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Interviewé: Bonsoir, Rémy Buisine.
Interviewé: Je suis candidat à l’élection présidentielle parce que je pense que le meilleur service qu’on peut rendre aux Français, notamment aux jeunes générations, c’est de préparer l’avenir. Et qu’on est malheureusement bloqué depuis des décennies dans un système où on ne prépare pas l’avenir. On consacre l’essentiel de notre énergie et l’essentiel de nos finances à gérer le présent, à colmater les failles, les dettes du passé sans investir pour l’avenir. Or, qu’est-ce qui se passe aujourd’hui dans le monde ? Vous regardez toutes les grandes puissances, les États-Unis, la Chine notamment, qui consacrent l’essentiel de leur temps et l’essentiel de leurs moyens à investir sur l’avenir. Ça veut dire quoi investir sur l’avenir ? C’est l’éducation, c’est la formation, c’est l’innovation. On est aujourd’hui dans une course technologique absolue entre les États-Unis et la Chine sur l’IA, sur la robotique, sur la nouvelle industrie. si on n’engage pas une action résolue pour investir pour l’avenir, on sera totalement décrochés et c’est les Français qui en pâtiront. Si au contraire, on prend le chemin inverse et qu’on se dit maintenant l’essentiel de notre énergie, l’essentiel de nos moyens, ça va être pour préparer l’avenir, très concrètement, c’est des jeunes qui bossent qui pourront devenir propriétaires de leur appart, c’est des gens qui bossent qui verront leur salaire qui augmente, c’est des parents, des grands-parents qui aujourd’hui s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants et de leurs petits-enfants.
Interviewé: Moi, j’ai vu beaucoup de commentaires, effectivement, sur le fait d’avoir fait ma déclaration sur la place d’un village. Je trouvais ça, j’étais assez surpris de ces commentaires. D’abord, il y en a un qui ne m’a pas surpris, c’est la surprise que je le fasse ailleurs que sur un plateau télé. Parce que quand vous regardez… Quasiment tous les candidats à la présidentielle, ils se sont déclarés sur un plateau de télévision, en général, le 20h de TF1, ou dans une interview dans un journal ou un magazine. Pourquoi ? Parce que c’est ce qu’il y a de plus, entre guillemets, confortable et sécurisant. C’est sûr, vous prenez moins de risques pour déclarer votre candidature sur un plateau de télévision que de la déclarer sur une place publique d’un village où tout le monde peut venir, vous pouvez avoir des gens qui se lèvent et qui disent « je ne suis pas d’accord que vous présentiez votre candidature, je ne voterai pas pour vous, etc. » Donc il y a une prise de risque que j’ai assumée qui est de dire Je me mets au milieu des Français parce que la réalité c’est que je ne voyais pas annoncer ma candidature ailleurs qu’au milieu des Français, pas sur un plateau de télévision. Et la deuxième chose c’est oui c’est dans un petit village, mais comment on peut être surpris qu’un politique puisse décider d’annoncer sa candidature dans un petit village ? C’est la France. J’ai vu des commentaires hyper méprisants. D’ailleurs il y a des gens qui les ont vus aussi en Aveyron, qui m’ont fait la remarque. On dit il est allé dans l’arrière-pays, comme s’il y avait deux pays différents. Non, on n’a qu’un pays, on a de la chance d’avoir des villes, mais aussi des villages, des territoires ruraux, des campagnes. Et donc pour moi c’était un choix qui était logique, quelque part naturel, que d’aller dans un très beau, parce que c’est par ailleurs un très beau village de France, Mur-de-Barrez, pour annoncer ma candidature.
Interviewé: D’abord, je crois que c’est assez vrai comme image en 2017. Après, depuis, il s’est passé des choses. Moi, si vous reprenez les différentes fonctions que j’ai eues au gouvernement, j’étais secrétaire d’État à la jeunesse. L’essentiel de mon travail à l’époque, c’était pour permettre à la jeunesse de trouver un boulot, d’aller en apprentissage et notamment pour les jeunes des territoires ruraux. Ensuite, j’ai été ministre de l’Éducation nationale. Je me suis battu pour les écoles rurales, pour qu’on ne ferme pas des classes, pour qu’on ne ferme pas des écoles. à la campagne parce que malheureusement on sait qu’avec la chute du nombre d’élèves, il y a des classes et des écoles qui peuvent fermer. Et après quand j’étais à Matignon, un des sujets sur lesquels j’ai le plus travaillé, c’est la question des agriculteurs, en soutien aux agriculteurs, et j’ai passé mon temps auprès des agriculteurs dans leurs fermes, sur les barrages quand ils manifestaient.
Interviewé: Moi je viens de vous répondre pour moi et pour mes différentes fonctions et c’est factuel et je pense que on reprend mes déplacements depuis que je suis rentré au gouvernement. J’ai passé… Est-ce que vous entendez justement le ventre des gens ? Bien sûr que je l’entends, c’est pour ça que je viens au deuxième point. Je pense qu’il y a des choses qui ont été réussies et des choses qui n’ont pas été réussies. Et si on prend les territoires ruraux par exemple ces dernières années, je pense qu’il y a deux choses qui sont positives. Un, c’est tout ce qui est accès au numérique, en termes d’accès à la fibre, en termes d’accès à la téléphonie mobile, le nombre de zones blanches qu’il y avait en France avant 2017. Aujourd’hui, objectivement, on est mieux couvert en fibres par exemple que l’Allemagne. Beaucoup de ces campagnes n’ont pas accès à Internet, au débit, etc. Et deux, c’est pour l’accès aux services publics, tout ce qui est Maison France Service, c’est-à-dire des espaces qu’on a mis en place pour accéder aux démarches administratives, etc. Après, évidemment, il y a plein de choses qui ne vont pas encore.
Interviewé: Sur l’éducation, par exemple, on n’a pas réussi encore à ce qu’on ait une situation dans un certain nombre de campagnes comparable à ce qu’il y a dans des villes, notamment en termes de remplacement de profs qui sont absents. Alors, il y a aussi des problèmes dans les villes, je peux vous dire. Je peux vous en citer des endroits où vous avez le prof de maths qui n’est pas là pendant 3 mois, 4 mois, 6 mois et on ne trouve pas de remplaçant. Et c’est encore plus marqué dans des territoires ruraux et après sur la santé, l’accès aux soins. La réalité, c’est que dans un certain nombre de campagnes en France, c’est quasiment impossible de trouver un rendez-vous chez le médecin ou un rendez-vous chez un spécialiste. Ça, c’est vrai que ça n’a pas assez changé ces dernières années. Et donc moi, je passe mon temps sur le terrain, je passe mon temps à échanger avec les Français. Évidemment que c’est quelque chose qu’ils ressentent très fortement.
Interviewé: On est évidemment des personnes différentes. D’abord, moi je ne vais pas faire croire aux gens que je n’ai rien à voir avec ce qui s’est passé ces dernières années. J’ai été au gouvernement pendant six ans, j’ai été premier ministre. Et moi je suis comptable. de ce que j’ai fait ou de ce que j’ai pas fait, de ce que j’ai bien fait ou de ce que j’ai mal fait dans les postes qui m’ont été confiés au moment où ils m’ont été confiés. Première chose. Deuxième chose, après on est évidemment des personnes différentes. C’est d’ailleurs normal. Je pense que sur le fond, on a des différences. Probablement que sur la personnalité aussi, mais ça je ne suis pas le mieux placé pour le juger, c’est aux Français.
Interviewé: Encore une fois, je ne suis pas le mieux placé sur la personnalité. C’est intéressant,
Interviewé: D’abord, vous savez ce qui incarne le changement, c’est le programme que vous présentez. Et le programme que je présenterai sera un programme de changement, parce qu’il faut un changement. Un programme de changement, de rupture ? Bien sûr, mais pas seulement avec ce qui a été fait ces dernières années, mais parce qu’on a changé de monde. Le programme de 2017, et ce qui a été fait depuis 2017 en France, il a été basé sur le monde de 2017. Mais le monde de 2027, il n’a rien à voir avec le monde de 2017. En 2017, quand le président a été élu, il n’y avait pas le retour de la guerre en Europe avec la guerre en Ukraine. Il n’y avait pas l’intelligence artificielle. L’IA, c’était un sujet pour personne. Même en 2022 d’ailleurs, puisque ChatGPT, ça date de novembre 2022, le lancement. 2017, il n’y avait pas la guerre commerciale qu’on a aujourd’hui avec les États-Unis, la Chine, qui se mettent des droits de douane et donc les conséquences sur notre industrie, etc. Et je pourrais multiplier les exemples. Donc, le monde a changé. Et donc, nécessairement que l’action, elle doit changer et que tout doit changer en France pour s’adapter aussi à ces défis.
Interviewé: Je vous donne un exemple. Sur les questions de sécurité, d’autorité, de laïcité, ce sont des sujets qui ont toujours été très présents dans ma ligne politique, dans mon ADN politique. Depuis le début, dans les différentes fonctions qui ont été les miennes, secrétaire d’État à la jeunesse, j’ai lancé le service national universel. À Bercy, j’ai fait un plan de lutte contre les fraudes. Ministre de l’Éducation nationale, j’ai fait appliquer la laïcité dans les établissements scolaires. Premier ministre, j’ai lancé un plan de lutte contre la délinquance des mineurs. Ce sont des sujets qui ont toujours été pour moi aussi importants que le reste. Là où, dans l’action et dans le programme du président en 2017, ce qui est vrai, c’est que c’était essentiellement une doctrine économique. Avec l’idée que, en gros, si l’économie allait bien et si tout le monde avait un boulot, globalement, les gens vivraient bien ensemble en France. Voilà, donc ça, c’est probablement une différence de fond qu’on peut avoir.
Interviewé: Moi je ne suis pas là pour jouer au jeu de cette différence. Je vais vous dire même sur la personnalité, je pense que sur la personnalité ça c’est…
Interviewé: sur la personnalité, on n’est jamais le mieux placé pour juger sa personnalité soi-même.
Interviewé: honnêtement moi je ne rentre pas là-dedans, c’est aux français de le juger. On n’est jamais bien placé pour analyser sa propre personnalité.
Interviewé: Je vous ai dit à la fois ce que je considérais être réussi, échec, sur le fond et la ligne politique là où je pense qu’il y a une différence, c’est le plus important. Après sur la personnalité, ça c’est aux gens de juger, mais ce n’est pas à moi de dire, est-ce que je suis plus comme ci que lui ou plus comme ça que lui.
Interviewé: Alors, ils auraient dû nous appeler ou appeler mes équipes la tribune dimanche, puisque en fait, ces comptes, ça a toujours été les comptes de campagne du parti, le parti que je préside aujourd’hui. Donc, ils se sont appelés Macron président. Ensuite, aux législatives en 2022, ils se sont appelés Avec Vous. Ensuite, aux européennes en 2024, ils se sont appelés Besoin d’Europe. Ensuite, aux législatives, après la dissolution en 2024, ils se sont appelés Ensemble. Et donc là, ils changent de nom pour la prochaine campagne qui arrive, qui est la prochaine campagne du parti, qui est l’élection présidentielle. Donc en fait, je crois que c’est des comptes qui ont changé sept fois de nom ces dernières années, parce que c’est les comptes officiels de campagne du parti. Et à chaque fois qu’il y a une nouvelle campagne, ils changent de nom, ce qui est normal, comme depuis le début, qu’ils ont été créés.
