Le transcript ci-dessous est échantillonné (≤ 40 % du
texte original ; le texte intégral appartient à la source).
Les références Q1, Q2… dans l'analyse renvoient
aux questions de ce transcript — cliquer sur une référence ouvre
le panneau et défile jusqu'à la question.
Q1. Merci de présenter votre projet pour l’agriculture.
Interviewé: Merci. Merci. D’abord, je voudrais vous saluer tous. Je voudrais féliciter le nouveau bureau, le nouveau conseil d’administration, Jocelyn, donc votre nouveau président. Je voudrais, avant de commencer ce topo très court de cinq minutes, simplement vous dire que je ne suis pas venu ici avec un discours que j’ai préparé uniquement pour vous servir ce que vous attendez de moi. Ce que je vais vous dire, ça correspond à mes convictions. Et parmi vous, certains me connaissent, il y a même des Vendéens qui viennent d’être élus vice-président, et ils pourront témoigner de ce que j’ai toujours dit depuis des années, depuis des années, de ce que j’ai toujours fait comme président de conseil départemental, comme président de région, ou comme président de groupe au Sénat, puisque c’est moi qui avais fait inscrire la proposition de loi de Laurent Duplon. Donc mon discours s’est toujours accordé à mes actes. Ce que je vais vous dire aussi, c’est que je suis un enfant de la ruralité, j’habite là où je suis né, dans une commune de 1600 habitants, et je viens de cette France qui sait parfaitement ce que signifie de travailler la terre. Je connais vos inquiétudes, je connais vos colères, mais ce que je veux vous dire ce matin, c’est que ces colères, ces inquiétudes, ça dépasse très largement le cercle des jeunes agriculteurs et même la seule dimension d’agriculture. Parce que ces inquiétudes et cette colère, ça devrait être celle de tous les Français, parce que ce qui est en train de se jouer aujourd’hui et demain, c’est simplement… la capacité de la nation française à se nourrir. Notre souveraineté alimentaire est en train de s’effondrer sous nos yeux. Vous connaissiez mieux que moi les chiffres, ils sont dramatiques. Il y a quelques années, on était excédentaire notre balance des paiements. On exportait plus que ce qu’on importait. C’est désormais l’inverse. Il y a quelques années, c’était 12 milliards d’euros, le solde de la balance des paiements. Et aujourd’hui, c’est moins 13 si on exclut les vins et les spiritueux. Alors on peut dire que c’est comme ça partout dans l’Europe. Non, c’est faux. L’Europe, c’était l’inverse. Elle était déficitaire il y a 20 ans. Et aujourd’hui, elle est excédentaire de 50 milliards d’euros. Ça veut dire que nous, en France, la situation, l’affaiblissement de notre agriculture, ce n’est pas le fruit d’une malédiction qui nous est tombée du ciel, c’est le fruit, la conséquence de mauvaises décisions politiques. d’une sorte d’alliance, d’une idéologie avec la bureaucratie, ce sont souvent d’ailleurs les mêmes, qui nous ont fait entrer dans un chemin de décroissance. Et on en est réduit aujourd’hui à importer des molécules, des pratiques agricoles par le biais des importations, justement, qu’on interdit en France. Voilà où on en est. Et ce que je veux prendre devant vous aujourd’hui, solennellement, c’est quelques engagements que j’ai déjà pris d’ailleurs au salon de l’agriculture. Je l’avais présenté, on l’a travaillé avec trois parlementaires qui sont importants au Sénat, Laurent Duplon, Céline Imard au Parlement européen et… Julien Dive comme député à l’Assemblée nationale. C’est une douzaine de propositions que j’avais révélées il y a plusieurs mois avant le salon de l’agriculture. Deux objectifs. Premier objectif, c’est produire plus, accepter et avoir la fierté de produire. Les agriculteurs ne sont pas des jardiniers, les agriculteurs ce sont des chefs d’entreprise, ce sont d’abord des producteurs. Il faut baisser les importations et donc produire plus, c’est le premier engagement. Et le deuxième engagement, c’est produire pour tous les Français. J’ai rien contre la montée en gamme. Mais la montée en gamme s’est