la gare de Novi Sad s'effondre

Au moins 14 personnes sont mortes, vendredi 1er novembre, dans l'effondrement d'une partie d'un toit extérieur d'une gare de Novi Sad, dans le nord de la Serbie. « Nous espérons que ce sera le bilan définitif », a déclaré à la télévision le président Aleksandar Vucic, précisant que cinq corps n'avaient pu être identifiés. Le ministre de l'intérieur, Ivica Dacic, avait auparavant fait état d'un bilan de 12 morts. Il a précisé qu'un enfant, âgé de 6 ou 7 ans, figurait parmi les morts. « Je vous assure que les responsables seront punis », a-t-il lancé. La gare de Novi Sad avait rouvert en juillet après trois années de rénovation. Des travaux étaient encore en cours dans certaines parties de la station. La société des chemins de fer de Serbie a toutefois précisé que le toit extérieur qui s'est effondré n'avait pas fait partie des rénovations opérées dans la gare.

↗ Lire la source — lemonde.fr

Tout part de là : une gare rouverte en juillet après trois ans de travaux, un auvent en béton qui cède, et un pouvoir qui promet aussitôt que « les responsables seront punis ». Le bilan montera à seize morts. Deux ans plus tard, aucun procès n'a commencé : la dalle est devenue le symbole d'un État où la corruption tue.

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WIKIPEDIA
W WIKIPEDIA
Wikipedia · article complet

« Serbie, arrête-toi » : seize minutes de silence chaque jour

§ Article Wikipedia - Paragraphe 2

The protests began with student-led blockades of educational institutions, initiated on 22 November at the Faculty of Dramatic Arts in Belgrade, after students were attacked during a silent tribute to the victims of the 1 November collapse. Other university faculties and high schools soon joined. Protesters enacted daily "Serbia, stand still" (Serbian Cyrillic: Застани, Србијо, romanized: Zastani, Srbijo) traffic blockades from 11:52 am to 12:08 pm—the exact time of the collapse—as a symbolic gesture honoring the 16 lives lost, accompanied by a silent protest.

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Le premier geste est un deuil : bloquer la circulation de 11 h 52 à 12 h 08, l'heure exacte de l'effondrement, une minute par victime. Puis les étudiants occupent leurs facultés après avoir été agressés lors d'un hommage silencieux. La contestation commence par le silence, pas par le slogan.

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SOURCE WEB
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Le Club de Mediapart

Le plénum : une assemblée ouverte à tous, sans chef

Mais malgré cette répression, le mouvement ne s'est pas essoufflé. Il a tenu plusieurs mois, en évoluant au fil du temps. À l'origine essentiellement étudiant, il s'est rapidement structuré autour de formes d'auto-organisation appelées plénums : des assemblées horizontales, ouvertes à tous les étudiants, organisées dans les universités. Ce modèle, déjà présent dans les Balkans (Bosnie, Slovénie, Macédoine du Nord…), s'est imposé comme une réponse démocratique et populaire à l'impasse institutionnelle. Puis, à partir de mars 2025, le mouvement entre dans une nouvelle phase. Les plénums dépassent les murs de l'université et s'étendent à la sphère locale, dans les villes et communes de Serbie, sous la forme de zbor, un mot qui renvoie à une tradition ancienne, lorsque les habitants d'un village se réunissaient collectivement pour faire face à un problème. C'est donc une forme de démocratie directe enracinée historiquement, qui réapparaît aujourd'hui dans un contexte de crise démocratique.

↗ Lire la source — blogs.mediapart.fr

Le cœur du mouvement : dans les facultés occupées, des assemblées horizontales où chacun parle et tout le monde vote. Les modérateurs tournent ; il n'y a pas de leader à acheter, à salir ou à arrêter. Le modèle a déjà circulé dans les Balkans, et à partir de mars 2025, il sort de l'université.

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SOURCE WEB
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www.letemps.ch

Le zbor : quand le quartier apprend la démocratie directe

«Qui est pour?» demande le modérateur. Une majorité de mains se dressent. «Qui est contre?» Personne. «Qui s'abstient?» Plusieurs centaines de citoyens de Zvezdara, un arrondissement du centre de Belgrade, se sont réunis en zbor vendredi dernier. Le zbor est une forme d'assemblée populaire, le terme renvoyant au passé de la Serbie, quand les habitants d'un village se réunissaient pour faire face à un problème, par exemple une menace turque. Les zbor modernes sont la réplique des plénums étudiants, et ce sont les étudiants qui ont appelé, à la veille de la grande manifestation du 15 mars, les citoyens à former leurs zbor dans toutes les communes du pays. «Le modérateur doit être approuvé par la majorité et changer régulièrement. On n'interrompt pas une prise de parole, qui doit se limiter à une minute. C'est pour cela que l'on n'applaudit pas mais qu'on agite les mains en l'air en signe d'approbation. Si on est en désaccord, on croise les mains sur la poitrine», explique un étudiant de la Faculté des arts appliqués, venu apprendre les rudiments de la démocratie directe aux citoyens du quartier.

