Washington autorise des entreprises privées à mener de véritables cyberattaques offensives contre des groupes criminels. Surveillance, sabotage, destruction de systèmes : jusqu'où ira ce programme sans cadre légal stabilisé ? Les juristes eux-mêmes se déchirent sur la question.
Pour l'heure, les tarifs douaniers et les menaces de la Maison-Blanche semblent renforcer la campagne de Lula plutôt que de la fragiliser. L’article Trump peut-il faire basculer la campagne au Brésil ? est apparu en premier sur Le Grand Continent.
El sismo encontró a un Gobierno nuevo, pero no a un Estado que comenzaba de cero
Sujets agrégés en continu par BERTopic depuis 254 sources.
Voir tous les clusters →Les incendies de forêt de l'été 2026, en France comme ailleurs (Espagne, Algérie, Canada, Grèce, Italie…) : bilans, causes, lien climatique et réponses politiques.
Sept indicateurs NLP — entités, thèmes, Latouromètre, lisibilité, registre moral, émotions, arguments — sur une interview ou un discours.
Méthodologie complète →« Une plaquette qui promet une « nouvelle donne climatique » et consacre sa partie climat aux voitures, à l'énergie et à l'épargne — le vivant y tient en une proposition. Premier programme Hors-Sol du corpus (58 %). »
Des dossiers prompted, qui agrègent articles, livres, vidéos et podcasts autour d'une question éditoriale. Pas un fil d'actu : un objet long.

Huit millions d'euros de subventions marocaines. Bientôt un siège au conseil d’administration. Et déjà, à l’antenne, les premiers signes d'un JT aux petits soins pour Rabat. Depuis que le Maroc négocie son entrée au capital de TV5 Monde, la chaîne de la…
Dans une région d’ordinaire abondamment arrosée, les producteurs de fruits et légumes peinent à trouver de l’eau depuis plusieurs mois. Et doivent bricoler pour sauver ce qui peut encore l’être.
CHRONIQUE. Les gardiens de la révolution ne contrôlent pas seulement les opérations militaires, ils imposent aussi leurs exigences au président iranien et à ses négociateurs, analyse l’historien Jean-Pierre Filiu dans sa chronique.
CE QUE LES DIRIGEANTS DISENT A LEURS ENFANTS (9/13) - Après avoir fondé Teads puis Swile, Loïc Soubeyrand explique pourquoi il faut cesser de courir après le modèle de la licorne et apprendre à construire une carrière en accord avec ce qui nous anime vraiment.
ENQUÊTE - Délaissant les toiles de maîtres, les commanditaires préfèrent cibler les objets d’arts dans des établissements plus modestes, avec l’emploi de nouvelles méthodes. Une filière qui mêle acteurs du grand banditisme et mafias.
Les think-tanks, fondations et instituts de sondage publient — AFK relie et classe par sensibilité politique. La rédac épingle l'essentiel ; le framing auto regroupe les angles d'un même débat, de gauche à droite.
Explorer la page Idées →Les publications croisées révèlent trois prismatiques distincts pour appréhender les crises contemporaines. L'IRIS met en lumière un enjeu technique et géopolitique précis : la gestion du combustible nucléaire usé, en soulignant l'opportunité d'une coopération franco-coréenne sur l'aval du cycle, tout en pointant l'absence initiale de focus sur le retraitement. Le GRIP, à travers son compendium annuel, offre une lecture quantitative et globale des dynamiques militaires et sécuritaires, sans prendre parti mais en fournissant des données structurantes sur les dépenses et transferts d'armes. Enfin, l'Institut La Boétie propose une approche radicalement différente, centrée sur la refondation démocratique de l'État, en interrogeant les moyens d'une transformation sociale et écologique par la gauche. Si les deux premiers instituts abordent des questions de coopération internationale ou de sécurité sous un angle technique ou analytique, le troisième inscrit son propos dans une perspective militante et programmatique, visant une rupture avec le néolibéralisme. Ces approches, bien que complémentaires, reflètent des priorités et des méthodes divergentes : pragmatisme diplomatique, observation neutre des rapports de force, ou ambition transformatrice.