révélée, quand elle est trop exclusive, comme un piège. Un piège quand on a l’inflation, un piège quand on a des Français qui sont en train de se paupériser. Aujourd’hui, le niveau de vie des Français est inférieur au niveau de vie des Européens. J’étais en Pologne il y a quelques jours. Et j’ai vu que les Polonais, qui étaient hier très loin de nous en niveau de vie, sont en train de nous rattraper et demain nous dépasseront. Et donc quand il y a la pauvreté, la montée en gamme fait que des Français se sont tournés vers des produits qui ne sont plus produits en France et qui sont produits à l’étranger. Parmi les mesures qui pour moi sont prioritaires, un, que le politique reprenne le contrôle. J’en ai marre que l’agriculture soit gouvernée par des administrations, par des agences ou par des jurisprudences. Je modifierai la constitution pour supprimer le principe de précaution. Je veux une agriculteur qui soit innovatrice. Je modifierai la Constitution pour faire en sorte que l’agriculture soit comme un intérêt fondamental de la nation. Et je reprendrai la main sur les agences, certaines que je supprimerai, comme l’OFB, et d’autres comme l’AMSES, où j’imposerai le principe de reconnaissance mutuelle. Quand une molécule, quand un produit est reconnu… Par l’Europe, en Europe, le principe de la reconnaissance mutuelle, c’est qu’on le reconnaît aussi en France pour arrêter les surtranspositions. Le stockage de l’eau, fondamental. On ne peut pas, l’hiver, regarder l’eau tomber. On va arriver au terme, monsieur le maire. Je suis désolé. Et j’arrive plein de choses à vous dire, mais je vais profiter du dialogue que je vais engager avec vous pour continuer sur les priorités que je veux porter avec vous. Mais j’en ai marre et je veux une France qui, demain, assume sa capacité productive et soit fière de ses agriculteurs. Merci beaucoup.
Q2. Voilà. Alors, on va tout de suite ouvrir. Pour 20 minutes, les échanges avec Florian Pellegrin, Guillaume Gousseau et Julien Caillard. Messieurs, nous sommes toutes oui. On vous écoute avec beaucoup d’attention. Voilà, interactivité bien sûr entre chaque candidat et nos intervenants.
Q3. Bonjour, M. Retailleau. Tout d’abord, une question d’une adhérente jeune agricultrice de Baudry-Mathilde. Le renouvellement des générations est une urgence. Un tiers des exploitants partira à la retraite d’ici quelques années. Quelle aide proposez-vous pour faciliter l’installation des jeunes hors cadre familial?
Interviewé: C’est exact. En 2030, il y a à peu près… 50% la moitié des agriculteurs qui vont partir à la retraite. Pour ça, il faut mieux former, former plus de jeunes agriculteurs. Il y a la loi de programmation avec les 30% de plus de la quatrième au BTSA. Deuxième chose, ce que je suis en train de dire, bien sûr, il faut des aides. Mais les meilleures aides, c’est d’avoir un marché qui soutienne les prix, c’est d’avoir une agriculture qui soit libérée des contraintes et des normes et qui assume la production. C’est d’abord ça, donner un avenir aux jeunes agriculteurs, c’est pas leur donner des subventions, c’est leur donner les moyens de vivre dignement de leur travail. Quand je parlais du stockage de l’eau, le stockage de l’eau, d’abord, c’est écologique parce qu’on peut, lorsqu’il pleut beaucoup, retenir de l’eau. Je vous en parlerai tout à l’heure en conclusion. Mais c’est aussi une assurance pour nos récoltes. C’est un chantier global qu’il faut changer. Il n’y a pas une aide spécifique. Bien sûr, il faut renouveler les aides à l’installation. Mais un des dispositifs innovants que j’ai proposés, c’est de bouleverser complètement le régime fiscal de la transmission. Et de faire en sorte que pour la transmission, il n’y ait pas d’impôt tant que l’entreprise dure, tant qu’elle produit. L’impôt sera reporté de génération en génération et il ne sera prélevé qu’à partir du moment où il y aura liquidation ou cession de l’entreprise. Comme ça, la fiscalité ne pèsera pas, ne renchérira pas la transmission d’entreprise. aux jeunes agriculteurs.