↗ Lire la source — letemps.ch

La méthode quitte l'université. À l'appel des étudiants, les habitants forment des zbors, des assemblées de quartier inspirées d'une vieille tradition villageoise. Une minute de parole, un modérateur qui change, des mains agitées plutôt que des applaudissements : la mobilisation devient une école civique.

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Libération

15 mars 2025 : tout un pays converge vers Belgrade

Bien avant la fin de l'après-midi, samedi 15 mars, il n'y avait déjà plus assez d'espace devant le Parlement serbe pour accueillir le flot de manifestants parti des quatre coins de Belgrade dans la matinée. Joyeux, bruyants et déterminés, les cortèges d'amis, de collègues et de familles se sont lentement redirigés vers les principales places de la capitale de la Serbie, rapidement bondées à leur tour. A la manœuvre, comme pour chaque manifestation depuis plus de quatre mois, les étudiants ont donné de la voix, du sifflet et de la vuvuzela, au milieu d'une nuée de pancartes et de drapeaux serbes. Un peu partout dans le centre-ville, des stands proposent eau et nourriture gratuite, et des commerçants offrent spontanément leur aide. Vendredi déjà, Belgrade bruissait du soulèvement à venir : selon le ministère de l'Intérieur, ils étaient plus de 30 000 à accueillir en criant et en dansant des manifestants venus de toute la Serbie, à pied, à vélo, à moto ou en tracteur. En fin de journée samedi, le ministère a fait état de 107 000 personnes réunies dans la journée. Un groupe indépendant composé de journalistes et d'intellectuels spécialisés dans le comptage des manifestations parle pour sa part d'entre 275 000 et 325 000 manifestants.

↗ Lire la source — liberation.fr

Voilà ce que veut dire « mobiliser tout un peuple » : des manifestants venus à pied, à vélo ou en tracteur, des commerçants qui offrent eau et nourriture, entre 275 000 et 325 000 personnes selon les compteurs indépendants. Les étudiants ont fait de chaque manifestation une fête civique, pas une émeute.

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Le Monde

Le canon à son : quand les mensonges du pouvoir deviennent un symbole

Confrontées aux indices fournis par l'opposition, les autorités ont dû ensuite changer de version. Si elles ont fini par reconnaître qu'elles disposaient bien de plusieurs canons LRAD 450XL produits par une firme américaine, elles ont continué de nier l'avoir déployé dans les rues de Belgrade le jour de la manifestation, avant d'admettre que si, mais en niant toujours en avoir fait l'usage… Si M. Dacic s'est excusé d'avoir été « maladroit » dans ses déclarations, il a ainsi maintenu que « ces systèmes n'ont pas été utilisés » en dépit des évidences. Déclenchant la risée générale, ces versions successives sont devenues un nouveau symbole des dérives du pouvoir de M. Vucic, également accusé d'avoir menti, à plusieurs reprises, sur les raisons de l'accident de Novi Sad dans un pays gangrené par le népotisme et la corruption.

↗ Lire la source — lemonde.fr

Ce même 15 mars, un son assourdissant sème la panique pendant la minute de silence. Le pouvoir nie, puis reconnaît posséder des canons LRAD, puis les avoir déployés, en niant toujours s'en être servi. Les versions successives tournent à la risée et deviennent un nouveau symbole du mensonge d'État.

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Amnesty International

Été 2025 : Amnesty dénonce les violences policières contre les étudiants

Footage of Serbian riot police indiscriminately targeting peaceful protesters gathered at blockades on the street and in front of universities in Belgrade is alarming. There have been widespread arrests and allegations of excessive or otherwise unlawful use of force against student protesters – during the protests, the arrests and in police custody. Authorities must urgently investigate and explain reports of masked individuals in civilian clothes targeting protesters. While the state has the responsibility to ensure public order and respond to individual violent incidents, any use of force must be a last resort, and be strictly necessary and proportionate to achieving a legitimate aim. A heavy-handed response to peaceful dissent cannot be justified.

↗ Lire la source — amnesty.org

La répression est réelle : arrestations massives, coups en garde à vue, hommes masqués en civil. Le mouvement tient sans riposter par la violence, et c'est précisément ce qui le rend inattaquable aux yeux de l'opinion.