Extrait de La Chronique 474, août 2026 – Par Véronique de Viguerie, à Kaboul (Afghanistan), en collaboration avec Le Figaro Magazine Depuis 5 ans, les Afghanes sont plongées dans le cauchemar et l’oubli. Depuis la prise du pouvoir par les talibans le 15 août 2021, les femmes subissent une répression généralisée. Dans un pays où les autorités façonnent la vie privée, les relations et les choix les plus intimes, l amour devient un acte de résistance. La photographe Véronique de Viguerie a choisi de redonner un visage à cette résistance silencieuse. Mursal a 25 ans. En plaisantant, elle se présente à moi comme déjà « périmée ». Pourtant, cette jeune Afghane est vive, cultivée, belle… Son tort ? Être amoureuse d’un homme de deux ans plus jeune qu’elle dans un pays sous la férule des talibans. De retour au pouvoir depuis août 2021, le régime contrôle les rues, les écoles, les corps. Pour Mursal, chaque rencontre avec son amoureux demande des heures de préparation. Il lui faut échapper à la surveillance des parents, des frères, des voisins, mais aussi éviter les patrouilles et les agents du ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice. Des semaines d’attente pour quelques minutes passées ensemble. Hier, le couple communiquait par WhatsApp. Mais le régime limite l’acquisition de smartphones, et ces échanges sont devenus presque impossibles. La ségrégation entre hommes et femmes est quasi totale. Comment tomber amoureux d’une personne que l’on n’a jamais le droit de croiser ? C’est sans doute pour cela que les mariages d’amour auxquels j’ai assisté à Kaboul en mai dernier m’ont autant bouleversée. Lors de ces mariages collectifs, plus d’une centaine de couples convolaient par choix. Les organisateurs savaient jusqu’où aller : en présence des inspecteurs du ministère de la Vertu, ils respectaient scrupuleusement les règles. Mais dès que la vigilance officielle se relâchait, ils accordaient quelques libertés pour que cette journée ressemble à une véritable fête, que les jeunes mariés en conservent un souvenir heureux. Ces mariages ne sont pas anecdotiques. Ils sont des actes de résistance silencieuse. Parce que chaque couple construit sur l’amour plutôt que sur la contrainte porte la possibilité d’une relation différente entre les femmes et les hommes. Plus de respect. Plus d’égalité. Plus de liberté. © Véronique de Viguerie Les quinze couples se marient lors d’une cérémonie commune. Chacun de ces mariés a choisi son partenaire. Mais le décret adopté par les talibans le 26 mai 2026 autorisant le mariage des enfants risque de réduire encore l’espace de liberté des couples. © Véronique de Viguerie Les possibilités de rencontres amoureuses sont quasi nulles. La mixité existait dans certains établissements scolaires, mais depuis le retour des talibans au pouvoir, les filles sont exclues de l’enseignement secondaire et universitaire. © Véronique de Viguerie Nilab vit une histoire d’amour impossible depuis douze ans avec un veuf. Ancien collaborateur de la République, cet homme est recherché par les talibans. Pour lui, Nilab s’est fait tatouer par une amie cette promesse en anglais : « Je serai là pour toi. » © Véronique de Viguerie Mashal (en bleu), 28 ans, cuisine avec ses sœurs, Madina, Mujda et Mursal (de gauche à droite). Parti en France, son mari l’a abandonnée à sa belle-famille, où elle a été maltraitée. Elle ne peut demander le divorce. Un interdit de plus qui vient s’ajouter à d’autres : se rendre dans un parc, parcourir seule plus de 72 kilomètres, parler en public… © Véronique de Viguerie Avant leur mariage, les couples assistent dans un théâtre à un séminaire sur la santé reproductive. Seules les mariées et leurs belles-mères suivent la conférence d’une gynécologue. © Véronique de Viguerie Maquillages, gâteaux, petits cadeaux et cœurs en carton…Dans une maison prêtée pour l’occasion, des volontaires décorent les voitures des futurs époux. Sur les cœurs, il est écrit : « Sous la protection de votre Sainte Maison ». © Véronique de Viguerie Chaque couple a le droit d’inviter jusqu’à 45 membres de sa famille. Femmes et enfants sont séparés des hommes par un long paravent. Ensemble, ils regardent la cérémonie sur un écran. © Véronique de Viguerie Avant d’entrer dans la salle de réception, hommes et femmes ont été fouillés. Les attentats revendiqués par la branche de Daech en Afghanistan sont en recrudescence. Au premier plan, l’homme à l’écharpe est un volontaire venu prêter main-forte pour organiser ce mariage de 100 couples. La Chronique La Chronique, c’est LE magazine des droits humains. Tous les deux mois, retrouvez les enquêtes et reportages menés par des journalistes. Abonnez-vous pour 3 €/mois The post « L amour au temps des talibans » : en Afghanistan, Véronique de Viguerie photographie la résistance silencieuse des femmes appeared first on AMNESTY FR .