Q4. Merci. Et du coup, quel objectif chiffré fixez-vous justement pour ce taux de jeunes installés d’ici 2030 à peu près avec vos leviers fiscaux?
Interviewé: Le renouvellement des générations, comme je viens de le dire, puisque je parlais, on a perdu en 10 ans, on a perdu 100 000 exploitations. Il en reste 360, 365 000. Mon objectif à moi, c’est de faire en sorte qu’on puisse renouveler les générations et qu’on puisse former, là encore, je le disais tout à l’heure, c’est vraiment l’objectif que la nation française doit se fixer pour les années à venir.
Q5. Bonjour, bonjour M. Retailleau. Moi, j’ai deux questions concernant les ravages que peuvent avoir, que ce soit de la partie animale ou la partie végétale. Donc, pour la partie animale, c’est une question de Margot Lhermy, membre du bureau départemental des GIA des Hautes-Alpes. Comment comptez-vous concilier protection du pastoralisme et gestion des prédateurs sans laisser les éleveurs porter seuls la charge économique et psychologique? Quelle évolution réglementaire précise défendez-vous sur ce sujet? Et sur la partie plutôt végétale, c’est une question de Guillaume Lézia, SGJ29. Le chou-casse des tours envahit le Finistère toutes les années. Les arrêtés préfectoraux sont attaqués et cassés. Quel est l’intérêt de protéger cette espèce ? Comment mieux protéger les cultures face à ces ravages?
Interviewé: D’abord sur la prédation, sur les gelvages, ça tombe bien puisque la loi d’urgence va arriver dans très peu de temps au Sénat et on va évidemment enrichir le texte qu’ont voté les députés, notamment sur la prédation. On a des pays européens qui nous montrent la voie. Moi, ce que je veux, c’est qu’on accorde une priorité non pas aux loups, mais aux éleveurs et à leurs troupeaux. Les choses sont très claires et on va voter un certain nombre de dispositions au Sénat qui parfois pourront, comment dirais-je, défrayer la chronique, mais il n’est pas question d’abandonner le pastoralisme simplement pour ces gens qui veulent profiter de la nature, et c’est très bien, mais qui viennent de la ville sans penser que la terre, on en vit aussi. Donc on fixera des objectifs et des prélèvements qui permettront au pastoralisme de se développer. Il y a le chouka, mais il y a bien d’autres choses. Et la question que vous posez, c’est aussi la question, puisque je viens d’y répondre notamment sur le loup, avec ce qui peut se passer en Pologne ou ailleurs, mais ce qu’il faut aussi, c’est arrêter les surtranspositions européennes. Nous allons sans doute, dans quelques jours, au Sénat, rétablir le débat, notamment sur les phytosanitaires et sur l’acétamipride. Il est incroyable que sur 27… pays européens. Là, c’est à mi-pris, puisque là, c’est la même chose. C’est exactement la même lignée des questions qui m’ont été posées. Il est incroyable que dans 27 pays européens, la molécule soit autorisée et qu’en France, on ne l’autorise pas. Alors, de deux choses l’une, où on l’interdit partout, sur les 27 pays, mais à partir du moment où c’est autorisé dans les autres pays, je ne vois pas pourquoi on en dit qu’après la production et les agriculteurs français. Pour moi, c’est clair, il faut une concurrence qui soit loyale. Regardez ce qui s’est passé dans la cerise, regardez ce qui s’est passé sur les graines de moutarde. Il y a eu la guerre en Ukraine et les gens ne trouvaient plus de moutarde de Dijon. Pourquoi? Parce qu’on ne produit plus les graines de moutarde en France. On les produit en Ukraine. Et dès qu’il y a un pépin, une crise sanitaire ou une crise géopolitique, c’est nous qui sommes handicapés. Les choses sont très claires. Moi, je veux la justice et l’équité partout.