Interviewé: De toute façon, je vais vous dire, les gens…
Interviewé: Mais les gens, ils vont regarder les programmes, ils vont regarder les lignes politiques, ils vont regarder la tonalité des différentes campagnes et ils vont décider. On a une chance en France, on vit en démocratie, les gens, ils décident. Moi, je peux présenter un programme, un, de changement, deux, tourner vers l’avenir, ça, c’est le plus important, et trois, optimiste. Moi, je vais vous dire, ce qui me rend dingue en ce moment, c’est que la politique, c’est devenu… 50 nuances de gestion du déclin. Globalement, c’est la sinistrose permanente. Vous allumez la télé, vous écoutez les candidats, vous écoutez les partis politiques. Globalement, on a l’impression que tout va aller mal, que c’est une catastrophe, et que globalement, le mieux qu’on peut avoir, c’est permettre à chacun de gérer un peu mieux que les autres le déclin de la France. Non, en fait. Moi, ce que je crois, c’est que la France…
Interviewé: Évidemment qu’il y a des problèmes en France. Mais moi, ce que je crois, c’est qu’il faut surtout dire qu’on peut les régler. Et comment on peut les régler ? La France, notre pays, il en a vu d’autres quand même. Il a vécu des guerres absolument terribles. Il a été détruit. Il s’est toujours reconstruit. Il a toujours réussi. Honnêtement, on a vécu des périodes plus graves que celles qu’on vit aujourd’hui. Donc, il n’y a pas de raison qu’on n’y arrive pas. Moi, c’est ça le message que je veux passer. Il n’y a pas de fatalité. C’est possible. Mais c’est possible pour moi, à condition de regarder vers l’avenir, de se dire que maintenant, l’essentiel de notre action, Ça doit être pour les futures générations et les jeunes générations actuelles, parce que sinon le risque, c’est qu’il y ait une fracture générationnelle. Moi, ça, j’en veux pas. Je veux pas que demain, on ait des jeunes, des gens qui bossent, qui finalement se disent que leur pays les a lâchés parce qu’impossible de devenir propriétaire, parce qu’en fait, le salaire net ne monte pas, est très éloigné, les autres n’arrivent pas à s’en sortir, etc. Et ça, c’est possible de le changer. Moi, c’est ça le message que je veux passer, parce que parfois, on a l’impression que c’est mort. De toute façon, c’est comme ça, on n’y arrivera pas. Au contraire, c’est possible.
Interviewé: Moi d’abord, je ne parle pas aux partis ou aux candidats, je parle aux Français. Et je pense qu’ils vont faire pareil les autres candidats. Vous êtes à un an d’une élection présidentielle. C’est normal, il y a toujours des ambitions qui s’expriment. Et ensuite, il va y avoir une campagne. Chacun va présenter une ligne politique. Moi, je ne sais pas si ma ligne politique sera la même, je ne crois pas d’ailleurs, que celle d’Edouard Philippe et encore moins celle de Bruno Retailleau.
Interviewé: Ça, c’est la campagne qui le montrera. Ce qui est sûr, c’est qu’à Edouard Philippe, par exemple, on a gouverné la France ensemble, puisqu’on a fait partie de la même majorité entre 2017 et 2024. Depuis 2024, il n’y a plus de majorité. On verra dans la campagne quelles sont les lignes politiques, quels sont les projets qui se rapprochent éventuellement. Et honnêtement, je n’ai pas trop de doutes que début 2027, il puisse y avoir des rassemblements qui se feront s’il y a des programmes, des lignes, des valeurs qui se recoupent.
Interviewé: On verra, oui. Ce que je veux qu’on évite, c’est qu’il n’y ait qu’un seul choix, que le seul choix au second tour dans l’élection présidentielle, ce soit entre LFI et le RN. Je veux que l’espace politique qui est le mien… C’est-à-dire globalement un espace politique qui défend la liberté d’entreprendre, la construction européenne, la fermeté sur les questions d’autorité et le progressisme sur les questions sociales et climatiques. Je veux que cet espace-là puisse être représenté au deuxième tour de l’élection présidentielle. Est-ce qu’il faudra pour ça qu’il y ait des rassemblements entre des candidats qui auront fait campagne en 2026 et qui début 2027 se rassembleront ensemble ? On verra où on en est début 2027.
Interviewé: Si vous regardez aujourd’hui les sondages, vous voyez qu’il y a le Rassemblement National qui est très haut, la France Insoumise qui est à un certain niveau, et que s’il y a une dispersion des voix, il y a ce risque-là. Est-ce que ce sera encore le cas en début 2027 ? Je ne peux pas vous répondre, ça va dépendre de la campagne. Et moi si j’y vais, c’est évidemment pour créer une dynamique. pour rassembler autour de moi et surtout pour convaincre les Français. Parce qu’à la fin, c’est eux qui décident.
Interviewé: Moi, ce que je vous dis, c’est que je pense que…
Interviewé: Je vous réponds très concrètement. Si début 2027, il y a un risque de ce deuxième tour LFIRN où l’espace politique sur lequel je suis ne peut pas être représenté parce qu’il y a une dispersion des voix, évidemment qu’il faudra un rassemblement. Maintenant, comment ce rassemblement se fera ? Est-ce que c’est des désistements ? Est-ce que c’est une primaire à ce moment-là pour décider qui est le candidat qui sera le représentant de cet espace ? Ça, ce n’est pas encore décidé. Et donc,
Interviewé: En tout cas, moi, j’ai fait une proposition de rassemblement. qui est de dire on met en place un comité liaison avec des représentants du parti d’Edouard Philippe, des représentants de mon parti, qui se parlent pour préparer cette échéance et regarder les conditions.
Interviewé: Ils ont accepté de faire partie de ce comité, ils se sont réunis une fois.
Interviewé: Aujourd’hui, voilà, après on va voir, peut-être que ce ne sera pas la primaire, peut-être que ce sera des sondages, peut-être que ce sera des désistements, mais l’important c’est que les partis se parlent.
Interviewé: Je pense que personne en fait. La réalité, c’est que…
Interviewé: Vous avez fait une campagne, vous avez des soutiens, vous avez des gens qui vous poussent, vous avez quand même des gens qui ont envie de voter contre vous. Vous avez créé une dynamique. Donc, évidemment, la situation du pays est quand même suffisamment grave et lourde pour que tout le monde soit responsable.
Interviewé: je vais vous dire, Rémy Buisine, je vais gagner cette élection présidentielle. Et donc évidemment je me bats pour que le rassemblement se fasse derrière moi, je pense que c’est possible. Moi encore une fois, je suis le seul à ce stade à faire de l’avenir un projet politique. Je suis le seul à ce stade à avoir, je crois, une campagne optimiste. Parce que encore une fois, les 50 nuances de déclin, moi je ne supporte pas. Et je pense qu’il y a beaucoup de Français qui ne supportent pas non plus. On a des atouts incroyables, on a des talents incroyables en France, on peut y arriver. L’important c’est de montrer aux Français comment on va y arriver. Et ça va être ça la campagne.
Interviewé: Moi, je me suis engagé, vous savez, en 2024, après la dissolution, face à un risque, qui était de voir l’extrême droite gouverner la France. Évidemment que je vais aussi me mobiliser dans cette élection pour l’empêcher, mais moi, j’en ai marre qu’on fasse des campagnes contre. En fait, ce qui nous a perdus, je pense, y compris pour le parti que je préside maintenant, depuis un an, c’est qu’on était devenu un parti contre. On se battait contre les extrêmes. Vous prenez toutes les déclarations. Nous on est le parti qui est contre les extrêmes. Ok, c’est important d’être contre les extrêmes, mais ça ne fait pas un projet politique. Les Français, ils n’ont pas envie de venir voter contre. Les Français, ils veulent venir voter pour.
Interviewé: C’est deux dangers pour la France, contre lesquels je me bats. Est-ce que c’est le même niveau de danger ? Ils ont une histoire différente. Ils ont aujourd’hui une ligne politique qui est différente évidemment et ils ont des prises de positions qui sont différentes. Il y en a un qui existe depuis très longtemps, il y en a un autre qui existe depuis moins longtemps. Moi je dis simplement ces deux partis politiques contre lesquels je me bats démocratiquement.
Interviewé: Je me bats contre les deux. De la même façon, du même niveau ? Je me bats contre les deux. Maintenant ce que j’essaie de vous dire c’est que pour moi le plus important c’est pas de passer notre temps à parler des autres et à à nous mobiliser contre les autres. À la fin, les Français… Ça les ennuie déjà de venir voter contre au deuxième tour et de faire barrage.
Interviewé: Bien sûr, et même en vrai à d’autres élections auparavant. Mais si vous leur expliquez qu’en fait, votre programme, c’est de faire barrage au premier tour, personne n’a envie de ça. Les gens, ils ont envie de venir voter à une élection, pas contre les autres, mais pour un projet. Et donc, plus on passera notre temps à parler des autres…
Interviewé: Vous en avez beaucoup d’autres aussi dans d’autres familles politiques qui ont été réélus aussi grâce à ça. Mais comment on évite ça ? En faisant une vraie proposition politique aux Français. Moi, ça fait deux ans que j’ai quitté Matignon, un an que j’ai pris la tête de ce parti. On n’a fait que travailler sur le fond et sur les idées. On a fait des conventions thématiques, on a associé des milliers de Français pour élaborer un programme, élaborer des idées. Ce programme, on va le présenter aux Français à l’occasion de cette élection présidentielle. C’est un programme d’espoir pour le pays, c’est un programme optimiste, c’est un programme qui montre que les plus belles pages de l’histoire de la France, elles sont probablement devant nous à condition qu’on s’en donne les moyens, sur plein de sujets. Aujourd’hui, j’ai lancé les quatre premiers chantiers, l’école, les salaires, les frontières et l’IA.
Interviewé: J’ai dû débattre une dizaine de fois avec lui, donc je le connais. Je n’ai pas passé de moments en dehors que dans des débats ou des réunions très officielles avec lui.
