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Note : ce transcript est échantillonné (≈ 40 % du discours). Le texte intégral appartient à Raphaël Glucksmann. Seuls les passages cités ou directement utiles à l’analyse NLP sont conservés ; les coupes sont signalées par […].
Merci. Merci d’être aujourd’hui ici si nombreuses et si nombreux. On nous avait dit, c’est la Coupe du Monde, il n’y aura personne. Eh bien non, vous êtes des milliers ici.
Et comme j’ai pu en témoigner, vous êtes enthousiastes, joyeux, prêts au combat, prêts à la lutte. Merci. Merci vraiment. Vous me donnez de la force.
Chers amis, Pourquoi? Pourquoi faisons-nous de la politique? Pour servir la France, pour servir les Françaises et les Français. Et les Françaises et les Français, cette semaine, ils étaient par dizaines de milliers, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes, beaucoup, beaucoup de femmes, qui se sont rassemblées à Florence et partout ailleurs dans le pays.
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Les violences sexuelles contre les enfants et les femmes ne sont pas des faits divers. Ce sont des faits politiques, des faits de société que le gouvernement n’a jamais affronté comme il l’aurait dû. Oui! Nous vivons encore dans un monde où les femmes ont peur et où tant d’enfances sont brisées par des prédateurs qu’on aurait dû mettre hors d’état de nuire.
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J’entends depuis une semaine les politiques commenter les uns après les autres et avancer chacun leur solution. Mais il y en a une de solution qui est sur la table depuis six mois. Faire adopter à l’Assemblée nationale la loi intégrale contre les violences sexuelles et sexuelles. Il y a déjà six mois.
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La nouvelle frontière de notre République, c’est le démantèlement du patriarcat, la protection des enfants, la lutte contre la violence. Les socialistes espagnols l’ont fait. Eh bien nous, nous le ferons en France. Nous vivrons en 2027 un de ces moments de bascule qui déterminent l’avenir des peuples.
Et le prochain président de la République aura une mission sacrée, redonner à la France sa souveraineté et sa liberté. Il devra préparer le pays à la menace d’une guerre sur le sol de l’Union européenne. Et il devra dénouer les trois laisses énergétiques, industrielles et technologiques qui en serrent aujourd’hui le cou des Français et asservissent la France. La guerre d’abord.
La guerre d’abord. Je sais, je sais que beaucoup préfèrent ne pas y penser et que la plupart des candidats feront campagne comme si la menace n’existait pas. Je sais aussi qu’on me demande souvent de moins parler d’Ukraine, de moins parler de Poutine, de moins parler de guerre. Mais je sais surtout quels sont les enjeux pour la France et pour l’Europe.
Alors je continuerai, je continuerai à en parler sans relâche. Car quand je parle d’Ukraine, je parle de France, je parle de notre sécurité, je parle de la possibilité pour les Françaises et les Français de vivre en paix, de vivre libre. Alors, plutôt que les communicants politiques, moi je préfère prendre au sérieux nos services de renseignement, les services de renseignement européens, qui tous, sans exception, alertent sur le risque d’une confrontation militaire directe avant 2029. Je préfère prendre au sérieux notre chef d’état-major lorsqu’il nous exhorte à nous préparer moralement, matériellement, mentalement à cette confrontation.
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Quand j’expliquais à nos dirigeants ou aux commentateurs que Poutine allait envahir l’Ukraine avant 2022, Ils souriaient quand ils ne riaient pas. Mais moi, j’ai vu l’armée de Poutine sur le terrain. J’ai lu, j’ai écouté les dirigeants russes. J’ai créé et j’ai présidé la commission spéciale du Parlement européen sur les ingérences.
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Des campagnes d’une violence inédite viseront à discréditer les candidats pro-européens et à favoriser les forces pro-russes, au premier rang desquelles l’extrême droite. Poutine de obtenir politiquement, chez nous, en France, ce que la résistance ukrainienne lui refuse militairement en Ukraine. Il peut obtenir la bascule de l’Europe en faisant basculer la France. Alors il ne reculera devant rien.
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Le problème, ce sont nos addictions. Ces addictions qui nous tiennent en laisse. Nous sommes tellement drogués aux énergies fossiles, aux produits industriels chinois, aux technologies américaines, que nous ne sommes plus maîtres aujourd’hui de notre destin. Alors nous couperons, nous couperons au scalpel ces laisses qui nous en serrent le cou.
Nous nous attaquerons d’abord à notre addiction au gaz et au pétrole. Elle rend. Elle rend les Français, tous les Français, dépendants des guerres folles de Trump ou de Netanyahou quand ils vont faire leur plein. Depuis quatre mois, les Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler payent chaque jour le prix de décisions délirantes de dirigeants étrangers sur lesquels nous n’avons aucune prise.