Q6. Merci.
Q7. Alors une question de Yann Legac, président de GIA Finistère. Vous y avez déjà répondu, parce que vous avez déjà pas mal parlé des phytosanitaires. Nous, chez GIA, on n’est pour pas d’interdiction sans solution. Chaque année, il y a de plus en plus de produits phytosanitaires qui sont interdits. Et la conséquence, en fait, c’est un cercle vicieux. C’est que du coup on passe de plus en plus dans les champs pour… Pour répandre les phytosanitaires. Donc, qu’est-ce que vous nous proposez? Est-ce que vous nous avez proposé des choses sur les phytosanitaires? Mais même si c’est interdit au niveau européen et qu’il n’y a pas de solution agronomique pour nous, qu’est-ce qu’on fait, nous, pour sortir de cercles vicieux, des interdictions sans solution?
Interviewé: On a toujours été favorable et on a toujours voté au Sénat ce principe et les conséquences de ce principe. Pas d’interdiction, sans solution. Je viens de m’exprimer sur la cétamipride et sur le principe cardinal, à mon avis, parce que déjà, vous savez, si on obtenait d’arrêter les surtranspositions, c’est important. Ce que moi, je propose concrètement dans le débat présidentiel, c’est qu’on fasse comme les Italiens, c’est qu’on vote une loi organique qui interdise les… Sur transposition. Ou on aime l’Europe ou on ne l’aime pas, ou on se… sans européen ou on ne se sent pas européen. J’ai parlé tout à l’heure de l’ANSES et de principes de reconnaissance mutuelle. C’est la même chose, hier je m’exprimais devant des représentants, notamment pharmaceutiques. Et vous savez qu’aujourd’hui, les malades français… n’ont pas les mêmes champs de survie que les malades en Allemagne ou ailleurs. Pourquoi? Parce qu’à cause de la bureaucratie française, les délais de mise sur le marché des nouvelles molécules, notamment sur le cancer, qui permettent de sauver des vies, eh bien ces délais sont 3-4 fois plus importants en France. Même question, pourquoi est-ce qu’un médicament autorisé en Allemagne ne le serait pas aussi en France automatiquement? Le principe de reconnaissance mutuelle, c’est un principe cardinal qui doit être un principe européen et qui, en fait, nous lie les uns avec les autres dans une chaîne de solidarité. Il n’y a pas, dans les autres pays européens, plus de malades que nous. Donc je crois qu’il faut se battre ensemble, vraiment, pour qu’effectivement il y ait le principe, pas d’interdiction, sans solution, mais d’abord qu’il y ait le principe suprême, pas de surtransposition, on se met au même niveau que les partenaires européens. Et vous verrez, les jeunes agriculteurs, déjà avec ce principe-là, vous sentirez concrètement la différence.
Q8. Vous avez parlé du revenu, notamment sur la partie de l’installation des jeunes, qui est indispensable. Pour cela, êtes-vous favorable à une nouvelle loi EGalim? Il y en a déjà plusieurs qui ont été votées, on n’arrête pas de la corriger. Et si oui, quelles mesures phares pour améliorer le revenu des jeunes agriculteurs?