Interviewé: Il faut toujours essayer de dire du positif et du négatif. Il a un aplomb, objectivement, quand il est dans un débat, quand il est dans une émission, il y va, etc. Après, moi, j’ai pu mesurer à quel point sur le fond, en réalité, il n’y a quasiment rien. C’est-à-dire qu’en fait, sur le fond, vous allez sur un sujet, notamment dans le débat qu’on avait eu au moment des élections européennes. Commencez à l’interroger dans le fond sur un sujet. En plus, il est député européen. Objectivement, ça ne va pas très loin. Et tout de suite, il vous renvoie un truc parce qu’il a cet aplomb pour essayer de changer de sujet et de passer à autre chose. Je n’en sais rien. Mais en tout cas, c’est ça que j’ai vu. Ensuite, on voit que sur énormément de sujets, ils changent d’avis, ils ne sont pas d’accord avec Mme Le Pen. C’est quoi,
Interviewé: C’est quoi,
Interviewé: En tout cas, c’est ce que j’ai ressenti à l’occasion des débats qu’on a eus ensemble. Je pense que c’est aussi ce que certains Français ont vu. Maintenant, encore une fois, moi, je me présente dans cette élection. je ferai avec Les autres candidats qui auront été choisis par leur parti, ou en l’occurrence ici par une décision judiciaire, puisque c’est ça qui va impacter le choix du candidat du Rassemblement National. En tout cas, j’ai débattu suffisamment de fois avec Jordan Bardella pour savoir que j’ai confiance pour de prochains débats avec lui. Ça ne vous fait pas peur ?
Interviewé: Franchement, je ne sais pas.
Interviewé: Ils sont du même parti, objectivement, mais je ne sais pas vous dire. On verra.
Interviewé: Moi je pense que l’autorité c’est important, parce que l’autorité c’est tout simplement apprendre qu’il y a des règles et qu’on les respecte. Et qu’il y a des personnes qui sont là pour faire respecter les règles et qu’on doit les respecter. Et oui, il y a un délitement de l’autorité en France, qui ne date pas d’il y a 5 ans, qui ne date pas d’il y a 10 ans, qui date je pense d’il y a assez longtemps, il y a probablement plein de raisons. Et l’autorité c’est quand même le meilleur service à rendre aussi à la jeunesse, parce qu’un jeune il a besoin de cadres, il a besoin de repères. Je veux dire, qu’on en soit parfois à avoir un débat sur le fait de savoir. S’il faut faire respecter les règles, s’il faut sanctionner ceux qui ne respectent pas les règles, c’est quand même un peu curieux. Maintenant, est-ce que c’est suffisant ? La réponse est non.
Interviewé: je pense qu’il y a un délitement du respect de l’autorité, du respect des règles. Je pense qu’il y a une forme de banalisation du non-respect de la règle, de banalisation de la violence. Je pense que oui, il y a moins de civisme.
Interviewé: Oui, c’est un constat que je fais bien avant les 9 dernières années, maintenant c’est vrai, c’est encore une réalité en France aujourd’hui.
Interviewé: Quand j’étais ministre de l’Éducation nationale, j’ai fait de cette question de l’autorité un des trois piliers de mon action. Je rappelle, pour moi l’éducation nationale, elle a besoin, un, qu’on élève le niveau, deux, qu’on fasse respecter l’autorité, et trois, qu’on assure le bien-être des élèves. Pour moi, c’est les trois sujets, les trois sujets prioritaires à l’éducation nationale. Et sur la question de l’autorité, j’ai fait respecter nos règles et nos lois sur la laïcité. C’est un sujet qui a fait beaucoup débat, j’ai été très critiqué sur ce sujet-là.
Interviewé: Bien sûr, mais c’est la loi de 2004 qui n’était plus respectée en France. Manifestement, il y a plein de gens, ça ne les gênait pas que la loi ne soit plus respectée. J’ai fait respecter la loi. Après, il y a des gens qui peuvent considérer que ce n’est pas une bonne loi.
Interviewé: Encore une fois, il y a une loi qui existe depuis 2004, qui a été votée. C’était Jacques Chirac à l’époque qui l’avait présentée, qui était président. Cette loi n’était plus respectée depuis des années. À un moment, quand vous avez une loi qui n’est pas respectée en France, moi je considère que votre rôle quand vous êtes ministre, c’est de la faire respecter. J’ai fait respecter la loi tout simplement. Certains ont dit « c’est pas vrai, la loi ne disait pas ça » , etc. Il y a un juge administratif qui s’appelle le Conseil d’État qui a jugé que j’avais bien fait respecter la loi. Ça c’est une chose. Deuxième chose, j’avais demandé qu’on mette fin au pas de vague. Pas de vague, c’est en gros on met sous le tapis quand il y a des problèmes, quand il y a des élèves qui ne respectent pas les règles, qui perturbent la situation, etc. Et notamment dans les moments de recueillement en mémoire de Samuel Paty ou de Dominique Bernard, qui sont deux enseignants qui ont été tués par le terrorisme islamiste. J’avais demandé que, dès qu’il y avait des moments de perturbation, il y ait immédiatement une sanction. Alors,
Interviewé: Exactement, et une saisine de la justice. Ça a été fait. D’ailleurs, les enseignants eux-mêmes et les chefs d’établissement ont dit que pour la première fois, il y avait eu des vraies suites qui avaient été données. Ensuite, j’ai commencé à élaborer un plan sur l’autorité à l’école. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de le mettre en place. Ce plan, il est prêt. J’ai plein d’idées, plein de mesures que je présenterai pour remettre les règles.
Interviewé: Bien sûr, j’avais plein de projets, y compris sur la justice des mineurs quand j’étais à Matignon. Le tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l’autorité, on t’apprend à la respecter. Je le dis dans ma déclaration de politique générale. Je prends de premières mesures. Par exemple, les travaux d’intérêt général n’étaient pas possibles pour les mineurs, avec mon garde des Sceaux à l’époque. Je lui ai demandé de prendre une circulaire, on a changé ça, maintenant c’est possible. J’avais préparé une réforme de la justice des mineurs qui devait entrer en vigueur à l’été. Il y a eu la dissolution, donc elle n’a pas pu entrer en vigueur, on n’a pas pu la faire voter. Donc évidemment que j’aurais souhaité avoir plus de temps. pour faire adopter les réformes que je leur ai proposées. Maintenant, j’ai encore plein d’idées, j’ai appareil retravailler ces textes pour qu’ils soient encore plus efficaces et encore plus utiles et je pourrais les proposer aux Français dans le programme qu’on va présenter.
Interviewé: Vous savez, je pense que ça reste au travers de la gorge de la plupart des Français en fait. Parce que pourquoi est-ce que depuis deux ans, le pays est complètement bloqué ? Pourquoi il n’y a pas de réforme ? Pourquoi il n’y a pas d’investissement ? Alors que vous regardez tous les pays autour de nous, ils réforment, ils investissent, ils cherchent à être les premiers sur les nouvelles technologies, sur l’industrie, etc. Pourquoi on est bloqué ? Parce que la dissolution. Donc ce n’est pas tant mon sujet à moi…
Interviewé: Oui, c’est une grosse erreur. J’ai eu l’occasion de le dire, je l’ai écrit. Il y a beaucoup de Français à chaque fois que je me déplace qui me disent « Mais comment ça s’est fait la dissolution ? Qu’est-ce qui s’est joué dans les coulisses ? »
Interviewé: Il y a beaucoup de Français qui me posent la question autour de cette photo. Comment ça s’est joué ? Comment c’est possible que le président vous ait caché ça ? C’est pour ça que dans le livre que j’ai sorti récemment, « En homme libre » , J’ai choisi de raconter tout ce que les Français ne voient pas, tout ce que les médias ne disent pas, ne savent pas, c’est-à-dire ce qui se joue dans les coulisses, derrière les portes, dans les réunions, etc. Et je raconte factuellement tout ce qui s’est passé avant et comment on en est arrivé à cette décision. Moi je l’ai appris à peu près une heure avant les Français, donc au dernier moment. Mais encore une fois, pour bien vous expliquer Rémy Buisine, le sujet c’est pas tant que la dissolution a fait que je ne suis plus Premier ministre, j’avais objectivement intégré que je ne serais probablement plus Premier ministre après les élections européennes. Je raconte dans le livre d’ailleurs que…
Interviewé: En fait, vous êtes chef du gouvernement, vous avez un mauvais score à une élection, c’est classique.
Interviewé: parce qu’on attend de voir le résultat, on attend de voir etc. Le fait est que quand il m’a appelé pour, et ça je le raconte aussi dans le livre, quand il m’a appelé pour me dire qu’il voulait dissoudre l’Assemblée Nationale, la première chose que j’ai faite c’est lui dire ne faites pas la dissolution, ça va être une catastrophe pour le pays, par contre je vous propose ma démission. Ça permet de montrer que vous tenez compte de la défaite aux européennes et vous changez de premier ministre.
Interviewé: En tout cas, il n’a pas suivi ce choix-là. Mais donc, encore une fois, ce n’est pas tant pour moi que pour le pays. Et oui ! On paye encore les pots cassés de la dissolution aujourd’hui. Maintenant, il faut aller de l’avant, rester bloqué sur ça. Et surtout, on a une opportunité de débloquer le pays, débloquer l’avenir de la France. C’est l’élection présidentielle en 2027.
Interviewé: Alors ? Quand j’ai été ministre de l’éducation, j’ai décidé qu’on lance une expérimentation sur le sujet. Parce que le débat sur l’uniforme, ça fait des années que tout le monde en débat, il y a ceux qui sont pour, il y a ceux qui sont contre. Moi j’ai dit, en fait, j’ai pas vraiment d’avis, c’est-à-dire que je vois pourquoi ça pourrait être bien, en même temps, est-ce qu’on est sûr que ça réglerait vraiment des problèmes ? Et donc j’ai dit, on va lancer une expérimentation. Et j’ai dit, il faut que l’expérimentation dure deux ans, et qu’on ait un vrai suivi scientifique de l’expérimentation. Que pendant deux ans, on suive sur plusieurs critères. Le critère, c’est est-ce que ça élève le niveau des élèves ? Et évidemment, un autre critère important, c’est le climat scolaire.
Interviewé: Est-ce qu’il y a un meilleur climat scolaire ? J’y viens, l’expérimentation devait durer deux ans. Je lance le truc. Il y a 150 établissements scolaires qui rentrent dans l’expérimentation. Pour qu’ils rentrent dans l’expérimentation, évidemment, il fallait qu’ils aient un soutien financier. du ministère pour pouvoir acheter les uniformes. Je décide, le ministère va financer les uniformes pour les élèves, pour tester l’expérimentation. Il y a une première année qui se fait, et là, j’étais plus le Premier ministre, après la dissolution, mes successeurs ont décidé de couper les financements pour les collectivités. Déjà, vous en avez une partie, ils ont dû arrêter au milieu de l’expérimentation, parce que le ministère leur a retiré le financement pour payer les uniformes. Moi,
Interviewé: c’est…
Interviewé: À l’époque, c’était Elisabeth Borne, qui est revenue sur une partie des mesures que j’avais décidées quand j’étais ministre de l’Éducation.