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Blast

1 300 km à vélo jusqu'à Strasbourg, face au silence de l'Europe

Une centaine d'étudiants Serbes, partis en vélo le 3 avril dernier de Novi Sad, arrivent à Strasbourg ce mardi 15 avril pour faire entendre leur combat contre la corruption qui ravage leur pays. Malgré l'ampleur du soulèvement depuis novembre 2024, l'Union européenne, à laquelle la Serbie est candidate depuis plusieurs années, garde le silence. Avec ce voyage, les cyclistes souhaitent pousser les institutions européennes à faire pression sur le régime autoritaire d'Aleksandar Vučić, en place depuis plus de 10 ans.

↗ Lire la source — blast-info.fr

La mobilisation par le corps et par le récit : marches de ville en ville, relais, et ce trajet de douze jours jusqu'au Parlement européen pour forcer l'Union, restée bien silencieuse, à regarder. Chaque action produit une image, et chaque image ramène du monde dans la rue.

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Le Grand Continent

Le Plan étudiant, écrit en assemblées (texte intégral)

Cette ambition de transformer une démocratie représentative progressivement vidée de sa substance par le clientélisme et la concentration du pouvoir en un système ouvert à la participation directe des citoyens s'est d'abord incarnée dans la manière dont les étudiants ont choisi leurs candidats au Parlement et élaboré leur programme. Comme l'a relevé la journaliste turque Işın Eliçin, plutôt que de se doter d'une organisation verticale autour de quelques dirigeants, les étudiants ont constitué des assemblées générales (plenums) dans lesquelles chacun pouvait prendre la parole et où les décisions étaient, autant que possible, prises par consensus. Cette méthode a ensuite essaimé hors des universités, avec la formation d'assemblées citoyennes (zborovi) dans les quartiers, les villes et les villages, permettant aux habitants de délibérer sur leurs problèmes et d'élaborer collectivement des solutions.

↗ Lire la source — legrandcontinent.eu

La pièce maîtresse du dossier : un programme sans auteur, élaboré collectivement, publié en intégralité par Le Grand Continent. La démarche vaut autant que le contenu : passer d'une démocratie vidée par le clientélisme à une démocratie ouverte à la participation directe.

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Foreign Policy In Focus

Onze points, co-écrits avec des agriculteurs, des médecins, des enseignants

For the last two years, students continued to act without leaders, and all decisions have been made in plenary meetings, a horizontal, non-hierarchical form of decision-making. This has been direct democracy at its best. It also represents an authentic form of political expression that transcends the impotence of the outdated options available within the existing system. The "Student List" that appeared on the ballot in the recent Serbian elections emerged from the massive protests known as "Students in Blockade," founded on September 9 with the slogan Students Are Winning. It became number 3 on the ballot for the parliamentary election. Its program, the 11-point "Student Plan," centers on the fight against corruption and organized crime and endorses new social measures in education, housing, and healthcare. It has been written in cooperation with experts from various fields, including farmers, doctors, teachers, social and cultural workers.

↗ Lire la source — fpif.org

Ce que dit le plan : lutte contre la corruption et le crime organisé, mais aussi éducation, logement, santé. Et qui l'a écrit : les étudiants avec des experts de terrain, pas un bureau politique.

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The Loop

Des plénums au Parlement : des règles pour ne pas devenir un parti

Running for parliament cut against the movement's leaderless structure, and a vocal minority opposed the idea outright. Those who favoured running organised first: in April 2025, influential students from several plenums formed an informal coalition and drafted the rules in small, trusted circles. With no Serbia-wide voting system yet, each university city decided separately. In Belgrade, the plenums voted 29 to 5 to demand snap elections, but only 23 to 9 to run their own list. Supporters had the votes, but they needed the losing side to stay. The strict rules were a promise: to those who had opposed running, that it would not turn the movement into a party; to voters, that the list was no party in disguise.

↗ Lire la source — theloop.ecpr.eu

Se présenter aux élections n'allait pas de soi : à Belgrade, 23 plénums contre 9. Les règles strictes de la Liste sont une promesse faite à la minorité qui s'y opposait, et aux électeurs : ce n'est pas un parti déguisé.

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LSE European Politics - Bridging research, policy and public debate on Europe

250 candidats choisis par les plénums, aucun professionnel de la politique

"Student List – Students are Winning" epitomised this intentionally leaderless movement that has relied on a democratic deliberative tool of "plenums", organised around individual faculties where every student's view had an equal weight. The same horizontal democracy that shaped the movement's tactics and strategy also produced the candidates. The plenums drew up a list of 250 thoroughly vetted candidates based on their expertise and independent credentials, such as academics, professional experts, artists and athletes, who had no prior involvement in politics. This stood in stark contrast to the regime's culture of nepotism and party loyalty.