Interviewé: La loi EGalim, donc les lois EGalim depuis 2018, en fait, consacrent trois principes qu’il faut vraiment sanctuariser. D’abord, la sanctuarisation du prix de la matière agricole. Deuxièmement, le principe de la marche en avant du prix. Et troisièmement, la contractualisation. Je propose un principe, c’est que les grandes surfaces aujourd’hui contournent la loi EGalim, notamment sur la contractualisation, en utilisant des plateformes à l’extérieur de l’Europe qui sont des plateformes des grandes centrales d’achat européennes. Ce que je propose, moi, c’est de porter justement un texte, et on peut le faire puisque mon parti a parti en PPE, c’est le parti majoritaire aujourd’hui au Parlement européen, et c’est le parti majoritaire aussi au niveau du Conseil de l’Union, puisque désormais depuis la Slovénie, 17 gouvernements sont gouvernés par le PPE, changer la loi européenne pour interdire ce genre de pratiques et le contournement des lois égalines par justement la grande distribution. Un rapport de force, vous avez d’un côté 360 000 exploitations, 15 000 industriels et 4 ou 5 centrales qui monopolisent, si j’ose dire, le marché, qui imposent leur loi au reste. Pas de contournement, la loi française doit être appliquée au GMS en France, mais sans passer par des contournements européens.
Q9. On vient de basculer après la première moitié de ces 20 minutes. On a encore évidemment du temps. Les jeunes vous écoutent bien sûr pour d’autres questions.
Q10. Alors, la prochaine PAC approche à grands pas. Il y a eu beaucoup de modèles de PAC. Nous, chez JIA, on souhaite vos éclaircissements sur le… Le modèle de futur PAC que vous souhaitez, et notamment si vous préférez cibler les aides sur de la production ou cibler les aides sur des surfaces et des hectares.
Interviewé: Première chose, dans le prochain cadre pluriannuel financier, il faut sauver la PAC. Et pour l’instant, ce n’est pas fait. Ce n’est pas fait pour une bonne et simple raison, pas seulement pour une raison financière, mais ce n’est pas fait parce que le modèle qui était proposé par la Commission… Est un grand paquet fourre-tout où vous retrouvez des financements pour l’immigration, enfin bref, on mélange les serviettes et les torchons. Donc le premier principe, ce sera de sanctuariser la PAC. Le deuxième principe, c’est que la PAC reste surfacique. Bien sûr, à l’hectare. Moi, je proposerais, je ne suis pas à quelques dizaines d’hectares près, mais le principe de dégressivité, je le passerais de 52 pour tenir compte des évolutions des surfaces à environ 100 hectares. Mais je veux que la PAC puisse nous aider et aider l’agriculture française à être plus productrice. À être plus innovatrice et là encore je garde à la fois les aides à la surface mais j’encourage la production et je veux qu’on garde un premier pilier qui soit un pilier fort. Encore une fois les agriculteurs ne sont pas des jardiniers, ils sont d’abord des producteurs, on leur fait confiance parce que c’est aussi leur porte-monnaie, moins il y a d’entrants, moins il y a d’entrants et plus il y a de résultats. Donc il faut une PAC. qui soit d’abord envisagé sous une dimension économique, bien sûr, en nous encourageant la production, mais sans se déconnecter de la surface, parce que la spécificité française par rapport aux autres pays européens, c’est qu’on a une moyenne en surface plus faible, plus petite, parce qu’on a un modèle. qu’il nous faut protéger. C’est le modèle familial. Et ce modèle familial, qui est le modèle que je connais bien, moi je vis dans la maison, dans la ferme que mon grand-père avait achetée avant la guerre, ce modèle familial, c’est le modèle français, par excellence. Il faut le garder, et y compris à travers les aides de la PAC.
Q11. Il reste 7 minutes pour nos échanges, messieurs.
Q12. Justement, une petite relance. Vous voulez à la fois garder les aides surfaciques et augmenter les aides à la production. Ce que la Commission, pour le moment, nous propose, ce n’est pas forcément une augmentation de budget, mais vu ce que vous nous dites, il va bien falloir que le… Que le budget augmente. Vous avez aussi dit qu’il fallait qu’on soit de plus en plus européens. ��tes-vous pour une solution simple pour l’augmentation du budget, du fait que finalement chaque État membre, s’il est vraiment européen, contribue à une plus forte hauteur et on aurait peut-être comme ça… Régler le problème du budget.