Interviewé: Non, mais en tout cas, elle est revenue là-dessus. Déjà, vous avez une partie des écoles qui ont dû arrêter l’expérimentation. Vous en avez d’autres qui continuent. Moi, tous les maires qui se sont lancés dans l’expérimentation, ils m’ont tous dit que ça avait un impact super. Ça avait un très bon impact. Là, le ministre nouveau de l’Éducation a fait un premier point sur l’expérimentation, mais qui est toujours en cours, puisque ça devait durer deux ans. Et il dit, je cite, que les premiers résultats, c’est que c’est des résultats inégaux. C’est-à-dire qu’il y a des établissements où les équipes enseignantes, les parents d’élèves, les élèves disent « c’est super, ça améliore le climat scolaire » et puis il y a des établissements où manifestement… Mais quelles conclusions vous en faites alors ? Moi j’attends de voir la fin de l’expérimentation. Si vraiment on voit que ça a un impact positif sur le climat scolaire notamment, moi je serais favorable à ce qu’on le généralise, bien sûr. C’est pour ça que j’ai fait l’expérimentation.
Interviewé: Si l’impact de l’évaluation est favorable. Je crois que là, ça doit être à la fin de cette année, d’ici la fin de cette année, qu’on aura l’évaluation définitive. Sur ces sujets-là, je pense qu’il ne faut pas faire d’idéologie, il faut être pragmatique. Soit on se dit que c’est utile et que ça marche, on le fait. Soit on se rend compte en expérimentant qu’en fait, ça n’a pas d’effet. Et à ce moment-là, on laisse la liberté éventuellement, on ne le fait pas.
Interviewé: Gabriel Attal, président de la République demain, évidemment qu’on fait évoluer les rythmes scolaires. Et probablement que les élèves commenceront plus tard. Je suis un des seuls, je pense le seul candidat qui en parle. Et en tout cas, la Convention citoyenne…
Interviewé: La Convention citoyenne qui a fait des propositions, je suis le seul à avoir regardé les propositions, les avoir commentées, parce que c’est un sujet hyper important. Parce qu’on parle de la capacité des élèves à se sentir bien, de leur santé mentale et de leur capacité à apprendre. L’objectif d’un ministre, d’un premier ministre, d’un président, d’un État, c’est quand même que les élèves puissent apprendre. Pour apprendre, ils ont besoin de bonnes conditions. Et les bonnes conditions, c’est évidemment leur santé et c’est les rythmes scolaires.
Interviewé: Alors, ouais, après il y avait un choix du président.
Interviewé: Et souvenez-vous, dans le premier mandat… Moi je me souviens, sous le mandat de François Hollande, il y a eu un changement des rythmes scolaires. L’histoire du mercredi, semaine de 4 jours, etc. Et en 2017, Emmanuel Macron a dit « ça a changé il n’y a pas longtemps le rythme scolaire, donc on ne va pas tout chambarder, etc. »
Interviewé: En tout cas, ça fait 10 ans que ça n’a pas bougé, en fait, et donc je pense qu’il faut que ça bouge. Donc moi j’ai regardé les propositions de la Convention citoyenne. Qu’est-ce qu’ils proposent ? En gros, ils disent maintenant plus aucun cours qui commence avant 9h. Ils disent le matin c’est les cours théoriques. Et l’après-midi, c’est le sport, les activités… Vous,
Interviewé: Etc. Ils disent maintenant c’est une heure et demie de pause pour déjeuner pour les élèves. Et ils proposent des cours qui sont plutôt de 45 minutes plutôt que des cours de une heure. Et ils proposent un système où l’essentiel des devoirs peut être fait dans l’établissement scolaire et pas à la maison. Je suis en train de travailler sur toutes ces propositions. J’ai lancé une consultation des élèves. J’ai proposé, j’ai fait même des vidéos sur mes comptes pour ça, aux élèves de m’envoyer leur emploi du temps. avec leurs commentaires pour nous dire comment est-ce qu’il faudra faire les choses mieux. Je rencontre des experts, des chronobiologistes. Ce n’est pas forcément une profession, une spécialité qui est connue. Vous avez des gens, leur métier, leur spécialité, c’est des scientifiques. C’est l’impact des rythmes de la vie. sur la santé, etc.
Interviewé: je dis, je présenterai mon programme dans quelques mois, mais globalement, ce que je dis, c’est qu’il faut des journées plus courtes, probablement les courtes qui commencent plus tard, mais que la contrepartie, c’est quand même qu’il y aura un peu moins de vacances. Parce qu’à la fin, si on veut alléger les journées, et notamment qu’il y ait cours le matin, sport l’après-midi et art l’après-midi, il faut quand même qu’on prenne du temps sur les vacances.
Interviewé: Ça peut finir plus tard en juin, ça peut être des vacances d’hiver, etc. Mais pourquoi c’est un sujet qui est difficile ? Je vais vous donner un exemple. Si vous dites on décale l’heure du début des cours, ça a un impact sur les transports scolaires. Vous avez beaucoup de gens qui n’habitent pas dans des villes, ils ont besoin de transports scolaires pour aller à l’école. Donc ces transports scolaires, ils ont des horaires. Vous avez des gens qui accompagnent leurs enfants à l’école ou au collège ou au lycée avec leur voiture quand ils vont travailler. Si vous faites démarrer les cours plus tard, les gens doivent aller travailler. Si leur boulot commence… Avant que leurs enfants commencent l’école ou le collège, ça crée aussi des problèmes. Il y a plein de sujets pratiques. Et moi, ce qui est intéressant, c’est qu’il y a plein de Français qui m’ont écrit, comme ils ont vu que je m’intéressais à ces résultats, à ces propositions sur le rythme scolaire, ils m’ont écrit pour me donner leur avis. Vous avez plein de gens qui m’ont écrit, ne proposez surtout pas de décaler le début des cours, parce que moi j’amène mes enfants à l’école.
Interviewé: Peut-être, mais en tout cas, ils disent, moi j’amène mes enfants à l’école, je dois aller travailler. Demain, si les cours commencent plus tard, comment je fais avec mon boulot ? C’est des sujets qui sont difficiles. Mais en tout cas, oui, il faut bouger sur le sujet parce que les experts ou les scientifiques qui travaillent sur ces sujets-là, globalement quand même, ils ont des avis différents, mais il y a un consensus qui revient, c’est que, notamment quand vous êtes adolescent, en fait, vous êtes dans un âge où, biologiquement, c’est très dur de vous endormir tôt. Donc de toute façon, vous allez vous endormir assez tard, et donc si les cours commencent aux aurores, vous allez être très fatigué. Et donc, probablement qu’à cet âge de l’adolescence, il faudra que les cours démarrent un peu plus tard. pour qu’ils puissent avoir plus de sommeil, être mieux concentrés, se sentir mieux dans leur tête, mieux dans leur peau et apprendre mieux.
Interviewé: moi je pense qu’il y a une solution qui est, si on se dit les sacs sont lourds et en même temps les tablettes, les écrans ça a quand même un impact, ça aussi il y a des études qui le montrent sur les capacités de concentration, etc. Il y a un truc qui s’appelle les casiers. Ça existe aussi d’ailleurs, vous avez des départements et des régions qui en mettent dans les collèges et dans les lycées, donc ça aussi c’est une alternative pour le poids du cartable.
Interviewé: Bien sûr, ou alors de laisser les manuels dans l’établissement ou des affaires parce que vous avez un casier.
Interviewé: D’abord, le chômage des jeunes est au plus bas depuis 40 ans. Donc quand même, objectivement, le chômage des jeunes a beaucoup baissé ces dernières années et c’est une bonne nouvelle. Il faut continuer, notamment je pense que ce qui a permis de faire baisser le chômage des jeunes. C’est tout ce qui a été fait sur l’apprentissage.
Interviewé: Vous avez raison, ce ne sont plus les mêmes sujets. Mais objectivement, aujourd’hui, le chômage a baissé. Je pense que notamment l’apprentissage y est pour beaucoup. Il faut continuer. Maintenant, vous avez parlé d’un point qui est pour moi essentiel. J’en ai un peu parlé tout à l’heure quand je disais ce que je voulais demain, c’est l’accès à la propriété. Pour moi, une des vraies différences entre les jeunes générations aujourd’hui qui travaillent et les précédentes, c’est qu’avant, un jeune couple qui bosse, qui est globalement au salaire moyen, en fait, il pouvait devenir propriétaire. Aujourd’hui, c’est devenu quasiment impossible.
Interviewé: Et ça, le logement, objectivement, il faut faire, je pense, l’inverse de ce qui a été fait ces dernières années. Là, je le dis, moi, je n’ai jamais été ministre du logement. Je pense qu’il y a eu des vrais…
Interviewé: Il y a eu des vrais… Ouais, j’ai fait un projet de loi sur le logement, tiens c’est intéressant. J’arrive, je suis nommé Premier ministre. Dans ma déclaration de politique générale à l’Assemblée Nationale, je dis une des priorités c’est le logement pour que les gens puissent devenir propriétaires. Je fais travailler le ministre du logement de l’époque dans mon gouvernement avec un projet de loi pour relancer la construction, pour qu’il y ait plus de logements disponibles, parce que c’est aussi, plus vous avez d’offres, à priori plus les prix vont baisser.
Interviewé: Bah en fait, on a présenté le projet de loi, il a été voté au Sénat en commission en première lecture, dissolution, depuis le projet de loi il est à l’arrêt. Donc là le gouvernement a annoncé qu’il y aurait probablement un nouveau projet de loi, mais deux ans de perdu. Deux ans de perdu, mais là c’est des faits, vous pouvez regarder en ligne, ceux qui nous regardent peuvent regarder. Projet de loi logement ATTAL sur les réseaux sociaux ou sur leur IA.
Interviewé: C’est aussi une question d’offres. Moi je pense qu’il faut qu’on construise plus. Le problème c’est que ces dernières années, objectivement, il y a eu des succès économiques, notamment sur l’industrie, notamment sur l’emploi. Le logement c’est un échec. Objectivement, c’est un échec des dernières années. C’est plus difficile aujourd’hui de devenir propriétaire. Il n’y a plus d’intérêt à faire, financier, à faire de l’investissement locatif, que vous soyez un particulier ou un institutionnel, et donc c’est la galère. Pour moi, ça doit être une grande priorité. Aujourd’hui…
Interviewé: Le besoin, ça serait 400 000. 400 000 logements ? 400 000 par an, c’est ça le besoin qui est exprimé par les professionnels. Est-ce qu’on y arrivera comme ça d’un coup ? En tout cas, il faut prendre des mesures très vite, parce que ce que vous disent les professionnels, c’est que les mesures que vous prenez, elles ont un effet… deux trois quatre ans plus tard parce qu’il y a toujours un effet retard, il faut les construire, les construire, et la deuxième chose c’est l’accès au crédit aujourd’hui je donne un exemple récemment j’étais dans un déplacement c’était dans l’hérault je crois on en alsace vous avez un couple qui est venu me voir me dit voilà nous on bosse tous les deux on paye 1100 euros de loyer on a identifié un pavillon qu’on voudrait acheter le crédit la mensualité ce serait 950 euros par mois, on nous refuse le crédit. C’est-à-dire qu’on a un CDI, on paye 1100 euros de loyer, le crédit c’est 950 euros de mensualité, donc c’est moins, on nous refuse le crédit. Parce qu’on n’a pas assez d’apports, parce que les banques ne donnent pas assez de demandes plus de garanties, etc. Et ça c’est juste insupportable.