La question du financement de médias réellement indépendants devient cruciale, dans un contexte où des milliardaires de droite et d'extrême droite (Bolloré, Stérin, Arnault, Saadé, Dassault) concentrent une part croissante des médias, où les plateformes numériques dominent la diffusion de l'information et où les journalistes de terrain et d'investigation sont de plus en plus précarisés. Ce texte est tiré du numéro de juillet 2026 de Lignes d'Attac, le journal trimestriel de l'association, disponible en adhérant ou en s'abonnant . Le pluralisme est en danger , alors que même l'audio-visuel public – dont le financement est menacé par les projets de privatisation de la droite et de l'extrême-droite, comme c'est également le cas au niveau européen – semble s'aligner sur le modèle des médias dominants privés, marginalisant les paroles critiques, hétérodoxes ou simplement de gauche. Sans ressources stables et diversifiées, les rédactions peinent à préserver leur indépendance éditoriale. Les journalistes sont contraints de combiner plusieurs activités ou d'abandonner leur métier, au détriment des enquêtes longues et coûteuses, du rôle de contre-pouvoir et de leur capacité à se défendre face aux procédures-bâillons ou aux poursuites en diffamation. Les difficultés de financement constituent ainsi un frein majeur, comme l'a montré le cas du Média, dont les ambitions audiovisuelles nationales ont été limitées par un capital insuffisant. Au-delà des réformes législatives possibles (limitation de la concentration, transparence de l'actionnariat, gouvernance démocratique des médias), ces enjeux étaient au cœur de la première édition du Festival des médias indépendants, organisée à Rennes les 11 et 12 avril 2026 par le Fonds pour une presse libre . L'événement a réuni une cinquantaine de médias, plusieurs associations de défense de la liberté de la presse et 3 500 participants. La publicité constitue rarement une solution pour les médias indépendants et de gauche, souvent peu diffusés et soucieux de préserver leur liberté éditoriale. Les aides publiques et dispositifs fiscaux existent mais diminuent et profitent principalement aux grands groupes de presse (Le Figaro comme l'Humanité). Certains plaident pour un meilleur accès à ces financements, notamment via la redevance ; d'autres craignent qu'ils ne compromettent l'indépendance des médias. Le mécénat existe aussi, mais est risqué. Les accusations de violences sexistes et sexuelles visant l'homme d'affaires Olivier Legrain ont ainsi fragilisé le projet de Maison des médias libres qu'il portait, qui devait accueillir plusieurs rédactions indépendantes à Paris et dont plusieurs partenaires se sont retirés. Le recours aux subventions se développe. Elles peuvent provenir des pouvoirs publics, de l'Union européenne, de fondations ou d'associations comme le Fonds pour une presse libre, créé en 2019 à l'initiative des fondateurs et salariés de Mediapart . Elles contraignent souvent le choix des sujets par des appels à projets sur des thèmes définis. Autre modèle en expansion : les avances remboursables et les prêts à taux préférentiels. Le Fonds pour une presse libre accorde ainsi des avances remboursables. Certains médias bénéficient également du Crédit coopératif ou de Coop-Médias, jeune structure créée en 2024 pour prêter aux médias à taux préférentiel. L'une des solutions les plus militantes consiste à répartir le capital entre salariés, lecteurs sociétaires et structures de soutien. C'est historiquement le modèle de Politis [ ndlr : dont Attac est sociétaire ] et d' Alternatives économiques , aujourd'hui repris notamment par Le Média , Blast ou Médiacités . Au Monde, journalistes, salariés et lecteurs détiennent environ 25 % du capital, une part bien plus faible qu'autrefois. Autre modèle militant : le financement par les abonnements et les dons. Les médias indépendants ne peuvent mener de grandes campagnes de promotion, mais Basta ! a par exemple créé le Portail des médias indépendants , qui agrège quotidiennement des contenus de médias français et internationaux afin d'accroître leur visibilité. Basta ! fait partie des médias qui ont choisi de rester en accès libre et dépendants des dons. De son côté, la plateforme La Presse Libre propose un abonnement mutualisé à plusieurs médias (8, peut-être davantage plus tard) pour rentabiliser les contributions des lecteurs, même si ce projet a lui aussi bénéficié d'un mécène (le petit-fils de Tolkien). Quels que soient vos choix – dons, abonnements, participation au capital ou soutien aux collectifs de pigistes –, soutenez les médias indépendants et la presse de gauche !