Mais ils payent aussi, ils payent aussi dans le même mouvement, l’inaction écologique de leur gouvernement successif. Alors nous ferons-nous de la libération écologique de la France et des Français notre priorité politique, économique, sociale, absolue. Ne pensez pas que le choc pétrolier que nous vivons n’est qu’un accident éphémère. En 2021-2022, déjà, le chantage gazier de Poutine, puis l’invasion de l’Ukraine, ont précipité une inflation record.
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J’ai toujours su qu’Emmanuel Macron n’avait rien compris à l’écologie. J’ai toujours su qu’il n’avait rien à faire d’autre que des discours creux, avec des mesurettes ou des coups de com’et qu’on allait perdre dix années, dix années cruciales et précieuses. Eh bien, nous avons perdu ces dix années, mais nous n’en perdrons pas une de plus. Imaginez seulement, imaginez seulement, s’il avait lancé un grand plan d’électrification il y a dix ans, s’il avait généralisé le leasing social, alors nos travailleurs rouleraient en R5 électrique et ils ne paieraient pas le prix des guerres de Poutine et de Trump au moment où on se parle.
Eh bien moi, ce sera ma priorité, ce sera notre priorité absolue. Pour le climat, oui, mais aussi pour notre liberté, pour l’indépendance de la France et pour le pouvoir d’achat des Françaises et des Français. Nous ferons de la République française une république écologique, c’est-à-dire une république libre. La deuxième laisse qui nous en sert le coup et que nous devrons dénouer, c’est notre dépendance industrielle à la Chine.
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Nous sommes, nous, les défenseurs de la production et de la souveraineté française, pas le Rassemblement national. La troisième laisse que nous devons dénouer, c’est sans doute le plus grand défi du XXIe siècle. C’est notre dépendance technologique et numérique. Si le pétrole est une sorte d’héroïne, Chine une forme de crack, les grandes plateformes numériques américaines et chinoises sont du fentanyl.
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Et nous ne sacrifierons pas le seul commissaire européen qui a eu le courage de s’opposer à Musk, Thierry Breton, comme Emmanuel Macron l’a fait, avec une légèreté d’offendance. Nous ne ferons pas campagne comme l’a fait Jordan Bardella, avec cette fois-ci une servilité remarquable. Nous ne ferons pas campagne pour Elon Musk. Est-ce que vous savez ce qu’a fait Jordan Bardella avec ses amis de l’extrême droite?
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Et ils vendront, n’ayez aucun doute, ils vendront la France à Trump et Poutine. Nous, face à cette oligarchie mondiale, nous résisterons, nous nous attaquerons au cœur du business model de ces plateformes en interdisant la publicité ciblée. Nous, nous ne laisserons pas cette nouvelle oligarchie prendre possession de nos vies et soumettre nos nations. Mes amis, voilà le grand combat anticapitaliste de notre époque.
Voilà le combat central de la gauche française et européenne. Voilà le combat existentiel que nous allons mener et que nous allons gagner ensemble. Notre obsession sera de bâtir la souveraineté technologique et numérique de la France et des Français, de l’Europe et des Européens. Et ce qui est vrai pour les plateformes, c’est encore plus pour l’intelligence artificielle.
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Alors nous n’aurons pas besoin de récupérer la statue en physique. Nous récupérerons juste le flambeau de la liberté que les Américains ont délaissé. Et oui, nous rendrons sa souveraineté énergétique, industrielle et technologique à la France et à l’Europe. Chers amis, il est inconcevable, inconcevable, vu les menaces qui pèsent sur l’indépendance de notre pays, que les valets de Trump et de Poutine remportent l’élection de 2027.
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Alors oui, nous allons célébrer la fierté française, la nourrir, la chanter. Nous allons reprendre la flamme, la flamme nationale du parti qui l’usurpe depuis des décennies. Et nous reprendrons le drapeau tricolore, le merveilleux drapeau tricolore, celui de la révolution, celui de la résistance. Nous le reprendrons des mains des héritiers de Barrès et de Maurras, des héritiers de la restauration et de la collaboration.
Je n’ai jamais compris la gêne de certains à gauche devant le patriotisme français. Mes ancêtres biologiques ramassaient des chiffons usagés quelque part en Bucovine ou en Galicie, je ne sais pas. Mais j’ai grandi, moi, en pensant que je descendais en ligne directe de Danton et de Camille Desmoulins, d’Olympe de Gouges et de Charlotte Corday, de Voltaire et de Descartes, de Fantine et de Gavroche. J’ai été élevé dans l’amour, l’amour de cette nation qui a aboli les privilèges en 4 août et qui a proclamé que tous les hommes, tous, naissaient libres des égaux en droit un 26 août.
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Alors nous, nous serons le camp du patriotisme dans cette élection, du vrai patriotisme, du patriotisme qui libère et qui grandit, pas de la xénophobie qui enferme et qui rabaisse. Chers amis, nous porterons la voix de cette France éprise de liberté, d’égalité, de fraternité, la voix de la République renouant avec elle-même. La République, à nos yeux, c’est d’abord une chose, c’est l’école publique qui l’a construite. Et moi, je ne me résoudrai jamais à ce que l’école française soit devenue celle qui reproduit le plus les inégalités sociales en Europe, à ce qu’un enseignant français en primaire gagne moins que ses collègues slovènes et portugais.