Interviewé: Vous pouvez avoir des dispositifs de prêt à taux zéro, où l’État vient se soutenir avec un prêt à taux zéro, vous pouvez avoir des mesures…
Interviewé: Ça fait partie des propositions qu’on regarde et des idées qu’on regarde. C’est pas mon programme, je vais pas le présenter aujourd’hui, je le présenterai dans quelques mois. Mais en tout cas, ça fait partie des sujets sur lesquels on travaille. Et après, il y a la question du salaire. Là aussi, le sujet…
Interviewé: Le jeu de mots est totalement assumé.
Interviewé: C’est à l’OM en fait, c’est pour ça.
Interviewé: Là aussi, désolé, je ne veux pas être trop frustrant, et je pense que vous me réinviterez, mais dans le programme, il y aura quelque chose de chiffré. et on dira aux Français très concrètement.
Interviewé: Le travail. On est en train de ficeler. Ça fait un an qu’on travaille dessus. On présentera la proposition quand on présentera le programme. Je vois assez clair ce que je veux proposer. Mais l’objectif, c’est quoi ? C’est de dire qu’aujourd’hui, vous avez cet écart entre le net et le brut. Moi, je pense que les Français ne demandent pas des chèques, des aides, des subventions. Ils demandent juste que le net se rapproche du brut. Et donc, il faut qu’on baisse les charges qui pèsent sur le travail. Comment est-ce qu’on baisse les charges ? qui pèsent sur le travail en faisant des économies. Parce qu’en fait, ces charges, elles financent des dépenses, notamment du modèle social. Quel type d’économie,
Interviewé: Un, sur l’assurance chômage.
Interviewé: Moi, je propose tout simplement qu’on se mette à peu près au niveau de la moyenne des pays européens sur la durée d’indemnisation, le nombre de mois qu’il faut avoir travaillé pour pouvoir avoir le chômage.
Interviewé: Ce n’est pas une question de raboter, c’est une question de… C’est ça ? Oui, c’est… C’est aussi incitatif pour reprendre un travail, c’est non pas supprimer l’assurance chômage, mais se mettre dans la moyenne des pays européens. La réalité c’est que…
Interviewé: Non mais ce que j’avais proposé, moi c’était autour de 18 mois d’indemnisation par exemple.
Interviewé: Non, non, j’avais proposé de… ou alors j’avais proposé de passer… bref.
Interviewé: c’est ça, et en fait on va faire une nouvelle proposition sur le sujet. J’ai plus en tête exactement, ça date d’il y a deux ans, ce que j’avais proposé dans ma réforme. En tout cas l’objectif c’est de réduire pour se mettre près dans la moyenne. Et ensuite des économies sur les arrêts maladie par exemple qui ont explosé sans dire qu’on va mettre fin aux arrêts maladie qu’on va supprimer les arrêts maladie et en tout cas…
Interviewé: Je pense enfin encore une fois il y a une question de taux de remplacement il y a différentes questions qu’on peut qu’on peut proposer et après il y a la question des retraites aujourd’hui ce qui fait que le modèle social coûte cher on prend beaucoup de cotisations aux français c’est notamment la question du financement des retraites ça coûte très cher
Interviewé: Moi je vous propose de changer le système de retraite. Je vous propose de changer notre système de retraite. Comment ? Aujourd’hui, on a un système qui est très compliqué. Vous avez 42 régimes, c’est des règles différentes pour tout le monde. On a un système avec cet âge légal de départ. C’est quoi,
Interviewé: J’y viens. On a un système avec un âge légal de départ qui concentre beaucoup d’angoisse, beaucoup de difficultés. Et on a un système avec pas de capitalisation et un système qui est purement par répartition. Moi, je propose de changer le système. Comment est-ce qu’on change le système ?
Interviewé: Moi, ce que je propose, c’est qu’on supprime l’âge légal de départ.
Interviewé: On supprime et on garde la durée de cotisation. Aujourd’hui, il y a deux critères pour partir à la retraite.
Interviewé: Aujourd’hui, il y a deux critères pour partir à la retraite. Il y a l’âge légal de départ et il y a la durée de cotisation. Globalement, vous avez un âge légal de départ… qui dans la dernière réforme a été passée à 64 ans, même si là ça a été suspendu, et vous avez une durée de cotisation qui dépend de la génération à laquelle vous êtes né, qui est le nombre d’années que vous devez avoir travaillé pour avoir votre retraite à taux plein. Je propose qu’on garde que la durée de cotisation.
Interviewé: En fait, vous partez quand vous voulez, mais si vous partez tôt, vous avez moins, et si vous partez plus tard, vous avez plus. Mais on vous donne cette liberté, il n’y a plus cet âge à partir duquel… avant lequel vous ne pouvez pas partir.
Interviewé: On laisse le choix aux gens. Encore une fois, je pense qu’il faut donner de la liberté et que les gens puissent se dire « Je suis à tel moment de ma carrière, je suis à tant, je vais m’arrêter de travailler. » Évidemment qu’il faut avoir un système qui incite à travailler plus longtemps. Donc évidemment qu’il faut qu’il y ait des décotes si vous partez tôt et des surcotes si vous partez tard. Et ensuite, c’est l’autre point, c’est la capitalisation. Aujourd’hui, c’est une forme de tabou. Dans le débat public, je pense qu’il faut faire sauter ce tabou, qu’il faut assumer ce débat sur la capitalisation. J’étais dans une réunion publique il n’y a pas longtemps, et quelqu’un m’a dit « mais la capitalisation, c’est la fin du système de retraite, etc. » J’ai dit « pour vous, il fonctionne comment le système de retraite aujourd’hui ? » J’ai demandé aux gens qui étaient là « est-ce que vous pensez que les cotisations qu’on vous prend sur votre salaire à la fin du mois, elles vont dans une caisse qui vous attend pour quand vous serez à la retraite, vous être rendu ? » sous forme de pension de retraite. Il y a la quasi-totalité de la salle qui a répondu oui. Et je leur ai dit, mais en fait, ce n’est pas ça du tout le système. Le système, c’est que les cotisations de retraite qui vous sont prélevées le 28 du mois sur votre feuille de paye, elles vont immédiatement, le 2 du mois suivant, payer les pensions des retraités actuels. Il n’y a rien qui vous attend. Les cotisations tout au long de votre carrière que vous payez sur votre salaire, elles ne vous attendent pas pour quand vous serez à la retraite. Elles vont immédiatement payer la pension des retraités actuels le mois suivant. Et comme il n’y en a pas assez de cotisations parce qu’il y a moins de gens qui travaillent, On prend aussi une partie de vos impôts pour financer ces retraites. C’est ça le système d’aujourd’hui. Et la réalité, c’est que vu la démographie, vu le fait qu’on a moins de gens qui travaillent aujourd’hui, qui en avaient auparavant, et plus de retraités, ça ne tient plus. Donc il faut assumer de garder la logique de la répartition pour un système de base, et ensuite, pour le reste, il faut de la capitalisation. En gros, si je devais résumer, à ce système actuel, les jeunes qui travaillent aujourd’hui auront une moins bonne pension que les retraités actuels. Moi, je veux qu’ils aient… Une pension aussi bonne, voire meilleure que les retraités actuels. Comment on fait en assumant d’intégrer de la capitalisation dans le système de retraite ?
Interviewé: Tant que vous avez des jeunes qui galèrent, qui n’arrivent pas à se nourrir, c’est un échec.
Interviewé: C’est un échec quand vous en avez. Je veux dire, la réalité, c’est que ce n’est pas supportable, ce n’est pas acceptable. Oui, en France, on est dans un pays où les jeunes n’ont pas à s’endetter quasiment toute leur vie pour payer leur université parce qu’on a un enseignement supérieur qui est public et qui est gratuit, même s’il y a des droits d’inscription, évidemment. Rien à voir avec ce qu’on voit dans des pays anglo-saxons, par exemple, aux États-Unis. Mais vous avez quand même des jeunes qui sont aujourd’hui en galère et qui font la queue à l’aide alimentaire. Là, moi ce que j’avais beaucoup défendu à l’époque, j’étais secrétaire d’État à la Jeunesse, puis porte-parole, c’est le repas à 1€ pour les étudiants boursiers.
Interviewé: Oui, mais en tout cas ça a été fait, ça date maintenant de quasiment 5 ans quand ça a été mis en place. Ça, très bonne mesure. On a eu une réforme des bourses avec une revalorisation des bourses, qui a eu lieu aussi. Il y a des aides sociales qui existent pour les jeunes qui sont en difficulté, les étudiants qui sont en difficulté. Ce que je constate moi souvent, c’est que…
Interviewé: Je pense qu’il y a d’autres facteurs sur lesquels…
Interviewé: Je pense qu’il y a des aides et ensuite je pense qu’il y a une deuxième chose, c’est qu’il faut agir sur les facteurs qui font qu’il y a des jeunes qui galèrent et qui n’y arrivent pas. Et notamment le logement. Là où, objectivement, il y a eu un échec pour moi, c’est sur les logements étudiants et les résidences universitaires. Il y avait un plan de construction qui avait été prévu avec des dizaines de milliers de places. Honnêtement, je crois qu’on est assez loin. On parlait tout à l’heure des logements et de la construction. Je pense que dans les grandes causes et dans les grandes priorités pour le prochain mandat, la question des résidences crous, des logements étudiants, pour moi, ça doit être une priorité quand on parle de logement et de construction parce que c’est quand même ce qui permet aussi de faire baisser la facture pour les jeunes, qui est quand même importante, qui est celle du logement. Et même s’ils se mettent en coloc, objectivement, ça reste une dépense très importante. Si vous arrivez à baisser un certain nombre de frais, c’est sûr qu’ils ont ensuite plus de pouvoir d’achat pour se nourrir et autres.
Interviewé: Merci pour le ventilo. Il fait super chaud dans le château avec les lumières.
Interviewé: Non, moi, je ne suis pas pour le vote à 16 ans parce que, d’abord, le sujet, c’est que les jeunes à 18 ans, ils votent. Aujourd’hui on a un taux d’abstention qui est élevé chez les jeunes. Le jour où il y aura une grande participation des jeunes, on pourra se poser la question de baisser l’âge. Mais moi j’ai peur que ce soit un peu le faux débat, c’est à dire le sujet pour dire regarde on fait quelque chose pour faire participer les jeunes sans se poser les vraies questions de pourquoi est-ce que les jeunes ne votent pas plus.