↗ Lire la source — blogs.lse.ac.uk

Les mêmes assemblées horizontales ont désigné les candidats : universitaires, experts, artistes, sportifs, tous vérifiés, aucun issu d'un appareil. C'est l'exact contraire du népotisme du régime.

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Mediapart

25 octobre 2026 : la victoire d'une campagne de terrain, village par village

Ce succès est inédit pour un mouvement social né il y a un peu moins de deux ans, après l'effondrement tragique de l'auvent en béton de la gare de Novi Sad, le 1er novembre 2024, tuant seize personnes. Portée par les étudiant·es, la mobilisation n'a cessé d'exiger justice et vérité, pour comprendre le contexte de corruption ayant permis le drame. Face au refus des autorités, la revendication d'élections anticipées s'est imposée. Aleksandar Vučić a cru pouvoir reprendre la main en contrôlant le calendrier, mais il a finalement perdu. Face au black-out des médias contrôlés par le régime, les étudiant·es avaient fait le choix d'une campagne de terrain, arpentant le moindre quartier, le moindre village de Serbie. Une stratégie qui s'est révélée payante.

↗ Lire la source — mediapart.fr

Comment gagner quand les médias sont tenus par le régime ? En arpentant chaque quartier et chaque village de Serbie. Vučić croyait maîtriser le calendrier électoral ; il a perdu. Mediapart raconte une victoire construite à pied, contre le black-out médiatique.

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France 24

Ce sont les plénums qui désigneront le Premier ministre

Instead, the seats will be filled by candidates belonging to the Student List, a collection of little-known academics, economists, athletes, engineers, artists and activists chosen by majority vote by the nameless student assemblies that have sprung up in the universities occupied by demonstrators for almost two years. To display this content from YouTube, you must enable advertisement tracking and audience measurement. These plenums, as they are known, have served as the guiding hand of a protest movement that has brought tens of thousands of people into the streets to overturn what demonstrators described as a culture of corruption and cronyism that had taken root under 14 years of Vucic's increasingly authoritarian rule. Now, it falls upon them to determine which of the candidates will serve as Serbia's next prime minister and which will run the country's ministries.

↗ Lire la source — france24.com

Le résultat : une majorité absolue au Parlement. Et une première : ce sont toujours des assemblées anonymes qui devront désigner le Premier ministre et les ministres.

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Le Figaro

L'ère post-Vučić : les chefs de la police en garde à vue, les démissions en cascade

Les choses s'emballent en Serbie depuis les élections législatives du 25 octobre, remportées par la Liste étudiante contre le Parti progressiste serbe du nationaliste Aleksandar Vucic, avec 53 % contre 39 % des voix. Au moment où les gens convergeaient vers la gare de Novi Sad, dimanche matin, le parquet de Belgrade ordonnait le placement en garde à vue de deux piliers de la police nationale : le chef de la police criminelle, Marko Kricak, et le directeur du service de lutte contre la criminalité, Bosko Sekulovic, tous deux accusés d'avoir infligé des mauvais traitements lors d'interrogatoires, notamment à des étudiants protestataires. Le parti de la Liste étudiante réclame bien davantage de départs au sommet de la police, des services de renseignements (BIA) ou encore de la Cour constitutionnelle. Il semble, pour l'heure, que le système Vucic ne soit pas plus résistant à l'alternance politique que celui de Viktor Orbán en Hongrie, qui s'est effondré comme un château de cartes. En effet, les démissions tombent en cascade depuis les hauteurs de l'administration publique.

↗ Lire la source — lefigaro.fr

Une semaine après le vote, le système commence à se défaire : deux hauts responsables policiers sont placés en garde à vue pour mauvais traitements, notamment sur des étudiants, et les démissions s'enchaînent. Le pari de Vučić (quitter la présidence en septembre pour redevenir Premier ministre) a échoué ; reste à la majorité étudiante, hétérogène et sans chef, à gouverner.

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Les Echos

Israël, Brésil, Serbie : la vague du recul des conservateurs

Enfin, en Serbie, ce sont les étudiants et les universitaires qui ont renversé le dirigeant nationaliste et prorusse Aleksandar Vucic. Ils protestaient et s'organisaient depuis deux ans, mais leur victoire n'était pas forcément attendue. Ils ont pourtant obtenu une majorité absolue aux élections législatives. Le mouvement est né après l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad, qui a fait 16 morts : les étudiants attribuent cette tragédie à la corruption dans le pays. Leur victoire signe la fin d'une ère, Aleksandar Vucic étant resté quatorze ans à la tête du pays.

↗ Lire la source — lesechos.fr

L'échelle mondiale : Les Échos placent la victoire serbe dans une même séquence électorale que le Brésil ou Israël. La Serbie n'est pas une exception balkanique ; elle s'inscrit dans un reflux des pouvoirs nationalistes.

FIN
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