Je ne me résoudrai jamais à ce que la France dégringole dans les classements ou à ce que nous ayons le taux d’encadrement par élève en maternelle le plus faible de l’OCDE. Je ne me résoudrai jamais à ce que 30% de nos écoles soient délabrées. Je ne me résoudrai jamais à ces enseignantes et ces enseignants qui, partout, partout dans le pays, me parlent de leur sentiment d’être abandonnés par les pouvoirs publics. Comme je ne me résoudrai jamais, jamais, à ce que la République organise elle-même une concurrence déloyale contre sa propre école, en subventionnant massivement le privé, sans lui imposer la moindre conditionnalité sociale.
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Elle relancera même les colonies de vacances laissées en déshérence pour que nos enfants découvrent la vie collective et se rencontrent à nouveau. Elle sera, notre gauche, le débouché politique de tous ces artisans du lien social qui œuvrent quotidiennement partout dans le pays pour briser les murs qui nous séparent et qui décident la France. Il n’y a plus de République quand les Français ne se connaissent plus, quand ils ne se parlent plus, quand ils ne s’écoutent plus, quand chacun vit dans sa solitude, quand les communautés se toisent et s’invectivent, quand les quartiers s’ignorent et se craignent. Il n’y a plus de République.
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Alors nous ferons de l’amélioration des conditions de travail et de la hausse des salaires un thème central de 2027. Et nous imposerons au cœur des débats la taxation des super successions et des plus hauts patrimoines. J’ai évoqué le lien écologique d’Emmanuel Macron, mais il y a une autre raison pour laquelle je n’ai pas voulu les portefeuilles, les ministères, les voitures à chauffeur, etc. Que d’autres ont accepté avec plaisir.
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Alors je ne devrais pas dire ça, mais c’est pas grave. Je cite souvent Pierre Mendès France comme un modèle. Et il faut agir de manière… Il n’est pas resté très longtemps au pouvoir.
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Dans une période de crise, ce qui compte, c’est de dire ce qu’on pense être la vérité et de s’y tenir. Eh bien, je m’y tiendrai. Je m’y tiendrai. Et maintenant, regardez ce que déclare Mendès France.
Écoutez, la République doit se construire sans cesse, car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevés, tant il reste des progrès à accomplir. Mendès France était tout sauf un populiste, sauf un démagogue. Ce fut sans doute, je l’ai dit, le dirigeant politique le plus intègre, le plus rigoureux, le plus attaché à la vérité. Il ne désespérait rien de plus que les promesses saines et les slogans creux.
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Les Français ne veulent pas de la continuation des mêmes politiques avec les mêmes ministres, les mêmes visages, les mêmes méthodes, les mêmes coups de com’, la même danse permanente autour du vide. Ils ne veulent pas non plus, j’en suis convaincu, ils ne veulent pas non plus de Jean-Luc Mélenchon à l’Élysée. C’est donc à notre gauche, celle qui rassemble au lieu de brutaliser, celle qui répare au lieu de casser, c’est donc à notre gauche de proposer une alternative crédible pour empêcher Bardella et Le Pen de prendre le pouvoir. Et mes amis, je suis fier, fier d’appartenir à cette gauche démocratique et républicaine.
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Et vous serez, nous serons rejoints par d’autres de plus en plus nombreux. Nous serons rejoints par ces millions de Françaises et de Français qui ne se résignent pas au déclin, au repli ou à la haine. Nous allons défier les pronostics, ramener la gauche au pouvoir. Et relevez, relevez le drapeau de la République.
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Et souvenez-vous,Souvenez-vous toujours que si la peur est contagieuse, l’espérance l’est aussi. Il n’y a pas que la haine qui fait bouger les montagnes. Il y a aussi le désir, l’envie, la fraternité, l’espérance, la volonté de justice. Ne vous laissez jamais impressionner dans les semaines et dans les mois qui viennent par les vociférants et par les brutaux.
N’oubliez jamais que la force ne se mesure pas aux décibels émis ou aux insultes proférées. La puissance, la puissance dont nous avons tous besoin, n’a rien à voir avec la violence. Alors, soyez heureux. Soyez fiers.
Soyez fiers de ce que vous êtes, de votre histoire, de vos idées, de ce que vous portez, de ce que vous défendez. Vous défendez la France, vous défendez l’Europe, vous défendez la démocratie, vous défendez la solidarité, vous défendez la justice. Soyez fiers de cela et allez convaincre de proche en proche, de place en place. Vous pourrez toujours compter sur moi.
[…]
Nous lutterons jusqu’au bout et nous gagnerons. Vive l’Europe, vive l’écologie, vive la démocratie, vive la République et surtout vive, allez, tous ensemble, vive la France!