Interviewé: Je pense qu’il y a une responsabilité des partis politiques, c’est à dire de nous, pour qu’ils viennent voter il faut qu’on leur donne envie de voter. Pour leur donner envie de voter, il faut s’engager sur les sujets qui les préoccupent et qu’il y ait une offre politique qui réponde à leurs attentes. Et je pense ensuite qu’il y a peut-être un sujet, oui aussi, d’apprentissage de ce que sont les institutions, d’à quoi servent les collectivités. En gros, que font les élus pour qui on vote ? Objectivement, aujourd’hui, c’est très compliqué de savoir entre la commune, l’agglomération, le département, la région, les députés, le président. Et donc je pense qu’il y a de ça aussi. J’ai regardé dans des pays, notamment il y a des pays, je pense, scandinaves, qui avaient fait le vote à 16 ans, en tout cas qui avaient abaissé l’âge pour voter. Il y a eu un impact à l’élection qui a suivi, et en général après la participation elle se remet à chuter. Et donc je pense que…
Interviewé: Ouais, plus que dans la population en général.
Interviewé: D’une manière générale, oui.
Interviewé: C’est ce que je vous ai dit, je vous ai dit que la première responsabilité, elle revient aux partis politiques et aux élus politiques, de convaincre les jeunes de venir voter, et globalement de convaincre les Français que ça sert à quelque chose de voter. Pour moi, aujourd’hui, un gros problème qu’on a, c’est le sentiment d’impuissance publique. Vous avez des gens, beaucoup, qui se disent que ça ne sert à rien de voter pour eux, que ça ne sert à rien de voter tout court et de leur faire confiance, parce que de toute façon, ça ne change rien, c’est plus eux vraiment qui ont le pouvoir. Et en gros, ils disent qu’ils ont des grands objectifs, ils annoncent des mesures, mais en vrai, ça ne change pas notre vie. Il faut remettre de l’efficacité et de la puissance publique. C’est ça le sujet. Et ça passe, je pense, par différentes choses. D’abord, ça passe par la manière dont on exerce le pouvoir. Ça passe par notre organisation administrative, ça passe par les compétences de chacun. Aujourd’hui, il y a trop de monde qui sont chargés parfois des mêmes choses avec les collectivités locales et autres. Le jour où les Français se diront « tel élu est en charge de ça, donc je peux le juger sur son succès, sa réussite et ses échecs sur ça, tel autre élu est en charge de tel autre sujet » , je pense que ça facilitera la participation aux élections.
Interviewé: Moi, regarder les différentes fonctions qui ont été les miennes. On peut ne pas être d’accord avec ce que j’ai fait, on peut avoir un désaccord sur le fond. Globalement, on ne peut pas m’accuser ou me reprocher de ne pas avoir fait. On m’a parfois reproché de lancer trop de chantiers, de faire trop de trucs, etc. On peut avoir des désaccords sur l’orientation que j’ai prise. On peut dire « je ne suis pas d’accord avec son orientation sur tel sujet » . Je ne peux pas me reprocher de ne pas avoir agi. A chaque fois que j’ai eu des responsabilités, à chaque fois qu’on m’a confié les clés d’un ministère, j’ai passé mon temps à agir. Aller voir les Français, aller voir les acteurs de ce ministère, essayer de comprendre les problèmes et de comprendre comment les régler, et proposer des mesures et de les mettre en œuvre. Que ce soit quand j’étais à la jeunesse, quand j’étais à Bercy, quand j’étais ministre de l’Éducation nationale, Premier ministre.
Interviewé: Moi, ce que je propose, c’est d’abord qu’on ne s’enferme pas dans ce débat. Vous avez cité des prises de parole. Entre d’un côté le déni de certains et l’obsession d’autres. Moi je suis un pragmatique, je suis un réaliste. On a besoin d’immigration. C’est pas vrai de dire qu’on pourrait avoir l’immigration zéro. Est-ce qu’aujourd’hui on gère bien l’immigration ? La réponse est non.
Interviewé: Enfin, je veux dire, oui. Je ne juge pas, mais…
Interviewé: Il y a des choses qui ont été réussies, je vous ai parlé du chômage, il y a des choses qui marchent moins bien, on en parle aussi.
Interviewé: En tout cas… Est-ce qu’aujourd’hui on maîtrise pleinement notre politique migratoire ? La réponse est non. On ne maîtrise pas pleinement la politique migratoire. On n’est pas capable de choisir qui on accueille et qui on n’accueille pas vraiment. On n’est pas capable de bien intégrer les gens qu’on accueille. Et on n’est pas capable non plus d’expulser les gens totalement qu’on ne veut pas accueillir, en tout cas qu’on veut reconduire à la frontière ou dans leur pays d’origine. Donc, moi ce que je dis c’est, il ne faut pas être dans le déni, il ne faut pas être dans l’obsession, il ne faut pas considérer qu’on peut avoir une immigration zéro, il ne faut pas considérer que ça peut être open bar.
Interviewé: Ce que je propose, c’est de dire, les partenaires sociaux, donc les syndicats et le patronat, se mettent autour d’une table, identifient les besoins de l’économie française en matière d’immigration, secteur par secteur, ils transmettent ces besoins au Parlement, et le Parlement vote des quotas. Mais ça doit se faire sur une base objective, et il est mieux placé pour savoir…
Interviewé: Moi je propose qu’on fasse une préférence travail. C’est-à-dire qu’on dise que, maintenant, le premier critère pour l’immigration, c’est le travail.
Interviewé: Moi je propose qu’on garde le droit d’asile bien sûr, maintenant c’est aussi au niveau européen qu’il faut qu’on arrive à avancer sur ce sujet.
Interviewé: Non aujourd’hui il n’y a pas de quota sur le droit d’asile. Moi ce que je propose c’est qu’au niveau européen on fasse une meilleure répartition des personnes qui ont l’asile. Il y a une réforme qui est en cours, vous savez le pacte asile-immigration qui est discuté en ce moment.
Interviewé: C’est le cas aujourd’hui. bien sûr mais moi je propose maintenant que la priorité en matière d’immigration ce soit le travail ça soit la première clé d’entrée mais contrairement à d’autres qui disent faut plus d’immigration du tout objectivement vous regardez des besoins en matière économique et par ailleurs au delà des besoins en matière économique c’est pas purement utilitariste c’est aussi quelque part richesse en tout cas notre pays s’est construit aussi parce qu’il ya eu des vagues d’immigration simplement ce qu’il faut c’est qu’on puisse les maîtriser qu’ils aient des règles on sache qui rentre et qui ne peut pas rentrer et que ceux qui rentrent on leur permette de vraiment s’intégrer et que ceux qui ne peuvent pas rentrer, on soit capable de les expulser, de les reconduire chez eux, parce que sinon, c’est le pire, c’est-à-dire qu’ils restent clandestinement, évidemment qu’ils fondent une famille, évidemment que pour certains, ils commencent à travailler. Et ensuite, c’est super difficile de leur dire, vous devez rentrer chez vous.
Interviewé: je pense qu’il faut repartir de zéro dans nos relations avec l’Algérie. Il faut tout remettre à plat, en fait. Aujourd’hui, être dans la stratégie de dire on bloque tout, on va dans le clash total, on voit bien que ça n’a pas produit d’effet. C’est une méthode qui a été testée.
Interviewé: Voilà. Auparavant, il y a une autre méthode qui avait été testée. Ça a été aussi compliqué. Donc, moi, je pense qu’il faut dire on remet tout à plat. Il faut qu’il y ait des intérêts mutuels. C’est-à-dire que nous… Notre intérêt c’est quand même que des personnes qui peuvent pas rester en France puissent être reconduites dans leur pays d’origine. Là on parle de l’Algérie, mais il faut aussi que l’Algérie ait intérêt à ce qu’on ait une nouvelle relation avec eux, de nouveaux accords avec eux. Il y a des questions économiques, des questions d’aide au développement.
Interviewé: je pense que ça c’est… Il y a beaucoup de choses qui ont été faites ces dernières années par le président là-dessus. Il avait mis en place une commission sur le sujet, qui avait été confiée à un historien, Benjamin Stora, pour avancer sur ce sujet-là. Force est de constater que ça n’a pas non plus réglé le problème. Donc moi, au contraire, je pense qu’il faut plutôt dépassionner les choses, plutôt sortir de… En tout cas, moi je suis d’une génération qui n’a pas connu ni la colonisation, ni la décolonisation. Je pense qu’il faut aussi dépassionner un peu tout ça, sortir de ces questions. Parfois c’est encore très marqué chez les enfants et petits-enfants. Bien sûr, il y a beaucoup de choses qui ont été faites ces dernières années là-dessus, mais en tout cas… Je pense qu’il ne faut pas que ces questions-là structurent notre relation aujourd’hui, que ce soit sur les questions économiques, les questions migratoires et autres.
Interviewé: Moi je pense que Donald Trump ne comprend que le rapport de force. Et que donc il faut qu’on soit fort. Il faut qu’on soit fort en France, il faut qu’on soit fort en Europe pour être capable de nous faire respecter.
Interviewé: Ça veut dire en fait que quand il y a des menaces sur des droits de douane qui concernent les entreprises françaises ou européennes, on répond que dans ces cas-là, il y aura des droits de douane sur des entreprises américaines. Il ne faut pas être dans l’escalade, il ne faut pas menacer.
Interviewé: Il ne faut pas non plus subir. Donc voilà, je pense qu’il faut assumer ce rapport de force. Et objectivement, évidemment que c’est en partie au niveau français, mais c’est surtout au niveau européen.
Interviewé: justement, dans le dernier accord qui a été signé, ce n’est pas trop ce qui a été décidé. Au contraire, on s’est pris les droits de douane qui ont été annoncés. Moi, j’avais fait une proposition à l’époque, j’avais signé une tribune sur le sujet en disant « à ce moment-là, on leur met des droits de douane sur les services numériques, c’est-à-dire sur les GAFA » . En disant, eux ils disent que nos rapports économiques sont déséquilibrés parce qu’ils taxent moins les biens qui viennent chez eux d’Europe que nous on taxe les biens américains, on rééquilibre à ce moment-là sur le numérique. Pour les gens,
Interviewé: Comment ?
Interviewé: mais il ne faut pas non plus subir uniquement et être totalement passif face à cette situation. Je pense que ce qu’il ne faut pas, c’est tirer les premiers, entre guillemets. Parce qu’il peut faire des menaces, Donald Trump, il a souvent des déclarations, il annonce qu’il va faire des choses. Je pense que tant qu’il n’y a pas de décisions qui sont prises… Il ne faut pas nous-mêmes contribuer à ce qu’il y ait…
Interviewé: c’est pas linéaire, quoi. J’ai été Premier ministre, j’ai accueilli en France, en tant que chef de gouvernement, des présidents, des premiers ministres étrangers…
Interviewé: J’ai accueilli en France et je me suis entretenu avec Joe Biden, avec Xi Jinping, le président… chinois avec d’autres chefs d’état et de gouvernement donc je veux dire…
Interviewé: On est quand même un grand pays. Quand vous êtes président de la République, vous êtes investi dans un mandat, qui est un des mandats les plus puissants d’ailleurs institutionnellement par les Français…
Interviewé: Mais je pense qu’il faut savoir qui vous avez en face. Il faut savoir que vous avez quelqu’un qui peut avoir des positions un peu erratiques, qui peut changer d’avis, qui peut… Une fois que vous le savez… En fait, c’est, je pense, assez simple de savoir comment vous le maniez.