Il y a quelques mois, sa mort avait provoqué un choc au Liban. Le 22 avril 2026, la journaliste Amal Khalil est tuée par l’armée israélienne. Nos équipes ont enquêté : son meurtre constituait une attaque directe contre des civil ·e s. Nous dénonçons une violation du droit international humanitaire et demandons l’ouverture d’une enquête pour crime de guerre. Le 22 avril 2026, la journaliste libanaise de renom Amal Khalil et la caméraman Zeinab Faraj se rendent dans le gouvernorat de Nabatiyé. Elles enquêtaient sur les conséquences du conflit dans le sud du pays, à la suite de la reprise des hostilités depuis le 2 mars 2026. Alors qu’elles arrivent dans le village d’al Tiri, elles sont ciblées par des frappes de l’armée israélienne. Une première attaque vise la voiture de personnes qui les accompagnaient, tuant deux hommes. Ensuite, deux autres frappes ciblent la voiture des journalistes puis le bâtiment ou elles s’étaient réfugiées. Amal décède le jour même de ses blessures. Zeinab, est grièvement blessée. Elle sera l’unique survivante de ces attaques. Nous avons recueilli son témoignage ainsi que celui des secouristes. Des propos corroborés par des documents audiovisuels, des rapports de coordination et des comptes rendus externes que nous avons analysées. Les conclusions de notre enquête sont formelles : l’armée israélienne bénéficiait des informations suffisantes pour savoir qu’il s’agissait d’attaques directes contre des civile·s. Nous dénonçons une violation du droit international humanitaire. Et demandons l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre. Des journalistes pris pour cibles 22 avril 2026. Nous sommes en début d’après-midi quand les deux journalistes pénètrent au sein du village d’Al Tiri, situé dans gouvernorat de Nabatiyé au sud du Liban. L’armée israélienne venait de quitter le district et de déclarer l’interdiction au retour des populations civiles dans la zone. Cette « zone de défense avancée » couvre alors 6% du territoire libanais. À 14h25, une première frappe s’abat contre la voiture que Amal et Zeinab suivait, à bord d’un autre véhicule. L’attaque fait deux morts : Ali Nabil Bazzi, le moukhtar [ndrl : maire local] de Bint Jbeil, et Mohammed Hourani, un ami et habitant déplacé. Deux hommes, ciblés par l’armée israélienne pour leur implication présumée dans les activités militaires du Hezbollah. Immédiatement, les deux journalistes quittent leur véhicule et sortent se réfugier près d’un bâtiment voisin. À 15h40, une deuxième frappe vise leur voiture garée à proximité du bâtiment voisin. Amal et Zeinab sont blessées dans l’explosion. Elles parviennent à ramper à l’intérieur du bâtiment et se cacher dans une petite pièce. Des éclats de verre et des débris sont arrivés vers nous. J’ai eu l’impression que mon oreille allait éclater. Elle [Amal Khalil] saignait abondamment du nez et de la tête, et était blessée par des éclats d’obus au bras et à la cuisse ; elle ne pouvait plus bouger la jambe. Zeinab Faraj À 16h25, une troisième frappe touche le bâtiment de trois étages où elles s’étaient réfugiées. Les deux femmes sont ensevelies sous les décombres. Zeinab Faraj est gravement blessée. Amal Khamil, célèbre journaliste du quotidien libanais Al Akhbar ( « Les Nouvelles » ), décédera des suites de ses blessures. Les secours bloqués par l’armée israélienne Les secours ont été prévenus seulement une minute après la première frappe. C’est Moussa Chaala, secouriste à la Défense civile libanaise, qui reçoit l’appel. Il prévient alors immédiatement ses collègues de la Défense civile, de la Croix-Rouge libanaise ainsi que des membres de l’armée libanaise chargés de coordonner les demandes de désescalade par le biais du mécanisme de surveillance. Lorsqu’il se rend sur place, Moussa est contraint de s arrêter à un poste de contrôle militaire libanais, à l entrée d al Tiri. Les secouristes, eux, attendent encore l autorisation de l armée israélienne pour entrer dans le village en toute sécurité. D’après le témoignage de Zeinab, toutes les personnes contactées durant l’attaque ont répondu qu elles ne pouvaient pas venir jusqu’à elles car « elles attendaient l autorisation » du mécanisme de surveillance. Une autorisation qui signifie que l armée israélienne accepte de cesser le feu pour permettre aux équipes de secours d intervenir. Ce n’est que peu après 17h que l’autorisation d’accéder à la zone a été accordée par l’armée israélienne. Dans un premier temps, uniquement à la Croix-Rouge libanaise. Les secouristes ne parviennent à extraire que Zeinab Faraj des décombres, avant de se retirer, craignant de nouvelles attaques. À 19h20, les secours reviennent sur place avec du matériel pour déblayer les décombres. Les opérations débutent vers 21h. Amal Khalil est retrouvée