Interviewé: Je ne comprends pas la question. Vous voulez dire que vous voulez baisser la contribution française?
Q13. Si on veut plus de budget et si on se sent vraiment européen, chaque… pays pour régler le problème de budget qui est en diminution, il suffirait finalement que chaque pays augmente sa contribution à l’Europe pour que le problème du budget qui est en diminution soit réglé. Si chaque pays, chaque état membre donnait plus, le problème du budget ne se poserait plus.
Interviewé: Première chose. Je sais qu’il y a des partis et des candidats à l’élection présidentielle qui vont proposer quasiment l’annulation de la contribution française au budget européen. Mesdames, Messieurs, faites vos comptes. La France obtient plus. Qu’est-ce qu’elle ne gagne? Qu’est-ce qu’elle ne donne? Et annuler ou diminuer la contribution française, ce serait vraiment se tirer une balle dans le pied en matière de politique agricole commune. Simplement, ce que je veux, sans augmentation de la contribution des États, c’est que l’Europe ne parte pas dans toutes les directions. Moi, je ne veux pas une Europe qui essaie de tout faire. Je veux une Europe recentrée sur quelques grands projets. Et ça, ça permet de concilier justement un investissement là où c’est nécessaire parce qu’on sait aujourd’hui, on est dans un monde de plus en plus dangereux où vous avez des empires. Des grands empires, la Russie, l’Iran, mais aussi la Turquie, la Chine, qui nous disputent justement le pouvoir. Donc la réponse à ce monde qui est en train de se parcelliser, se fragmenter sur des plaques continentales, c’est une autre plaque continentale, c’est l’Europe justement. Mais il faut justement une Europe qui soit une Europe subsidiaire, qui ne fasse pas tout et qui fasse de la géopolitique. Eh bien, la géopolitique commence par la souveraineté alimentaire. C’est ce qu’il faut que l’Europe comprenne. Souvenez-vous, les premières actions de la Russie ont été d’essayer de couper l’Ukraine de ses débouchés internationaux, là où elle envoyait le blé, justement, notamment par Odessa, etc. Et ça a été l’action de la Russie. Donc on voit bien qu’aujourd’hui, cette notion de souveraineté alimentaire, c’est une notion de géopolitique. Donc il faut que l’Europe s’en saisisse et il faut que l’Europe n’abandonne rien sur la politique agricole commune.
Q14. Il reste 4 minutes.
Q15. Lié au sujet de l’Europe et à des sujets d’actualité, quelle position auriez-vous sur les traités de libre-échange? Et notamment, il y a le Mercosur récemment, mais il y en a une ribambelle d’autres, avec des intérêts parfois européens de pouvoir commercer avec le reste de la planète. Mais comment avoir des traités justes sans écraser les agriculteurs avec des produits non réglementaires.
Interviewé: J’ai toujours été clair dans mes votes. J’étais président du groupe majoritaire au Sénat quand on a refusé le CETA. On a aussi voté contre le Mercosur. Moi, je ne suis pas contre le libre-échange. Je ne suis pas contre les accords de libre-échange. Je suis contre les mauvais accords de libre-échange. Avec un principe, c’est pas de concurrence déloyale. On ne peut pas vous demander d’interdire telle ou telle molécule, telle ou telle pratique et contourner justement ces interdictions en les autorisant via les importations. Ça, ça n’est pas possible. Désormais, jusqu’à présent, l’agriculture, c’est toujours la variable d’ajustement dans les accords, dans les traités, notamment de libre-échange. Il y a un nouveau traité que la Commission d’ailleurs a conclu avec l’Inde. Ça, c’est à mon avis le futur des traités, des accords de libre-échange. Parce qu’on n’a pas fait, on a laissé l’agriculture de côté en disant attention, on la préserve, on n’en fait pas une variable d’ajustement. Et quand en 1994, vous voyez, j’étais jeune député. J’avais été sans doute un des seuls à droite à refuser de voter les accords de Marrakech, qui étaient les accords qui construisaient la future organisation mondiale du commerce avec l’entrée de la Chine au début des années 2000. Donc ce que je vous dis aujourd’hui, je l’ai fait et je l’ai voté hier à chaque fois. Et vous pourrez relire à la fois mes votes et mes déclarations. Les choses sont claires. Pas de concurrence illégale et l’agriculture n’est pas une variable d’ajustement.