Interviewé: D’abord, il y a un contre-exemple sur ce que vous dites sur la position du président. et la capacité quand même à imposer une ligne et une voie, c’est notamment sur le Groenland. On parlait de Trump, souvenez-vous, menace de Donald Trump d’annexion du Groenland. Vous avez le président de la République qui dit, en fait non, c’est le territoire européen, on ne vous laissera pas annexer le territoire européen. Il rallie derrière lui des chefs d’État et de gouvernement européens. Ils arrivent à peser en disant, en fait, on ne laissera pas faire. Et là, Trump recule.
Interviewé: Moi j’entends le bashing régulièrement, je ne dis pas que c’est ce que vous faites. Pas de question de bashing, c’est une question… Non, c’est une question, je l’ai dit, c’est pas ce que vous faites. Mais il y en a certains qui sont dans un bashing. Là, en l’occurrence, on a quand même un exemple où la France et l’Europe arrivent à faire reculer le président américain sur des velléités qu’il avait sur un territoire européen. Ça c’est positif. Ensuite, pour le reste, moi je pense qu’il faut…
Interviewé: Moi, je pense qu’il faut qu’on assume. Une doctrine qui est de désormais s’allier avec des pays qui ont les mêmes valeurs que nous et qui ont envie de respecter les mêmes règles que nous, respecter les règles avec eux et avec les autres est beaucoup plus dur. C’est que de la vie. De manière générale.
Interviewé: Non, moi je suis aligné avec ce qui a été fait par la France depuis… En plein alignement sur la politique de Jean-Noël Barrot. Moi je veux qu’il y ait… une solution à deux États un jour. Je pense que c’est notre objectif à tous, parce que je ne vois pas comment, sinon, il pourrait y avoir la paix dans la région et comment est-ce qu’ils pourraient vivre de manière sécurisée, apaisée. Et la question, c’est qu’est-ce qui peut participer à ce qu’on arrive un jour à cette solution à deux États ? C’est une question que se pose la France, mais que se posent tous les pays européens, que se posent tous les pays du monde.
Interviewé: Pardon, mais depuis quand même assez longtemps. Ce conflit ça fait… Oui, ça n’a pas commencé le 7 octobre. Bah non, ça n’a pas commencé le 7 octobre, ça fait des décennies que ça dure. Donc voilà, c’est ça l’objectif à la fin. Moi toutes les questions qui doivent être posées, les décisions qui doivent être prises, c’est comment est-ce qu’on participe à ce que cette solution un jour elle puisse advenir.
Interviewé: C’est de la diplomatie, c’est de la négociation, c’est…
Interviewé: Je pense que c’est un travail politique aussi qui existe, y compris en Israël. Je veux dire là aujourd’hui vous avez un gouvernement qui a une ligne politique, qu’on connaît, qui est très dure. Je veux dire, il y aura des élections, il y aura peut-être…
Interviewé: Compliquées, bien sûr. Et vous aurez à un moment des élections, vous aurez peut-être un autre gouvernement avec une autre ligne politique. Ça donnera peut-être une opportunité là pour que la diplomatie, la négociation puissent porter ses fruits. Voilà. Mais l’objectif, pour moi, doit être d’avoir une solution à deux États.
Interviewé: Tout à fait, pardon, on ne peut pas comparer les deux guerres.
Interviewé: Ah, sur la Russie, vous parlez ?
Interviewé: Sur la Russie vis-à-vis de l’Ukraine, bien sûr, mais je veux dire, qu’est-ce qu’on voit aujourd’hui ? On voit que les sanctions quand même affaiblissent la Russie, alors pas suffisamment, ils continuent à financer leur effort de guerre, ce qui est terrible.
Interviewé: J’étais quatre fois en Ukraine depuis un an et demi. Je me suis rendu à Kyiv, à Zaporizhia, à Odessa, à Mykolaïv, à Kharkiv. J’ai échangé avec le président Zelensky, j’ai échangé avec des militaires, j’ai échangé avec des diplomates, avec des chefs d’entreprise. Donc je vois assez bien la situation. L’économie russe a été affaiblie. Elle n’a pas été suffisamment pour qu’elle ne puisse plus financer son effort de guerre. Le pire dans la situation d’aujourd’hui, c’est qu’avec la guerre en Iran, comme le prix du baril augmente, la réalité c’est que ça bénéficie aussi à la Russie qui vend son pétrole plus cher et en plus il y a un certain nombre de sanctions qui sont contournées. En revanche, qu’est-ce qu’on voit aujourd’hui ? On voit que le soutien qui est apporté à l’Ukraine, notamment le soutien militaire par la France pour que l’Ukraine puisse se défendre, porte ses fruits, non seulement parce que la Russie ne progresse plus militairement, mais que pour la première fois, ça reste symbolique parce que c’est des petites surfaces. Et pour la première fois ces derniers mois, l’Ukraine a repris du terrain sur la Russie.
Interviewé: Oui, je pense que la Russie… Tout ce qu’elle fait aujourd’hui, c’est-à-dire se renforcer militairement, recruter davantage de soldats, construire davantage de chars, de drones, de missiles, elle ne le fait pas simplement pour l’Ukraine. La deuxième chose que je dis, c’est que si la Russie arrive à s’emparer de l’Ukraine, elle s’empare d’une vraie puissance européenne, et elle s’empare de ce qui est aujourd’hui la première armée d’Europe, l’Ukraine, aujourd’hui. Et donc, elle sera encore plus renforcée pour continuer. Et on sait que les velléités du Kremlin, c’est d’aller plus loin, y compris de viser des territoires qui font partie de l’Union européenne. Et ça nous concerne encore plus directement, puisque je vous rappelle qu’au titre des traités européens, Évidemment quand vous avez un pays membre de l’Union Européenne qui est attaqué, vous avez un devoir de solidarité pour venir l’aider. Donc là vous pourriez vous retrouver dans une situation d’engrenage. Donc pourquoi est-ce que c’est important de continuer à soutenir l’Ukraine ? Parce que l’Ukraine elle fait aujourd’hui de tampons et d’ailleurs ils le vivent comme ça eux-mêmes. Ils disent en résistant, en nous battant, on évite aussi que vous vous retrouviez vous-même dans un conflit avec la Russie en tant qu’Union Européenne. C’est pour ça que c’est important de les soutenir et quand même ce qu’il y a de très positif dans les derniers mois c’est qu’on a vu vu que la France a pris. avec les pays européens, le relais des États-Unis dans une partie, une grande partie de l’aide à l’Ukraine.
Interviewé: Celui qui doit pouvoir avoir un dialogue avec Vladimir Poutine, c’est le président Zelensky. C’est lui qui doit pouvoir avoir un dialogue avec Vladimir Poutine. Vladimir Poutine le refuse. Moi, ce que je veux, c’est qu’à un moment, Vladimir Poutine soit contraint. de se mettre autour d’une table avec le président Zelensky pour arrêter la guerre. Je ne suis pas sûr qu’en allant nous-mêmes parler à Vladimir Poutine, ça aide à arriver à ce résultat. En tout cas, j’ai vu Donald Trump qui a accueilli Vladimir Poutine en grande pompe.
Interviewé: Est-ce que ça a eu un impact pour l’Ukraine positif ? Est-ce que ça a permis de régler le conflit ? La réponse est non. Donc je pense que c’est lui ce qu’il aimerait, Vladimir Poutine, pour se redonner une forme de légitimité, de crédibilité, sans pour autant que ça permette de déjouer ses plans.
Interviewé: Je pense que c’est évidemment une crainte. Aujourd’hui, il y a plein de gens qui m’en parlent quand je me déplace. Des parents, des grands-parents et des jeunes d’ailleurs qui me disent « est-ce que je vais pouvoir trouver du boulot ? » Je pense qu’il y a toujours, à chaque révolution technologique, il y a toujours des craintes sur l’impact en matière d’emploi. Il y a eu la même crainte au moment de la mécanisation dans l’industrie, il y a eu d’autres révolutions technologiques où ces craintes-là étaient réelles. Je pense qu’il y aura évidemment des emplois qui vont être détruits, mais vous aurez aussi des nouveaux emplois qui vont être créés.
Interviewé: Je pense qu’il y a eu ces craintes dans toutes les révolutions technologiques. Maintenant, la question, si vous voulez que les Français vivent mieux demain et que l’intelligence artificielle ne soit pas totalement destructrice d’emplois et de pouvoir d’achat pour les Français, c’est comment est-ce qu’on fait pour que la France puisse maîtriser et dominer aussi l’intelligence artificielle ? Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Donc moi ce que je crois, c’est un, il faut évidemment changer, faire évoluer notre manière d’apprendre à l’école et dans l’enseignement supérieur du fait de l’émergence de l’intelligence artificielle. On sait par exemple que maintenant, avec l’IA, l’important ça va être de savoir se former tout au long de sa vie. Il faut apprendre à apprendre, comme compétence, comme savoir fondamental maintenant à l’école. Parce qu’avec l’IA, les métiers vont changer, il faudra faire évoluer son métier, parfois se reconvertir. Et donc c’est très important qu’il puisse y avoir cette formation dès l’école, dès le collège et dès le lycée. Il faut aussi développer tout ce qui concerne l’esprit critique. Parce que l’IA, elle va vous donner une réponse, mais il faut que vous ayez l’esprit critique pour avoir le recul, pour savoir si c’est la bonne réponse et si ça se correspond à ce que vous devez faire dans votre boulot. Pareil pour l’enseignement supérieur. Et ensuite, vous avez tous les Français qui travaillent aujourd’hui, évidemment qu’il faut les accompagner aussi. en matière de formation. La Finlande, ils ont décidé récemment de former l’intégralité de leur population active, l’intégralité de leurs salariés, à l’intelligence artificielle. Moi je pense qu’il faut que la France, elle fasse pareil. Donc dans ce que je propose, il y a le fait que la France planifie la formation de 20 millions de salariés sur 5 ans pour l’intelligence artificielle. Deux, il faut qu’on fasse émerger aussi des géants de l’intelligence artificielle en France. On a de la chance, on en a, Mistral. notamment Pasqal pour le quantique qui est un autre sujet. Il faut qu’on ait plus de capacités de financement privées pour faire émerger des géants de l’IA, du quantique en France. Moi je vous dis, on fait partie d’une génération tous les deux qui a vu quand même qu’on avait en France des jeunes, des moins jeunes, mais qui ont des idées, qui ont des talents, qui ont des atouts. Ils lancent une appli, ils lancent leur startup.