enterrée sous une colonne et un mur : « Elle était totalement écrasée. Je l’ai sortie de mes propres mains . » a déclaré Moussa Chaalan. Elle avait succombé à ses blessures. Des drones de surveillance présents lors de l’attaque Pendant les deux heures de l’attaque, deux drones de surveillance survolent la zone, à très basse altitude. Grâce à eux, l’armée israélienne sait – ou aurait dû savoir – que les deux hommes, ciblés par l’attaque n’avaient pas survécu à la première frappe. Pourtant, elle a poursuivi les attaques et la traque contre les deux journalistes. Les drones sont passés à travers le toit effondré et se sont approchés très près. À moins d’un mètre de nous. Je me couvrais le visage, en repensant à une vidéo que j’avais vue où un drone avait tué quelqu’un de cette manière. Je croyais qu’il allait exploser juste devant moi. Les drones ne transportaient pas d’explosifs visibles, mais faisaient du surplace, semant constamment la peur. Zeinab Faraj Dans un communiqué publié le soir même, l’armée israélienne déclare que « des vandales ont franchi la ligne de défense avancée et se sont approchés d’une manière qui constituait une menace immédiate. Après avoir établi qu’ils enfreignaient l’accord de cessez-le-feu, l’armée de l’air a frappé l’un des véhicules, puis visé un bâtiment où les infiltrés s’étaient réfugiés . » Si Amal et Zeinab avaient effectivement pénétré une zone déclarée interdite au retour des populations civiles, rien ne justifiait le ciblage délibéré des deux journalistes. Par ailleurs, déclarer al Tiri comme zone de « défense avancée » ne permet pas à l’armée israélienne d’en faire une zone de tir aveugle. À tout moment et en tout lieu, y compris dans les zones interdites, l armée israélienne doit faire la distinction entre civil·es et combattants. Nous dénonçons une grave violation du droit international humanitaire. Que dit le droit international ? En vertu du droit international humanitaire, les civil·es ne peuvent pas être pris pour cibles, sauf s’ils participent directement aux hostilités et pendant la durée de cette participation. Il incombe à la partie attaquante de tout mettre en œuvre pour vérifier si une personne est un combattant pouvant être attaqué. En cas de doute, il faut la considérer comme un civil. Les attaques directes contre des civil·es et les biens de caractère civil sont interdites et constituent des crimes de guerre. En vertu du droit international humanitaire, les journalistes sont des civil·es et doivent donc être protégés. Impunité totale pour les forces israéliennes Amal Khalil n’est pas un cas isolé. Depuis octobre 2023, Israël multiplient les frappes aériennes illégales au Liban. Malgré la conclusion d’un accord de « cessez-le-feu » le 27 novembre 2024, les hostilités se poursuivent à la frontière et se sont à nouveau intensifiées depuis le 2 mars 2026. À lire aussi : « Ils ont détruit ma vie » : au Liban, Israël massacre des familles entières Ces attaques ciblent délibérément les civil·es, y compris les journalistes et le personnel de santé. En 2023, nous avions déjà dénoncé le meurtre du journaliste de Reuters Issam Abdallah . Notre enquête avait révélé que la frappe aérienne de l’armée israélienne avait tué et blessé six autres journalistes. À lire aussi : Au Liban, les soignants et les hôpitaux ciblés par Israël Nous avons demandé à de multiples reprises que ces crimes fassent l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre. Cette fois encore, nous appelons à la mise en place d’une enquête indépendante et impartiale. L’impunité persistante dont jouit Israël ne fait qu’encourager l’armée israélienne à poursuivre ses crimes, sans craindre de devoir rendre des comptes. Il est grand temps que la communauté internationale impose à Israël un embargo total sur les armes. Nous appelons par ailleurs le gouvernement libanais à accepter la compétence de la Cour pénale internationale pour les crimes commis sur son territoire depuis octobre 2023 et à mettre en place des enquêtes nationales sur les crimes de guerre. Actualité 03 juin, 2026 Au Liban, Rafael Yaghobzadeh photographie les visages de ceux que la guerre a déracinés Voir la suite que fait amnesty international ? Amnesty International est un mouvement mondial qui réunit plus de 10 millions de personnes. À travers nos recherches et nos campagnes, nous contribuons à lutter contre les atteintes aux droits humains commises partout dans le monde. Notre organisation est impartiale et indépendante : notre financement repose entièrement sur la générosité du public. Soutenez notre indépendance Soutenez notre travail d enquête et d interpellation Faîtes un don The post Meurtre de la journaliste Amal Khalil au Liban : Israël doit répondre de ses crimes appeared first on AMNESTY FR .