Q16. Un peu moins de deux minutes. Peut-être la dernière question.
Q17. Très rapidement, du coup, comment vous accompagnez l’agriculture et vous faites pour soutenir les jeunes dans les zones où l’agriculture est le plus en difficulté?
Interviewé: Comme je vous ai dit tout à l’heure, le problème de l’agriculture en France, c’est qu’elle est en train de subir le sort qu’on a fait subir à l’industrie. Ce qui s’est passé pour l’industrie, c’est qu’on a dérégulé complètement en Europe et on a surfiscalisé, on a ajouté des taxes, des normes et des contraintes à l’intérieur. Moi, je veux l’inverse. On se protège à l’extérieur et plus de liberté à l’intérieur. Moins de taxes, moins de contraintes, moins de normes. Et il faut d’abord moins les handicaper et les soutenir, évidemment, à travers la PAC, à travers une politique aussi nationale, puisque la PAC fera l’objet, encore une fois, d’une stratégie nationale. Et je pense qu’en France, et moi je suis un rural, on a ça de plus par rapport aux autres pays européens. Ce que nous avons en plus, c’est notre territoire. Et bien ce territoire-là, il faut le porter et il faut en prendre soin. Il n’y a pas Paris et la France périphérique. Et bien il y a plusieurs agricultures. Il faudra continuer à soutenir. Mais le meilleur soutien qu’on peut donner à l’agriculture, c’est d’arrêter d’emmerder les agriculteurs. C’est la première chose et le premier engagement que je prends.
Q18. Voilà, il reste un peu moins de 30 secondes. Alors vraiment, je pense qu’on va arriver presque au terme, effectivement, de ces 20 minutes. On va vous laisser maintenant conclure, M. Retailleau, puisque le principe était de laisser une minute à chacun des intervenants avec des images d’illustration au choix, justement, de l’intervenant. Vous avez choisi quelque chose qui va apparaître à l’écran dans quelques instants. Vous allez pouvoir conclure. Voilà. Les amis, vous savez pourquoi j’ai choisi cette image? Ça, c’est pas une bassine, c’est une réserve de substitution. Il y en a 25 en Vendée, et depuis 25 ans, c’est moi, élu local, qui m’en suis occupé aux côtés des amis agriculteurs, aux côtés de la profession. On a obtenu une gestion collective de l’eau, qui est un bien commun, une gestion transparente, et on a des résultats extraordinaires, des résultats en termes économiques, des résultats en termes de biodiversité. Donc il y en a marre de l’idéologie que je veux dénoncer. Demain, on aura de plus en plus chaud. Demain, on aura de plus en plus de sécheresse. Si on interdit l’accès à l’eau à nos agriculteurs, c’est fini. Eh bien, ça, c’est un modèle. C’est le modèle que j’ai fait en Vendée. Ce modèle-là, je le généraliserai en France, le stockage de l’eau. Les projets seront déclarés d’intérêt général majeur. C’est par là qu’on reconstruira, les amis, avec l’accès à l’eau. C’est ce qu’a fait l’homme du néolithique, tout simplement. Eh bien, on va remettre la France et faire reverdir la France avec une nouvelle politique.
Interviewé: Agrigol, qui sera offensive et qui acceptera cette production nationale. Merci de votre attention.