Interviewé: Soit c’est acheté, soit c’est tout simplement les Etats-Unis qui en créent une autre. Et en fait, c’est cette startup-là qu’il faut qu’ils gagnent. Regardez, il y a des Français, ils ont eu l’idée d’un truc qui s’appelait Viadeo, au même moment que LinkedIn. Bon, c’est LinkedIn qui a gagné parce qu’il y avait plus de capitaux. Il y a des Français qui ont eu l’idée de copains d’avant, à peu près au même moment que Facebook. Bon, c’est Facebook qui a gagné. On pourrait multiplier les comparaisons avec Dailymotion, YouTube. chauffeur privé, Uber… Et donc en fait vous avez plus de capacités pour financer les startups et les entreprises aux Etats-Unis qu’en France. Pourquoi ? Parce qu’aux Etats-Unis ils ont ce qui s’appelle des fonds de pension pour financer les entreprises et l’innovation. Et nous on n’a pas de fonds de pension. Pourquoi ? Parce qu’aux Etats-Unis ils ont la capitalisation pour leur système de retraite, ce qu’on n’a pas en France. C’est-à-dire qu’aux Etats-Unis, les cotisations des gens qui travaillent, au lieu d’aller payer la retraite des gens qui sont à la retraite immédiatement, elles vont alimenter un fonds. qui permettent d’investir dans l’innovation et dans les entreprises. Donc quand je défends, comme je l’ai fait tout à l’heure, la capitalisation pour notre système de retraite, je le fais aussi pour qu’en France, on puisse avoir un meilleur financement de l’économie et demain, les géants de l’IA, comme malheureusement on n’a pas réussi à avoir des géants du numérique.
Interviewé: Pourquoi est-ce que j’ai dit cette phrase à l’époque ? Parce que je voulais montrer justement que la France était beaucoup plus ouverte, que les Français étaient beaucoup plus ouverts que ce qu’on pensait. Donc la réponse est très directement oui. Bien sûr que les Français, je ne crois pas du tout que ce soit un sujet qui disqualifierait pour être président de la République. Pourquoi est-ce que moi j’ai fait le choix de parler de mon orientation sexuelle plutôt que de la terre ou de la cacher ? Parce que je sais que les exemples c’est aussi important. Il y a encore de l’homophobie en France. Il y a encore des jeunes, des moins jeunes.
Interviewé: Il y a encore des jeunes, des moins jeunes qui n’arrivent pas à assumer leur homosexualité, à le dire à leurs parents, à le dire à leurs collègues, à le dire à leur famille. Et moi ce qui m’a beaucoup touché, j’ai publié un post sur mon compte Instagram il y a quelques jours sur le sujet avec des exemples et des captures d’écran de messages que j’ai reçus, c’est qu’il y a énormément de gens qui m’ont écrit pour me dire que le fait que j’ai parlé de mon homosexualité les a aidés et leur a donné un déclic pour en parler à leurs proches.
Interviewé: En tout cas ça y contribue, bien sûr. Je pense qu’on a aussi une responsabilité, nous, en la matière, de contribuer à faire bouger les lignes sur ce sujet. J’ai des gens, encore une fois, j’ai publié certains messages, en les anonymisant bien sûr, mais qui m’ont dit, en fait, avoir un premier ministre, une personnalité politique de premier plan qui assume son homosexualité, ça m’a aidé à en parler à ma famille, ça m’a aidé à en parler à des amis ou à des collègues, parce que plus il y a d’exemples dans la société, plus on contribue à montrer qu’en fait, c’est normal, et donc plus ça nous aide et ça nous donne confiance. Ça, c’est quand même… Oui, c’est quelque chose de très émouvant.
Interviewé: Moi je pense que, d’abord je suis pragmatique, quand vous ne parlez pas vous-même de votre vie, les autres en parlent à votre place, les journalistes en parlent à votre place, les journalistes enquêtent à votre place. Il y a eu plein d’articles, de papiers, de portraits où on parlait de ma vie privée sans que j’aie décidé moi-même d’en parler.
Interviewé: Non, et on est dans ce monde-là aujourd’hui. Et le réalité, c’est qu’on l’est même encore plus que maintenant avec les réseaux sociaux et les smartphones. Vous allez quelque part avec quelqu’un, vous allez au resto, vous allez en vacances quelque part. La probabilité, quand vous êtes une personnalité connue, de vous retrouver sur les réseaux, elle est quand même très élevée. Donc on est dans ce monde-là aujourd’hui. On peut considérer que ce n’est pas bien, on peut considérer que c’est un fait. Donc il faut vivre avec. Et ensuite, moi je pense que les Français finalement, ils ont aussi envie de savoir qui est l’homme derrière l’homme politique ou qui est la femme derrière la femme politique. Et que donc c’est… En tout cas, moi, ça ne m’a jamais dérangé d’avoir une forme de transparence.
Interviewé: Ça permet de maîtriser aussi, évidemment, le récit et d’être vous à l’initiative. C’est toujours plus agréable que d’en avoir d’autres qui sont à l’initiative, qui n’ont pas forcément la connaissance de… de la réalité de votre vie et qui peuvent écrire n’importe quoi.
Interviewé: Moi je ne le poserai pas avec mon compagnon. Mais aussi parce que c’est un choix qu’on fait. Il y en a d’autres qui font un choix différent. Honnêtement, d’ailleurs, si on regarde la plupart des hommes politiques, en tout cas moi ceux que j’ai connus depuis que je suis né, ils ont toujours posé avec leur compagne. En général, c’était leur compagne. Mais je ne critique pas, je respecte. Mais en tout cas, avec mon compagnon, on s’est dit qu’on ne poserait pas ensemble. Les gens savent qui est mon compagnon, j’en ai parlé dans mon livre. Mais on ne ressent pas l’envie ou le besoin de se mettre en scène ensemble et de poser pour la une d’un magazine.
Interviewé: Pas tous, il y a encore plein de choses.
Interviewé: Parce que je disais tout à l’heure que le pays est bloqué aujourd’hui. Il peut y avoir assez peu de réformes et l’Assemblée nationale est quand même paralysée par la situation. Et donc je me dis finalement que peut-être que cette situation peut donner à la France la campagne présidentielle qu’elle mérite. J’ai été très frustré par la campagne de 2022. Il n’y a pas eu de campagne, il n’y a pas eu de débat. Parce qu’il y avait la guerre en Ukraine qui mobilisait quand même beaucoup l’espace politique, parce que le président a annoncé très tard qu’il était candidat à sa réélection. Trop tard. En tout cas très tard, mais en même temps il y avait la guerre, etc. Donc il n’y a pas eu de vrai débat en 2022. Je pense que la situation du pays, la situation du monde, fait qu’on a besoin d’un vrai débat pour cette élection de 2027. Et donc, en me déclarant assez tôt, peut-être que ça contribuera à ce qu’on ait un vrai débat présidentiel, avec des projets de sociétés différents, qui s’affrontent au sens démocratique et très noble du terme, pour que les vrais sujets soient mis dans le débat et que les Français puissent trancher.
Interviewé: Je pense que ce sera à l’automne.
Interviewé: vivement la clim.
Interviewé: Samedi, effectivement, à 13h30, porte de Versailles à Paris. Meeting ouvert au public. Il faut s’inscrire en ligne sur le site internet. Vous tapez Attal Meeting sur votre moteur de recherche. Et donc venez nombreux pour entendre les propositions que je vais faire. La ligne politique sera la mienne dans la campagne. Et pour un grand moment, j’espère, d’optimisme et de rassemblement, parce que c’est ce dont le pays a besoin. Ce n’est pas à la même heure que le match, c’est important de le dire. Et d’ailleurs, on fera aussi, pour ceux qui voudront rester après le meeting, une diffusion du match sur site.
Le discours de Gabriel Attal est dominé par la politique intérieure (27 %), suivie de près par l’économie (26,5 %). Les institutions (19,4 %) et les enjeux d’identité et civilisation (17,9 %) complètent le paysage thématique, tandis que l’immigration et la sécurité (9 %) sont reléguées au second plan.
Ce qui frappe :
Le graphe d’entités révèle une centralité écrasante de la France (41 mentions), associée à des acteurs géopolitiques (États-Unis, Chine, Russie/Ukraine) et à des figures politiques françaises.
Associations révélatrices :
polarity_display de la Russie à -0,008), mais les villes ukrainiennes (Kharkiv, Odessa) sont citées avec une légère tonalité positive (+0,19), reflétant une solidarité implicite.Polarités extrêmes :
“Et pour un grand moment, j’espère, d’optimisme et de rassemblement, parce que c’est ce dont le pays a besoin.” Ces passages visent à contraster avec le ton dominant, pour incarner une alternative positive.
Le discours est massivement structuré autour de l’autorité (12,18 occurrences pour 1 000 mots), valeur 10 fois plus présente que la bienveillance (1,1) ou la loyauté (0,91). L’équité (3,04) arrive en deuxième position, mais reste secondaire.
Interprétation :
Le fil argumentatif principal repose sur trois thèses interdépendantes :
Urgence du changement (C2) :
“Le monde a changé depuis 2017 (guerre en Ukraine, IA, tensions commerciales), mais les programmes politiques restent ancrés dans l’ancien modèle.” Justification : La France est en retard face aux États-Unis et à la Chine, d’où la nécessité de réformes radicales (retraites, IA, immigration).
Optimisme vs déclin (C3) :
“Les discours politiques actuels se résument à des ‘50 nuances de gestion du déclin’.” Stratégie : Opposer un projet “tourné vers l’avenir” (investissements, innovation) aux programmes perçus comme défaitistes.
Maîtrise des flux (C5) :
“L’immigration doit être maîtrisée et prioritairement liée au travail.” Cadre : L’immigration est présentée comme un levier économique (besoins en main-d’œuvre) plutôt qu’un enjeu sécuritaire.
Oppositions structurantes :
Cette analyse révèle un discours calibré pour un média grand public (lisibilité élevée, émotions contrastées), où Gabriel Attal incarne une rupture générationnelle :
En creux, ces données montrent un positionnement centrista et modernisateur, où la technologie (IA) et la flexibilité (retraites, immigration) deviennent les piliers d’un projet présenté comme inéluctable pour éviter le déclin.
Le pipeline extrait jusqu'à sept couples affirmation / prémisse du transcript. Haute : argument clair et appuyé. Moyenne : présent mais étayage partiel. Faible : plausible mais peu explicite. Ces scores notent la présence dans le texte, pas la validité éditoriale.
Prémisse Les États-Unis et la Chine investissent dans l'éducation, la formation et l'innovation, contrairement à la France qui gère le présent et le passé
Prémisse Le monde a changé depuis 2017 (guerre en Ukraine, IA, tensions commerciales), mais les programmes politiques restent ancrés dans l'ancien modèle
Prémisse Les discours politiques actuels se résument à des '50 nuances de gestion du déclin', ce qui décourage les Français
Prémisse Le système actuel par répartition est insoutenable démographiquement et ne garantit pas des pensions équitables pour les jeunes générations
Prémisse La France ne contrôle pas actuellement ses flux migratoires et ne parvient pas à intégrer ou expulser efficacement
Prémisse Les révolutions technologiques détruisent des emplois mais en créent aussi, et la France doit financer l'innovation via la capitalisation
Prémisse Les sondages actuels montrent un risque de dispersion des voix au premier tour, favorisant les extrêmes